25 octobre 2006
Egarement
« Ségo, c’est Sarko en meuf », affirmait un jeune hier à Libé. J’ai tendance à penser que c’est peut-être pire. Hier, dans le débat qui l’a opposée à Strauss-Kahn et à Fabius, elle s’est cramponnée à cette idée foldingue de faire rééduquer les jeunes délinquants par l’armée : elle appelle ça maintenant des « camps humanitaires encadrés par l’armée » (sic). L’armée à vocation éducative, l’armée à vocation humanitaire donc. La marche au pas cadencé, la soumission aux hurlements de l’adjudant, les beuveries de caserne, des dépenses militaires exorbitantes, des exportations d’armement qui portent la guerre partout dans le monde, la bombe atomique, pour ne pas remonter à la torture en Algérie et j’en passe. Pour Royal, l’armée est éducatrice, l’armée est humanitaire. Il faut que l’opinion publique soit bien égarée pour envisager de confier la direction d’un pays à quelqu’un qui professe une telle vision de l’éducation et de l’humanité.
Commentaires
Lost in France
Là, d'accord; cela dit, on peut aussi penser -espérer ? - que l'ascension de Royal dans les sondages est trompeuse et que la "baudruche" va bientôt se dégonfler. Ségolène Royal, Balladur de 2007? Si seulement cela pouvait être le cas!
que dieu...
pardon... que Mérieu vous entende, et qu'il exauce vos souhaits, Mélès.
Que son nom soit sanctifié et que sa volonté soit faite, par delà les IUFM et les siècles des siècles.
citation en entier
Vous oubliez de préciser qu'elle propose là une alternative à la prison. La prison éduque-t-elle-mieux ?
Quelle différence ?
Entre l'encasernement et l'emprisonnement, quelle différence ? L'obstination de Royal sur ce sujet est consternante. Ce qu'elle propose a déjà été essayé : c'étaient les colonies pénitentiaires du 19e siècle ; et aujourd'hui, en Europe, il n'y a guère que la Russie de Poutine à s'y lancer. Depuis plusieurs années, toutes les associations qui travaillent à l'insertion des jeunes se sont vu confrontées à de drastiques réductions budgétaires ; nombre d'entre elles ont dû fermer leurs portes, faute de moyens. Et pendant ce temps, le budget militaire s'envole (44 milliards d'euros l'an prochain !)
Sincèrement, Lofi, je respecte votre point de vue mais pouvez-vous nous parler, de manière argumentée, exemple à l'appui, de jeunes en perdition qui auraient été sauvés par l'armée ? Dans l'histoire, la reltaion entre les jeunes et l'armée est un rapport mortifère : l'armée, à l'époque de la conscription, a tué plusieurs millions de jeunes dans des guerres qui n'avaient aucun sens. Aujourd'hui, elle pétendrait les éduquer ?
Avec Royal, les socialistes font preuve d'un incroyable aveuglement : il est manifeste que Royal a d'abord cherché à faire carrière avec l'UMP, mais la place est prise par Sarkozy. Elle aurait pu le faire avec l'extrême-droite, mais elle n'a pas osé. Royal c'est l'homme-femme "providentiel" qui conduit tout droit à une société totalitaire. Dans l'avenir, le PS devra se justifier de ses errements, mais il aura du mal.
essayer
1) si comme je l'espère l'éducation progresse, il devrait y avoir moins de jeunes en perdition.
2) les jeunes qui "dérapent", je peux les comprendre (sans les excuser) mais ne pas leur faire comprendre suffisamment tôt, c'est les desservir puisqu'ils continueront alors à déraper toujour plus.
Comme vous, je ne suis pas sur que les militaires soient les plus aptes ; qu'on donne davantage d emoyens aux éducateurs d'accord mais comme JPD, j'ai travaillé en classe-relais et je me dis que tout ce qui peut être essayé pour réussir l'éducation de ces jeunes là méritent d'être essayé
dressage
Tout ce qui peut être essayé en matière d'éducation mérite assurément de l'être. Le malheur, c'est qu'on n'a pas essayé grand chose ou, plus exactement, ce qui marche, on préfère ne pas le voir.
Pour ce qui est des compétences, de la légitimité des militaires en matière d'éducation, on attend toujours qu'on nous les montre : l'armée sait fait la guerre (dans le cas de l'armée française, elle la fait plutôt mal, mais c'est un autre débat) ; pour apprendre aux hommes à faire la guerre, c'est-à-dire à tuer, elle doit d'abord les dresser. L'éducation telle que la conçoit Royal, n'est rien d'autre qu'une forme de dressage.
