Journal d'école

Un regard distancié, très distancié, très très distancié sur l'école et sur le monde. L'école vient de loin, elle peut mener loin. A condition d'en sortir.

31 octobre 2007

Un racisme d'état qui ne se cache même plus

C’est tellement énorme qu’il a fallu relire plusieurs fois. Il y a quelques jours, Hortefeux visite la Cité de l’histoire de l’immigration. Une visite qui, manifestement, ne lui aura pas permis de combler ses lacunes en histoire. « J’ai appris que la France était le carrefour de l’Europe, au cœur des influences latines, germaniques, anglo-saxonnes et celtes » (Libération , 31/10/2007). Hortefeux est décidément brouillé avec les origines : outre qu’il ignore que les Anglo-saxons sont d’origine germanique, il oublie superbement les millions de Français dont les ancêtres proviennent directement d’Afrique. De cette inculture historique, le ministre de la rafle et du drapeau tire cette conséquence politique : « c’est la conscience d’un tel rôle de carrefour qui doit nous conduire à réguler les apports extérieurs ». Restons entre Blancs, en quelque sorte. Reconnaissons au moins à Hortefeux le mérite de dire tout haut ce que, jusqu’à présent, seul Le Pen disait tout haut. L’ennui, c’est qu’Hortefeux est ministre. On attend avec impatience la réaction indignée des ministres « issus de l’émigration ». Mais à force de ne pas démissionner d’un gouvernement « dégueulasse », et donc d’en rester solidaire, les ministres en question montrent qu’elles ne sont ni crédibles – ce qu’on savait déjà – ni honnêtes.

http://www.liberation.fr/rebonds/288382.FR.php

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28 octobre 2007

Délivrez-nous du ministre !

Finalement, on peut se demander si Darcos n’est pas en train de devenir aussi imbuvable que son prédécesseur, ce qui n’est pas un mince exploit. Ce soir, sur RTL, affirmant la nécessité d’en revenir aux fondamentaux, notamment à la maîtrise de la langue – il doit être le quinzième ministre de l’EN à le répéter – il précise : « Je ne dis pas qu’on ne fait pas des choses utiles à l’école primaire mais on se disperse beaucoup ». Du pur Darcos : « je ne dis pas que...mais... ». Usant et abusant de la litote, ses critiques des programmes scolaires visent en réalité les enseignants. L’opinion publique n’est pas censée savoir que les programmes officiels émanent des bureaux du ministre, que les derniers programmes remontent à avril de cette année ni qu’ils portent la marque de Robien. Si le « système va mal en ce qui concerne la maîtrise de la langue », ce n’est pas de la faute des ministres, qui semblent prendre plaisir à semer la pagaille dans les apprentissages des élèves, pourvu qu’on parle d’eux, mais c’est la faute des profs, toujours montrés du doigt de façon insidieuse. Darcos veut « rendre les programmes lisibles par tous (...) des programmes de quelques pages, compréhensibles par toutes les familles ». Chiche ! Que l’EN cesse de nous inonder de ses circulaires interminables, de ses BO qui prétendent régenter la vie des établissements dans leurs moindres détails. « Les professeurs des écoles – continue Darcos – savent qu’ils ont besoin de s’adosser à des textes nouveaux ». Les textes « anciens », comme on le sait, datent d’avril 2007. Mais s’ils sont mauvais, pourquoi donc Darcos, en tant que parlementaire les avait-il alors approuvés ? Car dans le foutage de gueule, Darcos a fait ce soir très fort, affirmant que « la représentation nationale » devait être associée à ces programmes. Parce que la loi d’orientation, matérialisée par les programmes officiels et le socle commun, d’où sort-elle, sinon de la volonté de la « représentation nationale », en tout cas du parti majoritaire, auquel appartient Darcos et qui, soit dit au passage, avait été le seul à la voter. Consternant, de voir ces ministres qui ne peuvent exister que devant micros et caméras. Et, bien sûr, ce sont les élèves qui en font les frais.

