Journal d'école

Un regard distancié, très distancié, très très distancié sur l'école et sur le monde. L'école vient de loin, elle peut mener loin. A condition d'en sortir.

31 mars 2007

"Quelle histoire pour quelle nation ?"

Dans Libé d’aujourd’hui un excellent texte de Suzanne Citron : « Quelle histoire pour quelle nation ? »

http://www.liberation.fr/rebonds/election_presidentielle/244482.FR.php

L’historienne y revient sur ses analyses du « Mythe national, l’histoire de France en question » (Les éditions ouvrières, 1987) : « Mise en cause par le réveil des mémoires, [l’histoire nationale] l’est aussi par les travaux conjugués des historiens, des archéologues, des anthropologues, des préhistoriens. Ils re-problématisent le passé en fonction d’éclairages neufs. Les nouveaux matériaux, les (re)lectures d’archives, l’interrogation sur le sens différent d’un même mot selon les moments, les lieux et les personnes, permettent de questionner le passé, de déconstruire les postulats nationalistes et scientistes du 19e siècle, de faire tomber les cloisons artificielles qui emprisonnent les recherches et brident les fulgurances. Ils amorcent le chantier d’une Histoire pour demain, celle d’une France ouverte et multiple, dans une Europe à repenser, dans un monde chahuté, dans une terre en danger ».

Deux réserves néanmoins : « L’Histoire dont les Français ont besoin comme support d’une identité nationale aux mille couleurs doit être mondiale et européenne pour être vraiment nationale, parce que les Français d’aujourd’hui ont des racines dans la planète entière ». Dans ces conditions, pourquoi continuer à se référer à une « identité nationale » dont les contours sont aussi flous, le contenu problématique, croyance mythologique plus qu’autre chose mais qui a fait tellement de mal ?

Seconde réserve : «Tissée de mémoires croisées et d’identités plurielles, cette Histoire sera le support d’une citoyenneté commune des droits et des devoirs, une citoyenneté de combat contre toutes les inégalités, lucide sur les enjeux écologiques, tournée vers l’avenir. C’est l’histoire revendiquée par Christiane Taubira, la Française de Guyane, ce sera celle de la France métissée de S. Royal ». La France métissée de S. Royal, on y croira lorsque Chevènement ne fera plus partie de son staff électoral et lorsque la candidate voudra bien cesser d’agiter devant l’électeur les bien pauvres symboles nationaux.

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29 mars 2007

Révisionnisme

Dans leur obsession à parer l’hymne national de toutes les vertus révolutionnaires, les thuriféraires de la Marseillaise n’hésitent pas à verser dans le révisionnisme. Dans Libé (27/03), on pouvait lire que Rouget de Lisle avait trouvé son inspiration – si tant est qu’on puisse utiliser ce mot pour la Marseillaise ­– dans la « déclaration de guerre de l’empereur d’Autriche à la France » en 1792. Grossier mensonge et qui n’est pas le premier, quand l’honneur national est en jeu : le 20 avril ce n’est pas l’Autriche qui déclare la guerre à la France mais le contraire, même si les dirigeants français, bien hypocritement, adressaient leur déclaration au « roi de Bohême et de Hongrie », feignant d’ignorer que, dans toute guerre, ce sont d’abord les peuples qui payent le prix fort. En 1792, la France se lançait avec la Marseillaise dans une longue période de guerre, toujours, bien sûr, avec sa bonne conscience indestructible et les meilleurs arguments du monde. La guerre, c’est toujours la faute de l’autre. Pourtant, l’histoire de France est celle d’un pays guerrier, belliciste et la Marseillaise, loin d’être un hymne révolutionnaire, est d’abord un chant guerrier. Le sang impur dont elle s'abreuve n'est pas une allégorie mais pour elle une nécessité vitale. Au cours des deux siècles qui nous précèdent, des millions de jeunes, bernés par la nation, seront immolés sur l’autel de la patrie. Il paraît d’ailleurs que c’est son titre de gloire.

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28 mars 2007

BBR de 1984 à nos jours

Un qui ne se sent plus d’aise, c’est Chevènement, alias BBR, rappelant à qui veut l’entendre que la Marseillaise obligatoire, c’est lui qui l’a réintroduite dans les programmes scolaires lorsqu’il était ministre de l’Education nationale en 1984. Il avait ainsi ouvert la voie à l’amendement Rivière, qui renforce cet apprentissage dans la loi d’orientation de 2005, amendement qui doit son nom au député des Alpes-Maritimes, aujourd’hui président du comité de soutien à de Villiers. Les apparentements douteux, cela ne semble pas lui poser de problème de conscience, à BBR. En 1984 comme aujourd’hui, l’argument était qu’il ne fallait pas laisser à l’extrême-droite le monopole des symboles nationaux. Bilan de 23 ans de Marseillaise obligatoire à l’école : aujourd’hui, les thèses du FN n’ont jamais été aussi présentes dans l’opinion publique et Le Pen – qui peut, au passage, se réclamer du « centre droit » – est incontournable à chaque élection... sinon sur sa droite. Lorsque les sympathisants FN chantent la Marseillaise dans les meetings du grand chef, il faut se souvenir que c’est à l’école qu’ils l’ont apprise. Aussi, lorsqu’on entend aujourd’hui les politiciens de tous bords justifier leur dérive nationaliste avec les mêmes arguments que BBR en 1994, on a tout à craindre pour un futur plus ou moins proche.