Aller au bout de toutes les solutions
Lubin je crains que vous ne parliez du sujet sans avoir fait une enquête sur les dernières expériences françaises en la question.
La passion vous égare et vos références datent.
Je pense que ce ne doit être qu'une expérience provisoire mais suffisamment multiple pour donner lieu à des évaluations sérieuses. Tant que nous serons incapables de fournir du travail aux jeunes gens en sérieuses difficultés, un grand nombre vont se tourner vers des voies sans issues et se priver d'une carte dans la gamme des possibles serait peut être une erreur.
La recherche de père et de repères et d'une solution enfin respectueuse amène trop de jeunes au fond du malheur.
Certains pas tous, parmi les plus blessés et parmi ceux qui sont à la recherche désespérée d'un cadre ceux là seront peut être volontaires pour choisir une alternative digne.
La structure de référence doit être collective, armée ; éducation nationale ; justice.
Cela coûtera cher, très cher.
L'idée de chantiers humanitaires est loin d'être sotte.
Cherchez donc l'expérimentation à laquelle je fais allusion - je ne l'ai pas sous le coude - désolé.
jpd
Quelles "expériences" ?
Sérieusement : à quelles "expériences françaises" faites-vous allusion ? Donnez des précisions, SVP, montrez que des jeunes en perdition, avec qui on avait tout tenté, ont effectivement été sauvés par l'intervention de l'armée. J'attends vos références. Je maintiens que les dernières "expérimentations" en la matière étaient le fait des sinistres maisons de correction, véritables bagnes pour enfants, dont les dernières ont fermé leurs portes dans les années 60. Je maintiens qu'en Europe, seule la Russie de Poutine se lance dans la "rééducation" des mineurs par l'armée. Je maintiens qu'aux USA, depuis une vingtaine d'années, se sont multipliées les expériences (on appelle ça les "boot camps") visant à placer entre les mains de militaires de tout jeunes enfants. C'est d'ailleurs devenu une véritable entreprise commerciale destinée à rapporter du fric à des officines sans aucune compétence. Dans ce pays, des rapports commencent à se multiplier montrant comment les jeunes en ressortent brisés. Je maintiens qu'en France, depuis plusieurs années, alors que tous les budgets sociaux et éducatifs sont en régression, le budget militaire, lui, est en augmentation constante, dévorant les budgets civils. Je maintiens que les pays qui réussissent le mieux dans la lutte contre la délinquance sont ceux qui bannissent l'idée d'enfermement, parce que, justement, l'éducation a pour but de former des êtres libres et responsables, ceux que l'enfermement ne permet pas de faire.
Pouvez-vous nous dire quels sont les titres de compétence, quelle est la légitimité des militaires pour éduquer la jeunesse ?
Pouvez-vous nous dire ce qu'est un "chantier humanitaire encadré par l'armée" ?
Comment pourrait-on justifier que l'on puisse mettre des jeunes au travail dans un cadre carcéral, dans un pays qui compte 3 millions de chômeurs ? Si des besoins existent, commençons par créer des emplois. Et sur cette question de l'emploi, pouvez-vous nier que les programmes politiques (celui du PS comme les autres) soient vides ?
Je trouve consternant cette dérive carcérale des responsables politiques : depuis des années, on enferme et on punit à tour de bras ; quel problème a-t-on ainsi résolu ?
Enfin, je m'excuse d'avoir à revenir sur ce point : cette idée d'encaserner les jeunes était jusqu'à présent, une exclusivité d'extrême-droite. Pourquoi, dans ce cas, critiquer Le Pen et de Villiers si c'est pour reprendre leurs conceptions ?
"Je maintiens que les dernières "expérimentations" en la matière étaient le fait des sinistres maisons de correction, véritables bagnes pour enfants, dont les dernières ont fermé leurs portes dans les années 60" Lubin
FAUX.
Ne vous laissez pas égarer par la passion.
Je ne fait pas d'agit pop pour cette expérimentation! Je dis qu'il faut la regarder de près.
Ne prenez pas les militaires pour tous des cons. Ce serait aussi une erreur.
google : je trouve...vite fait.
Il y a un rapport d'un général qu'il faut trouver.
