Journal d'école

Un regard distancié, très distancié, très très distancié sur l'école et sur le monde. L'école vient de loin, elle peut mener loin. A condition d'en sortir.

08 février 2008

Honte d'être prof

Le procureur d’Avesnes-sur-Helpe confirme ce que l’on sait depuis huit jours : au collège de Berlaimont, c’est bien l’enseignant qui porte la plus grande part de responsabilité dans l’affaire de la gifle. « Parce qu’il voulait réaménager la classe en vue d’une activité, l’enseignant a brusquement jeté les affaires d’un élève à terre, raconte le magistrat. Comme celui-ci lui demandait une explication, il l’a agrippé par le pull et l’a plaqué contre le mur. C’est alors que l’enfant, qui n’est pas du tout un ado rebelle, l’a traité de « connard ». Furieux, [l’enseignant] lui a donné une gifle avant de l’entraîner dans la pièce voisine pour lui faire rédiger une lettre d’excuses. » « De retour parmi ses élèves, poursuit Le Figaro (07/02/2008), l’enseignant aurait enfin déclaré : « La parenthèse est fermée. Personne ne parle de ce qui vient de se passer. »

Et pourtant, aujourd’hui, seul l’élève a été sanctionné. Bel exemple de justice. Après le soutien affiché des autorités de l’Education nationale, de l’inspecteur d’académie à Darcos en passant par le recteur, sans oublier celui de ses chers collègues qui se démènent pour le faire considérer comme un héros, on sait que l’administration n’ira pas plus loin, aucune procédure disciplinaire ne sera engagée. Et à la sortie du procès fin mars – si procès il y a – le prof sera porté en triomphe par des militants du Snalc qui ont prévu de manifester ce jour-là. Vous savez que dans notre beau pays, tous les collégiens suivent des cours d’éducation civique ? On leur inculque le respect de la loi et des règles de vie en société ; ils sont punis, d’ailleurs, s’ils ne les respectent pas. Les profs, les adultes, eux aussi, sont censés respecter la loi et les règles de vie en société, comme par exemple celle qui leur interdit de brutaliser un élève. Mais lorsqu’ils ne les respectent pas, ils reçoivent le soutien de leurs collègues, des grandes personnes, et même du chef du gouvernement qui, d’ailleurs a exprimé le regret que l’élève n’ait pas été suffisamment puni... Fillon, qui vient ainsi de délivrer un permis de cogner à tous les profs, qui n’en doutons pas, sauront le remercier. Plus de 10 000 d’entre eux auraient, paraît-il, signé une pétition en faveur du prof. Certes, 10 000 sur un total de 800 000, cela ne fait pas une majorité mais alors que font les autres ? Pourquoi se taisent-ils ? Aujourd’hui, j’ai honte d’être prof.

Posté par Lubin à 00:02 - Education, au jour le jour - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Caricatural, as usual

Aujourd'hui, seulement? C'est étonnant, cela, il me semblait que tous les jours, vous portiez votre croix, seul Juste parmi tous les autres profs cogneurs, violents, alcooliques, ennemis des enfants, et forcément butés et corporatistes.
Je remarque cependant que, de même qu'il y a quelque jours, vous, toujours si prompt à dénoncer les abus de pouvoir des forces de l'ordre, ne trouviez rien à redire à l'intrusion d'un gendarme en uniforme dans un établissement scolaire (il est vrai que c'était pour la bonne cause: la justice d'exception, ça calme les profs), cette fois-ci vous faites mine de prendre pour argent comptant les propos du procureur, alors que vous passez d'habitude votre temps à pester contre la justice aux ordres, et pas forcément fiable (ni "juste", d'ailleurs) dans d'autres affaires. Tout cela manque de logique, comme souvent, d'autant qu'on ne sait pas quel sera vraiment le dénouement de l'affaire, et que, quoi qu'il en soit, trois jours d'exclusion de cours, ce n'est quand même pas un châtiment atroce, inhumain et disproportionné (quoique, sans médiatisation, cela eût pu être moins.
Quant au concept du "permis de cogner" soi-disant attribué aux enseignants, il est non seulement exagéré et insultant, mais il relève surtout du grotesque le plus consommé.

