Journal d'école

Le journal de Lubin sur l'école et sur le monde. L'école vient de loin, elle peut mener loin. A condition d'en sortir.

19 novembre 2009

"Grippe porcine : je vaccine mes enfants ? "

«  (...) ce sera aux citoyens de qualifier l’attitude d’un gouvernement qui, tout en brandissant à tort et à travers un « principe de précaution » visant à camoufler son incompétence et son irresponsabilité, ne craint pas de recommander à la population française (notamment les enfants et les femmes enceintes) un vaccin incorrectement évalué qui expose au risque de complications graves chez des centaines de milliers de gens et à un avenir sanitaire incertain chez les enfants vaccinés : certes, je le redis, il s’agit de risques potentiels pour l’instant, mais principe de précaution oblige, non ?... »

C’est la conclusion d’un article, pertinent et documenté, que le docteur Marc Girard consacre à la vaccination des enfants contre la grippe A. A lire sur le site de l’auteur, pour diffusion, sous format pdf, auprès des enseignants et des parents.

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Besson confond Victor Hugo et Guaino

Besson ou l’intox permanente. Dans un entretien à RMC et BFM TV, il n’a pas hésité à faire dire à Victor Hugo : « la France, la nation, c’est un passé pour se tourner vers l’avenir », paroles sans doutes extorquées sous la torture car l’écrivain n’a jamais rien dit de semblable. Interrogé par un journaliste du Monde, les services de Besson sont bien incapables de citer leurs sources. Ils ont dû confondre avec Guaino.

Pour connaître la pensée de Hugo sur le sujet, le mieux, sans doute, est de lui donner la parole. Par exemple, dans un discours prononcé le 4 septembre 1869 pour le Congrès de la paix à Lausanne (et retranscrit plus tard dans Actes et paroles), il s’exprimait ainsi :

“La civilisation tend indiciblement à l’unité d’idiome, à l’unité du mètre, à l’unité de la monnaie et à la fusion des nations dans l’humanité, qui est l’unité suprême (…) La première des servitudes, c’est la frontière. Qui dit frontière, dit ligature. Coupez la frontière, ôtez le douanier, ôtez le soldat, en d’autres termes, soyez libres ; la paix suit (…) Qui a intérêt aux frontières ? Les rois. Diviser pour régner. Une frontière implique une guérite, une guérite implique un soldat (…) De cette frontière, de cette guérite, de ce soldat, sort toute la calamité humaine”.

On le voit, entre un Besson qui ne s’embarrasse pas de scrupules pour remplir ses poubelles nationales et un Raoult qui voudrait instaurer une obligation de réserve pour les écrivains, la littérature est bien malmenée. Si d’ailleurs, Hugo revenait sur terre en ces temps troublés, il risquerait fort de se voir jeté dans un charter pour Jersey, au nom de la défense de l’identité nationale.

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18 novembre 2009

Grippe A : A comme administrative

On la prévoyait, elle est là : l’arnaque à la grippe dans les établissements scolaires. Depuis quelques jours, fermetures de classes et d’établissements, diligentées par de zélés préfets, se multiplient. Et vont d’ailleurs se poursuivre pour une raison qui n’échappe à personne : jusqu’à ces dernières semaines, nulle trace d’épidémie, encore moins de pandémie, quoiqu’elle ait été officiellement décrétée en France depuis la rentrée de septembre. Et les autorités de s’affoler devant le peu d’enthousiasme manifesté par l’opinion publique pour le vaccin. Mais aujourd’hui, la Sainte Ampoule est arrivée et avec elle l’impérieuse nécessité de l’écouler avant la date de péremption. Cette brutale poussée de fièvre dans les écoles tombe à pic pour tenter de ramener les parents dans le droit chemin. Les fameuses Equipes mobiles de vaccination (EMV) affutent leurs seringues. Des équipes sur la qualification desquelles on peut émettre de sérieux doutes (un médecin par équipe mais tous les autres ?) préparent la vaccination de masse : 250 élèves par jour en primaire, 300 élèves dans le secondaire. Comme du bétail.

Pour justifier la chose, les autorités – on n’ose pas dire compétentes – ont inventé ce concept pas vraiment scientifique de « cas groupé avec suspicion » (Journal d’école 12/09/2009) : il suffit que quelques élèves tombent malade pour qu’on suspecte la grippe A, quoique l’analyse qui en prouverait la réalité n’est quasiment jamais faite. Il ne reste plus alors à quelques dévoués fonctionnaires qu’à décréter l’état de pestilence et fermer les établissements. Si, avec tout le mal qu’elles se donnent, les autorités ne réussissent pas, en affolant les parents, à leur faire accepter le vaccin, c’est à désespérer de l’administration.

Bon, il n’est toujours pas trop tard pour s’informer à meilleure source, comme je vous l’ai déjà conseillé.

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17 novembre 2009

Interdire la fessée : réactions frappantes

On ne sait pas s’il faut se réjouir de la proposition de loi sur l’interdiction de la fessée ou s’affliger de l’intarissable flot de critiques bêtes et méchantes qu’elle a suscité. En la matière, Edwige Antier fait preuve d’un courage politique qu’on chercherait vainement chez ses collègues de droite comme de gauche dans un pays décidément arc-bouté sur des conceptions éducatives d’un autre âge. C’est sans doute un trait constitutif de l’identité nationale... Le pays auto-proclamé des Droits de l’homme a encore a besoin d’une longue introspection en lui-même afin de se rendre compte que l’enfant est un être humain à part entière. Pour y aider, on ne peut que suggérer encore une fois d’aller rendre visite à Alice Miller.

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15 novembre 2009

L'inquiétant visage de l'identité nationale

L’instrumentalisation de l’histoire par Sarkozy n’est pas une chose nouvelle : du discours de Dakar à celui du Latran, de la récupération de Jean Jaurès à celle de Guy Môquet, de l’esclavage aux enfants de la Shoah, le chef de l’état a eu maintes fois l’occasion de montrer, outre sa très grande ignorance du passé, une forte propension à sortir les faits historiques de leur contexte pour les tourner à son profit personnel. Mais avec le discours tenu le 12 novembre à la Chapelle-en-Vercors, il est allé beaucoup plus loin, beaucoup trop loin.

De la guerre de Cent ans à Bir Hakeim, de Valmy au Chemin des Dames, dans un invraisemblable salmigondis de dates, de faits sans rapport les uns avec les autres, de personnages, Sarkozy a tracé sa conception simpliste et caricaturale de l’identité nationale qui se ramène, selon lui, à la « fierté » d’être français, à l’ « amour de la patrie ». Une nationalité, où les souvenirs religieux - le sacre de Reims, Notre-Dame de Paris ou le Mont-Saint-Michel – et militaires occupent une place quasi exclusive. Souvenirs religieux ? Chrétiens, plus exactement, car dans cette mémoire figée, pétrifiée, de la collectivité, aucune place n’est laissée aux Protestants, aux Juifs, aux Musulmans, aux non-croyants, à tous ceux dont il faut bien reconnaître que, dans l’histoire, ils ont été davantage opprimés par l’Eglise catholique que le contraire. Cette fixation sur les racines chrétiennes de la France n’empêche d’ailleurs pas Sarkozy, le chanoine de Latran, de vanter les mérites de la laïcité : « la France – affirme-t-il – est un pays où il n’y a pas de place pour la confusion du spirituel et du temporel ».