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Sois jeune et tais toi

Ouest France racontait dans son édition du 7 février dernier comment dans des « Lettres aux anciens », des collégiens de Brissac (Maine-et-Loire), interpellaient leurs aînés, usant de leur droit d’inventaire, s’inquiétant de l’avenir qu’on leur préparait.

http://journaldecole.canalblog.com/archives/2007/02/07/index.html

Les anciens en question ont mal pris la chose, obligeant l’enseignante à l’origine des lettres en question à se fendre d’une explication dans la presse locale (Ouest France, 26/03/07). Réaction affligeante et mesquine, bien dans l’air du temps : à l’école, on écoute et on se tait, éventuellement on récite ou on répète. Et pour ce qui est de former des citoyens, la Marseillaise obligatoire suffit amplement.

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27 mars 2007

La Marseillaise, la guillotine et Libération

Donc Libé approuve et applaudit Royal, le drapeau, la Marseillaise (27/03/07). Enfin, Libé ou son directeur-adjoint de rédaction, Jean-Michel Thénard. Avec des arguments d’une mauvaise foi confondante. Pour Libé¸donc, il s’agit de « rendre à la gauche l’héritage révolutionnaire de la Marseillaise et de reconquérir cet électorat ouvrier bla bla, bla bla ». La référence à la Révolution française est récurrente chez les tenants d’une Marseillaise « de gauche » qui oublient simplement que la Révolution n’est pas un bloc homogène et que la Marseillaise n’est pas contemporaine de 1789 ni des Droits de l’homme mais de 1793, de la Terreur et de la guillotine. Or, la guillotine, Thénard en parle, justement, dans le même éditorial, en se livrant à un amalgame osé entre les extases de Royal sur le drapeau et l’abolition de la peine de mort par Mitterrand en 1981. Démonstration : « le pari royaliste est risqué qui consiste à braver les bonnes consciences de gauche pour mieux conquérir les suffrages du peuple. il rappelle celui de Mitterrand qui, le 16 mars 1981, avait pris une partie de l’opinion à rebours en se prononçant contre la peine de mort ». Ou bien Thénard est mal informé, ou bien il est de mauvaise foi. Car si proposer l’abolition de la peine de mort était effectivement la marque du courage politique de Mitterrand à une époque où l’opinion y était favorable, ça l’est beaucoup moins pour Royal avec les symboles nationaux dont les sondages publiés sur la même page nous affirment que l’opinion (enfin, l’opinion sondée) y serait massivement favorable. Là où Mitterrand faisait effectivement preuve de courage, Royal est populiste, racoleuse ; elle carresse l’électeur dans le sens du poil. Et l’on sait bien de quel électeur il s’agit. Au demeurant, il ne faut pas beaucoup d’audace à Royal pour affronter ce que Thénard appelle, avec une bonne dose d’arrogance, « les bonnes consciences de gauche » alors qu’il apparaît avec de plus en plus d’évidence que Royal est tout ce qu’on veut, sauf une femme de gauche. Le rapprochement entre Mitterrand et Royal, entre l’abolition de la peine de mort et l’exaltation de la Marseillaise ne manque d’ailleurs pas de piquant : la guillotine et la Marseillaise sont effectivement les deux symboles de 1793. On chantait la Marseillaise à pleins poumons lorsque le sang impur (ou pur, on n’était pas spécialement regardant) coulait sur l’échafaud. Et alors que Mitterrand avait effectivement détruit un des symboles hideux de la république, Royal, elle, voudrait réhabiliter un autre symbole, non moins hideux de la république. A force de se complaire dans les symboles hideux, on va finir par se poser des questions sur cette république.

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26 mars 2007

Fierté nationale

Donc pour Royal – elle vient encore de le répéter – comme pour Le Pen, comme pour les fanatiques de l’identité nationale, chacun doit être « fier de la France ». Fier de la France quoiqu’on ait pu faire en son nom.

Fier de la France qui raflait les Juifs en 40 (comme elle rafle aujourd’hui les enfants devant les écoles).

Fier de la France qui s’appropriait par la violence des contrées entières pour les exploiter à son profit.