Etudier avec l'armée, «ça va quand même»
La levée des couleurs. © LAURENT TROUDE
Un reportage en images au centre «Défense, deuxième chance» de Val de Reuil pour la réinsertion des jeunes, ouvert en juin dernier • Et les témoignages d'Ousmane, Vanina et Matthieu, pensionnaires du dimanche soir au vendredi soir •
Par Véronique SOULÉ (textes) et Laurent TROUDE (photos)
LIBERATION.FR : Lundi 25 septembre 2006 - 17:52
Val de Reuil (Eure), envoyés spéciaux
Le centre Défense, deuxième chance de Val de Reuil, dans l'Eure, fait partie du dispositif lancé en août 2005 qui vise à réinsérer des jeunes en perdition, sans qualification et souvent sans emploi. Ouvert en juin dernier, il accueille 120 jeunes, de 18 à 21 ans, appelés «volontaires d'insertion», qui se sont engagés pour six mois, renouvelables trois fois.
Internes du dimanche soir au vendredi soir, ils partagent leur temps entre les cours rattrapage scolaire –en orthographe, en grammaire et en mathématiques–, deux heures de sports par jour, une demi-journée de travail d'intérêt général par semaine –l'entretien des locaux– et enfin des séances d'information sur les métiers, de rédaction de CV, des rencontres avec de possibles employeurs, etc. S'ils ne rempilent pas à l'issue de ces six mois, grâce aux contacts noués avec les entreprises de la région, le centre devrait leur trouver un stage, voire un emploi, ou un contrat de d'apprentissage.
Le programme est mené sous la houlette du ministère de la Défense et de celui de l'Emploi et de la Cohésion sociale. Mais sur le terrain, dans les six centres créés à ce jour, les militaires sont les maîtres d'œuvre. Une bonne moitié des cadres sont d'anciens militaires à la retraite. Le vocabulaire est souvent martial : la compagnie –ainsi désigne-t-on les 120 volontaires– est divisée en sections, puis en groupes, chacun avec des chefs. Les jeunes doivent abandonner leurs jeans et leurs casquettes et porter des uniformes. Celui de travail, une combinaison en gros coton gris, les fait ressembler à des prisonniers. Pour le sport, il y a un survêtement bleu marine. Et bientôt une tenue de sortie, blazer , pantalon et cravate. La discipline très stricte fait partie de l'éducation civique et comportementale que l'on veut leur inculquer. Le lever est à 6 heures 30, «l'extinction des feux» à 22 heures 30. Le centre étant ouvert, si un pensionnaire craque, il peut partir. Récits de vie de trois pensionnaires, rencontrés au centre.
© LAURENT TROUDE
Ousmane Tounkara, 20 ans
«Un beau matin, je suis allé à l'armée»
«J'ai été livreur, éboueur, poseur de cloisons, plombier, manutentionnaire. Mais chaque soir je rentrais dans ma banlieue, la cité Champy à Noisy-le-Grand, dans le 93, et je n'étais pas bien sérieux. A cause de mes connaissances, je perdais mon travail. Mon père est décédé quand j'avais 9 ans. J'étais tout le temps avec lui, il était grand, avec une certaine sagacité. Après je cognais partout. J'ai fait des conneries. Surtout j'ai empêché ma mère de dormir.
Comme mon beau-père lui avait monté la tête, quand j'avais treize ans, elle m'a envoyé en Côte-d'Ivoire un an et demi, et puis en Gambie, un an et demi. C'était difficile de faire des études, il fallait travailler la terre. Ma mère a compris que je perdais mon temps, elle m'a fait revenir. Mais on m'a mis alors dans une classe de 5è, avec des petits. Je suis parti.
Un soir j'ai pété les plombs. Et un beau matin, je suis allé à l'armée, avec trois-quatre collègues, à la Nation, rue Diderot. Un de mes copains avait le bac, un autre un CAP. Mais moi je n'avais rien. Alors on m'a dit de venir ici pour avoir un diplôme. J'ai toutes les bases à reprendre, les opérations, tout. Je suis un passionné du volant, ici je me suis inscrit en section "Logistique et transport routier.»
© LAURENT TROUDE
Eloïse Zaghouani, 19 ans
«Ma mère pensait qu'ici on me trouverait du travail»
«Je me suis arrêtée en troisième. Puis j'ai commencé un CAP Ventes. Mais j'ai arrêté. Ce que je voulais faire, c'est de la coiffure. Une fois, j'ai fait un stage en coiffure. Mais après plus rien. C'est dans une antenne PAIO (permanence d'aide à l'insertion et à l'orientation) qu'on m'a parlé de ce centre Défense, deuxième chance. Je suis dans la section "Hôtellerie et restauration". Je me dis que je pourrais être hôtesse d'accueil par ce que la cuisine, le service, je n'aime pas. Mais je veux toujours faire de la coiffure.
