Journal d'école

Un regard distancié, très distancié, très très distancié sur l'école et sur le monde. L'école vient de loin, elle peut mener loin. A condition d'en sortir.

27 février 2008

Faut-il gifler Sarkozy ?

Aux dernières nouvelles, le Conseil constitutionnel s’apprêterait à déclarer pour huit jours la déchéance de Sarkozy de son poste de président. Mais pour huit jours seulement. Le Conseil s’appuie sur la jurisprudence dite Gilles de Chin, du nom de ce collège du nord de la France, d’où un élève de 6e avait été exclu, pour huit jours également, pour avoir traité de « connard » son professeur. Injure inacceptable, n’est-ce pas ? Or, en visite au Salon de l’agriculture, le président a traité de « pauvre con » un contradicteur qui l’interpellait. Traiter un honorable citoyen de « pauvre con » est une injure inacceptable, n’est-ce pas ? Le petit élève de 6e avait en supplément, été violemment giflé par l’enseignant, ce qu’une large fraction de l’opinion publique semble trouver normal. Faut-il, dans ces conditions, gifler violemment Sarkozy ? Les sages du Conseil constitutionnel, pour l’instant, ne se prononcent pas.

Posté par Lubin à 19:55 - Education, au jour le jour - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Mauvaise foi, quand tu nous tiens...Lubin cet amalgame n'est pas digne de vous...

Gelsie, qui partage votre inquiétude sur l'enseignement de la morale (de la religion?) à l'école et qui a acheté le livre d'Alice Miller (C'est pour ton bien) suite à la lecture de ce blog... :p

Posté par Gelsie/Gelsomina, 27 février 2008 à 20:06

Sérieux

Je suis très heureux que vous ayez acheté "C'est pour ton bien" d'Alice Miller. Ceci étant dit, mon message ci-dessus est tout ce qu'il y a de plus sérieux...comme, d'ailleurs, le présent commentaire.

Posté par Lubin, 27 février 2008 à 20:24

poilant

Et pourquoi pas en effet ?

Posté par david, 27 février 2008 à 20:37

rien à craindre pour la gifle

Je crois que le président de la République ne doit pas être giflé, même s'il est sûr que son comportement ne l'honore pas.
Mais il faut le comprendre, il a surement du entendre des insultes dans son enfance, et il reproduit le modèle (comme dirait A.Miller)
Et puis franchement si on attend après vous pour lui mettre un soufflet, on peut attendre longtemps.

Vous ne voudriez tout de même pas oser brimer la liberté d'expression de cette personne, et générer une frustration qui sera délètére lorsqu'elle sera adulte.

Posté par christophe, 27 février 2008 à 20:39

L'analogie ne fonctionne pas.
C'est le visiteur qui doit être exclu du salon 8 jours pour avoir outragé le Président ("Touche-moi pas, tu me salis.".
Et le Président aurait dû lui coller une tarte.

Il n'en reste pas moins que, personnellement, j'ai parfois envie de gifler Sarkozy, mais je me maîtrise. Je conseille à ce propos ce sketch récent de Groland sur Jean-Jean le fils du président des Grolandais.

Posté par Pat, 27 février 2008 à 23:40

A l'enfance martyrisée...

Globalement, de septembre 2005 à juin 2006, les personnels de l'Éducation nationale travaillant en collège et lycée ont été victimes de pas moins de 24 329 faits recensés. À 2 275 reprises, soit plus de six fois par jour, il s'est agi de violences physiques sans arme. C'est-à-dire des gifles, coups de pieds et de poings.

Posté par victor, 28 février 2008 à 18:40

Sources ?

Sources, SVP ? Et les violences sur élèves (coups, humiliations), elles se montent à combien ?
Et de toutes manières, qui légitime ces violences ? Dans le cas qui nous intéresse (Berlaimont), c'est quand même bien un élève qui est victime d'un prof et non l'inverse.

Posté par Lubin, 28 février 2008 à 18:56

L'événement

Cette histoire de gifle a pris des proportions énormes dès qu'elle a été médiatisée, et alors même que l'on ne connaissait pas le contexte dans lequel elle s'est produite.
un conard, une gifle, et l'irrationnel fait le reste.
Jusqu'à ce stade je suis d'accord avec Lubin.
Laissons la justice faire son boulot sans pression, sinon on prend un risque.