Posté par Meles, 08 février 2008 à 01:10

Pourquoi s'acharner sur l'un ou sur l'autre? Les deux (prof et élèves) ont "déconné"; les deux doivent être sanctionnés sans être forcément cloués au pilori.
Et que penser du cher papa gendarme et de son abus de pouvoir / abus d'uniforme? Vive la justice individuelle et la vengeance personnelle?
Pourquoi, nous les profs, devons-nous à chaque fois nous diviser à ce point sur ce genre d'affaires? Il n'y a pas d'un côté les méchants profs méprisants et violents et de l'autre les gentils profs émérites pour qui tout se passe à merveille tout le temps.
Je n'ai que deux ans de pratiques quotidiennes de la classe, je suis en élémentaire et si je n'ai jamais dérapé face à un élève, je m'en suis déjà pris plein la figure et je ne me sens pas forcément à l'abri d'un tel évènement. Passer mes journées à faire la police et à répéter ou faire répèter 36 fois les mêmes consignes de travail ou les mêmes règles de vie qu'ils connaissent mais ne veulent pas respecter, cela donne parfois des envies de violence que je gère autrement que sur mes élèves heureusement...

Bref, si on arrêtait de se diviser et qu'on essayait un peu de s'entraider???

Posté par Gelsie, 08 février 2008 à 07:01

je me range au dernier commentaire, les deux devaient être sanctionnés, mais l'affaire aurait du se régler à l'école sans aller jusqu'à Fillon!

Posté par NICOLAS, 08 février 2008 à 10:57

on le savait

Lubin, que vous détestiez l'école, l'Histoire, vos collègues, vos boss, que vous aviez honte de ce que vous êtes...

En fait ce blog est un vaste exercice de contrition personnelle et d'autodénigrement.

changez de métier, devenez animateur socioculturel, éducateur, je sais pas moi, mais vous allez pas passer votre vie à faire une chose que vous détestez ! be yourself !

Posté par tartempion, 08 février 2008 à 11:41

les mots sont importants

une insulte comme connard ou même fils de pute, et une gifle, ce n'est pas violence, ce n'est pas "cogner",

quand vous vous cognez vous avez un bleu

Lubin n'est pas parent, Lubin ne connait pas la vie, Lubin n'est jamais sorti de l'école, Lubin est infoutu de faire la différence... Lubin mettrait en taule un couple qui se dispute dans la rue.

Lubin est bien le produit de son époque, cynique, sans mémoire autre que celle qui l'arrange, hygiéniste, autoritariste, fascisante, anti-éducation, antisavoir

Posté par tartempion, 08 février 2008 à 11:45

"Les profs, les adultes, eux aussi, sont censés respecter la loi et les règles de vie en société(...)" dit Lubin...
...mais il s'agit sans doute du jumeau de celui qui, sur ce blog, appelle à la désobéissance civile ?

Posté par victor, 08 février 2008 à 14:17

L'enseignant écopera apparemment d'une sanction légère de la part du rectorat (ni mutation, ni suspension).
Qu'il reçoive le soutien de sa hiérarchie me chagrine quelque peu : cette affaire symbolise en effet le nouvel ordre qu'entend faire régner le gouvernement dans le domaine éducatif.

L'enseignant devra toutefois comparaître devant le tribunal le 27 mars, pour "violence aggravée sur mineur". (source LCI) Ceci est tout à fait scandaleux à mon sens.
Que penses-tu, Lubin, de cette comparution ?

Posté par Zarathoustra, 08 février 2008 à 16:09

Si on te frappe sur la joue droite...

Le Parisien du 07/02/08 ( payant)

«Les filles de Meaux et de Noisiel veulent toujours en découdre»
Après le face-à-face qui a opposé, lundi soir, une vingtaine de filles à la gare routière de Chelles (Seine-et-Marne), Julie*, une lycéenne de 17 ans, témoigne. Elle indique qu'une nouvelle rixe est déjà programmée.

Posté par victor, 08 février 2008 à 17:13

Idée

Chers Collègues Enseignants,

Quand vous serez mal dans votre boulot, arrangez-vous pour vous faire traîter de connard (il suffit de provoquer un gamin) ou plantez-vous un couteau en prétendant avoir été agressé en pleine nuit par des élèves qui vous en voulaient à cause d'une petite punition.

Grâce au réflexe de Pavlov, vous verrez toute l'opinion ou presque rappliquer illico comme à chaque fois qu'il y a une victime.

Vous pourrez alors facilement bénéficier du soutien de votre boulangère comme de celui du premier ministre, ce qui est tout de même d'une efficacité sans pareille pour obtenir un congé maladie et/ou une mutation, ainsi que tout le réconfort moral que vous pouvez souhaitez.