J'ai déjà dormi dehors. A un moment, je suis partie de chez moi, et je suis allée vivre chez une copine. Mais elle n'était jamais là. Alors je ne pouvais pas avoir la clé, la gardienne ne la donnait qu'à elle, la locataire. Une fois je suis restée trois semaines dehors. Mes parents m'avaient dit : réfléchis bien avant de partir. Ils ne m'ont pas reprise, et c'est normal. Je ne m'entends pas trop bien avec mon beau-père. Ma mère pensait qu'ici on me trouverait du travail. Mais ça fait trois mois que je suis là, et je ne vois rien. Ça va quand même.»
© LAURENT TROUDE
Matthieu Collard, 20 ans
«Je pense en reprendre pour six mois»
«C'est la mission locale qui m'a envoyé ici, car j'étais sans emploi et SDF. J'ai vécu plusieurs semaines dans la rue du côté de Vernon (dans l'Eure), notamment en novembre et décembre 2005. J'ai été licencié de mon emploi de serveur, et le foyer de jeunes travailleurs où j'étais m'a mis dehors parce que je ne pouvais plus payer.
Je suis sans famille. J'ai perdu mon père à 3 ans, et je n'ai pas de souvenirs de lui. Puis j'ai perdu ma mère et mes frères et sœurs. J'ai été placé en foyer éducatif. J'ai commencé un CAP de cuisine, mais j'ai déconné. J'ai fait des petits jobs, des intérims. Dans une crêperie, un Mac do, un bar. A Giverny à la fin, je me plaisais, j'étais «chef de partie» (il s'occupait des entrées) dans un restaurant, mais la patronne, même si ça lui faisait mal au cœur, a dû me licencier en mai 2006, elle n'y arrivait plus.
J'avais vu un reportage à la télé sur le centre Défense, deuxième chance de Montlhéry. Et ça m'a plu. A la fin de ce contrat, je pense en reprendre pour six mois. J'espère qu'à la sortie, on va m'aider à trouver un employeur, dans la cuisine et la restauration toujours car c'est ça qui me plait, pour que je puisse préparer un brevet pro sur deux ans en alternance. Puis après, je voudrais tenter un bac pro par correspondance. Pour moi ici, c'est vraiment une chance à saisir.»
NOUR-LINGUISTIQ Agir d'abord
Lorsqu'on entend parler de jeunes qui ont quitté le système scolaire sans aucun diplôme et qui sont aux abois , on se pose la légitmement la question "mais que fait l'Etat?" Pour moi, c'est une tr... Mardi 26 Septembre 2006 - 21:40
Clairon L'armée ne sert pas à ça ...
L'armée c'est fait pour défendre le pays, pas pour combler les insuffisances d'une société, l'absence de plus en plus de parents ou l'inadéquation de certaines formes de scolarités. L'armée est... Mardi 26 Septembre 2006 - 10:37
Ugo Si ça marche, pourquoi pas ?
Si ça marche, pourquoi pas ? Il y a là une institution, l'armée qui fait apparemment quelque chose de positif en ce domaine. C'est bien, et ce sans qu'elle ait nécessairement à donner plus d'amp... Mardi 26 Septembre 2006 - 09:18
Rom1 respect
Un regard attentif sur ces jeunes vies brisées doit nous convaincre des limites d'un système éducatif inadapté aux réalités sociales. Derrière les statistiques et la démagogie à propos des mo... Lundi 25 Septembre 2006 - 23:32
Marie Pourquoi pas ?
C'est une bonne chose que l'Etat offre à des jeunes en perdition une deuxième chance. Le caractère militaire ne paraît pas prédominant.... Lundi 25 Septembre 2006 - 21:51
bud l'avis d'un vieux con
Il faut rétablir le service militaire, c'était bon pour la cohésion sociale.... Lundi 25 Septembre 2006 - 21:51
jm Bravo et bonne chance
Chacun mérite une seconde et même une troisième chance. Le plus important est que ces individus ait pris la décision eux-même de s'en sortir (ras-le-bol de la mentalité d'assisté encouragée de... Lundi 25 Septembre 2006 - 21:51
ERIK PLACEBO
l'action est utile mais je ne pense pas qu'il s'agisse là de la vocation première des armées. Le service militaire avait cet effet mais il portait sur l'ensemble d'une classe d'âge et ce caract�... Lundi 25 Septembre 2006 - 21:51
darren et l'aspect mililitaire ?
