Vallini, le député social-nationaliste de l’Isère, insiste : il vient d’écrire à de Robien pour exiger que l’on chante la Marseillaise tous les lundis matins dans les écoles primaires. Le texte ci-dessous est une réponse aux fantasmes de nos politiciens. On peut (on doit) l’imprimer, le photocopier, le polycopier, le distribuer autant qu’on peut, en visant tout spécialement les milieux éducatifs et les parents. S’il faut une signature, on peut très bien donner mon nom – Lubin, enseignant – et l’adresse du blog.

Marseillaise à l’école ? Non merci !

« Qu’un sang impur abreuve nos sillons (...). Quoi ! Ces cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers ! (...) Tout est soldat pour vous combattre. S’ils tombent, nos jeunes héros, la terre en produit de nouveaux (...). »

En incluant la Marseillaise dans les apprentissages obligatoires de l’école primaire, le gouvernement donne une vision plutôt inquiétante de la formation civique des jeunes, contraire à ce que l’on est en droit d’attendre de l’éducation.

Il ne tient pas compte des réticences, de l’hostilité de nombreux parents qui ne se reconnaissent pas dans la rhétorique brutale et guerrière de l’hymne national et qui, jusqu’à plus ample informé, restent les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants.

La Marseillaise, par la violence et le fanatisme de ses paroles, est en parfaite opposition avec les valeurs de tolérance, de non-violence, de respect des autres, d’ esprit critique, valeurs qui demeurent les fondements de l’éducation et que les enseignants s’évertuent à transmettre à leurs élèves.

On ne peut accepter que, dans un monde où la guerre fait des ravages, chez nous, dans nos écoles, la guerre soit magnifiée par de tout jeunes enfants à qui les programmes scolaires feraient chanter « Aux armes, citoyens », oubliant ainsi les milliers d’enfants qui meurent à cause des armes.

On ne peut accepter, à une époque où le racisme, la xénophobie, le rejet de l’autre constituent une lourde menace pour la vie en société, que l’intégration d’un jeune ne puisse se réaliser que dans une entité nationale qui s’érige sur la distinction entre sang pur et « sang impur » et qui exigerait de ses enfants qu’ils apprennent à verser le « sang impur ». Le rôle de l’école est d’ouvrir sur le monde, non de dresser des barrières artificielles entre les individus.

On ne peut que déplorer que, sur un sujet qui touche au libre-arbitre, à la morale personnelle, le gouvernement ait choisi d’imposer à chacun par la force, de façon règlementaire, une croyance partisane, une sorte de  dogme révélé qu’on ne soumet jamais à la discussion, bafouant ainsi la plus élémentaire des libertés de conscience. Ce faisant, la Marseillaise est contraire au principe fondateur de la république. Son apprentissage obligatoire s’assimile à un bourrage de crâne.

En démocratie, lorsqu’une loi, un règlement heurtent aussi brutalement ceux à qui ils s’adressent, ils perdent toute légitimité. Il est même parfaitement légitime d’y désobéir.