Journal d'école

Un regard distancié, très distancié, très très distancié sur l'école et sur le monde. L'école vient de loin, elle peut mener loin. A condition d'en sortir.

17 février 2008

Le droit de l'enfant au respect

« Nous dissimulons nos défauts et nos plus viles actions. Sous peine de grave offense, les enfants ne peuvent ni nous critiquer ni même s’apercevoir de nos faiblesses, de nos travers, de nos ridicules. Nous posons aux êtres parfaits et défendons nos secrets, nous le clan au pouvoir, nous la caste des initiés investis des tâches élevées. L’enfant, tout le monde peut le dénuder impunément, le mettre au pilori.

Tricheurs professionnels, nous jouons contre les enfants avec des cartes truquées en abattant sous les as de nos qualités les petites cartes de leurs faiblesses.Nous nous arrangeons toujours de manière à opposer ce qui est le plus précieux en nous à ce qui est le pire en eux.

Où donc sont nos insouciants et nos étourdis, nos goinfres et nos paresseux, nos imbéciles, nos bambocheurs, nos aventuriers, nos tricheurs, nos ivrognes et nos voleurs ? Et notre brutalité, nos crimes notoires ou cachés ? Que de discordes, de ruses, de jalousies, de médisances, de chantages ; que de mots qui blessent, d’actes qui déshonorent ; que de sordides tragédies familiales dont les premiers martyrs sont les enfants !

Et nous avons l’audace de les accuser ?

Notre respectable société adulte est pourtant passée au travers de plus d’un crible : combien ont disparu dans les cimetières, les prisons, les maisons de fous ; combien sont allés rejoindre les eaux sales de la criminalité !

Au lieu de leur permettre de juger par eux-mêmes, nous leur imposons un respect aveugle pour l’âge et l’expérience. Nous encourageons ainsi un tas de jeunes impertinents, leurs aînés, à les entraîner, souvent par force, à partager leurs expériences douteuses.

Vicieux, déséquilibrés, ceux-là vont où bon leur semble, bousculent tout et tout le monde, distribuent des coups, font mal et contaminent les autres. Ils nous en font voir aussi au passage, c’est à cause d’eux que les enfants sont collectivement coupables. Ces quelques cas isolés alarment l’opinion en marquant de taches voyantes la surface de la vie enfantine et dictent à la routine pédagogique ses méthodes habituelles : mesures expéditives (bien qu’elles accablent plus qu’autre chose), rudesse (bien qu’elle soit blessante), sévérité (c’est-à-dire brutalité).

Nous ne donnons pas aux enfants les moyens de s’organiser. Irrespectueux, défiants, mal disposés à leur égard, c’est bien mal que nous en prenons soin. Pour savoir comment nous y prendre, il nous faudrait s’adresser à des experts, et les experts ici – ce sont les enfants ».

Janusz KORCZAK, Le droit de l’enfant au respect, 1929, trad. 1979, Robert Laffont

Posté par Lubin à 00:30 - Education, au jour le jour - Commentaires [31] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

c'est beau comme du Ségo

"Nous ne donnons pas aux enfants les moyens de s’organiser. Irrespectueux, défiants, mal disposés à leur égard, c’est bien mal que nous en prenons soin. Pour savoir comment nous y prendre, il nous faudrait s’adresser à des experts, et les experts ici – ce sont les enfants »."

si au lieu de piller les poncifs des autres, Lubin, vous commenciez par réfléchir par vous même, au regard de l'expérience... vivez avec un enfant, faites-en, et revenez nous voir dans 20 ans pour nous dire comment vous l'avez si bien élevé... franchement, vous savez, y a des millions de gens qui guettent LA réponse.

Posté par tartempion, 17 février 2008 à 10:40

la réponse :

il ne faut pas faire d'enfant si l'on en est un, ne pas faire le grand si l'on est petit et ne pas se croire au-dessus des être dont on a une supériorité physique, hiérarchique ou lorsque l'on se croit "plus expérimenté".

La réponse est là.