Dans ces témoignages plutôt positifs, pas un mot sur ce qu'ils pensent de l'aspect militaire de ces centres ? Vu que c'est ce qui choque pas mal d'électeurs de gauche, c'est dommage de nas pas avoi... Lundi 25 Septembre 2006 - 21:51
moralex l'armée à contre-emploi
Une fois de plus, c'est l'Armée qui est appelée à la rescousse pour assurer une mission qui n'est pas la sienne. Comme avec le Service Militaire Adapté (SMA), le JET, et que sais-je encore, c'est ... Lundi 25 Septembre 2006 - 21:50
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http://www.liberation.fr/actualite/societe/206650.FR.php
google : taprez défense deuxième chance
http://ecolesdifferentes.free.fr/MAM2CHANCE.htm
un dossier.
Les débuts calamiteux d'Alliot·Marie
dans les bonnes œuvres sociales
Faute de crédits, les centres de formation pour jeunes paumés créés par la Défense tournent au mauvais gag. Et pourtant MAM en a tiré argument pour sa pub.
Sous les crépitements des appareils photo, MAM s'avance au milieu des ordinateurs.
On est le 15 décembre 2005 et la ministre inaugure à Montlhéry, dans l'Essonne, le troisième centre d'insertion de la Défense pour jeunes mal barrés.
A ses côtés, Serge Dassault, élu du département, et un cortège d'huiles civiles et militaires.
Une fois les projecteurs éteints, les employés de la société Technoform embarquent les ordinateurs flambant neufs.
C'était un prêt, juste pour le décor.
Alliot-Marie avait exigé de traverser une salle bourrée d'informatique, mais il n'y a ni argent pour acheter ces matériels ni formateurs qualifiés pour initier les ados prolongés.
Revue à la baisse
Ainsi va l'Epid (Etablissement public d'insertion de la Défense). En plein psychodrame des banlieues, Chirac l'évoquait comme une réponse possible au malaise des cités, et Villepin en a fait l'une de ses «mesures pour l'emploi». Grâce à ce projet grandiose lancé au printemps dernier et baptisé «Opération deuxième chance», 20 000 jeunes (garçons et filles) devaient, d'ici à 2007, être remis sur les rails. Répartis dans 50 établissements, avec uniforme et «Marseillaise» dès le petit déjeuner, ils allaient réapprendre à vivre en société. Mieux encore, après un an de ce régime, ils partiraient avec, en poche, une formation leur permettant de trouver du boulot dans le civil. Les services de Borloo étaient, eux, sommés de mettre 480 millions d'euros par an sur la table pour assurer ce nouveau départ aux 10 000 stagiaires annuels.
C'est en tout cas ce que décrivait par le menu le plan «com'» de la ministre déjà évoqué par «Le Canard» (10/8). Quatre mois après l'inauguration de son premier centre, l'Epid apparaît effectivement comme une grosse opération de pub. Mais l'intendance a bien du mal à suivre la fanfare ministérielle.
Revue de détail provisoire : sur les 20 000 jeunes volontaires annoncés d'ici à 2007, un millier devaient être recrutés avant la fin 2005. Or on ne compte que 380 stagiaires dans les trois centres ouverts à marche forcée depuis octobre. A ce rythme, on atteindrait les 1 200 par an et non pas 10 000. Comment accélérer la cadence? Mystère.
Sur les 480 millions d'euros promis, 37 ont été attribués par la mission « Travail et emploi » de Borloo en guise de subvention de fonctionnement. MAM s'était engagée à ce que l'opération ne coûte pas un centime aux Armées. Mais il a bien fallu trouver un moyen de financer l'accueil des premiers stagiaires : la Défense a donc avancé les fonds. Pis, les crânes d'œuf de l'Epid planchent en secret sur la création d'une certaine société - la Foncière de Bellechasse - qui devrait récupérer 120 millions en vendant des actifs immobiliers de la Défense. On brade les bijoux de famille.
Les capotes de MAM
Mal préparés, les anciens sous-offs et les profs détachés, tous censés former les recrues, ont été un peu débordés. «Alliot-Marie voulait aller vite, ironise un formateur de l'établissement de Montry, en Seine-et-Marne, ouvert depuis le 1er octobre. Les premières semaines, à défaut de programme pédagogique, les jeunes ont surtout marché au pas pendant des heures. »
Ce qui, apparemment, n'a pas suffi à les fatiguer : quinze jours après l'inauguration par MAM en grande pompe et devant les caméras, plusieurs pensionnaires rentraient au foyer entre deux gendarmes. Ils avaient fait le coup de poing avec des villageois, et sont accusés de leur avoir piqué téléphones portables et lecteurs de CD.