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Pour une culture de paix

La Coordination française pour la Décennie organise les 23 et 24 novembre 2007 à Paris son cinquième forum sur la non-violence à l’école, principalement axé sur la formation des enseignants à la relation, à la gestion des conflits et à la médiation. C’est l’occasion d’aller jeter un coup d’œil sur le site d’un mouvement qui se préoccupe de promouvoir une culture de non-violence et de paix. Par les temps qui courent, ce n’est pas le travail qui manque.

http://www.decennie.org/

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25 octobre 2007

Et après la lettre de Guy Môquet ?

Puisqu’aux dernières nouvelles, le gouvernement semble vouloir pérenniser son initiative Môquet-Sarkozy et l’étendre à l’ensemble de la résistance (1), il n’est pas inutile de revenir sur la journée du 22 octobre. Si le chiffre officiel de 93% de lycées où aurait été lue la lettre n’est pas plus crédible que la plupart des statistiques que donne l’Education nationale, il ne fait guère de doutes que l’opération publicitaire à la gloire du président n’a pas été massivement boycottée par les enseignants, comme on aurait pu le souhaiter. Même si beaucoup n’ont fait qu’assurer le service minimum, on constate à nouveau qu’ils n’ont pas été à court d’arguments pour plier devant la hiérarchie. Pour ma part, j’avoue une fois de plus ne pas comprendre comment des gens qui ont un minimum de jugeote ont pu accepter de faire lire la lettre de Môquet devant leurs élèves par des Anciens d’Algérie ou par des parlementaires qui, le soir même, de retour à Paris, votaient la loi sur l’immigration,  la palme revenant aux profs du lycée Michelet à Paris, qui n’ont rien trouvé à redire aux divagations d’un Druon : « je dirai aux élèves : la France est un beau pays qui mérite d’être défendu jusqu’à la mort » (sic). Des profs de Michelet il est vrai à la nuque bien courbe, imperturbables lorsque ce gaullâtre historique les morigène en ces termes : « Les professeurs sont des employés de l’état et ils doivent faire ce que le gouvernement leur demande » (resic). C’était également le point de vue, en 1942, du secrétaire général de la préfecture de Bordeaux, un certain Maurice Papon. Pourtant, si Sarkozy a enregistré, le 22 octobre, ce qu’on peut appeler un semi-échec – cf sa dérobade au lycée Carnot où il était attendu de pied ferme – il faut reconnaître qu’on ne le doit pas principalement aux enseignants qui se sont manifestés sur le sujet tardivement et pas trop fort. Si l’on met de côté « Journal d’école », qui modestement, dès le 17 mai, tentait d’alerter l’opinion (2), il faut convenir que ce sont des historiens, des intellectuels, qui, à des titres divers, ont fait bouger les choses et réussi – un peu – à faire reculer Sarkozy. L’ennui, c’est que ce schéma semble se répéter. La  journée Môquet prend place dans une série, qui s’allonge dangereusement, d’initiatives visant à renforcer le sentiment d’appartenance nationale chez les jeunes : Marseillaise obligatoire en primaire, amendement provisoirement retoqué sur les « aspects positifs » de la colonisation, développement d’une culture de guerre à travers les programmes scolaires (3), épuration des programmes d’histoire en primaire avec la suppression de toute référence à l’esclavage etc. Toutes ces mesures, pourtant lourdes de sens, n’ont pas suscité beaucoup de réactions dans les établissements scolaires. Soit qu’on les approuve – pacifisme et non-violence n’ont jamais été des valeurs particulièrement prisées à l’école – soit qu’on les juge insignifiantes. Ce en quoi on a bien tort. Car il faut une bonne dose d’aveuglement pour ne pas se rendre compte que ce matraquage idéologique à destination des scolaires s’est accompagné d’une brutalisation officielle accrue à l’égard des étrangers. Lorsque des individus sont convaincus de former un groupe à part - une tribu, une nation - en permanence menacé par l’autre, il n’est pas très difficile pour un législateur mal intentionné de faire accepter n’importe quoi par l’opinion publique. Les lois sur l’immigration, la répression accrue visant les sans-papiers, les brutalités policières, les comptages etniques ou raciaux, toutes ces dispositions qui, mises bout à bout méthodiquement, donnent à la France un visage sinistre, tout cela trouve sa source, au moins partiellement, dans cette conscience nationale que l’Education nationale cherche, par force, à faire émerger chez les jeunes. La simultanéité entre la journée Môquet et la loi Hortefeux ne résulte pas d’un simple hasard de calendrier : elle montre simplement que patriotisme et racisme sont de nature très voisine. La passivité et la complaisance de nombreux enseignants le 22 octobre ne laissent pas d’inquiéter car on peut douter que le gouvernement s’arrête en si bon chemin.