Pour arriver à ses fins, Sarkozy, on le voit, n’est pas à une contradiction près : l’allusion à la confusion du spirituel et du temporel prend place, dans le discours présidentiel, juste après une digression pas vraiment fortuite sur la burka : « La France est un pays où il n’y a pas de place pour la burka, où il n’y a pas de place pour l’asservissement de la femme (...) ». Et c’est à partir de là que tout dérape : d’insinuations malveillantes en allégations péremptoires, par petites touches successives, toute une partie de la population se trouve, de fait, même si elle n’est jamais expressément nommée, stigmatisée, mise à l’écart de la collectivité.

Bien que la burka, de l’aveu des autorités, soit un phénomène ultra-marginal, et, de toutes manières, sans rapport avec l’Islam, Sarkozy saisit l’occasion pour se lancer dans une violente diatribe contre des comportements dont il sait bien qu’ils seront attribués à l’immigration. « La France est un pays où il n’y a pas de place pour l’asservissement de la femme ». Qui est visé sinon la religion musulmane ? « On ne peut pas vouloir bénéficier de la sécurité sociale sans jamais se demander ce que l’on peut faire pour son pays ». Que dénonce-t-on, sinon ces « vagues » d’immigrés qui viennent creuser les déficits sociaux ? « On ne peut pas vouloir bénéficier des allocations chômage sans se sentir moralement obligé de tout faire pour retrouver du travail parce que les allocations sont payées par le travail des autres ». Qui est ainsi désigné à la vindicte populaire sinon ces étrangers qui viennent manger le pain des Français ? « On ne peut pas vouloir profiter de la gratuité des études (...) et ne pas être assidu aux cours, ne pas témoigner de la considération pour ses professeurs et ne pas respecter les bâtiments qui vous accueillent ». Mais de qui parle-t-on sinon de ces jeunes, à la peau sombre, qui encombrent nos écoles et contribuent au déclin de ce qui est « l’une des plus belles conquêtes de la République » ? 

D’un responsable politique digne de ce nom, on pourrait espérer une analyse un peu moins sommaire sur le chômage, les déficits sociaux ou l’échec scolaire et qui se sont d'ailleurs aggravés par sa faute. Mais la dénonciation brutale et inconsidérée de toute une population, pourtant constitutive de la collectivité, permet de contourner ce questionnement. Le débat identitaire, voulu par Sarkozy et organisé par un ministre chargé de lutter contre l’immigration, est pervers et biaisé. Il joue sur les peurs, les phobies, entretient les vieux fantasmes racistes et xénophobes, donne une légitimité nouvelle à une extravagance anthropologique qui était jusque-là l’apanage de l’extrême-droite, celle du Français « de souche », nécessairement menacé par l’étranger.

C’est à la Chapelle-en-Vercors, haut lieu de la résistance au nazisme que Sarkozy, dans son discours, a rassemblé dans un même amalgame l’invasion de la France par l’armée allemande en 1940 et les immigrants d’aujourd’hui. Ce nouvel exemple de la manipulation de l’histoire dont il est coutumier, et qui dépasse, par sa force symbolique, ce à quoi il nous avait jusqu’ici habitués, ne semble pas avoir présentement suscité – en particulier dans la mouvance liée à la mémoire de la Résistance – de réactions à la hauteur de l’imposture.  Est-ce le signe qu’en France on s’habitue peu à peu à l’intolérable ?

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14 novembre 2009

Modération des commentaires

Insultes grossières, insinuations racistes, sur Journal d’école comme ailleurs, le débat sur l’identité nationale montre ses véritables motivations. Pour la seconde fois dans l’existence de ce blog, je suis forcé de modérer momentanément les commentaires qui y sont déposés, laissant ainsi le temps à leurs auteurs d’aller voir ailleurs, là où les fantasmes racistes sont les bienvenus. Les adresses ne manquent pas.

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12 novembre 2009

A la Chapelle-en-Vercors, le débat identitaire tombe le masque

Avec les effarants propos tenus aujourd’hui par Sarkozy sur l’identité nationale (Le Monde, 12/11/2009), le débat Besson tombe le masque et donne à voir un racisme ordinaire qui ne se cache même plus. Amalgamant dans la confusion la plus totale des notions qui n’ont rien à voir entre elles – nationalité, civilisation, valeurs, mœurs, religion et, bien sûr, délinquance – il a une fois de plus mais sans le nommer, stigmatisé l’Islam pour sa « confusion du spirituel et du temporel » - allusion qui ne manque pas de piquant dans la bouche du chanoine de Latran – qui « asservit les femmes » en leur faisant porter la burqa. Burqa, femmes asservies, confusion du spirituel et du temporel : le chef d’état d’un pays qui s’affiche laïque, conforte et entretient obstinément toute une partie de la population dans sa phobie d’une religion et des millions de pratiquants qui vivent, travaillent en France pacifiquement et dans le respect des lois.

Un discours de guerre civile et qui sème la haine.

Sarkozy a également estimé qu’on ne pouvait pas « vouloir bénéficier de la Sécurité sociale sans jamais se demander ce que l’on pouvait faire pour son pays » ou « vouloir bénéficier des allocations chômage sans se sentir moralement obligé de tout faire pour retrouver du travail ». Mais que viennent faire ici ces digressions intempestives et malhonnêtes sur les déficits sociaux ? Quel rapport avec l’identité nationale, sinon que, pour Sarkozy, tout étranger est un fraudeur en puissance, qui vit aux crochets des Français de souche.

Sur l’école, enfin, des accusations venimeuses visant les élèves issus de l’immigration : « On ne peut pas vouloir profiter de la gratuité des études qui est l’une des plus belles conquêtes de la République et ne pas être assidu aux cours, ne pas témoigner de la considération pour ses professeurs, ne pas respecter les bâtiments qui vous accueillent ». Des propos inadmissibles cherchant à faire croire que l’absentéisme ou les incivilités seraient le fait principalement des élèves immigrés.

Avec ce nouveau discours hideux et irresponsable, Sarkozy déshonore l’école. Les enseignants et leurs organisations représentatives se déconsidèreront s’ils ne dénoncent pas sans détours une opération de communication dont les racines et l’inspiration sont à chercher du côté des pires idéologies.

C’est à la Chapelle-en-Vercors, haut lieu de la résistance au nazisme, que Sarkozy a pris la parole. Avec l’instrumentalisation de Guy Môquet, une insulte de plus adressée à la Résistance.