Plus délicat à gérer pour les adjudants fraîchement reconvertis: les éducateurs se sont aperçus, lors de la visite médicale de novembre, que quatre stagiaires étaient enceintes de leurs petits camarades de jeu! La reproduction de l'espèce n'étant pas au programme des centres, la direction de l'Epid, affolée, a passé en catastrophe une grosse commande de capotes ...
Faute de crédits, les formateurs se sont vus obligés d'acheter sur leurs deniers savons et rasoirs, Et, bien qu'embauchés depuis août, ils ont dû se contenter d'acomptes avant de percevoir leur premier salaire, en novembre. Résultat, un prof s'est retrouvé interdit bancaire, et un autre avec les huissiers à sa porte. Quant aux jeunes recrues, elles n'ont touché leur pécule mensuel de 300 euros qu'au bout de deux mois. Ceux qui sortaient le weekend pour retrouver leur famille ou leurs copains avaient donc pris l'habitude d'emprunter les transports sans payer. Et le chef du centre récoltait tous les lundis les kilos de prunes envoyées à l'Epid par la SNCF ou la RATP. Dans un rapport rendu à Alliot-Marie le 12 décembre sur les premiers mois chaotiques de cette « Opération deuxième chance », une commissaire de l'armée de terre (sorte de contrôleur de gestion), la colonelle Belart-Guyon, prédit d'ailleurs un premier semestre 2006 «problématique ».
Dans sa ligne de mire, la fine équipe officiant sous les ordres d'Olivier Rochereau, contrôleur général des armées, qui a été nommé directeur de l'Epid après avoir passé deux ans à la tête de l'Agence du chèque-vacances, un organisme parapublic. Où il a d'ailleurs recruté neuf de ses anciens collaborateurs pour des postes importants à l'Epid.
Alors que chacun est prié de compter gommes et crayons, en attendant des jours meilleurs et des crédits, ces parachutés ont obtenu six voitures de fonction avec cartes d'essence et de péage. Et leurs salaires ont suivi le mouvement: la directrice de la communication émarge à 7 550 euros par mois, et le directeur du développement à 7 850 euros.
L'Epid aura au moins profité à quelques-uns.
Brigitte Rossigneux
Le Canard Enchaîné - 04 01 - 2006
La guerre d'ego
V OYANT les débuts plus que laborieux des centres MAM, certains officiers ont prôné un rapprochement avec le projet, plutôt bien ficelé, du général Emmanuel de Richoufftz, adjoint au gouverneur militaire de Paris.
Il avait monté dans onze banlieues sensibles et avec quelques sponsors, comme La Poste, GMF ou Sodexho, un contrat « donnant-donnant ».
Cent trente jeunes se sont engagés à un« parcours citoyen », c'està-dire une formation de base avec cours de français, respect des horaires et des contraintes, et quinze jours de travail dans une collectivité. En échange, on leur finançait le permis et on leur trouvait un emploi.
Un petit quart d'entre eux ont jeté l'éponge ou ont été virés.
Mais, fin décembre, 46 garçons et filles avaient décroché un boulot et tous les autres finissaient de passer ou de repasser leur permis avant d'être embauchés eux aussi dans une des entreprises associées.
L'expérience, pourtant, s'arrêtera là. Ordre de la ministre. Le général prenait trop de place?
Une centaine de "Défense deuxième chance"
seront ouverts d'ici fin 2007
--afp--060513--
Une centaine de centres "Défense deuxième chance" permettant d'accueillir 20.000 jeunes en difficulté, seront ouvert en France d'ici fin 2007, a déclaré samedi à Saint-Etienne la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie.
Alors qu'il n'y a actuellement que quatre de ces établissements ouverts (depuis octobre), Mme Alliot-Marie, qui s'exprimait en marge du 72e congrès de l'Union nationale des officiers de réserve (UNOR), a annoncé que "leur nombre sera porté à 36 d'ici la fin de l'année, permettant d'accueillir 10.000 jeunes, conformément aux objectifs fixés par Jacques Chirac".
Lors de son déplacement dans la Loire, la ministre a précisé qu'un de ces centres destinés aux jeunes en difficulté sociale et scolaire sera ouvert à Roanne (Loire) d'ici la fin 2006, suivi d'un autre à Saint-Chamond.
Ces deux villes sont des bassins en reconversion de l'industrie de l'armement, qui font l'objet d'un contrat de site associant notamment l'Etat et les collectivités locales, après les fortes réductions d'effectifs opérées par l'entreprise publique d'armement terrestre Giat-Industries.