Je me garde cette idée sous le coude si jamais un jour j'ai un petit coup de blues...

Posté par Théo, 08 février 2008 à 19:47

"cher collègue"...

...mais pourquoi auriez-vous un jour un petit coup de blues : c'est réservé aux pochtrons, dépressifs, mauvais pédagos, pédophiles et j'en passe ; vous êtes à l'abri de tout cela ,non ?

Posté par victor, 08 février 2008 à 22:40

Demissionne !

Demissionne mon grand !! Laisse la place, c'est pas les postes qui courent les rues !!

Posté par demission, 08 février 2008 à 23:58

Il faut savoir attendre.

@Lubin, c'est bientôt les élections municipales! ;).

C'est déjà plus de 40 000 personnes, professeurs ou autres qui ont signé les pétitions en lignes SNALC et/ou SNES Lille.

" mais alors que font les autres ? Pourquoi se taisent-ils ?"
Il y a un temps pour écouter, identifier les problèmes, et un temps pour les traiter. Attendons un peu, pour les traiter comme ils le méritent.

Posté par Vincent, 09 février 2008 à 20:19

Lubin fait honneur à sa profession, loin de l'indignation moutonnière et corporatiste de la majorité de ses collègues. Rappel des faits tels que rapportés par le procureur : « L'élève a d'abord été plaqué contre le mur et soulevé du sol ; ensuite, il y a eu la gifle. Et ce professeur l'a ensuite traîné dans la classe pour le forcer à écrire une lettre d'excuses. Au-delà de la gifle, il y a eu une vraie scène de violence. »
Signalons également que le "pauvre professeur" était de toute évidence en état d'ébriété au moment des faits, puisqu'il présentait une alcoolémie positive plusieurs heures plus tard.
Les réactions de certains profs en disent long sur l'état de l'éducation nationale. Un prof qui se présente bourré au travail et ne se maîtrise n'a rien à foutre dans un collège. Dans les pays nordiques et en Allemagne (ou je vis), un enseignant coupable d'une telle violence aurait été suspendu sur le champ. On ne badine pas avec les droits humains, et donc avec les droits des enfants. Un prof n'a pas à frapper un élève, de même qu'un patron n'a pas à frapper son employé. Point barre.

Posté par Eric, 10 février 2008 à 01:18

Eduquons les parents

Un maître ne doit pas frapper son disciple .C'est une évidence millénaire .Quand cela se produit , c'est que le maitre est devenu fou.
Ou que le disciple a fait preuve d'un tel manque de respect que son maitre s'en est senti profondément humilié et a perdu son contrôle.
Or ,il n'y a plus de "maîtres" aujourd'hui.Les professeurs sont assimilés à des domestiques ,des prestataires de services , des employés subalternes .Leurs diplômes sont considérés non pas comme le reconnaissance d'un savoir profond mais comme la marque de leur incapacité à s'intégrer dans la vie active des gens qui ont un vrai travail.
les agressions permanentes et l'irrespect de nos sauvageons contemporains ne peuvent que conduire à ces situations.
Tant que les parents des sauvageons ne seront pas tenus de suivre des cours d'éducation en cas de débordement de leur rejetons il n'y aura pas évolution .
Idem pour les profs .Si il y a transgression il faut qu'il y ait sanction.
Gageons que pour 1 dérapage de prof il y aura des centaines de milliers de dérapages d'élèves .
L'enfant roi a pris le pouvoir :Il vote pour éliminer le chanteur qui lui déplait ,zappe sans arrêt de programme en programme ,proclame "c'est mon choix" en guise de justification unniverselle . Il sait très bien que "de toute façon ça sert à rien de faire des études puisque de toute façon ya pas de boulot."
......

Moi , enseignant , et qui ne l'ai pas toujours été , je vais traiter dorénavant ma clientèle comme de la marchandise à manipuler avec précaution :Investissement minimum pour profit maximum. C'est normal non? On est dans une économie libérale ? Je ne suis pas là pour me faire insulter sans réagir .Aucun professionnel ne l'accepte .Sauf peut être les prostituées .
Je ne serai pas votre esclave.

Posté par feeloo, 10 février 2008 à 09:49

Je ne parviens à trouver l'information selon laquelle l'enseignant était éméché au moment des faits, et aurait brutalisé l'élève avant de le gifler.
Une aide ?