Après s'être perdu dans les QI des chercheurs nous ont pondu une autre sorte de test de personnalité : le quotient émotionnel ou QE, plus facile à "calculer" que "l'intelligence" et beaucoup plus en rapport avec ce qu'est l'humain : un être très souvent dépassé mais qui ne l'accepte pas ou alors en serrant les machoires.

Renseignez vous sur le QE car c'est la meilleure piste pour se sentir platement heureux, savoir gêrer ses maladresses et celles des autres, sans drame et en restant toujours constructif.

La vie est une blague que l'on ne sait pas raconter, dont on ne sait pas rire, mais ça se travaille.

Posté par mica, 17 février 2008 à 11:38

Le QE (à mica)

Excellent, mica !

J'ai entendu parler du QE, mais toujours comme un gadget psy de plus... et je n'ai jamais eu l'occasion d'approfondir.

Saurais-tu nous proposer des liens un peu sérieux pour comprendre de quoi il s'agit ?

Merci d'avance !

Posté par Théo, 17 février 2008 à 12:25

Essai de douceur

Texte de 1929 à vomir... Comment des adultes peuvent-ils se vautrer dans un tel masochisme sur eux-mêmes? Le masochisme étant la complaisance à se noircir et à être en permanence humilié par les autres. Je précise les mots, car l'ignorance de la France en psychologie est à peu près égale à celle de la géographie, ce qui n'est pas peu dire.

Désolés, ce n'est pas cela aimer et éduquer les enfants.

Mon post va peut-être être avalé, de très bons sont déjà enterrés, pas assez psychologiquement correct, j'essaie quand même...

Posté par normal, 17 février 2008 à 16:50

ça vient de loin !

Saint Lubin est victime de ce qu'au XVIe siècle on appelle le "mignotage",l'exaltation de la sainteté enfantine lancée par Catherine de Sienne notamment...

Posté par victor, 17 février 2008 à 18:12

Ironie ? Facile !

Parodie potache du behaviorisme :

http://www.dicopsy.com/video-56.php

Posté par Théo, 17 février 2008 à 18:14

Mais je crois que "normal" a raison de ramener cette obsession à un masochisme ; n'est-ce pas d'ailleurs le propre des saints de se livrer à cette perpétuelle mortification ?

Posté par victor, 17 février 2008 à 18:15

Les pénitentiaires pour enfants

http://lmsi.net/spip.php?article549

Posté par Théo, 17 février 2008 à 18:22

Le QE ???

mort de rire... vous trouvez pas que l'époque est déjà assez esclave des émotions dans tous les domaines pour en rajouter encore en calculant le QE des individus ?

Ca m'a l'air d'être un fameux truc de secte, de va nu pieds et de buveurs de jus de fruits ça... le lavage de cerveau dianétique est pas loin !
quant à "se sentir platement heureux", je crains hélàs que cela soit le seul bonheur auquel puisse prétendre les bisounours people et les illuminés naifs cités par Lubin et consorts

Posté par tartempion, 17 février 2008 à 18:27

à tartempion

"Ca m'a l'air d'être un fameux truc de secte, de va nu pieds et de buveurs de jus de fruits ça... le lavage de cerveau dianétique est pas loin "

Vous avez l'air de vous y connaître... Vous avez des liens à nous proposer à ce sujet ?

Posté par Théo, 17 février 2008 à 20:56

c'est mon ressenti...

c'est mon émotion, Théo. Je n'ai pas besoin de la prouver. L'émotion et le ressenti est roi, vous le savez... Si je juge que mon prof est un salaud, j'ai le droit de le trainer en justice. C'est mon choix.

Vous ne pouvez pas me reprocher ce que vous tolérez et encouragez partout ailleurs. Le règne du Je, du Moi, du "C'est mon droit", du "j'apprendrai et je respecterai si je veux".

Posté par tartempion, 17 février 2008 à 21:15

Beau texte, quoiqu'un peu ancien peut-être, et d'une époque aujourd'hui révolue, sans doute, où l'on élevait les enfants à la trique, et dans le respect "aveugle" (tout est dans ce mot !) de l'âge et de l'expérience.
Du respect pour l'âge et l'expérience, évidemment !
Du respect aveugle, sûrement pas !