La création de ces centres "Défense deuxième chance" fait partie des revendications des délégués syndicaux de Giat qui ont rencontré samedi, à Saint-Etienne, le conseiller social de la ministre, Alain Guillou.
"La Vie" dénonce les "dysfonctionnements" du dispositif de l'armée pour les jeunes déscolarisés
--ap--060712---- - Jeunes blessés lors de stages commandos trop musclés, manque de formation des encadrants ou de moyens... L'hebdomadaire "La Vie" dresse une liste sévère des "ratés" du nouveau dispositif deuxième chance permettant à des jeunes en difficultés de recevoir une formation au sein de l'armée.
Dans son édition de jeudi, l'hebdomadaire révèle notamment que deux cadres du centre de Velet (Saône-et-Loire) "ont été suspendus le mois dernier à la suite d'un dérapage": un de leurs pensionnaires a dû être conduit à l'hôpital à la suite d'exercices particulièrement musclés organisés à la mi-mai.
"Ils ont transformé un stage de cohésion en un stage paramilitaire", regrette l'Etablissement public d'insertion de la Défense (EPID), chargé de gérer les différents centres. Après ce "dérapage isolé" les deux cadres ont été suspendus et risquent "des sanctions qui pourraient aller jusqu'au licenciement", a précisé à l'Associated Press Nathalie Mouillet, directrice de la communication de l'EPID. Elle a également confirmé que les deux hommes avaient été entendus par les gendarmes après un signalement auprès de la justice.
Plus généralement, "les dysfonctionnements se sont multipliés" depuis l'ouverture du premier centre en septembre à Montry (Seine-et-Marne), accuse l'hebdomadaire. Ces difficultés s'expliqueraient "par un manque de moyens et une mise en oeuvre précipitée".
"La Vie" affirme que les encadrants, souvent anciens militaires, ne bénéficient d'aucune formation spécifique pour exercer auprès des adolescents de 18 à 21 ans accueillis dans les sept centres ouverts.
Les établissements manquent également de moyens pour acheter des cahiers ou des livres de classe et même pour payer les heures supplémentaires ou indemniser les déplacements des formateurs, recense le magazine. L'hebdomadaire pointe enfin les difficultés rencontrées dans l'accompagnement vers l'emploi des jeunes volontaires.
L'EPID a minimisé mercredi ces difficultés en les mettant sur le compte de la mise en place du dispositif et de la lenteur des procédures administratives engagées pour y répondre. "Quand on crée un dispositif, c'est plusieurs promotions de jeunes qui nous apprennent quel sera le public exactement", a expliqué Nathalie Mouillet, qui a souligné pour sa part les bons résultats des jeunes aux examens qu'ils ont passé en fin d'année.
Le plan deuxième chance, adopté par ordonnance en août 2005, prévoit une formation de six mois à un an, une remise à niveau scolaire et une formation professionnelle pour des jeunes non-diplômés logés en internat. Ce dispositif, qui devait accueillir 700 jeunes à la fin de l'année, doit prendre de l'ampleur et accueillir à terme 20.000 jeunes volontaires.
Sondage: 59% des Français regrettent la suppression du service militaire
--ap--060712---- Dix ans après la suppression du service militaire obligatoire par le président Jacques Chirac, 59% des Français regrettent la conscription, à en croire un sondage Ifop paraissant jeudi dans "Valeurs actuelles".
Un regret que ne partagent toutefois pas les plus jeunes: 61% des moins de 35 ans n'ont aucune nostalgie pour le service militaire, quand 69% des plus de 35 ans le regrettent.
Assez logiquement, alors que les sympathisants de droite regrettent massivement la conscription (71%), seuls 48% de ceux de gauche ont la même opinion.
Aujourd'hui, 46% des personnes interrogées sont favorables à la création d'un service civil volontaire et 44% à celle d'un service civil obligatoire, comme l'a proposé la candidate socialiste à la candidature Ségolène Royal. Ils sont 10% à ne vouloir ni de l'une ni de l'autre formule.
- sondage réalisé par téléphone les 29 et 30 juin auprès d'un échantillon représentatif de 1.006 personnes âgées de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas-
Le plus intéressant.
J'ai trouvé ce à quoi je faisais allusion.
à mon humble avis Royal doit avoir des contacts avec Richoufftz.
Et si elle n'en a pas elle doit en prendre d'urgence pour faire une évaluation sérieuse de cette expérience intéressante.
VOYANT les débuts plus que laborieux des centres MAM, certains officiers ont prôné un rapprochement avec le projet, plutôt bien ficelé, du général Emmanuel de Richoufftz, adjoint au gouverneur militaire de Paris.