Avec Outreau, le juge Burgaud a fait l'inverse, il a survalorisé les récits des enfants, et les "experts" lui ont certifié qu'il n'y avait pas mensonge => résultat la dignité de plusieurs personnes traînée dans la fange, et un suicidé.

Encore une fois, laissons la justice faire son travail.

Posté par christophe, 28 février 2008 à 19:25

Sources

Bilan publié par l'Observatoire national de la délinquance (OND) sur les collèges et les lycées publics.

Se fondant sur le recensement Signa des incidents effectué par les principaux des collèges et les proviseurs des lycées publics en 2005-2006, dernière année de référence, il révèle que les enseignants ont à eux seuls déploré quelque 15 284 agressions de toute nature. Soit une moyenne record de 60 faits par jour, hors vacances scolaires. Considérant que «la situation s'est dégradée depuis 2002-2003», le document de l'OND précise que «la hausse du nombre moyen d'incidents dont ont été victimes les personnels de direction apparaît modérée (+8 %) comparée à celle qui a touché les surveillants, les conseillers principaux d'éducation et les enseignants».

Posté par victor, 28 février 2008 à 22:52

Personnellement

Personnellement, je ne doute pas un seul instant de ce chiffre, et même, je pense qu'il est sous-évalué en matière d'agression non-physiques.

En revanche, je suis persuadé que les chiffres concernant les agressions de la part de profs sur des élèves sont encore beaucoup, beaucoup, beaucoup plus sous-estimées.

Sincèrement, quelle part d'élève ira se plaindre au directeur parce qu'il s'est vu répondre un peu sèchement/méchamment par un professeur ?

Soyons sérieux : TOUS les mômes de collèges en France ont de tels exemples en tête, de profs un peu grossiers envers un élève, de profs qui ont des méthodes un peu bizarres, de profs dont on ne sait pas trop si les remarques mysogines sont du lard ou du cochon, de profs un peu "énergiques", etc. : quelle part est comptabilisée dans les chiffres ?

La réalité, c'est qu'on compare deux choses qui n'ont rien à voir :
Quand on parle des violences profs sur élève, on parle de la seule part de maltraîtance pure.
Quand on parle de violences d'élèves sur profs, on parle des incivilités les plus banales en général.

Et on fait mine que ces deux chiffres soient comparables.

J'ai eu des profs un peu tarés au collège et certains un peu violents. Mais tous avaient au moins la sagesse de comprendre qu'à 12 ans, si chaque jeune qui dérape verbalement devait subitement disparaitre, il n'y aurait plus un seul môme dans toute l'Europe.

Autrefois, on mettait ça sur le compte de la jeunesse, on le sanctionnait et puis voilà, basta.

Maintenant, on en fait un sujet de société et on appelle ça des "agressions"... tu m'étonnes que les chiffres d' "agressions" explosent.


Et pour en revenir au sujet, moi, je partage l'avis de Lubin concernant l'insulte de Sarkozy : il y en a qui ont été limite tabassés pour moins que ça. Et lui aussi, avait été victime de provocation. Physique, qui plus est.

Posté par Samuel, 29 février 2008 à 18:19

@Christophe

Encore une fois, la justice a FINI son travail.
Il n'y a PAS d'instruction dans cette affaire.

C'est une CRPC, un plaider-coupable : les deux parties (le procureur et l'accusé) ont d'ors et déjà signifié leur accord mutuel.

La seule chose qu'il reste à faire à ce jour, c'est l'audience d'homologation, qui est une formalité pour que la procédure soit légale.

Sauf coup de théâtre improbable (l'accusé dit à l'audience qu'il n'est plus d'accord pour la CRPC, que le procureur a fait pression, et que finalement il veut une instruction et un vrai procès), l'affaire est déjà terminée.

Je le répète. Dans une telle procédure, il n'y a PAS d'instruction.

Posté par Samuel, 29 février 2008 à 18:22

Basta?

"Autrefois, on mettait ça sur le compte de la jeunesse, on le sanctionnait et puis voilà, basta.

Maintenant, on en fait un sujet de société et on appelle ça des "agressions"... tu m'étonnes que les chiffres d' "agressions" explosent."

