29 mai 2005
Le grand soir chez Laurent
Ils sont tous là rassemblés, fatigués mais heureux : autour du maître de maison, il y a Marie-George, Philippe, José, Olivier, Charly, Arlette, Jean-Marie, bien sûr, Jean-Pierre et bien d’autres encore.
On devise courtoisement, entre gens de bonnes compagnies :
– Laurent : « mon cher Jean-Marie, j’ai toujours, pensé que vous posiez de bonnes questions, mais que vous y apportiez de mauvaises réponses ; je vais finir par croire que les réponses découlent directement des questions ».
– Marie-George : « voyons, Laurent, cessez de tirer la couverture à vous, comme vous le faites sans cesse ; oubliez-vous que c’est une municipalité communiste qui, la première, a envoyé des bulldozers contre les foyers d’immigrés ? ».
– Jean-Marie, étouffant de joie : « finalement, ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise ; ne sommes-nous pas tous Français d’abord ? »
On se presse autour du buffet – là, on observe que j’ai évité un calembour douteux – abondamment garni de petits fours – cette fois-ci, c’est Jean-Marie qui a préféré éviter le calembour douteux – et de produits du commerce équitââble.
– Jean-Marie : « vous savez, moi aussi j’aime bien les nègres, pourvu qu’ils restent chez eux ».
Un peu plus loin, Philippe et Jean-Pierre échangent des réflexions (si si !) :
– Philippe : « mon cher Jean-Pierre, avec votre sabre et mon goupillon, nous allons rétablir les vraies valeurs dans ce pays ».
– Jean-Pierre : « vous oubliez que la Marseillaise à l’école, c’était déjà moi, il y a 20 ans, que les charters d’immigrés, c’était moi aussi ».
Laurent, lui, semble un peu troublé. Il vient de recevoir un coup de fil du Château : Jacques lui demande s’il veut bien former un nouveau gouvernement. Laurent hésite bien un peu mais avec tout ce qu’ils ont fait l’un pour l’autre, c’est difficile de refuser. Et puis, de toutes manières, il pourra toujours changer d’avis dans quelques mois.
Olivier, lui, s’est éclipsé discrètement ; c’est qu’il bosse lui, demain matin. Le courrier n’attend pas.
La révolution prolétarienne, elle, n’en finit pas d’attendre.
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