Journal d'école

Un regard distancié, très distancié, très très distancié sur l'école et sur le monde. L'école vient de loin, elle peut mener loin. A condition d'en sortir.

12 mars 2008

Darcos s'enferre

Les programmes Darcos « risquent de nuire gravement à la santé de notre système éducatif ». Lang et Ferry , dans un article à paraître demain dans le Nouvel Obs ne font guère qu’exprimer à leur tour ce que beaucoup disent depuis un mois ; les attaques sont lourdes mais parfaitement justifiées : « mensonge...paresse intellectuelle...vide abyssal...imposture...reniement ». Mais le plus intéressant dans la polémique reste encore la contre-attaque de Darcos, en campagne électorale à Périgueux. Car il est clair que depuis plusieurs mois, Darcos est en campagne électorale et que sa politique éducative y participe. Sa réaction affligeante illustre à merveille ce que ses deux prédecesseurs dénoncent comme un « populisme scolaire ». Devant ses électeurs, Darcos reprend en effet les attaques les plus brutales et les plus caricaturales de la mouvance réactionnaire : « il faut en finir affirme-t-il – avec les résultats catastrophiques de la France dans les études internationales ». Il faut toute la mauvaise foi d’un politicien en perdition pour lire les signes d’une catastrophe dans les enquêtes internationales – la France se classe dans la moyenne des pays développés – alors que d’ailleurs, le plus souvent, ces enquêtes pointent du doigt le conservatisme de pratiques scolaires dont le ministre fait régulièrement l’apologie. Cet après-midi, Darcos a retrouvé les accents sarkoziens, usant des ficelles les plus démagogiques dans l’espoir de gagner quelques suffrages : « il s’agit d’en finir avec 30 ans de pédagogisme qui a (sic) laissé croire qu’on pouvait apprendre en s’amusant ». Depuis 30 ans, donc, des générations d’enseignants n’ont rien fait d’autre qu’apprendre aux élèves à s’amuser. C’était bien Sarkozy, déjà qui promettait l’ « école du respect » ? Mais finalement, les bobards débités à coups redoublés par Darcos et d’autres avec lui sont dans la filiation du « pauvre con » lancé il y a peu par un président de la république : nos tristes gouvernants sont vraiment à court d’arguments.

Posté par Lubin à 19:30 - Education, au jour le jour - Commentaires [57] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Qui "s'enferre" ?

"Lang et Ferry , dans un article à paraître demain dans le Nouvel Obs ne font guère qu’exprimer à leur tour ce que beaucoup disent depuis un mois"
Curieuse alliance, non ? Les libéraux font donner toto et lulu, les deux clowns qui aspirent sans doute à être califes à la place du calife mettant à profit une défaite électorale de Darcos.
« mensonge...paresse intellectuelle...vide abyssal...imposture...reniement » : on dirait un autoportrait des deux sbires !

Il faut que le pédagogisme soit tombé bien bas pour oser reprendre de pareils "arguments". Mon cher Lubin, vous avez mille fois raison de dire "Mais le plus intéressant dans la polémique reste encore la contre-attaque de Darcos". A mon avis le bougre va se régaler !

Posté par victor, 12 mars 2008 à 20:58

Se régaler, vraiment ?

En tant que fonctionnaires, nous appliquerons les programmes Darcos s'il le faut.
Et quand dans quelques années on aura vu leurs effets désastreux, serez-vous toujours là pour venir vous régaler avec lui ? Les élèves oui.
Meirieu ça marche pas très bien ? Mais Darcos, ce sera une cata !

Posté par Théo, 12 mars 2008 à 21:52

Fonction publique, justement

Mais il y a détournement des principes de la fonction publique : Darcos, comme d'ailleurs, ses prédecesseurs, utilise l'EN à son propre profit, à des fins uniquement électorales. Son discours d'aujourd'hui à Périgueux, où il joue peut-être son avenir politique en est une nouvelle illustration. Darcos ne respecte aucune des obligations d'un ministre, mettant l'administration à son propre service. Dans ces conditions, les programmes Darcos n'ont aucune légitimité ; il est vraiment temps que les enseignants - comme pour d'autres domaines de la société, d'ailleurs - se posent la question de la désobéissance civique.