Il avait monté dans onze banlieues sensibles et avec quelques sponsors, comme La Poste, GMF ou Sodexho, un contrat « donnant-donnant ».
Cent trente jeunes se sont engagés à un« parcours citoyen », c'està-dire une formation de base avec cours de français, respect des horaires et des contraintes, et quinze jours de travail dans une collectivité. En échange, on leur finançait le permis et on leur trouvait un emploi.
Un petit quart d'entre eux ont jeté l'éponge ou ont été virés.
Mais, fin décembre, 46 garçons et filles avaient décroché un boulot et tous les autres finissaient de passer ou de repasser leur permis avant d'être embauchés eux aussi dans une des entreprises associées.
L'expérience, pourtant, s'arrêtera là. Ordre de la ministre. Le général prenait trop de place?
le blog du général des banlieues
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Il n'est pas ordinaire ce Général l
Je préfère la "1ère chance"
Ben écoutez, JPD, avec les centres "défense 2e chance", il me semble que vous apportez plutôt de l'eau à mon moulin : les militaires n'ont pas vraiment vocation à éduquer. Plutôt, d'ailleurs, que d'échafauder d'invraisemblables dispositifs "2e chance", il me semble qu'on serait mieux inspiré d'offrir à tous les jeunes une véritable "1ère chance" à l'école en leur permettant à tous d'y réussir, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Que fait on alors de ces "nouveaux "handicapés sociaux"
Sur le fond nous sommes évidemment bien d'accord :
"on serait mieux inspiré d'offrir à tous les jeunes une véritable "1ère chance" à l'école en leur permettant à tous d'y réussir, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui."
évident.
Le problème est tout de même quel'on a sur les bras un "stock" de "nonveaux handicapés sociaux" sur les bras, qu'il faudra gérer.
Je formule en langage techno exprès.
L'expérience 2ème chance est à prendre avec des pincettes - mais elle n'a pas eu toutes ses chances.
Il faut l'analyser !
Ce général, qui ose causer sur blog il ne faut pas le bouder c'est déjà plus sérieux.
Vous avez déjà travaillé avec des "durs bien amochés" de 15- 17 ans ?
Moi oui et il sont là bien là, en nombre !
Les perspectives à moyen et long terme ils s'en foutent.
Quand il reste une étincelle de volonté de s'en sortir c'est tout de suite qu'il faut agir.
Je n'ai pas connu le travail avec les 17 - 21 dans cette décennie.
J'imagine que c'est costaud.
Je ne suis pas loin de partager votre opinion.
Cela fait un moment que les propos de Ségolène Royal me consternent. Et pite encore, elle me semble plus dangereuse que Sarkozy sur ces question d'"ordre juste" pas loin d'ordre moral.
Sarko ne me semble pas avoir ces rigidités et mooralisante que montre Ségo dès qu'elle tient un discours non écrit. Je suis consterné que le PS s'appréte à choisir cette personne pour la présidentielle 2007. Choisir entre Sarko et Ségo ! Au point de déprime où je suis en imaginant cela, je me demande si dans cette hypothèse tragique, je ne voterai pas encore une fois à droite quitte à voter en gauche ensuite pour 'maitriser' Sarkozy. Plus S royal parle plus je suis abasourdi de ce qu'elle dit, pense, propose...
centres défense deuxième chance
Je vais partir début décembre en stage dans l'un de ces fameux centres, alors pour m'informer je suis aller sur internet, et je suis tomber sur ce site. je n'ai aucune experience du haut de mes 20 ans mais je me permets quand même de donner mon avis sur certains points, qui devraients être nuancés.
Evidemment, puisque je pars travailler cinq mois dans l'un de ces centres, je ne suis pas impartial.
Tout d'abord Lubin affirme que les jeunes sont "enfermés", mais ce n'est pas ce que jai cru comprendre puisque ce travail a lieu sur la base du volontariat (et ils sont apparemment payés(??!!)).
Ensuite les militaires ne sont pas là à mon sens pour remplacer les éducateurs mais pour travailler avec eux. Et ils ont malgré tout une certaine expérience, en tant que formateurs, avec des méthodes différentes de celles de l'éducation nationale.
D'après ce que jai entendu (de source militaire...) le budget de l'armée diminue et les effectifs de l'Armée de terre sont réduits chaque année.
Enfin d'un point de vue politique, je minquiète plus des réformes budgétaires proposées par le PS, notemment concernant les retraites, que de ces tentatives qui ne me paraissent pas insensées.
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