(1)http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key=20071025&key2=071025143513.pbqox934.xml

(2) http://journaldecole.canalblog.com/archives/2007/05/17/index.html

(3) http://journaldecole.canalblog.com/archives/2007/09/16/index.html

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24 octobre 2007

Quand nation rime avec obsession (sexuelle)

Où l’on voit que le sang impur qui abreuve les sillons n’est pas qu’une tournure de style.

Dans la Haute-Vienne, préfet, policiers, juges, médecins sont mobilisés sur le cas de deux jeunes Congolaises sans-papiers soupçonnées de vouloir se faire passer pour des mineures. Heureusement, les autorités veillent et nos deux délinquantes se sont retrouvées au CHU de Limoges pour un « test de puberté ». Pensez donc : elles auraient des poils aux aisselles et au pubis et seraient donc majeures, donc expulsables. On notera au passage qu’alors que les hôpitaux sont débordés, il s’est quand même trouvé un médecin pour se prêter à cette sordide opération. C’est vrai que lorsque l’honneur national est en jeu, on n’est jamais trop attentif.

Tout cela nous ramène un peu – désolé d’insister – à l’époque de Guy Môquet, lorsque l’on baissait la culotte des petits garçons pour vérifier quelque chose. Mais on va encore nous dire qu’il n’y a aucun rapport.

http://www.rue89.com/2007/10/24/immigration-apres-ladn-des-controles-au-poil

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23 octobre 2007

Darcos en eaux troubles

On aurait peut-être tort de prendre à la légère la mission « officieuse » confiée à Brighelli par son copain Darcos (Le Monde, 23/10/2007) et la rencontre générale de tous les mouvements ultra-conservateurs prévue rue de Grenelle pour le 8 novembre. L’opportunisme du ministre et sa faculté de s’adapter à son interlocuteur du moment sont certes légendaires mais il ne pourra pas tenir très longtemps sur cette position, recevant un jour Gabriel Cohn-Bendit et Le Bris le lendemain. Au demeurant – mais attendons pour voir – la proposition faite à Gaby de réfléchir à quelques collèges expérimentaux (combien au juste, deux ou trois ?) est-elle le signe d’un changement véritable ou bien ne s’agit-il pas d’un lot de consolation offert aux pédagogues alors que Brighelli, Le Bris et consorts se verraient chargés, eux, de mettre en œuvre le projet éducatif de l’UMP, dont on connait à l’avance les effets dévastateurs et qui, par parenthèse, est déjà largement en application depuis Robien, depuis trois ans, donc, avec les résultats  que l’on sait ? Peut-être Darcos a-t-il voulu simplement flatter l’orgueil de Brighelli, vous me direz que ce n’est pas difficile et assurer une pré-retraite dorée à un enseignant qui se verrait ainsi déchargé de ses « crétins », de ses « barbares ». Le plus remarquable en l’histoire, reste encore que cinq mois après les élections, on ne sache toujours pas quelle politique éducative le gouvernement sorti des urnes est susceptible de conduire. Cela laisse songeur sur ce qu’on appelle la démocratie.

Pour le reste – désolé d’y revenir – quelques heures après la lecture de la lettre de Guy Môquet, les parlementaires, sans doute inspirés par l’idéal de la Résistance, ont voté la loi Hortefeux sur l’immigration. Cette journée du 22 octobre, c’est promis, on en reparle sous peu sur « Journal d’école ».

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-970124,0.html

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22 octobre 2007

Finie la comédie

Il est encore trop tôt pour faire le bilan de cette journée . Néanmoins, on relève :

Au chapitre des satisfactions :

- à tout seigneur, tout honneur, Sarkozy, qui devait se rendre au lycée Carnot, s’est finalement dégonflé devant l’opposition qui l’y attendait. Leçon à retenir : ce n’est pas la première fois que Sarkozy recule dès lors qu’il sent en face de lui une opposition résolue.