Intéressant de lire ça quand, dans le même temps, chez Calvi sur la 5, des intervenants sont d'accord pour dire que désormais, l'EN n'est plus la "grande muette" et admet enfin les actes de violence commis par des élèves. On se demande bien pourquoi, d'ailleurs: frapper son prof avec un couteau, ce n'est après tout qu'un "dérapage", non? ...
Je ne crois pas non plus que ramener sur un pied d'égalité la violence des élèves et celle supposée de leurs profs soit une bonne idée: il y a un rapport de hiérarchie qui fonde l'école et l'autorité des enseignants. Evidemment que cette autorité peut être dévoyée, mais d'une part il me semble fallacieux de faire accroire que ce serait généralement le cas et d'autre part, à l'heure actuelle, la pression sociale est telle que les dérapages réellement dangereux sont en quantité négligeable. Saper l'autorité des profs, dans ce contexte, c'est paradoxalement faire le jeu des politiciens les plus autoritaires, en laissant le champ libre à la seule autorité policière.

Posté par Meles, 29 février 2008 à 18:48

Das adultes pas clairs dans leur tête

Merci à Samuel pour ses interventions. dans un ordre d'idées assez voisin, ou aurait pu évoquer l'intervention, la semaine dernière, de policiers venus saisir sur la cour de récré un enfant de 9 ans, qu'une mère de famille accusait de s'être disputé avec sa fille. Les pandores, qui au passage, n'ont sans doute pas grand chose à faire, ont placé le gamin au commissariat pour plusieurs heures. Si des adultes s'avèrent incapables de gérer correctement des histoires de cours de récré, les établissements n'ont plus qu'à fermer leurs portes ; on sait par quoi ils seront remplacés.

Posté par Lubin, 29 février 2008 à 18:53

Agressions au coûteau ?

Sur les dizaines de milliers de faits consignés par l'EN, combien d'agressions au coûteau ? Au passage, puisqu'on juge aujourd'hui l'affaire d'Etampes, il apparaît une fois de plus que l'agresseur de la prof a connu une enfance-galère et qu'il n'a sans doute pas reçu, pendant des années, l'aide qui lui aurait permis de ne pas déraper.
La violence à l'école n'est pas un phénomène nouveau, apparu avec Mai 68...L'école d'autrefois, était bien davantage violente que celle d'aujourd'hui. Parmi les bouquins récents sur le sujet, on peut lire par exemple de Francis Lec et Claude Lelièvre :"Histoires vraies de la violence à l'école", Fayard.

Posté par Lubin, 29 février 2008 à 19:02

"Au passage, puisqu'on juge aujourd'hui l'affaire d'Etampes, il apparaît une fois de plus que l'agresseur de la prof a connu une enfance-galère et qu'il n'a sans doute pas reçu, pendant des années, l'aide qui lui aurait permis de ne pas déraper." C'est sans doute vrai, mais, tel quel, l'assertion me paraît dangereuse, en ce sens qu'elle se contente de chercher des excuses. L'écrasante majorité de jeunes ayant connu dans le même cas ne passent pas à l'"acte".

"L'école d'autrefois, était bien davantage violente que celle d'aujourd'hui." Assertion gratuite; en outre, le "c'était pire avant" est au moins aussi vaseux que le "c'était mieux avant" systématique. Et, pour connaître un certain nombre de profs ayant officié au cours d'une bonne partie du XXème siècle, il me semble pouvoir affirmer qu'au contraire, au cours des vingt dernières années, l'évolution pour les personnels de l'EN est extrêmement préoccupante.

Posté par Meles, 29 février 2008 à 21:24

telle quelle, pardon

Posté par Meles, 29 février 2008 à 21:34

Samuel voit double !

"Quand on parle des violences profs sur élève, on parle de la seule part de maltraîtance pure.
Quand on parle de violences d'élèves sur profs, on parle des incivilités les plus banales en général.
Et on fait mine que ces deux chiffres soient comparables"

Il n'y a que vous pour dire cela !

Les deux chiffres sont d'autant moins comparables que les violences "profs sur élèves" sont si rares qu'elles n'existent pas statistiquement parlant.La preuve par l'absurde avec la gifle = garde à vue et procès. Imaginez le travail des tribunaux si chacune des 15 000 agressions "élève contre prof" avait donné lieu à la même procédure!