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Grippe A : refuser les réquisitions

Selon le Café pédagogique (Expresso du 12/11/2009) qui reprend une info du SNMSU Unsa, les médecins de l’EN se plaignent d’avoir été réquisitionnés pour la campagne de vaccination dans les établissements scolaires. Sur le site du docteur Marc Girard, ils trouveront, avec une analyse de la question, tous les moyens de contourner cette réquisition.

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11 novembre 2009

Le Bescherelle, nouveau symbole identitaire

Avec Bentolilla, le concept d’identité nationale compte un fervent défenseur. Dans une tribune au Monde, l’ancienne éminence grise de Darcos, co-responsable avec Brighelli des programmes de primaire et adepte des fameuses « leçons de mots » pour les élèves de maternelle, pourfend le « particularisme identitaire » qui sape les fondements de notre beau pays. Derrière la formule, chacun aura reconnu la bête noire, la phobie du linguiste : les jeunes de banlieue qui croupissent dans un « petit périmètre de communication » qu’on a eu l’insigne faiblesse de leur concéder. Par leur faute, la France risque de devenir « un conglomérat de groupes imperméables les uns aux autres, prêts à tous les affrontements, à toutes les violences ». On en frémit à l’avance.

Comme tous les tenants de l’identité nationale, Bentolilla se révèle incapable d’imaginer d’autres facteurs de désintégration de la société que l’opposition de classes d’âge ou de couleur de peau qui s’extériorisent, de temps en temps, en violences urbaines largement médiatisées. Mais que la société soit mise à mal par le chômage ou des conditions de travail toujours plus précaires, que le déclassement social soit également à l’œuvre chez les petits retraités ou en milieu rural, cela n’émeut pas particulièrement notre distingué universitaire. L’identité nationale a principalement pour fonction d’occulter les intérêts de classe au profit d’une unanimité de façade. Pauvres, chômeurs, intérimaires, caissières de supermarchés, suicidés de France Télécom, banquiers, grands patrons ne sont-ils pas Français d’abord ?

Pour Bentolila, la société ne sera sauvée que par l’orthographe et le plus-que-parfait du subjonctif. Sa péroraison vaut son pesant de tartuferie : « Etre capable de vigilance et de résistance contre toutes les utilisations perverses du langage (...), voilà ce qui fonde notre unité nationale, voilà ce qui fait que nous sommes citoyens d’une république laïque et fraternelle. » République laïque et fraternelle ? Derrière la vacuité de la leçon de mots, un bien réel projet politique, à base de conservatisme social et de brutalité xénophobe.

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07 novembre 2009

Débat Besson : une police des étrangers et une police de la pensée au service de l'identité nationale

Pire que tout ce qu’on imaginait. La circulaire envoyée par Besson aux préfets dans le cadre du débat sur l’identité nationale décline jusqu’au ridicule tous les stéréotypes traditionnellement attachés à ce type de question. Avec au final un acharnement, une obstination lourds de menaces pour les libertés.

En affirmant dans le préambule que le débat « répond aux préoccupations soulevées par la résurgence de certains communautarismes, dont l’affaire de la Burqa est l’une des illustrations », Besson accrédite d’emblée la thèse de la menace islamique, même si, comme on le sait, l’Islam est étranger à cette tradition vestimentaire, en outre extrêmement marginale en France. Mais les limites du débat ont au moins le mérite d’être clairement définies : comment protéger l’identité nationale de la menace étrangère ?

De façon perverse, car dissimulée derrière des interrogations qui, sous une apparence ouverte, ferment en réalité le débat, le questionnaire adressé aux préfets énumère, dans une logorrhée aberrante et confuse, tous les fantasmes du ministre de l’immigration : « la cohabitation entre communautés vivant séparément est-elle possible dans notre République/ dans notre Nation ? Notre République/ notre Nation est-elle multiculturelle ? » (§1.7). De l’immigration à la délinquance, il n’y a qu’un pas, franchi sans scrupule par un ministre qui, à travers le débat, cherche à légitimer sa politique de rafles policières et de camps d’internement : « Comment éviter l’arrivée sur notre territoire d’étrangers en situation irrégulière, aux conditions de vie précaires génératrices de désordres divers (travail clandestin, délinquance) et entretenant, dans une partie de la population, la suspicion vis à vis de l’ensemble des étrangers ? » (§1.7).

Pour Besson, si l’identité nationale est mise à mal par le communautarisme « ethnique, racial, religieux, social », il n’imagine pas que l’exaltation du sentiment national soit une forme de communautarisme. Décidément obsédé par « les signes ostentatoires d’appartenance religieuse », il s’interroge : « la République doit-elle aller plus loin dans la lutte contre le communautarisme », confondant dans un même regard « appartenance religieuse » et « communautarisme » (§1.8). Ne nous voilons pas la face : le Musulman, réduit à son particularisme, sera toujours inassimilable...

Lutte contre l’immigration d’un côté, et de l’autre, promotion d’une identité nationale tellement ringarde que le débat vire au pathétique. Pour Besson, la définition de cette identité est à chercher dans une consternante liste de propositions, inspirée par Déroulède ou par le Café du commerce.

Parmi les items constitutifs de l’identité nationale (§1.2), on note en vrac « nos valeurs » - mais on ne sait pas lesquelles ; « notre histoire » - l’histoire de qui ? Des Capétiens directs, des paysans bas-bretons, des maçons italiens ou des petits Maghrébins dont la famille vit en France depuis un demi-siècle ? Il faut bien sûr rechercher le désir de vivre ensemble à travers « notre art culinaire, notre vin, notre art de vivre » ou dans un patrimoine exclusivement chrétien, « nos églises et nos cathédrales » : les mosquées, les synagogues ou les temples protestants ne peuvent évidemment prétendre au qualificatif de patrimonial. Curieusement, le questionnaire prend la forme surannée des catéchismes d’autrefois, appris par cœur, dans lesquels chaque question induit la réponse attendue.

On le préssentait depuis le début, cette circulaire aux préfets le confirme : le débat est biaisé. A aucun moment, le questionnement sur l’identité nationale n’offre la possibilité de dépasser le cadre étroit voulu par le ministre. « Le débat – affirme le préambule – doit aussi faire émerger (...) des actions permettant de conforter notre identité nationale et de réaffirmer les valeurs républicaines et la fierté d’être Français ». Nulle part, il n’est suggéré que les « valeurs républicaines » n’ont rien à voir avec une conception étriquée et obsolète de la nation dont il faudrait nécessairement être fier ou que ces valeurs seraient même singulièrement mises à mal par la politique économique et sociale de l’actuel gouvernement.