Fier de la France qui torturait en Algérie et noyait les Arabes dans la Seine.

Fier de Papon, préfet de police du chef de la France libre, fier de Bousquet, copain de Mitterrand.

Fier de la France qui a irradié les populations du Pacifique avec ses essais nucléaires.

Fier de la France qui a coulé le Rainbow Warrior (ça doit rappeler un souvenir de famille à Royal).

Fier de la France, deuxième exportateur d’armements au monde.

Fier de la France qui a soutenu jusqu’à nos jours n’importe quel régime dictatorial en Afrique pourvu qu’on lui achète des armes.

Fier de la France de Dassault et Lagardère, de son Rafale, de ses porte-avions et de ses 48 milliards d’euros de dépenses militaires.

Fier de la France, complice du génocide au Rwanda.

Fier de la France des sans-papiers, des sans-logis et de ses millions de pauvres.

Fier de la France et de ses prisons inhumaines. Etc.

Et donc, si l’on n’est pas fier de tout cela, on n’a pas sa place parmi les braves gens ; la France, on l’aime ou on la quitte. Cette France, à vrai dire, je ne vois guère que les criminels ou les abrutis pour en être fiers.

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Lettre ouverte à Suzanne Citron

Bonjour,

j’ai fait votre connaissance il y a près de 20 ans par l’intermédiaire du Mythe national (Les Editions ouvrières). Comme le titre de l’ouvrage l’indique, vous vous étiez employée à démythifier, avec beaucoup de pertinence, non seulement l’enseignement de l’histoire à l’école et l’histoire nationale mais, au-delà, l’idée même d’identité nationale, une identité qui ne semble exister que parce que l’on en a préalablement écrit l’histoire, une légende plus exactement, un conte. Constatant le refus de nombre de Français de se pencher sur les pages sombres de leur passé, la Collaboration, la colonisation etc, vous vous interrogiez alors sur le lien existant entre une histoire nationale qu’on fait ingurgiter à de tout jeunes enfants et ses dérives xénophobes ou racistes et la facilité avec laquelle les Français avaient tendance à se plier devant la raison d’état. C’est peu dire que le Mythe national m’a considérablement marqué comme enseignant mais aussi comme simple citoyen, même si j’y étais déjà un peu préparé, mais c’est une autre histoire...

Depuis, j’ai cherché à vous suivre à travers vos publications, vos interventions dans la presse ; j’ai croisé furtivement votre route un peu par hasard au cours du débat national sur l’avenir de l’école, il y a quelques années et puis, curieusement, sur le forum de Désir d’avenir. Curieusement, car l’admiration que vous semblez porter à S. Royal me paraît difficilement compatible avec les convictions que vous avez manifestées jusque là. L’encadrement militaire pour les mineurs délinquants, la création d’un service « civique » obligatoire, qui se cache de moins en moins comme militaire, la référence obstinée à l’internat pour les élèves qu’elle vient encore de qualifier de « perturbés ou perturbateurs » (sic), tout cela ressemble à vrai dire à un encasernement de la jeunesse. Est-ce vraiment la solution à L’Ecole bloquée que vous dénonciez en 1971 ? Et puis, bien sûr, il y a eu les fracassantes déclarations de ces dernièrs jours sur l’identité nationale et les symboles nationaux, où S. Royal donne l’impression de courir après Sarkozy qui, lui-même, court après Le Pen. Chaque Français devrait donc avoir chez lui un drapeau qu’il agiterait sur commande, chaque Français devrait chanter la Marseillaise lorsqu’on le lui demanderait. La Chine de Mao pour l’Europe du 21e siècle en quelque sorte. Sincèrement, cette société dont rêve S. Royal épouse-t-elle les contours de celle à laquelle vous consacrez votre vie ?

Vous n’ignorez pas que la candidate socialiste s’est dotée, depuis quelques mois, d’un nouveau directeur de conscience, un homme que vous connaissez bien mais que vous n’avez jamais apprécié : ce Chevènement que vous avez qualifié de « grand manipulateur (...) drapé dans des convictions aussi sincères que mythologiques, saupoudrées d’une bonne dose d’habileté tactique » (Mes lignes de démarcation, Syllepse, 2003). C’est lui qui tient les rênes, qui parle par la bouche de S. Royal. Vous savez, mieux que quiconque, quelle part de responsabilité il porte, en tant que ministre de l’Education nationale en 1984, dans la paralysie du système éducatif, brisant durablement l’élan initié par Alain Savary, son prédécesseur. Parce que Chevènement n’a d’yeux que pour le passé, un passé qu’il idéalise et vers lequel il voudrait, à toutes forces, faire revenir la société et d’abord l’école. C’est d’ailleurs à ce moment-là que, pour marquer votre opposition,  vous aviez choisi de démissionner du PS. Permettez-moi de citer un passage de votre lettre de démission, ce n’est pas un secret, puisque vous même l’avez publiée dans Mes lignes de démarcation : « Plutôt que d’ouvrir les yeux sur la réalité du présent, [le PS] s’enferme dans un langage-réflexe, une langue archaïque. Nos dirigeants sont prisonniers dans un ghetto intellectuel et idéologique et se bercent de schémas en porte-à-faux sur la réalité . » Personne, précisez-vous, ne vous a jamais répondu. Les choses ont-elles changé ? Ne pensez-vous pas que vous pourriez écrire cette lettre à nouveau aujourd’hui, presqu’un quart de siècle plus tard ? Je sais bien que face à un Sarkozy plus inquiétant et brutal que jamais, on peut être tenté de porter son suffrage sur un autre – ce sera sans doute la démarche de beaucoup – mais n’est-ce pas tout autant angoissant de confier son destin et celui de nos enfants à une candidate dont on ne sait pas quel avenir elle nous réserve et qui peut virer au cauchemar ?