Posté par victor, 01 mars 2008 à 22:40

Et Samuel voit mal !

À 2 275 reprises, soit plus de six fois par jour, il s'est agi de violences physiques sans arme. C'est-à-dire des gifles, coups de pieds et de poings.

C'est sans doute ça les "incivilités les plus banales" ?

Posté par victor, 01 mars 2008 à 22:43

Plus c'est gros, plus ça passe

15 000 "agressions élèves contre profs...2275 profs giflés" ou cognés par des élèves, je ne vois ça nulle part ; il doit s'agir d'un sondage Darcos. Par contre, en 2006-2007, la Fas (qui s'occupe d'assurer les enseignants contre les risques du métier), a eu à traiter 264 dossiers d'agressions physiques contre des personnels de l'EN ( surveillants, CPE compris) ; ça ne fait pas 6 profs tabassés par jour.
La question de fond reste de savoir comment traiter la violence scolaire : au cours des dernières années, on a vu se multiplier les opérations coup de poing, opérations marketing dans le plus pur style sarkozien, présence policière dans les écoles (alors que dans le même temps, on a supprimé des dizaines de milliers d'éducateurs), pénalisation des comportements déviants etc. Pour des résultats contreproductifs. Les enquêtes un peu sérieuses (je ne parle pas des JT, je pense notamment aux travaux d'Eric Debarbieux) montrent que lorsqu'on améliore la formation des enseignants, lorsque'on l'on joue sur le climat de l'établissement, les violences régressent.
Pour ce qui concerne la violence des profs sur les élèves, je maintiens que c'est un sujet tabou.

Posté par Lubin, 02 mars 2008 à 08:45

Plus c'est gros, en effet...

"Pour ce qui concerne la violence des profs sur les élèves, je maintiens que c'est un sujet tabou".
Ce qui est très pratique, car cela vous permet de vous exonérer de toutes ces statistiques confirmées que vous exigez de vos contradicteurs. Parce que la violence REELLE (i.e. coups et blessures) des profs sur leurs élèves, excusez-moi, mais il faut la chercher longtemps, à l'heure actuelle.

Posté par Meles, 02 mars 2008 à 10:04

Mauvaise foi érigée en dogme ?

15 000 "agressions élèves contre profs...2275 profs giflés" ou cognés par des élèves, je ne vois ça nulle part ; il doit s'agir d'un sondage Darcos.

Je vous ai posté les références !

Posté par victor, 02 mars 2008 à 12:57

"Pour ce qui concerne la violence des profs sur les élèves, je maintiens que c'est un sujet tabou."

Ça l'a été jusqu'à disons dix ans et l'affaire Dutroux. Expérience personnelle avec deux de mes élève maltraités en primaire : voulant savoir à quoi m'en tenir dans la commune en question, je me suis heurté à une omerta et ai même reçu des menaces.

Maintenant il n'y a plus de tabou, au contraire, il y a même dénonciation systématique et excessive. Expérience personnelle aussi avec deux élèves (exclus par la suite), l'une que j'avais expulsé d'une poigne ferme, l'autre à qui j'avais arraché la montre avec laquelle il jouait depuis deux siècles. L'une avait foncé chez la directrice, l'autre* avait rameuté son grand frère en me hurlant en pleine cour des "vous n'avez pas le droit !"

* Cinq ans après, nous sommes les meilleurs amis du monde.

PS On n'a pas l'impression que l'affaire de Mme Toutain vous touche. Ai-je raison de dire que vous êtes de ceux qui pratiquent l'indignation sélective ? Bon, peut-être serons-nous tous deux d'accord sur le fait que cette sale affaire ne serait sans doute jamais arrivée si son administration n'avait pas été lâche et indiférente à ses problèmes... Là aussi, expérience personelle.

Posté par PMB, 02 mars 2008 à 13:00

Références précises SVP ?

"Les enquêtes un peu sérieuses (je ne parle pas des JT, je pense notamment aux travaux d'Eric Debarbieux) montrent que lorsqu'on améliore la formation des enseignants, lorsque'on l'on joue sur le climat de l'établissement, les violences régressent."