A mon sens, pas d'enseignement de qualité sans respect du savoir et de l'expérience, mais pas d'enseignement de qualité non plus sans esprit critique et esprit d'examen.

Posté par Zarathoustra, 17 février 2008 à 21:27

Esprit d'examen

"d'une époque aujourd'hui révolue, sans doute"


http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2520

Posté par Théo, 17 février 2008 à 21:40

Des deux côtés

Les donneurs de leçons, les dames de charité, ceux qui ne sont pas profs, ne voient que l'apparence, et s'effraient du moindre signe qui écarterait un prof de la normale. Ils pensent aussi que le prof est incapable d'esprit critique sur lui-même. Et là, je m'étonne, pourquoi un prof n'aurait-il aucune réflexion sur lui-même ? Il est prof, mais pas nécessairement idiot.

Il faudrait aussi que les parents ou donneurs de leçons aient eux-mêmes quelques notions sûres de psychologie. Quand on entend le langage employé dans l'ignorance la plus totale, il y a de quoi être effrayé. Notions psychologiques, mais aussi les frontières psycho/psychiatriques, psycho/philo, psycho/morale, psycho/pédagogie.

Un désespoir passager n'est pas une dépression, une conscience d'un certain savoir n'est pas une parano, un souci pédagogique n'est pas une autorité maladive etc. Réservons les langages à ce qu'ils désignent vraiment.

Et là, en France, il y a vraiment du travail.

Posté par normalement, 18 février 2008 à 08:10

Pour Théo : lorsque "l'anecdotique" fait généralité

Je mets "anecdotique" entre guillemets, car je ne veux surtout pas minimiser le drame dont on peut prendre connaissance sur le lien.
Lorsque je dis "anecdotique", je veux dire cas particulier, par opposition à généralité.

Je suppose que tu veux parler, Théo, de ce jeune homme qui s'est pendu, et qui avait été maltraité par son père.
Je ne dis pas que ce genre de situation n'existe pas, évidemment.
Quand je parlais d'époque révolue, je voulais parler de la brutalité instaurée comme méthode éducative dans l'Instruction Publique, au sein de l'Etat, si bien que tous les enfants, en masse, étaient touchés.
Là, tu fais référence à un drame qui touche les familles, mais non l'E.N.
Mais, encore une fois, je ne nie pas le fait que dans de trop nombreuses familles, les coups font trop souvent office d'éducation.
J'y vois là la faute du libéralisme et du capitalisme sauvages : lorsqu'on trime de plus en plus au travail, lorsqu'on fait de plus en plus d'heures sup' dans une ambiance parfois délétère, on n'a plus le temps, ni le goût, de dialoguer avec ses enfants. Si l'on ajoute à cela la tyrannie de la télévision, des medias de l'image - et du bruit ! -, l'épanchement du Moi dans le domaine public, et, globalement, le recul de la culture et du savoir au bénéfice de l'ignorance, on obtient forcément un recul dans le domaine éducatif.

Je n'aime pas trop exploiter les cas particuliers, les drames individuels, pour tirer des conclusions d'ordre général. Sarko aime bien le faire, ça fait pleurer dans les chaumières, mais en définitive, c'est l'esprit d'examen qui recule à chaque fois.

Posté par Zarathoustra, 18 février 2008 à 09:10

Mais s'agit-il d'un cas isolé à considérer comme tel ou d'un cas révélateur d'un avenir ? Sur le même site (mais on pourrait en trouver d'autres) :

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1880

Posté par Théo, 18 février 2008 à 09:23

qe

faites vos recherches vous même mais le mieux est d'acheter un livre sur le qe cela renseigne peut-etre mieux qu'une pleyade de sites plus ou moins "mariclairisant" (mais surtout pas "dianétisant").
Je parle d'un test qui est en vogue aux us depuis des années, rentré même dans la société. La france est toujours en retard car quand il s'agit de se bourrer le minoi jusqu'à mourrir dans son vomit ou bien de taper des enfants pour ne pas qu'ils ne dépassent des coins, là le français est d'accord, quand il s'agit d'être obscurantiste, le français est toujours d'accord. Il n'y a qu'à voir la lenteur des changements en matière d'hygiène pour comprendre.
J'adore le sens de l'ouverture, de la curiosité de certains :
"je connais pas mais j'aime pas!"
La connerie n'a pour limites que celles que l'on veut bien lui donner.