Cette lettre, que j’espère vous lirez, n’est que l’expression d’une très grande inquiétude non seulement personnelle mais qu’on sent poindre un peu partout à l’approche des échéances. Et vous savez bien qu’en politique, l’inquiétude n’est jamais bonne conseillère.

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25 mars 2007

La jeunesse européenne sur les pas d'Erasme ?

Aujourd’hui, 50e anniversaire du traité de Rome. 50 ans de paix sur un continent où, jusque là, on s’entredéchirait pour des frontières, des drapeaux, des hymnes nationaux, ces symboles mortifères que des politicien(ne)s inconscients ou sans scrupules voudraient remettre au goût du jour. Il ne s’agit pas de se laisser aller à une admiration béate ou angélique de l’Europe du traité de Rome mais il faut un bien coupable égarement pour rêver de l’Europe d’avant, l’Europe des années 40. Personnellement, je n’ai nul besoin d’hymne, national ou international, pour me sentir exister ; je sais qui je suis et ça me suffit. Mais avez-vous quand même remarqué que l’hymne européen est le seul au monde à ne pas avoir de paroles, se suffisant de la musique ? Ainsi, être Européen dispense d’avoir à brailler les insanités, les niaiseries abondamment distribuées dans les hymnes nationaux. Et puis, à la vérité, ces paroles de Schiller reprises par Beethoven dans son Hymne à la joie – « Soyez unis, millions d’êtres ! Ce baiser du monde entier ! » – c’est quand même autre chose que le sang impur qui abreuve les sillons.

Ce matin, dans Ouest France, un petit éditorial pour se remonter le moral, c’est suffisamment rare pour être signalé : « La jeunesse européenne sur les pas d’Erasme ? »

http://www.ouest-france.fr/ofedito.asp?idDOC=388077&idCLA=3632

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24 mars 2007

Un égarement inadmissible

Sur les terres du Front national, Royal est effectivement chez elle. Il n’y a que deux manières d’attirer à soi les voix lepenistes : ou bien démonter le discours et l’idéologie de l’extrême-droite ou bien reprendre à son compte ses idéaux et les faire siens. Royal, en optant pour la seconde alternative, leur donne en fait une nouvelle légitimité, en particulier sur le concept fumeux et dangereux d’identité nationale, socle de l’extrême-droite. Fumeux, parce que personne n’a jamais été en mesure de le définir, dangereux parce qu’établir des barrières artificielles entre les individus – les pointilllés sur une carte qu’on appelle « frontières nationales » - fait naître des sentiments de peur, de méfiance envers l’autre, qualifié inconsidérément d’étranger, même quand il vous ressemble. C’est un bien mauvais coup que Royal et le PS viennent de porter à l’Europe dont on célèbre demain le 50e anniversaire. 50 ans de paix entre les peuples, parce qu’il s’était trouvé, après la 2e Guerre mondiale, un certain nombre de responsables, suffisamment lucides et courageux pour affirmer que l’identité nationale n’était qu’un mensonge mais un mensonge dangereux, qui conduit au racisme et à la guerre. En avançant qu’il ne faut pas laisser au FN le monopole de l’identité nationale, les socialistes se trompent lourdement : égarés depuis un quart de siècle dans les illusions nationalistes distillées par la mouvance chevènementiste, ils ne se rendent même pas compte que leur complaisance a largement contribué à l’enracinement de l’extrême-droite sur la carte électorale. Si Le Pen peut, sans susciter de ricanements, se reconnaître du « centre droit », c’est tout simplement parce qu’il a été dépassé sur sa droite, par Royal en particulier. Voilà qui laisse bien mal augurer de l’avenir.

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/243095.FR.php

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23 mars 2007

La bête hideuse

Comment dit-on « au fou ! » au féminin ?

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-887281@51-822961,0.html

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