La nécessité de réaffirmer la fierté nationale apparaît en filigrane tout au long du document à travers ses aspects les plus caricaturaux mais aussi potentiellement lourds de menaces pour les libertés individuelles : il s’agira ainsi ( § 2.3) de « mettre en place dans l’ensemble des 100 préfectures et 350 sous-préfectures des cycles d’instruction civique ouverts à tous : élèves et parents d’élèves, associations, centres de loisir (...) Donner à tous les enfants de France l’occasion de chanter au moins une fois par an la Marseillaise (...) Accroître la place des symboles (drapeau, Marianne) dans l’ensemble des édifices publics ». Pour les récalcitrants, on veillera à « imposer [c’est moi qui souligne] le respect des symboles de la Nation » (§1.13) : par la prison, la contrition publique ? Rappelons au passage qu’aujourd’hui l’ « outrage aux symboles nationaux » est déjà punissable de six mois de prison et de 6500 euros d’amende. Le crime de blasphème n’est pas loin. Les intellectuels, sociologues, historiens, se voient quant à eux sommés de s’expliquer publiquement sur le « malaise » que génère chez certains d’entre eux, la question de l’identité nationale (§1.12).

On le voit, ce qui se met en place, à travers ce débat mystificateur, c’est, parallèlement au renforcement de la police des étrangers, une inquiétante police de la pensée : la liberté de conscience, voire la liberté de parole, sont bridées au nom d’une prétendue défense de l’identité nationale. Le ministère de l’immigration et de l’identité nationale qui, avec Hortefeux, limitait son action – certes avec brutalité – à la chasse aux étrangers, s’arroge aujourd’hui avec Besson des prérogatives  dans la formation civique et morale des citoyens. Une formation étayée sur les pires égarements de l’extrême-droite.

« Pourquoi nous sentons-nous proches des autres Français, même sans les connaître ? », interroge Besson (§1.1). Il est vrai que si les Français connaissaient mieux certains d’entre eux, ils auraient toutes les raisons de s’en méfier.

La circulaire Besson est en ligne sur le site de la Ligue des droits de l'homme - Toulon : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3572

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04 novembre 2009

Débat Besson : l'école aussi

Comme il était prévisible, Chatel vient de confirmer que le débat Besson allait être étendu  à l’école, les enseignants réquisitionnés pour participer à une opération de communication aux relents racistes et xénophobes. Cette annonce peut être mise en parallèle avec la dernière sortie d’Hortefeux sur la nécessité d’instaurer un couvre-feu pour les « mineurs-délinquants » : à l’approche des échéances électorales, la pêche aux voix d’extrême-droite est lancée et les fonctionnaires, qu’ils soient policiers, magistrats, personnels des préfectures ou enseignants, sommés de s’y joindre.

On attend la réaction des principaux intéressés (avec celle des familles, quand même) : accepter sans rien dire de voir leur mission éducative gangrenée par de sordides considérations identitaires, c’est, d’une certaine manière, perdre son âme.

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03 novembre 2009

Déroulède du jour

En attendant un forum où pourront s’exprimer ceux qui n’ont rien à cirer des identités nationales et de leurs oripeaux, on peut toujours aller jeter un coup d’œil sur celui ouvert par Besson, le ministre des rafles et du drapeau. On ne sait pas s’il faut en rire ou en pleurer. Sans doute les deux.

Quelques uns des intervenants méritent de se voir décerner le Déroulède du jour. (Orthographe, syntaxe, ponctuation etc garanties d’origine). Evidemment, je n’ai pas tout lu.

« Avoir le désir d’être français. Aimer la France son drapeau son hymne nationale » (Chélo, 03/11/09 à 16h50)

« Etre français c’est respecté la France via son drapeau national et son hymne. C’est aussi respecté les us et coutumes de la France, avoir des droits et des devoirs envers notre et pays de naissance ou notre pays d’accueil, respecter son histoire. C’est apprendre le français en arrivant en France et s’habiller différemment que dans le pays d’origine. Il faut être fier d’être français, nous devons assumer notre passé, et arrêter de s’excuser. (Cach 67, 03/11/09 à 13h53)

« Nous ne devons pas abondonner nos valeurs occidentales judéo-chétiennes. Nul n’est obligé d’être Français s’il n’accepte pas ou au minimum ne respecte pas quelques valeurs de base telles que Eric Besson les propose. »(lévyv/vieumatou, 03/11/09 à 12h54)

« Je suis français depuis plusieurs générations, autant que je sache, et j’habite la région parisienne. Qu’est-ce qu’être français Pour moi c’est être né sur le territoire français ou y vivre depuis au moins 10 ans, parler/lire le français, savoir qui est Yves Mourousi, connaitre un minimum l’histoire du pays, avoir visité plusieurs régions ou territoires de la France, s’intéresser au pays etc. » (Oncle Sancho, 03/11/09 à 11h16)

« Permettre aux français d’origine étrangère de changer de nom pour avoir un autre plus chrétien » (jalal, 03/11/09 à 10h26)

« C’est tout simplement avoir un frisson à l’écoute de "la Marseillaise" ! » (nounou, 03/11/2009 à 9h45)

« Etre français c’est entre autre "le bien manger" (aimer le fromage, boire du vin, manger de tout (y compris du porc) » (franco-français, 03/11/09 à 09h25)

« C’ est ne pas avoir avoir de double nationalité on est Français ou autre chose mais pas les deux » (david, 03/11/09 à 00h30)

« Pour moi être français c’est : ne pas siffler la marseillaise, ne pas bruler des voiture pour X raisons, ne pas profiter de la société, parler français, ne pas porter la burka (principe de laïcité) »(max 74, 02/11/09 à 23h45)

Etc etc

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02 novembre 2009

A propos d'une légion d'honneur : lettre ouverte à Pierre Marcelle, de Libération

Monsieur,

je vous fais une lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps.

Vous y verrez le vibrant éloge adressé par Darcos, ancien ministre de l’Education nationale, à Brighelli, lors de la remise à ce dernier de la légion d’honneur, le 16 juillet dernier. La date était effectivement bien choisie - tout le monde était en vacances - mais on peut découvrir l’intégralité du discours ministériel sur le blog de Luc Cédelle, spécialiste des questions éducatives au Monde.

Extraits :

«  (...) Vous vous êtes donc naturellement engagé dans le combat syndical. Après de nombreuses années passées au SNES, vous avez rejoint le SNALC. Vous n’avez pour autant jamais été totalement compromis dans le syndicalisme puisque le sentiment bien compris de l’urgence à réformer vous a conduit à voter pour le candidat Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007.

C’est ce sens des responsabilités qui vous a conduit ensuite à travailler à la mise en œuvre des réformes de la politique éducative dont j’ai eu la charge lorsque j’étais ministre de l’Eduction nationale. En 2007-2008, vous avez participé à l’élaboration des nouveaux programmes du primaire, et vous auriez aimé vous occuper de celle du collège si cela avait été envisagé.