Posté par mica, 18 février 2008 à 09:34

C'est déjà plus probant

Oui, l'existence de ces centres pose question, c'est vrai.
On est bien dans une méthode éducative institutionnalisée, façon militaire.
Je ne sais trop quoi en penser.
Peut-être qu'ils seront efficaces pour quelques "sauvageons", mais si, à côté de ça, on ne fait rien en amont pour éviter le dérapage de ces jeunes, ces méthodes éducatives musclées vont devenir légion, sous prétexte de "recadrer" ceux qui "dévient" de la voie.

C'est toujours pareil : plutôt que de prévenir, on "guérit" (enfin, façon de parler) à coups de trique.

Posté par Zarathoustra, 18 février 2008 à 09:37

du grand nimp

"J'y vois là la faute du libéralisme et du capitalisme sauvages : lorsqu'on trime de plus en plus au travail, lorsqu'on fait de plus en plus d'heures sup' dans une ambiance parfois délétère, on n'a plus le temps, ni le goût, de dialoguer avec ses enfants. "

tout sur terre est la faute du capitalisme ? Il est sûr qu'avant le XIXe et la révolution industrielle, les paysans ne battaient pas leurs enfants, qui d'aileurs ne travaillaient pas dans les champs, c'est bien connu... Ni dans les kolkhozes de 1920 non plus d'ailleurs, ca n'existe pas, les gens qui ne dialoguent pas avec leurs enfants...

Il est sûr aussi que dans les sociétés tribales épargnées par la société marchande, personne ne bat ou n'abandonne ses enfants... D'ailleurs là bas ils ne croient pas à la psychanalyse, ces barbares...

Posté par tartempion, 18 février 2008 à 12:06

Pour Tartempion

Vous pouvez ne pas être d'accord avec un propos, sans toutefois tomber dans le mépris ("du grand n'imp").
Pour le reste, j'apprécie l'ironie, mais je persiste.
Et puisque je prends en compte votre opinion, je dirais que le libéralisme d'aujourd'hui, associé aux éléments que je pointe (médias, etc.) - mais que vous ignorez par priapisme ironique - produit les mêmes effets que l'ignorance et la tyrannie d'hier.
Oui, je persiste à croire que des parents apaisés sur le plan professionnel et social sont plus à l'écoute de leurs enfants ; sans toutefois généraliser, car il existe forcément des cas pour contredire mon propos.
Oui, je demeure persuadé qu'une politique visant à brader l'Ecole et à faire des élèves de futurs employés malléables sert forcément l'économie libérale. C'est d'ailleurs ce que dit Brighelli, entre autres choses, dans son torchon, et sur ce point, je suis assez d'accord avec lui : la tyrannie ne s'installe que si l'ignorance a préparé le terrain.
Je crois qu'en définitive, la tyrannie insidieuse d'aujourd'hui n'a rien à envier à celle d'hier : tout est fait aujourd'hui pour faire des nous des êtres de consommation, et la politique gouvernementale valide totalement ce projet.

Je pourrais développer davantage, mais je ne souhaite pas pourrir le blog de mes réflexions hors-sujet.

Posté par Zarathoustra, 18 février 2008 à 12:58

ca commence

Dans le collège ZEP de ma copine, 8 cas d'insultes en une semaine à l'encontre des professeurs ("sale tepu", "pute", "folle", "suceur"...)

Le principal, carriériste craignant pour ses petites prébendes, ne fait rien et dit "pas de vagues"... total, il va se prendre une journée de grève des enseignants, qui ne sont JAMAIS soutenus sauf à menacer de saisir l'inspection académique.

Pour le coup, il y a des gifles qui risquent de partir à la prochaine intersyndicale, et elles ne seront pas destinées aux élèves...

malgré les exhortations morales des bisounours bien pensants (Théo etc...), les professeurs ne sont pas encore assez évangélisés par les grenouilles du bénitier pédago pour tendre l'autre joue...

la suite bientôt.