Par ailleurs, que penser de la suite judiciaire donnée à cette affaire ?

Posté par Zarathoustra, 10 février 2008 à 10:03

Eureka

Ici : http://www.leparisien.fr/home/info/faitsdivers/articles/L-ENSEIGNANT-QUI-A-GIFLE-SON-ELEVE-IRA-AU-TRIBUNAL_296019558

Posté par Zarathoustra, 10 février 2008 à 10:06

Eric et l'éthylomètre à longue portée

A Eric ; c'est curieux la propension du politiquement correct humanitariste à croire immédiatement un procureur lorsqu'il s'en prend à un prof "violent" et à le vouer aux gémonies lorsqu'il justifie le comportement violent de policiers dans la moindre émeute de banlieue.
Par ailleurs vous ne faites que propager un mensonge éhonté puisque le taux d'alcoolémie du susdit collègue n'a été mesuré qu'au moment de sa garde à vue, des heures plus tard, et correspondait à l'absorption d'un verre d'alcool.
Je vous propose de prendre quelques mois la place d'un de ces profs que vous haïssez tant puis de revenir en discuter, ici ou ailleurs.

Posté par victor, 10 février 2008 à 10:32

Lubin piégé ?

J'espère d'ailleurs que le maître des lieux saura se souvenir à chacune de ces interventions de cette confiance retrouvée entre lui et la justice. Les procureurs de la République trancheront donc chaque affaire : expulsion d'enfants, violences policières, etc.
On a enfin retrouvé un Lubin légaliste, tout arrive !

Posté par victor, 10 février 2008 à 10:39

Je viens de lire votre billet (que je soutiens). Pratiquement tous les commentaires suivants m'attèrent...on est si loin d'Alice Miller, hein ?

Quel travail reste-t-il encore à faire pour que les adultes se comportent en tant que tels...la route sera longue vers le respect mutuel et non dû par l'enfant uniquement, vers l'exemplarité de l'adulte qui n'exigera pas plus à l'enfant qu'à soi-même, et comprendra le petit d'homme...j'en serais presque découragée dans ma lutte quotidienne contre la violence éducative ordinaire. Heureusement que mes enfants reçoivent leur instruction ailleurs qu'à l'école, hum :-)

Courage,
ce doit être si dur d'être de vivre tout cela
(en fait, "c'est dur", je le sais puisque ma meilleure amie, qui partage vos opinions, est sur le point de quitter l'EN, dégoûtée de ce qui s'y passe ; elle a complètement perdu ses illusions en 4 ans d'activité, rêve d'autre chose pour ses enfants...et refuse de cautionner)

Posté par Pascale, 10 février 2008 à 12:57

Cette affaire isolée n'est en rien représentative de ce qui se passe dans les établissements scolaires, en dépit de ce qu'essaie de nous faire croire, d'une part le gouvernement, et d'autre part les "défenseurs des enfants" (guillemets non péjoratifs, mais parce que je ne trouve pas d'autres expressions).
Je suis atterré de voir que cet enseignant devient, d'un côté, le champion du retour aux "bonnes vieilles méthodes", et, de l'autre, un ogre parmi les ogres.
Il a dérapé, il mérite une sanction de la part de sa hiérarchie, point barre.
Cette judiciarisation (et cette récupération, de part et d'autre), m'écoeure au plus haut point.

Posté par Zarathoustra, 10 février 2008 à 14:04

Je suis rassuré de voir que le niveau ici c'est autre chose que les commentaires de profs, enseignants et autres machins sur la pétition du SNES Lille.

J'ai travaillé sur des projets éducatifs parrainés par la fondation Bill&Melinda Gates et dans des écoles ou les anciens élèves apportent beaucoup d'argent et de support. Dans des cadres pareils, le maintient du prof de l'affaire, ébriété ou pas au moment des faits, aurait tout simplement conduit à la coupure des fonds et dépôts de plaintes en pagaille contre l'institution responsable.

Posté par Vincent, 10 février 2008 à 14:26

Précisions

Merci à Pascale pour ses encouragements. Quitter l'EN, certes, mais c'est laisser la place aux autres. La vraie question : l'EN peut-elle changer de l'intérieur ?
A Zarathoustra : le fait que cette histoire ait pris des proportions invraisemblables montre qu'elle a changé de nature. Comme je le dis depuis le départ, ce n'est pas tant l'enseignant gifleur qui est en cause que son soutien par les plus hautes instances politiques et des dizaines de milliers de pétitionnaires.