Posté par Lubin, 12 mars 2008 à 22:14

Un point de vue salutaire

Sur la désobéissance, voir d'ailleurs ce point de vue salutaire sur le site de Philippe Meirieu :
http://www.meirieu.com/FORUM/fredpel.pdf

Posté par Lubin, 12 mars 2008 à 22:19

Un point de vue salutaire ?

Décidément, la morale de Lubin zigzague en fonction de ses lubies éducatives. Voilà-t-y pas qu'un ministre met l'administraton "à son service" !
Quant à "Fred Pel", dans les ministères on tremble à l'idée qu'il puisse "désobéir" : la révolte des bacs à sable est en marche, les élites n'ont qu'à bien se tenir !
Et dire que les pédagogistes passaient leur temps à pleurer sur les méchants enseignants qui n'avaient bien sûr rien compris à leurs brillantes réformes et ne les appliquaient pas. A commencer par Franckowiak, l'IEN inspiré, qui réclamait des sanctions. Comment disait-il déjà ? Ah oui, "la liberté pédagogique, alibi des conservateurs" !

Posté par victor, 12 mars 2008 à 23:03

Meirieu ça marche pas très bien

...c'est un euphémisme !

Je ne sais pas s'il y aura un effet Darcos mais en ce qui concerne ses intentions, je ne saisis pas dans les commentaires de Théo ou de Lubin l'ombre d'une argumentation. Pas plus dans ceux de Lang et Ferry d'ailleurs. Mais là, les deux intermittents du spectacle ne nous ont pas surpris !

Posté par victor, 12 mars 2008 à 23:12

(Premier message incomplet)

Si j'avais reçu ce livre (ouf, ce fut non) je ne l'aurais pas brûlé, la symbolique de l'autodafé m'en aurait dissuadé. Mais, bien que passionné de livres (j’en ai des centaines, non, des milliers), je l’aurais jeté à la décharge.

Pour une raison toute bête : mes livres, c’est moi qui les veux.

Et, outre ce que vient de dire Tartempion sur Ferry, je lui en veux de sa phrase méprisante sur l’ennui à l’école.

Car je suis de ceux qui croient que, dans le travail scolaire, il y a des moments, j’ai bien dit des moments, d’ennui. Je ne connais personne que ça ait amusé d’apprendre ses conjugaisons.

Posté par PMB, 13 mars 2008 à 13:15

conjugaisons inutiles

comme les tables de multiplication, le solfège en musique, la grammaire, les déclinaisons en allemand et en russe, etc...

réveillez-vous PMB ! tout cela est inutile, réactionnaire et dangereux, puisque nous avons tous des "talents" ou la science infuse qui nous permet de nous "épanouir" en gratouillant ou en scribouillant sans technique aucune !

"le talent sans technique n'est rien qu'une sale manie", dixit Brassens.

Posté par tartempion, 13 mars 2008 à 16:35

Lassant

Commencez par lire les programmes de 2002 et vous reviendrez nous dire si vraiment on ne fait aujourd'hui dans les écoles ni conjugaison ni orthographe ni grammaire ni lecture ni expression écrite, si on y fait que s'amuser. Non seulement on en fait et on en a toujours fait mais avec les programmes Darcos, le français passe de 10 heures hebdomaires à 8 h. Mensonges et manipulation, ça va un temps mais après, ça lasse.

Posté par Lubin, 13 mars 2008 à 17:37

Mensonges et manipulation ?

"vous reviendrez nous dire si vraiment on ne fait aujourd'hui dans les écoles ni conjugaison ni orthographe ni grammaire"

Je reviens vous dire qu'en effet on ne fait ni conjugaison ni orthographe ni grammaire : on fait aujourd'hui très exactement 1h30 d'Observation Réfléchie de la Langue (ORL)par semaine (écoles des semaines à 4 jours). L'ORL est une bouillie immonde où chaque instit est censé faire de la grammaire de texte à l'occasion d'une autre leçon (histoire, bio, etc.)...Il n'y a donc aucun apprentissage systématique des structures de la langue et on peut d'ailleurs en observer les conséquences dès l'entrée en 6°.PMB qui intervient aussi sur ce blog déclarait d'ailleurs chez Lofi que depuis cinq ans les tests de français montraient tous que la situation avait empiré.Pourquoi ?