Posté par tartempion, 18 février 2008 à 20:26

Un peu de stratégie, le bleu

Le bisounours bien pensant, y a longtemps qu'il se serait passé du soutien de son petit chef carriériste !
Il l'a déjà fait, et ça a marché ! Une nuit blanche à rédiger un rapport bien ficelé décrivant une situation de crise, quelques témoignages et quelques adresses bien choisies...
La première missive envoyée au-dessus du chefaillon fut la bonne. Lequel chefaillon se faisait d'ailleurs quelques jours plus tard remonter les bretelles par sa hiérarchie pour n'avoir pas relayé. Jouissif !
Je croyais te l'avoir expliqué, mais plus tu écris et plus ta mémoire semble s'effacer...
Enfin chacun ses stratégies, si tu crois que c'est la bonne solution, pourquoi n'irais-tu pas aider ta copine à distribuer les baffes, ça va peut-être l'impressionner ? Je te sens chaud, là...
La meilleure chose à faire est effectivement de saisir la hiérarchie mais pour ça il vaut mieux être clean, ils n'aiment pas trop les grandes gueules, dans les IA...

Posté par Théo, 18 février 2008 à 22:33

Petit bonus

Ah et j'oubliais une règle simple et universelle, le bleu : ne pas attendre la 2ème insulte pour réagir à la première !

"sale tepu", "pute", "folle", "suceur"

Y en a déjà trois de trop !

Posté par Théo, 18 février 2008 à 22:42

comment on compte ?

une par prof ou c'est au bout de 2 chacun qu'on réagit ?


quant à passer au dessus par une lettre, en connaissant les bonnes personnes, c'est ca l'égalitarisme de l'EN ? les pistonnés, les "gens qui connaissent des gens au rectorat" s'en sortent, et les autres... Bravo... quel système hypocrite... les règles sont ultrarigides... sauf pour les 2 ou 3 veinards qui ont les bonnes connections,les bons tuyaux pour contourner la carte scolaire... et ca se permet de donner des leçons de morale...

dans le même genre ca me fait penser aux bons petits fonctionnaires descendent dans la rue contre les retraites par capitalisation dans le privé alors qu'ils ont Préfond... ce qui est bon pour moi ne l'est pas pour les autres ?

Posté par tartempion, 19 février 2008 à 00:20

Léquilibre

Je lis que l'on parle du jeune homme pendu parce que maltraité par son père. La première faute n'est-elle pas l'ignorance du corps éducatif sur le fait qu'à quelques années d'existence, se mettre tout nu dans la cour, ne devrait pas dépasser la cour de l'école, à peine prévenir les parents, en tous cas ne pas en faire un "cas". Je n'apprécie pas Freud particulièrement, mais là il n'avait pas tort. Les tout-jeunes n'ont pas conscience de tels gestes qui restent isolés si l'entourage le lui fait remarquer sans en faire un "futur ci ou ça...".

Toujours l'ignorance psychologique fondamentale, vraiment, quelles lacunes!

Heureusement aussi tous les adultes n'étaient pas autrefois des donneurs de tatannes. La pratique et l'observation des prédécesseurs, leur enseignaient ces minimas de psychologie qui manquent tant aujourd'hui, ou qui sont réservés à des cénacles fermés, et sectaires.

Mais il faut engager chacun à une culture large en psychologie et sociologie, cela évite de défendre de façon obsessionnelle telle outelle façon d'interpréter et de juger trop rapidement.

Posté par savoir, 19 février 2008 à 16:36

mouais

"Mais il faut engager chacun à une culture large en psychologie et sociologie,"

encore faut-il savoir ce qui est vérifié, scientifique, objectif et formalisable en psychologie... pour l'instant c'est un beau bordel... science ou pas science ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie#La_psychologie_n.27est_pas_une_science

A lire des tas de posts et de blogs, parfois j'ai l'impression que les gens veulent que la société ressemble à un plateau de Mireille Dumas géant où chacun va justifier ses c... par une souffrance vécue, passée, réelle ou supposée...

la société matriarcale, infantile et pleurnicharde dont rèvent les gentils animateurs de classes sympas pédago.