Posté par Lubin, 10 février 2008 à 16:28

Moutons de Panurge

Je pense que les pétitionnaires, comme le gouvernement, n'ont voulu voir dans cette affaire que l'insulte et la gifle. Les uns, sans doute, par ignorance, et les autres, par calcul.

Posté par Zarathoustra, 10 février 2008 à 17:33

Pascale et Lubin :
je ne vois pas en quoi "expliquer" le geste d'un enseignant en souffrance et demander une sanction juste revient à soutenir la violence scolaire subie par certains élèves... amalgame, amalgame...

Je rêve moi aussi d'une école où chacun respecte les autres (adultes comme élèves). Maintenant, ma réalité d'enseignante en ZEP dans le Val de Marne, ce sont des enfants et des parents pour qui les enseignants ne sont respectables que tant qu'ils font ce qu'on leur commande de faire(mettre des bonnes notes pour les enfants, rattraper des éducations défaillantes pour les parents). Dès qu'on pointe les difficultés scolaires des enfants et qu'on propose de l'aide, on devient des méchants profs qui appuie là où cela fait mal et qui agresse enfants et parents.
Récemment, une mère m'a accusée de traiter sa fille en "délinquante infantile" car j'ai mis sur le bulletin que le bavardage constant de sa fille nuisait à son travail...
Et encore, les parents des élèves de mon école ne sont pas vindicatifs...

Suite à la lecture de ce blog, j'ai lu quelques articles d'Alice Miller et je pense qu'il faut éviter les amalgames : la violence institutionnelle de l'école sur les élèves (que je ne peux nier) est quand même beaucoup moins importante que la violence subie dans les familles ou dans la société. Demander à un élève qui bavarde de se taire, ce n'est pas attenter à sa liberté d'expression!! Demander à un élève dont la table est bordélique, de ranger ses affaires, ce n'est pas lui faire violence!! et ce n'est pas l'humilier que de lui rappeler les règles de respect envers autrui et de sanctionner ses écarts de conduite.
En faisant l'amalgame entre les travaux de Mme Miller sur la violence faite aux enfants et le fait divers de la gifle, vous desservez votre cause et celle des enfants.
Encore une fois, pour cet élève giflé, combien d'enseignants injuriés, crachés dessus, frappés, etc.???
cela n'excuse pas ce qui s'est passé mais cela explique que certains d'entre nous craquent, hélas.


Le métier d'enseignant est très très difficile et il le sera toujours plus tant que la société mettra sur nos épaules la responsabilité de ses problèmes(parents au chômage ou travaillant comme des dingues ou en souffrance sociale ou psy, enfants laissés pour compte qui se croient rois du monde et intouchables).

Pour finir mon message, je voudrais dire que les signataires des pétitions pour l'enseignant n'ont pas signé pour le retour de la gifle comme instrument pédagogique mais pour soutenir un collègue fragilisé qui a craqué et dont le geste (hautement condamnable) ne mérite pas le lynchage subi pendant les heures qui ont suivis l'incident.

Quant aux institutionnels, il me semble qu'ils ont surtout suivis le mouvement.
Lynchant le prof quand la foule l'a condamné, le soutenant quand l'opinion s'est retournée...
Ce qui, à mon avis, est encore plus effrayant que le pétage de plomb ponctuel d'un collègue.

Posté par gelsomina, 10 février 2008 à 18:16

Rôles inversés

Je comprends bien le point de vue de Gelsomina mais une fois de plus, ce n'est pas UN fait isolé qui est en cause que son exploitation médiatique avec, derrière elle, la légitimation des coups. Jetez un coup d'oeil sur la pétition du Snes et vous ne pouvez pas nier que la plus grosse partie des commentaires ne se satisfait pas du soutien à un prof mais vise à justifier, à défendre les coups comme méthode éducative.
Quant au terme de lynchage que vous utilisez, il me semble convenir bien davantage au pauvre gosse de 11 ans traité publiquement comme un voyou, un délinquant alors qu'on ne sait rien de lui, plutôy qu'au prof qui fait aujourd'hui figure de héros alors qu'il est à 100% responsable de ce qui s'est passé.