Cher Jean-Paul, votre brillant parcours dans l’Education nationale et votre engagement pour renforcer notre école justifient pleinement l’hommage qui vous est rendu ce soir (...) »

Un ministre félicitant un fonctionnaire pour avoir bien voté est une chose assez remarquable pour être notée, signe supplémentaire qu’entre Brighelli et l’autorité de tutelle, les relations ont souvent été incestueuses. De la même manière, se confirme ici le rôle joué par le "cher Jean-Paul" dans les nouveaux programmes du primaire, ce que l’on savait déjà. Les extravagants programmes du primaire, inspirés comme on l’a dit, par ceux de 1923, ont été décidés dans le plus grand secret, sans concertation : pendant que Darcos, d’un côté, avec le plus grand mépris, ignorait les enseignants du terrain, les pédagogues honnis, les mouvements éducatifs, dans le même temps il recevait quelques amis à sa table, parmi lesquels un prof de classes préparatoires aux grandes écoles, ignorant tout de l’école primaire et qui n’y avait manifestement pas mis les pieds depuis que lui-même l’avait quittée. La politique Darcos, ce fut d’abord ça : la prime à l’incompétence, pourvu que l’incompétent vous en soit reconnaissant. On en a vu les résultats : des enseignants, des parents, massivement démoralisés, humiliés, en colère devant le gâchis provoqué à l’école primaire par une clique réactionnaire, peu nombreuse mais forte en gueule, qui a cherché à faire de l’école primaire le champ d’expérimentation de ses fantasmes passéistes. Aujourd’hui, l’école primaire – inspirée et voulue par Brighelli – est dans un triste état. Cela mérite-t-il vraiment la légion d’honneur ? Il est vrai, comme l’affirmait Napoléon, que c’est avec des hochets qu’on mène les peuples, même les profs.

Si je me permets de vous interpeller sur ce point c’est pour vous remettre en mémoire la louangeuse tribune que vous-même, Pierre Marcelle, aviez publiée, il y a plus de trois ans dans Libé ( « Fabricants de crétins », 26/05/2006), en l’honneur de Brighelli : vous y vantiez son courage, sa lucidité, tout en dénonçant les pédagogues, responsables de tous les maux. Trois jours plus tard, dans une nouvelle chronique (« Explication de textes », 29/05/2006), je me voyais moi-même publiquement assimilé à l’extrême-droite tout simplement parce que j’avais le tort de penser, et de dire, que sur Brighelli et sur l’éducation, votre analyse ne tenait pas la route, en d’autres termes que vous écriviez n’importe quoi.

Je n’en doute pas, avec plus de trois ans de recul, vous avez sans doute pris la juste mesure du personnage qu’alors vous encensiez : y a trois ans, Brighelli était déjà un courtisan, surtout préoccupé de servir la soupe à Sarkozy. La légion d’honneur est la récompense pour ses bons et loyaux services rendus au sarkozysme. En matière éducative, la clairvoyance n’est sans doute pas une chose très répandue dans les médias et vous voudrez bien reconnaître, monsieur Marcelle, à quel point, comme beaucoup d’autres, vous fûtes aveugle.

Un aveuglement quand même lourd de conséquences. Deux années de politique sectaire et dogmatique, à l’emporte-pièce, auront suffi à Darcos pour désorganiser, déstabiliser un système éducatif qui, jusque là, malgré ses défauts, ne méritait pas les tombereaux  d’injures qu’on a déversés sur lui. Mais surtout, la politique Darcos aura été comme le prototype d’un mode de gouvernement mis en place par Sarkozy, qui se caractérise par le mépris, la morgue manifestés pour les enseignants, les intellectuels, les travailleurs sociaux, les syndicats (sauf le Snalc...), les corps intermédiaires, en un mot une certaine forme de brutalisation de la société civile. On a le pouvoir, on fait ce qu’on veut.

Votre chronique du 26 mai 2006 se concluait par un éloge du blog de Brighelli : « je crois bien que j’y retrournerai un jour », écriviez-vous alors. Si vous y êtes retourné, sans doute n’avez-vous pas manqué de tomber sur cette faune inquiétante, habituée des lieux, qui se soulage d’une haine inextinguible pour tout ce qui a moins de vingt ans, surtout lorsque ces moins de vingt ans ont la peau sombre ou les cheveux crépus. Sous le regard débonnaire du maître de maison. Tout ce petit monde était déjà là il y a trois ans. Vous ne vous en étiez pas rendu compte ? C’est bien dommage.

Les lecteurs qui en ont envie pourront se replonger dans les archives de Journal d’école aux dates des 26/05/2006 et 03/06/2006. Pour la légion d’honneur de Brighelli, à la date du 16/07/2009.

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01 novembre 2009

Avec Besson, une croisade identitaire ciblée sur l'école

Avec la dernière initiative de Besson sur l’identité nationale, l’école se trouve une nouvelle fois au centre du débat et, une nouvelle fois en position d’accusée. Dans un rapport, caricatural et simpliste, remis au ministre en avril dernier, le Haut conseil à l’intégration recommandait que les valeurs et symboles de la république fassent l’objet dans les apprentissages scolaires de davantage d’ « intériorisation », d’ « imprégration », d’ « ostentation », pas moins. Cette approche purement religieuse de l’identité a donc été reprise au bond par Besson avec « l’obligation pour l’ensemble des jeunes français de chanter, au moins une fois par an, le cas échéant après une séance pédagogique sur ce thème, l’hymne national ». Cette extravagante proposition qui ferait d’un cantique obligatoire le fondement de la vie en société montre à elle seule toute la vacuité, tout le dérisoire du concept d’identité nationale.

Contrairement à ce que le ministre voudrait laisser croire, conforté par une opposition de gauche majoritairement aveugle et complaisante et des sondages d’opinion télécommandés, les symboles nationaux ont toujours été présents dans les établissement scolaires, leur apprentissage faisant l’objet d’instructions officielles répétées touchant aux programmes d’histoire et d’éducation civique. Et si selon un sondage Ouest France (01/10/2009), 77% des Français réclament que la Marseillaise ait sa place à l’école, la seule certitude que l’on puisse retirer de ce sondage c’est que 77% des Français sont manifestement très ignorants des réalités scolaires. Mais encore, comme il paraît bien, que le culte de la nation, puisqu’il s’agit d’un culte, n’est manifestement pas en mesure de générer les effets positifs que d’aucuns lui accordent.

Depuis le milieu des années 80 - lorsque le ministre de l’Education nationale s’appelait Chevènement - les injonctions officielles ont obstinément cherché à conforter la place des symboles nationaux à l’école, parallèlement, d’ailleurs, à un repli de l’enseignement de l’histoire sur le récit national, particulièrement dans les programmes du primaire. Si, arrivé à l’âge de 11 ans, l’élève est censé ne rien ignorer du baptême de Clovis, de la chevauchée de Jeanne d’Arc ou de l’émergence d’un état national nécessairement supérieur aux autres, force est de constater qu’avec ce maigre bagage de « héros » et de capitaines, il ne connaît pas grand chose du passé et que le récit mythique qu’on lui a infligé ne lui permet en rien de comprendre le monde dans lequel il vit.