Peut-on avoir connaissance de ces enquêtes "un peu" (seulement ?) "sérieuses" ?

Posté par victor, 02 mars 2008 à 13:51

Tout faux

L’Observatoire national de la délinquance, cité comme référence par Victor, est une structure du ministère de l’Intérieur créée par Sarkozy avec à sa tête Un certain Bauer, sarkozien bon teint, pour ne pas dire pis. Le très médiatique Bauer est depuis des années le chantre de la « tolérance zéro », son modèle, il le trouve aux USA, où un habitant sur 100 vit derrière les verrous. Dans chacune de ses très nombreuses apparitions, il annonce des chiffres tous plus épouvantables les uns que les autres, destinés a effaroucher le bon peuple. Et ça marche : Sarkozy a été élu là-dessus.
L’ennui, c’est que, pour ce qui touche à la violence scolaire, il a tout faux : « globalement – écrit Victor citant Bauer – de septembre 2005 à juin 2006 les personnels de l’EN on été victimes de 24 329 faits recensés... ». Pour arriver à ce chiffre, l’OND s’appuierait sur les enquêtes Signa (logiciel utilisé par l’EN et disparu aujourd’hui) : or le chiffre de 24 329 est mentionné par Signa comme le nombre total de faits qui se sont déroulés à l’intérieur des établissements et dont les victimes sont très majoritairement les élèves et non les profs.
Les chiffres de la police, même les policiers n’y croient pas...

Posté par Lubin, 02 mars 2008 à 14:01

E. Debarbieux

Eric Debarbieux est directeur de l'Observatoire international de la violence scolaire. Sas analyses sur la question sont très pertinentes (et d'ailleurs très mesurées). On peut trouver un résumé d'un de ces derniers bouquis ici :
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=2409

Posté par Lubin, 02 mars 2008 à 14:10

Chiffres précis SVP?

"or le chiffre de 24 329 est mentionné par Signa comme le nombre total de faits qui se sont déroulés à l’intérieur des établissements et dont les victimes sont très majoritairement les élèves et non les profs." Que signifie exactement "très majoritairement"? De plus, votre formulation est assez vague pour laisser croire que les profs seraient responsables de "faits" dont les "victimes" seraient les élèves. Là aussi, qu'en est-il?

Posté par Meles, 02 mars 2008 à 15:22

Le plus simple

% d'actes ayant pour victime un membre du personnel de l'établissement : 29,5%
Le plus simple est encore de consulter la "note d'information" du 30 déc.2006 sur www.education.gouv.fr

Posté par Lubin, 02 mars 2008 à 16:36

Ce que Lubin ne veut pas dire

1)L'Observatoire National de la Délinquance est un organisme français chargé de rendre compte des évolutions des phénomènes délinquants et criminels. Il a été créé en 2003 par Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, sur la base d'un rapport confié par Daniel Vaillant, Ministre socialiste de l'intérieur à Christophe Caresche (député PS de Paris) et Robert Pandraud (député UMP de Seine-Saint-Denis).
Son indépendance stratégique est assurée par un conseil d'orientation qui décide et détermine les objectifs des études et recherches dans les domaines propres de l’OND. Il prend en compte les demandes d’études exprimées par le ministère de l’Intérieur. Le conseil d'orientation est présidé par le criminologue Alain Bauer.
Administrativement, l'Observatoire est un département de l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), établissement public administratif dirigé par Pierre Monzani.

2 )Ceci dit (DEP, 2004) les victimes sont à 78 % des élèves, à 20 % des
personnels, à 0,4 % des parents d’élèves, à 1,6 % des personnes extérieures. Elles sont
majoritairement réparties dans à peine 6 % des établissements du second degré, essentiellement
en « zones sensibles ».
Les auteurs identifiés ou probables sont à 86 % des élèves, à 12 % des
personnes extérieures, à 1,3 % des personnels, à 0,7 % des parents d’élèves 2.

Cela signifie que "l'enfant" peut être tout aussi violent à l'égard de ses condisciples que des adultes, on n'en doutait pas. Mais encore une fois, l'élève martyrisé par les profs (je souligne) est un mythe !
Je précise que le méchant Bauer cite abondamment le gentil Debarbieux, spécialiste autoproclamé de la violence dont "l'Observatoire international de la violence scolaire" n'est qu'une association sans statut officiel...
3)... dont on attend toujours les chiffres des enquêtes "un peu sérieues"

Posté par victor, 02 mars 2008 à 18:09

extrait du rapport OND... auquel a collaboré E. Debarbieux !

