17 octobre 2007
Lycée Môquet à Châteaubriand : une fâcheuse équipe enseignante
Pitoyables, les enseignants du lycée Môquet de Châteaubriand (44), qui, le 22 octobre, s’apprêtent à accueillir en grande pompe le recteur d’Académie, envoyé par Sarkozy pour délivrer la bonne parole. « Nul d’entre nous ne saurait se plaindre d’une si éclatante reconnaissance », affirment-ils sans honte dans un communiqué de presse. Pendant qu’ils seront là, plantés au garde-à-vous, un de leurs collègues, Florimond Guimard, professeur des écoles à Marseille et militant d’Education sans frontières, comparaîtra devant le tribunal de grande instance d’Aix-en-Provence pour avoir apporté son soutien à un père de famille de deux enfants scolarisés menacé d’expulsion. Dans les jours qui suivent, d’autres enseignants passeront pour les mêmes raisons en justice. Aujourd’hui, qui sont les résistants ? Ceux qui se battent tous les jours contre la politique raciste et brutale de Sarkozy, risquant la prison ou ces pauvres pantins, zélateurs plus ou moins conscients de Sarkozy, pour qui l’esprit de résistance n’a plus de raison d’être depuis 1944, confondant courage et commémoration et qui font passer avant toute chose l’obéissance à une circulaire officielle ? Et pendant qu’ils écouteront les discours officiels et la Marseillaise règlementaire la larme à l’œil, de pauvres gens, poussés par la misère du monde, hommes, femmes et enfants, seront embarqués brutalement dans les aéroports par la police de Sarkozy.
Ces tristes enseignants de Châteaubriand, finalement, on sait bien de quel côté ils auraient été en 1940.
22 octobre : les élèves donnent l'exemple
Parmi les initiatives prévues lundi prochain, on en relève une, initiée par «des élèves et anciens élèves du lycée Carnot» qui appelle à un «vaste rassemblement de protestation» (1) contre la présence de Sarkozy dans leur établissement. Contre ce qu’ils considèrent comme «une véritable profanation de sépulture», leur «lettre aux professeurs» sollicite ceux-ci dans ces termes : «Professeurs, nous vous invitons à suivre vos élèves […]. Nous attendons votre aide […]. Nous savons que certains d’entre vous pensent qu’il est de leur devoir (et c’est l’argument le plus confortable), en tant que fonctionnaires, de suivre les ordres de l’Etat. Mais la seule chose que nous devons suivre, c’est ce que nous indique notre propre conscience ; et vous qui êtes nos professeurs, vous vous devez de nous montrer l’exemple : parfois, il faut savoir désobéir au nom d’un idéal supérieur.»
(1) lundi 22 octobre, 8 heures, 145, boulevard Malesherbes, 75017. Contact mail à l’adresse rose_et_reseda@hotmail.fr.