- Darcos et Dati chahutés. On ne sait pas encore si Dati prévoit la prison ferme pour les chahuteurs.

- Fillon, lui, n’a pas été chahuté : il avait sagement choisi de recevoir derrière les murs de Matignon quelques lycéens soigneusement sélectionnés. On n’est jamais trop prudent.

Au chapitre des confirmations :

- le jeu assez sordide du Parti communiste, qui rejoint Sarkozy dans l’instrumentalisation de l’histoire, sans se rendre compte, qu’en appuyant et en amplifiant le souvenir de Guy Môquet, il ne fait que renforcer Sarkozy. Mais ne soyons pas trop exigeants : la lucidité n’a jamais été le fort de ces camarades. La camarade Buffet, notamment, s’est rendue au Grand-Mesnil où une « journée de résistance aux discriminations » était organisée, avec, en particulier, un tournoi de tennis de table handisport avec des élèves privés d’une jambe, d’un œil ou d’une main. Parmi les organisateurs, de nombreux militants communistes privés de jugement.

- pathétique et drôle à la fois : Chevènement regrettant le laxisme de Darcos et déplorant que les profs qui auraient refusé de lire Guy Môquet ne soient pas sanctionnés.

Pour ce qui est des profs, on attendra encore un peu – qui a lu, qui n’a pas lu ? – et de toutes manières, je n’ai pas l’intention de me livrer à une enquête policière sur le sujet. Je m’en voudrais toutefois, de ne pas signaler au lecteur l’émouvant pélerinage des élèves du lycée agricole public de Laval (53) sous la direction de leurs professeurs à la carrière des fusillés à Châteaubriand. C’est Yoann Vigner, un des profs en question qui relate dans Le Monde (22/10/2007) : les professeurs, écrit-il « ont donc profité de la décision récente du Président de la République » pour organiser ce voyage. C’est bien vrai qu’avant Sarkozy, jamais on ne parlait du nazisme en lycée. Grâce soit rendue à notre chef suprême pour nous avoir ouvert les yeux. Les élèves sont d’autant plus « émus (...) par cette belle leçon de choses » que la leçon en question avait été préparée en collaboration (excusez-moi, je ne trouve pas d’autres mots...) avec l’Office national des anciens combattants, des anciens combattants qui, pour la plupart, ont reçu leurs médailles pour bons et loyaux services rendus contre les fellahs dans le bled. On a les titres de gloire qu’on peut. Ah ! J’allais oublier un détail : l’enseignant en question se présente comme le secrétaire de l’APHG, la fameuse association  des professeurs d’Histoire Géographie, bien connue pour son amour de la patrie, de la Marseillaise et des commémorations officielles. Il y a d’ailleurs quelques semaines l’APHG approuvait l’initiative sarkozienne en ces termes : « L’état est dans son rôle en décidant des commémorations qui perpétuent l’Histoire nationale ».

Mais il commence à se faire tard. Tout cela ne doit pas nous faire oublier que, pendant que des profs lisaient la lettre de Guy Môquet avec des trémolos dans la voix, la police continuait de rafler les sans-papiers. Mais cela n’a sans doute rien à voir. Merci l’APHG.

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http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-969612,0.html

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Journée Môquet-Sarkozy : et pendant ce temps-là...

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20 octobre 2007

Le 22 octobre, ils sont partout

Y a-t-il encore des doutes sur les ressorts cachés des commémorations historiques ? Lundi 22 octobre, c’est toute la presse qui est convoquée pour suivre les ébats patriotiques des ministres sur le terrain. Darcos sera au lycée Bertrand de Born à Périgueux, Alliot-Marie, ministre de la police et des rafles se rend à Calluire, Dati, ministre des prisons et des centres de rétention au collège Guy Môquet à Villejuif, Boutin, ministre de la Sainte-Famille au collège Jean Jaurès de Montfermeil, Marleix secrétaire d’état à la bombe atomique et aux exportations d’armement, traînera des élèves de l’académie de Versailles et du lycée Buffon pour rallumer le gaz à l’Arc de triomphe. Tout cela, bien sûr, sans que les profs des établissements concernés y trouvent à redire... Fillon, lui, recevra des lycéens à Matignon, tandis que Sarkozy est attendu au lycée Carnot à Paris. Tellement attendu, d’ailleurs (1), qu’il n’est pas exclu qu’il se décommande. Courageux mais pas téméraire.