Posté par tartempion, 19 février 2008 à 18:12

Mmm...

Comprendre un fait n'est pas le justifier. C'est pouvoir déterminer les mécanismes qui ont amené quelqu'un à devenir tel qu'il est, à faire ce qu'il a fait. Pour pouvoir introduire d'autres mécanismes à la place. Pour que la personne elle même puisse prendre du recul. Pour qu'elle puisse avancer, en acceptant son passé tel qu'il est, mais aussi en prenant conscience que le présent et le futur, eux, ne sont pas figés.

On peut changer les choses, mais ça demande nécessairement un travail de compréhension. (si votre PC tombe en panne, vous aller d'abord le lancer contre le mur avant de chercher a comprendre pourquoi il ne fonctionne pas?) Se contenter de nier les problèmes et y réagir de manière viscérale, c'est pas super constructif. Et c'est valable dans tous les domaines.

C'est amusant de constater que le fait que la psychologie ne soit pas un fait vérifiable, quantifiable, objectif, formalisable, bref, "scientifique" vous perturbe.

C'est le cas de l'économie et pourtant de nombreuses personnes sont persuadés que tel ou tel modèle est idéal, alors même qu'aucun de ces modèles n'a prouvé son efficacité, y compris l'économie libérale.

C'est tout le problème de "croire", sans remise en question, sans réflexion, sans preuves.

On a tous des domaines dans lesquels on "croit", de cette même manière. Mais quand on dit qu'on n'y croit pas pour cette raison, parce que ce n'est pas scientifique, parce qu'on a pas de preuve, et qu'on s'en sert comme d'un argument, on peut aussi se remettre en question et se demander si que que l'on dit a ce moment là n'est pas applicable a ce qu'on a dit auparavant...

C'est facile, de justifier ses prises de positions en se prétendant hyper rationnel...

Posté par Mpffff, 20 février 2008 à 15:04

Exact

J'ajouterais que la psychologie est une science humaine, et non une science dure, et que, par conséquent, ses "preuves" ne reposent pas sur les mêmes matériaux.
C'est la seule différence.
L'humain n'a rien à voir avec le béton ou le tube à essai.
Et c'est heureux.
Doit-on pour autant se désintéresser de son fonctionnement ?

Tartempion mépriserait-il les sciences humaines ?

Posté par Zarathoustra, 20 février 2008 à 15:34

Appel à l’ignorance.

Celui-ci vient sous deux formes. La première consiste à dire: puisque tu ne peux démontrer que telle conclusion est fausse, elle doit être juste; la deuxième: puisque tu ne peux prouver une conclusion, elle doit être fausse. Sur le terrain de la parapsychologie, ces sophismes fleurissent. “Personne n’a pu démontrer que l’Abominable Homme des Neiges n’existe pas, il doit donc exister”. Ou encore: “Personne n’a pu démontrer que X trichait durant les expériences de voyance: il doit donc avoir un don”. Et ainsi de suite.
Normand Baillargeon

Posté par Théo, 20 février 2008 à 20:00

Bonsoir,
Je suis désolée de ce commentaire en forme de spam, mais je tiens simplement à faire circuler un article d'un collègue prof, qui fait état des pratiques douteuses du rectorat de Créteil et plus largement de l'EN concernant la suppression des postes de profs et le lobbying pro-heures-sup. A faire savoir au plus grand nombre, donc :
http://www.politique.net/2008021902-education-nationale-suppression-de-postes.htm Merci ;)

Posté par noun, 20 février 2008 à 22:59

Ah le respect

J'aime énormément ce texte, bousculant encore aujourd'hui les mentalités empesées.
- "Quoi ? Comment ? C'est à nous adultes de respecter les enfants ?"

Et bien oui, n'en déplaise à certains, c'est d'abord à nous, adultes, de RESPECTER les enfants et non l'inverse !

Mais je vois qu'il y a encore du boulot pour que ça rentre dans les caboches de certains !

Je précise que j'ai des enfants :-)

Posté par Rose, 28 février 2008 à 14:05

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