Par contre, la confusion, nullement légitime, entretenue entre citoyenneté et nationalité a eu l’occasion de montrer tous ses effets pervers. Car si l’on ne sache pas que l’apprentissage des symboles nationaux ou le façonnage d’une conscience identitaire aient contribué à l’apparition d’une société plus harmonieuse et plus apaisée, on ne peut guère contester ses effets pervers : le racisme vécu « sans tabou », « déculpabilisé », pour reprendre des expressions à la mode, qui se manifeste en particulier à travers une profonde phobie pour l’Islam et les Arabes, le blocage de l’idée européenne, qui a pourtant assuré à l’Europe plus de soixante ans de paix, le scandale des budgets militaires et des exportations d’armement accepté sans honte par l’opinion publique, l’indifférence aux questions de développement, la confiscation de l’état par un chef auquel on se soumet parce qu’il est le chef, on voit bien que tout cela se développe parallèlement au renforcement d’une identité nationale dont la nature et l’objet, tout en cherchant à promouvoir un sentiment d’appartenance artificiel, restent de créer des fontières pas moins artificielles entre les hommes. Il n’y a pas si longtemps, seule l’extrême-droite osait réclamer, au milieu de réactions indignées, des charters d’émigrés. Aujourd’hui, les charters d’émigrés sont organisés, dans une indifférence quasi générale, par un ministre qui, dans le même temps, est chargé de la promotion de l’identité nationale. Entre le Chevènement  ministre de l’Education nationale et ses rodomontades à la Déroulède et un Besson le plus officiellement du monde chargé de la chasse aux émigrés et du culte national, on voit le chemin parcouru en un quart de siècle et le bilan est accablant : avec la vénération obligée sur les bancs de l’école des symboles nationaux, le racisme, la xénophobie, la peur de l’autre, ont fait dans les têtes les ravages que l’on sait.

Les enseignants n’ont sans doute pas suffisamment pris garde au fait que la création d’un ministère aux prérogatives considérables - l’immigration, l’intégration et l’identité nationale – les concernait directement. Le Journal Officiel du 1er juin 2007 précise en effet  qu’ « il participe avec les ministres intéressés, à la politique de la mémoire et à la promotion de la citoyenneté et des principes et valeurs de la république ». En matière de mémoire, on a pu apprécier à leur juste valeur les incursions répétées de Sarkozy dans le domaine des historiens et des enseignants – journée Guy Môquet, enfants de la Shoah, discours de Dakar, du Latran etc – initiatives mal venues sur lesquelles il a dû reculer. Selon le principe jamais démenti du sarkozysme selon lequel, toute initiative doit être suivie d’une autre dans le délai le plus court, Besson, à la chasse aux voix d’extrême-droite, s’est lancé à son tour dans une croisade identitaire ciblée sur l’école : si l’on en croit son projet, les préfets se verront attribuer des prérogatives dans la formation civique des enseignants. Et pendant que, côté cour, le préfet dispense ses leçons de civisme, côté jardin, le même préfet organise les rafles brutales, l’enfermement dans les camps et le renvoi des sans-papiers. Ce n’est pas un hasard si, dans l’histoire, les pires idéologies se sont accouplées avec la promotion de l’identité nationale. Reste à savoir si les enseignants se laisseront duper par une manœuvre de basse politique qui n’a pas grand chose à voir avec leur mission éducative.

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22 octobre 2009

"La fabrique scolaire de l'histoire"

«L'enseignement de l’histoire a régulièrement été au centre des préoccupations du pouvoir en France. Aujourd’hui, la question d’une école vecteur des valeurs républicaines est une fois de plus agitée. Alors que les discours électoraux de Nicolas Sarkozy donnaient déjà le ton d’une école française stigmatisée comme un avatar de la « pensée 68 » qu’il convenait de redresser par un retour à ses fondements républicains traditionnels, un rapport publié en avril 2009 par le Haut Conseil à l’intégration, intitulé « Faire connaître les valeurs de la République », consacre une partie à l’école, sommée de réinvestir pleinement sa fonction intégratrice dans le creuset français. Rien d’étonnant donc, à ce que, dans ce contexte néo-républicain, l’histoire scolaire fasse à nouveau ostensiblement l’objet d’une focalisation des attentions de ce gouvernement, qui souhaite en revenir aux fondementts et finalités les plus traditionnels de l’histoire enseignée ».

Alors que le nouvel épisode Guy Môquet montre un pouvoir politique qui n’a rien perdu de ses prétentions, plusieurs historiens à l’origine du CVUH, explorent, sous la direction de Laurence De Cock et Emmanuelle Picard « La fabrique scolaire de l’histoire » (Agone éditeur). Laurence De Cock poursuit :

« L’école est en effet l’un, si ce n’est le premier lieu d’usage public de l’histoire. Chargée d’une triple finalité – morale, civique et intellectuelle – l’histoire scolaire est le produit d’une écriture particulière qui opère un choix de séquences historiques dont on suppose l’efficacité à l’aune d’une citoyenneté projetée pour les élèves. Loin d’être une simple transposition des acquis de la recherche qui descendraient dans l’espace scolaire, l’histoire à l’école est une « fabrique » à partir de matériaux choisis se chargeant de sens à mesure qu’ils sont agencés dans le cadre d’un montage spécifique. De ce point de vue, l’histoire scolaire peut être appréhendée comme une forme d’écriture mémorielle : il s’agit de procéder à une mise en ordre des événements qui n’est que l’image qu’une société souhaite laisser d’elle-même, une politique du passé qui réponde aux priorités du moment ».

Patricia Legris montre comment les programmes d’histoire sont « soumis aux décideurs politiques » qui interviennent directement dans leur élaboration, même si elle observe – avec un certain optimisme... – « un processus d’écriture plus ouvert depuis les années 1990 », processus pourtant gravement mis à mal par la parenthèse Darcos. Tout au long de la chaîne qui aboutit aux instructions officielles, on chercherait en vain une quelconque préoccupation pour le destinataire final, l’élève, considéré comme une variable d’ajustement d’objectifs qui le dépassent.

Suzanne Citron, qui est ici sur ses terres, préface la présente édition. Bien qu’observant quelques avancées – sur Vichy, sur la colonisation ou la guerre d’Algérie – elle s’interroge :

« Pourquoi l’histoire de France à l’école élémentaire est-elle restée, malgré quelques ajouts, pratiquement immuable dans son tracé traditionnel, plus figé que jamais dans une chaîne de grands hommes à mémoriser mécaniquement ? (...) Entre le maintien d’une écriture téléologique de la nation « toujours déjà-là » ou, comme ce livre le propose, l’exigence d’une histoire critique sans tabou ni regret passéiste, apte à donner du sens au présent, l’enjeu éducatif et civique est de taille ».

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La fabrique scolaire de l’histoire. Illusions et désillusions du roman national, sous la direction de Laurence De Cock et Emmanuelle Picard, Agone, 2009

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20 octobre 2009

Résistance ou obéissance ?