Tableau 7 – Taux de plaintes des enseignants selon le type d’acte
Nombre d’incidents avec un enseignant victime
Dommages aux véhicules = 591
Violences physiques avec arme ou arme par destination = 129
Vol ou tentative = 696
Violences physiques sans arme = 1 025
Dommages aux biens personnels autres que véhicules = 106
Insultes ou menaces graves 10039
Total = 12586 (dont 13% ont donné lieu à une plainte de la part de l'enseignant)
(chiffres 2004-2005)

Posté par victor, 02 mars 2008 à 18:23

Pour Debarbieux, la violence réelle est encore pire ! p. 244 du Rapport OND :

Ce tableau récapitule le décalage entre les statistiques produites par les institutions et le
témoignage des victimes suivant un protocole d’enquête et c’est sans appel… Ainsi, si l’on s’en tient au seul racket dans les établissements de l’échantillon, celui-ci est 210 fois plus fréquent que ce qui est déclaré dans les statistiques de l’Éducation nationale. Ce n’est pas qu’une approximation enfantine : d’après les réponses des 525 adultes interrogés dans une autre enquête
– en 1999-2000 – 54,2 % connaissaient l’existence du racket dans leur collège. Quant au racisme, qui
est dans la loi française un délit, et certainement pas une opinion, 16,7 % des élèves s’en déclarent
victimes contre un risque de 0,01 % pour les chiffres officiels, 1 670 fois plus.

Posté par victor, 02 mars 2008 à 18:27

Sources toujours

Racket = injures = profs poignardés = racisme. C’est avec ce genre d’amalgames, fond de commerde (non, ce n’est pas une faute de frappe) des télés et journaux depuis 10 ans que Sarkozy a été élu. Comptage typiquement policier : fumer un joint ou violer puis assassiner un gamin rentrent dans la même catégorie fourre-tout « crimes et délits ». D’autant plus futile, qu’en jetant Signa aux oubliettes, on a cassé le thermomètre, que trois ans plus tard, on ne mesure plus la violence de la même façon...et qu’il y a trente ans, on ne la mesurait pas du tout. Ce n’est pas vraiment comme cela qu’on trouvera la solution aux problèmes : si tous les plans anti-violence (il y en a en moyenne un par an) ont échoué, c’est parce qu’on a privilégié l’effet d’annonce, le coup de pub plutôt que le traitement de fond. Avec Darcos, on n’en est pas sorti.

Pour ce qui concerne Eric Debarbieux, le mieux, c’est encore de le lire :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/03/01/violence-a-l-ecole-les-etablissements-les-plus-touches-sont-ceux-ou-les-equipes-sont-les-plus-instables_1017696_3224.html#ens_id=1016135
« L'actuel mode de nomination des enseignants du second degré, qui propulse les jeunes aux postes les plus durs, est un des facteurs majeurs de cette instabilité. La recherche montre que lorsqu'ils sont accueillis dans des équipes bien régulées, avec un véritable accompagnement, ils encourent deux fois moins de risques. La diminution est du même ordre lorsqu'ils sont formés à connaître les phénomènes de violence, gérer leur stress, animer un groupe... C'est sans doute la réforme majeure à introduire : une formation initiale et permanente incluant à égale dignité les savoirs disciplinaires et la pédagogie. » Debarbieux est quand même bien loin de la « tolérance zéro ».

Posté par Lubin, 02 mars 2008 à 19:09

Vers l'équilibre ?

Pour répondre au "très majoritaire" dont s'inquiétait Meles :

Tableau 4 – Évolution des proportions d’incidents ayant pour victime des élèves
et des personnels depuis 2002-2003
% d’actes ayant pour victime :

2002-2003 2003-2004 2004-2005 2005-2006
un membre du personnel de l’établissement
26,6 26,8 28,3 29,5

un élève ou groupe d’élèves
49,4 49,4 48,0 46,4

Posté par victor, 02 mars 2008 à 19:16

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