28 décembre 2007
Ne pas oublier
A quelques jours de la fin de l’année, Hortefeux se déchaîne pour remplir son quota d’expulsions. L’administration préfectorale, la police, obéissent dans discuter. Il est vrai qu’elles ont une déjà longue tradition de servilité. Au centre de rétentions du Mesnil-Amelot, les sans-papiers sont en grève de la faim. Même en cette période de l’année où l’on a un peu tendance à vouloir oublier la vie quotidienne, Education sans frontières continue à se démener et réussit à faire plier, au moins ponctuellement, le ministre « de la rafle et du drapeau ». Un mail, un fax, un coup de fil à une préfecture, un ministère, tout cela reste encore autorisé, au moins pour le moment. C’est à la portée de chacun.
Mépris
A propos du rapport Bentolila sur les maternelles, j’ai évoqué il y a quelques jours sur Journal d’école la morgue et le mépris de son auteur. Sur le site du Café pédagogique (28/12/2007), Pierre Frackowiak revient sur le sujet : « Ce qui saute d’abord aux yeux à la lecture du rapport, écrit-il, c’est le mépris (...) pour les enseignants (...) pour les parents avec un tableau apocalyptique de la société, tel qu’on peut le retrouver dans la prose de certaines sectes religieuses qui annoncent tous les ans la fin du monde », mais aussi, mépris pour les enfants.
Ci-dessous, un court extrait de l’article de Pierre Frackowiak, dont on ne peut que conseiller la lecture intégrale.
« Mépris pour les enfants. Les enfants ne sont plus des enfants, dès l'âge de 2 ou 3 ans, ils doivent être des élèves, formatés ou prêts à l'être, disposés dès le plus jeune âge à écouter les explications magistrales, sans personnalité, sans affectivité, sans sensibilité, sans émotions. Bentolila et ses collaborateurs semblent n'avoir jamais vu d'enfants vrais qui pleurent, qui rient, qui se ferment ou qui rêvent. Ils ne perçoivent l'enfant/élève qu'à partir de leurs représentations théoriques et en fonction de leurs objectifs d'apprentissage/dressage. Mais l'enfant résiste, il est bien vivant et ne se laisse pas réduire au statut d'élève. Il a bien le temps pour cela… L'école progressivement et le collège brutalement tenteront d'en faire un élève détaché en apparence, en apparence seulement, du statut d'enfant puis d'adolescent. »