Et pendant ce temps, alors que les lycéens et les profs seront rassemblés au garde-à-vous devant les autorités, les ministres, les préfets, les parlementaires, devant les cohortes d’Anciens d’Algérie, pendant que résonneront les Marseillaise et paroles patriotiques, dans cet ordre glacé et sinistre des commémorations officielles, pendant ce temps-là, donc, des dizaines de sans-papiers continueront à être pourchassés, raflés, brutalisés, défenestrés. La lettre de Guy Môquet, comme d’ailleurs, bien souvent, la mémoire de la Résistance en milieu scolaire, ça sert d’abord à cela : à camoufler les crimes du présent. Le souvenir de la Résistance est trop tricolore pour être honnête. Si l’on en voulait une preuve supplémentaire, il suffit de lire l’entretien accordé par Guaino à Libé (20/10/2007), dans lequel le racisme, la brutalité, l’arrogance du personnage se développent sans retenue (2). Guaino, qui s’était déjà signalé il y a quelques jours par des agressions verbales contre les profs qui refuseront de lire la lettre de Guy Môquet, les accusant d’avoir « une attitude purement politicienne » et de se livrer à « une prise en otage corporatiste, idéologique » (sic).

Le 22 octobre, il faut vraiment choisir son camp.

(1) http://journaldecole.canalblog.com/archives/2007/10/17/index.html : « 22 octobre : les élèves donnent l’exemple »

(2) http://www.liberation.fr/actualite/politiques/286184.FR.php

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Journée Môquet-Sarkozy : préparer la riposte

Les prises de position hostiles à l’oukase présidentiel se multiplient depuis quelques jours. Sera-ce suffisant pour réveiller les profs qui, alors que cela fait cinq mois que Sarkozy a annoncé son intention de faire lire la lettre de Guy Môquet, ne semblent pas avoir beaucoup bougé ?

Dans Libé (19/10/2007), on retrouve les historiens du CVUH : «tout est fait pour que l’école fabrique un mythe patriote en lieu et place d’une interrogation critique (...). C’est une cérémonie de monument aux morts qui est prévue dans certains établissements, inventée pour l’occasion » (1). Fort justement – c’est aussi le point de vue que je cherche à développer depuis plusieurs mois (2) - les historiens tissent un lien entre l’instrumentalisation du passé et la politique de Sarkozy : « Tout cela paraît donner à l’exercice mémoriel une double visée : restauration de l’ordre social et restauration de l’unité nationale. L’ordre cérémoniel est la traduction de la lettre aux éducateurs (...). L’union sacrale, dont lrécole doit être la garante , permet ainsi d’effacer toute tache mémorielle : de la responsabilité de l’Etat français dans la déportation et l’extermination des Juifs à la non-reconnaissance des massacres coloniaux, de la répression du 17 octobre 1961 à l’oubli des anciens combattants ex-colonisés etc ... »

C’est aussi le point de vue développé par Jacques Le Goff (3) : « cet acte est typique du sarkozisme : il allie la volonté d’intervenir dans tous les domaines de la vie des Français et l’introduction de la confusion dans le rappel louable de la Résistance à travers un document personnel émanant d’un jeune membre du Parti communiste, qui n’est pas en cause dans cette lettre. »

Enfin, Philippe Watrelot annonce sur son blog (4) sa participation sur ce thème à l’émission Ripostes sur France 5, dimanche soir à 17h45. Un regret toutefois : il faudra se farcir Finkielkraut.

(1) http://www.liberation.fr/rebonds/285866.FR.php

(2) http://journaldecole.canalblog.com/archives/2007/05/17/index.html

(3) http://www.liberation.fr/actualite/societe/285923.FR.php

(4) http://philippe-watrelot.blogspot.com/

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