On croyait avoir tout dit sur l’affaire Guy Môquet. Sur la récupération et le détournement de l’histoire par le pouvoir politique, sur un mode de gouvernement qui ne connaît que l’injonction, sur la confusion entre service public et caprice du prince. La décision de Sarkozy, en 2007, de faire lire dans tous les lycées la lettre de Guy Môquet avait suscité une vive opposition des historiens comme des milieux éducatifs. Il s’agissait, pour Sarkozy, d’évoquer « la grandeur de la France», de faire comprendre aux lycéens « ce qu’est un jeune Français », de renforcer l’identité nationale, en un mot, de mettre à l’honneur une conception particulièrement réductrice et tendancieuse de ce que fut la résistance au nazisme et plus généralement à l’oppression.

Il n’avait pas fallu longtemps pour que l’on se rende compte que la journée Guy Môquet dans les lycées était d’abord une journée Sarkozy et qu’il fallait la traiter comme telle, c’est-à-dire par la dérision ou le boycot. Conscient du fiasco, le nouveau ministre de l’Education nationale, par une circulaire parue fin septembre au Bulletin officiel, accordait une large marge de manœuvre aux établissements, qui, de toutes manières, avaient déjà pris leurs libertés sur le sujet, en « laissant à l’initiative de chacun », les modalités de la commémoration. Curieusement, par un brusque revirement – motivé par une crise de nerf du président ? – Luc Chatel s’avisant de « l’ambiguïté » de la circulaire, annonçait lundi sur RTL que la lecture de la lettre de Guy Môquet était obligatoire. Toutes affaires cessantes, les services du ministère se mobilisaient  pour faire connaître à tous les échelons de la hiérarchie la volonté du maître.

On croyait avoir tout vu, donc, tout entendu, jusqu’à la tirade comminatoire de Guaino, mardi matin sur France Info : «  Les enseignants ont un devoir (...), c’est de faire leur métier d’enseignant, donc d’obéir aux directives. Ce n’est pas une profession libérale le métier d’enseignant, c’est une profession de fonctionnaire. Il y a des directives et il n’est pas indigne, au regard des lois de la république et des grands principes qui nous gouvernent, de lire la lettre de Guy Môquet ». Pour Guaino, on le voit, le métier d’enseignant – étayé par les principes de la république - consiste d’abord à obéir aux directives. C’était le cas, d’ailleurs, à l’époque de Guy Môquet et de Vichy. Cette consternante définition du métier d’enseignant illustre à nouveau la lourde dérive du sarkozysme qui tend à confondre le service public avec la satisfaction des intérêts particuliers ou des lubies des dirigeants. Les enseignants ne sont pas à la solde des gouvernants ou d’un parti politique : ils sont rémunérés par le contribuable pour travailler à l’éducation des élèves. Tout simplement et c’est déjà beaucoup. Guaino semble également tout ignorer de la loi d’orientation de 2005 accordant aux enseignants une liberté pédagogique qui leur permet de choisir les pratiques qui leur semblent le mieux convenir aux élèves.

Ce nouvel avatar de la lettre de Guy Môquet n’est pas qu’une simple pantalonnade : l’insistance à la fois puérile et brutale de Sarkozy à faire passer de force un type de commémoration manifestement hors de propos est une manifestation supplémentaire de l’instrumentalisation de l’histoire déjà maintes fois dénoncée par les historiens. La période du nazisme est malheureusement de celles qui se prêtent le mieux à la manipulation : en se parant des attributs de la résistance, des politiciens peu scrupuleux espèrent ainsi détourner l’opinion publique de réalités qui dérangent. Dans un pays où les rafles policières, les camps de rétention ou les charters d’immigrés s’exposent au grand jour, on se dit que la défense de l’idéal de la résistance sonne faux dans certaines bouches.

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19 octobre 2009

Guy Môquet, le retour...

Depuis deux ans, on croyait avoir tout dit sur la commémoration Guy Môquet voulue par le prince – mais la pantalonnade n’en finit pas de faire des victimes ni le ridicule de tuer. Une circulaire parue au BO du 16 septembre 2009 et toujours en ligne, tenant compte du bide des années précédentes, laissait « à l’initiative de chacun » le choix de lire ou non la lettre de Môquet. Suite à ce qu’on suppose être une crise de nerf de Sarkozy, Chatel, aujourd’hui sur RTL, a dû faire machine arrière et s’est empressé d’adresser une courrier aux recteurs pour rappeler que la lecture de la lettre était obligatoire. De la lettre de Guy Môquet à la lettre de cachet, il n’y a finalement qu’un pas. Dans cette nouvelle péripétie, le plus affligeant reste encore de voir toute la haute administration courber l’échine et se démener pour satisfaire les caprices du satrape.

Dans un ordre d’idées par très éloigné, on apprend que Sarkozy affrète pour demain un charter rempli d’Afghans en direction de leur pays d’origine où la mort les attend probablement. Une pétition européenne à l’initiative de France Terre d’asile, dénonce ce coup de force et attend les signatures. La résistance, ça commence aussi comme ça.

Les lecteurs qui souhaitent se replonger dans les débuts épiques de cette histoire pourront toujours visiter Journal d’école d’il y a deux ans (septembre-octobre 2007), lorsque Sarkozy, courageux mais pas téméraire, avait été forcé de décommander sa venue dans un lycée parisien. Ils peuvent aussi, si ce n’est déjà, fait lire « La fabrique scolaire de l’histoire », sous la direction de Laurence De Cock et Emmanuelle Picard (Agone éditeur), un petit bouquin salutaire sur lequel j’ai prévu de revenir dans quelques jours.

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17 octobre 2009

Sarkozy toujours brouillé avec l'histoire

En présentant sa « réforme » des lycées – en réalité un enterrement de première classe – Sarkozy a cru bon saluer la naissance des lycées en 1802, « geste fondateur de notre éducation nationale (...) qui signifiait très concrètement la fin des privilèges de la naissance », ajoutant même qu’ à partir de cette date, « ce qui compte, en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur ». Dans le contexte de l’affaire de la Défense, cette affirmation a reçu l’accueil ironique qu’elle méritait mais a montré également à quel point Sarkozy, ou celui qui écrit ses discours, était brouillé avec l’histoire. Il est vrai que dans ce domaine, le discours de Dakar avait ouvert la voie...

Contrairement à ce que cette assertion aussi péremptoire que peu étayée voudrait faire croire, le lycée d’aujourd’hui n’a pas grand chose à voir avec la création napoléonienne. La loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) instituant les lycées n’était nullement motivée par un souci de démocratisation de l’enseignement secondaire – il faudra attendre pour cela la seconde moitié du 20e siècle – que par la volonté de Bonaparte de recruter des fonctionnaires civils et militaires tout dévoués au régime. A la fin de l’Empire, les effectifs des lycées atteignaient à peine 10 000 élèves – tous des garçons, les filles n’y ayant pas accès - pour la plupart recrutés dans les milieux aisés. Si quelques élèves boursiers, en tout petit nombre, étaient bien accueillis aux côtés des élèves payants, encore faut-il préciser que les bourses n’étaient pas attribuées en fonction du mérite de l’élève mais le plus souvent en récompense de bons et loyaux services rendus par la famille au gouvernement. Le lycée napoléonien reste avant tout une école de notables.