Posté par Lubin, 10 février 2008 à 19:00

Interprétation

L'interprétation que fait Lubin de l'exploitation médiatique de l'affaire de la gifle en dit plus sur son auteur que sur le SNES, qui est, après tout, dans son rôle. Il me semble que Gelsomina a bien résumé la situation dans l'affaire.
Quant au gamin, effectivement, on ne sait rien de lui (et tant mieux d'ailleurs), mais que sait-on réellement du prof en question? Et qui êtes-vous pour vous permettre, sur la seule foi d'informations distillées au compte-gouttes, de juger le prof à 100% responsable (et responsable, tant qu'à faire, du battage médiatique en sa faveur?) alors que l'enfant est forcément un "pauvre gosse"?

Posté par Meles, 10 février 2008 à 20:37

eric

Si je comprends ta réaction un prof ne peut en aucune circonstance gifler un élève mais un élève peut. dire connard à son prof et bien moi quelque soit la circonstance je n'admettrai JAMAIS que mes enfants traitent un adulte de connard
AU PROF QUI A HONTE QU4IL QUITTE SON MÉTIER ce serait plus honnête et à l'élève qui lui dira connard j'espère qu'il lui mettra un 20.

Posté par MAX, 13 février 2008 à 13:21

c'est honteux de voir des grands dadets d'adultes sans coeur et imbus de leur personne défendre ce prof qui a injustement brutalisé un enfant : "connard" n'est qu'une réaction due à la maltraitance de cet adulte... c'est une réaction humaine de se révolter suite une agression physique.non seulement c'est humain, mais en plus "connard", n'est qu'un mot, ce n'est pas plaquer contre le mur ou gifler ;si l'élève avait rendu la monnaie de sa pièce à ce prof, le prof aurait été victime de violence physique... c'est l'élève du haut de ses 11 ans qui aurait dû garder son sang froid face à l'abus d'un adulte et ce,après avoir été brutalisé ? Oui l'élève est "un pauvre gosse", voir la chronologie des faits. Pourquoi ça vous dérange tant que ça qu'on défende un élève victime d'un abus, c'est parce que vous avez fait la même chose ? Si ce n'est pas le cas une telle affaire devrait vous choquer, comme Lubin... Vous imaginez un peu le traumatisme pour le gamin ? Je suppose que pour défendre l'indéfendable, ça ne vous pose aucun problème de conscience...
Les réactions de défenses de la victime suite à une agression ne sont en aucun cas des circonstances atténuantes pour le bourreau...
Si votre patron se comporte de manière abusive avec vous,lance vos affaires, vous plaque contre le mur, vous allez sans doute lui dire merci ? Ben le petit, lui , il a pas réussi... C'est pas un grand dadet d'adulte, il a ses limites...

Posté par pauv'gosse, 13 février 2008 à 14:29

les traumatismes...

d'une gifle, me font bien marrer. Les traumatismes, il ya des cellules psychologiques pour ça.

une gamine de 5 ans violée peut, elle, parler de traumatisme. Pas un jeune de 11 ans qui reçoit une baffe que son gendarme zélé de père aurait du lui offrir depuis longtemps

Posté par tartempion, 13 février 2008 à 15:44

ah parce qu'il aurait fallu qu'il se fasse violer
pour que vous ayez un minimum de compassion envers cet enfant (et non "ce jeune" comme vous dites...l'adolescence, c'est pas à 11 ans !!!).il y a plusieurs degrés de traumatisme et se servir de cas extrêmes comme le viol de petites filles pour légitimer les actes de violences d'un adulte envers un ENFANT est tout simplement abject.
Si votre supérieur vous balançait vos affaires et vous plaquait au mur pour passer ses nerfs sans que vous le méritiez, et ce devant tous vos collègues je suppose que vous prendriez la chose super bien et avec le sourire...
Faire respecter la loi,défendre les droits des enfants c'est pour vous faire du zèle ?

Posté par pauv'gosse, 13 février 2008 à 17:03

Je me demande...

si au lieu de le gifler, le collègue l'avait un peu "tripoté" là où ça ne se fait pas (oh !), il aurait reçu le même soutien ?

Posté par Théo, 13 février 2008 à 18:14

ce qu'il fallait dire ...

Aujourd'hui on sait ce que l'élève aurait dû dire une fois agrippé : "touche moi pas, tu me salis" !!!
La violence en retour n'aurait alors peut-être que verbale ...

Il suffisait de demander, le président l'a fait :(

Posté par prof en question, 26 février 2008 à 18:11

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