Le régime de l’internat était destiné à inculquer aux élèves des habitudes militaires et plus généralement d’obéissance et de soumission. Les exercices militaires alternaient également avec les exercices religieux, les lycées perdant très vite leur caractère laïque : une circulaire de mai 1803 institue la prière en commun matin et soir ainsi que la participation des lycéens aux offices le dimanche.

Le lycée napoléonien ? Quelque chose qui tient de la caserne et du couvent. En y voyant un « geste fondateur de notre éducation nationale », Sarkozy rêve-t-il à voix haute ?

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11 octobre 2009

Alertes grippales : comprendre et choisir

Six semaines après la rentrée des classes, il faut vraiment chercher pour trouver la trace d’une pandémie dans les écoles. On entend bien parler ici et là de quelques cas attribués sans conviction à la grippe A mais ce n’est toujours pas la Peste noire. Pourtant, on va se retrouver avec un stock de vaccins sur les bras, stock certes inutile mais qu’il va bien falloir écouler. Les élèves sont donc les premiers exposés, non pas tant à la grippe qu’à un vaccin préparé et mis sur le marché dans des conditions ahurissantes. Pour l’instant, au ministère de l’EN, c’est le silence radio, signe d’une gêne perceptible. Mais qu’en sera-t-il dans quelques semaines, quand les établissements scolaires devront ouvrir leurs portes à ces fameuses « brigades volantes » expédiées en service commandé par le ministère de la Santé et celui de l’Intérieur ?

Le docteur Marc Girard, médecin et consultant, spécialiste du médicament, répond au battage médiatico-politique mené depuis plusieurs mois sur la grippe A. Son livre, « Alertes grippales », paru aux éditions Dangles, argumenté et accessible, sera lu avec profit par les enseignants et les parents d’élèves lorsqu’il s’agira de faire son choix et de s’opposer à une campagne de vaccination que l’on peut redouter autoritaire.

Alertes_grippales_couverture

Dr Marc GIRARD, Alertes grippales, comprendre et choisir, Editions DANGLES. Un livre vendu dans toutes les bonnes librairies (en ligne également) à partir du 12 octobre.

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08 octobre 2009

Le principe de précaution sert à tout, à condition de savoir s'en servir

L’interdiction des portables à l’intérieur des établissements scolaires, lycées exceptés, votée par les sénateurs, ne se contente pas de sombrer dans le ridicule, elle va bien au-delà. Ridicule, parce qu’il faut être bien mal informé des réalités scolaires pour voir derrière chaque bambin de maternelle ou derrière chaque écolier un accro au portable et que, pour ce qui concerne les collèges, le règlement intérieur propre à chaque établissement en bannit l’utilisation dans la plupart des cas. Une loi pour rien, donc. On a du mal à prendre au sérieux l’argument du principe de précaution mis en avant pour justifier la mesure : outre que la dangerosité du portable reste un objet de controverse plus qu’une réalité attestée, la logique voudrait que le raisonnement s’applique à tous et pas seulement aux élèves et que, pourquoi pas, la vente en soit interdite à l’ensemble de la population. On imagine à l’avance la réaction des électeurs...et même si les sénateurs ne sont pas élus par les citoyens, il y a sans doute là de quoi faire réfléchir les plus farouches partisans du principe de précaution.

Ce vote du Sénat a donc son origine et sa motivation ailleurs. Il fait curieusement écho à un sondage paru, sans doute par pur hasard, la veille, sur l’utilisation du portable par les jeunes et dont toute une presse bien pensante a fait les gorges chaudes, bien que les chiffres fournis, comme toujours en la matière, soient sujets à caution : car si 7% des élèves interrogés affirment avoir déjà pris l’enseignant en photo pendant le cours, cela signifie que l’immense majorité d’entre eux respecte la règle de l’établissement et si l’on s’indigne un peu vite de ce que près de la moitié des élèves prétendent utiliser l’appareil en classe, on pourrait peut-être accorder le même crédit à l’auteur de ces lignes, prof en collège et pas spécialement naïf ni plus bête qu’un sénateur, qui ne se rappelle pas avoir déjà vu la moitié de ses élèves téléphoner ou échanger des SMS pendant ses cours.

En réalité, comme l’écrit justement François Jarraud dans son éditorial du Café pédagogique (8 octobre 2009), avec cette interdiction, « ce que réclament les sénateurs, c’est le huis clos scolaire. L'Ecole doit être un sanctuaire dédié au savoir et au face à face respectueux du maître et des élèves ». Sous couvert d’une approche médicale, les sénateurs défendent en réalité la conception d’une école refermée sur elle-même, une école où la clôture serait la condition nécessaire et suffisante aux apprentissages. De ce point de vue, l’interdiction du portable irait de pair avec le développement de la vidéosurveillance dans les établissements dont les mêmes parlementaires sont de chauds partisans. Mais pas davantage qu’un portique de détection, l’interdiction du portable n’est en mesure de créer un climat favorable au travail scolaire. Au fil des ans, l’Ecole ne cesse de se barder d’interdits dont la justification est rien moins qu’ évidente. Alors qu’une opinion publique majoritairement ignorante des réalités éducatives dénonce  laxisme et laisser-aller, on peut se demander au contraire si l’autoritarisme qui prévaut aujourd’hui au sein des établissements, avec ses règles jamais discutées, rarement motivées, encore moins expliquées, n’est pas de nature à détourner les élèves, voire à les dégoûter, bien davantage qu’un portable, de leur travail.

Suite à la parution de ce fameux sondage, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel, tout en se disant favorable à l’interdiction du portable, affirmait vouloir s’en remettre aux équipes éducatives sur le terrain pour résoudre un problème qui n’est certes pas au-dessus de leur force. En légiférant d’autorité, sans qu’on lui ait rien demandé, le Sénat montre, avec un réel mépris pour les enseignants, comme une volonté de les infantiliser. Il n’est pas sûr que ces derniers en sortent grandis aux yeux des élèves ou que leur autorité en soit renforcée.

Avec l’interdiction du portable, c’est, comme souvent en matière éducative, l’effet d’annonce qui prévaut et le politique se dissimule derrière une préoccupation affichée de santé publique. A l’école, la prochaine manifestation de ce détournement de valeur verra à n’en pas douter, des brigades de vaccinateurs plus ou moins réquisitionnés par les préfets, débarquer dans les locaux scolaires, au nom, bien sûr, du principe de précaution, même si, cette fois-ci, c’est le vaccin contre la grippe qui fait courir un risque aux élèves.

Posté par Lubin à 22:21 - Education, au jour le jour - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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