Posté par victor, 13 mars 2008 à 19:34

Mensonges et manipulations... de Victor

Présentation d'une méthode de français, exemple pour le CM1. Où voit-on que l'ORL remplace l'étude des disciplines ???

Qu’est-ce que l’observation réfléchie de la langue ?
1. Une démarche unifiée d’apprentissage sous laquelle les Programmes de 2002 :
􀆔 rassemblent explicitement les domaines classiques de l’étude de la langue
(grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire)
􀆔 définissent des objets d’étude
􀆔 préviennent le morcellement des connaissances en insistant sur l’articulation des
différents domaines. Par exemple :
- l’étude de l’infinitif relève de la conjugaison (forme non conjuguée du verbe ; forme du
verbe dans le futur proche), de la grammaire (les introducteurs de l’infinitif ; la forme
infinitive de la phrase injonctive), du vocabulaire (forme du verbe dans le dictionnaire ;
dérivation ; nominalisation) et de l’orthographe (critère de décision pour l’écriture du son [e]
en fin de verbe).
- l’étude de l’adjectif relève de la grammaire (contribution à la définition du genre ;
expansion du nom ; attribut du sujet ) du vocabulaire (aspects sémantiques ; dérivations et
familles de mots ; champs lexicaux) et de l’orthographe (règle d’accord en genre et en
nombre)
2. Une démarche d’investigation, semblable à celle de l’enseignement
scientifique, dans laquelle l’activité des élèves est la règle.
􀆔 Il s’agit de repérer et d’observer des phénomènes, c’est-à-dire des ensembles
d’évènements qui se produisent de façon régulière dans des conditions données,
􀆔 donc de constituer les faits de langue en observables, ce qui suppose de travailler
sur l’écrit, même lorsqu’il s’agit de partir de la compétence orale des élèves,
􀆔 pour leur faire subir des manipulations (déplacements, remplacements, réductions,
expansions)
􀆔 qui engagent les activités cognitives fondamentales de toute démarche scientifique :
comparer, catégoriser, classer, hiérarchiser, définir.
L’enseignement de la grammaire obéit à une démarche organisée et
programmée qui invite l’élève à l’analyse, à la manipulation d’éléments
linguistiques divers (des sons et des graphies, des mots, des phrases puis des
textes).
Cette démarche de découverte permet d’opérer des classements, de dégager de
façon précise des ressemblances et des différences, de repérer des régularités.
L’enseignement de la grammaire construit également des savoir-faire utiles dans
diverses disciplines (classer, catégoriser, comparer, etc.).
Comment constituer un corpus d’observation ?
1. Les principes
􀆔 Les Programmes 2002 dissocient en deux chapitres Littérature et Observation
réfléchie de la langue. A aucun moment, ni dans ces chapitres ni dans le chapitre
général consacré à la maîtrise du langage et de la langue française, l’observation
réfléchie de la langue n’est présentée comme activité décrochée à partir de la
lecture de textes littéraires.
Cette progression adaptée à la classe et aux élèves, doit obéir à la logique
interne du système syntaxique du français : la grammaire enseignée au fil de
l’étude des textes ne peut suffire.
Tout au contraire, ce sont les connaissances acquises en observation réfléchie de
la langue qui doivent être mises au service de la lecture, littéraire ou
documentaire.
Les connaissances acquises durant les séances de grammaire sont ainsi
réinvesties dans diverses activités d’écriture, dans toutes les disciplines ; elles
aident à résoudre certains problèmes de compréhension face à des textes plus
complexes ou spécifiques à une discipline.
L’élève doit maîtriser suffisamment les outils de la langue que sont le
vocabulaire, la grammaire et l’orthographe pour pouvoir lire, comprendre et écrire
des textes dans différents contextes.
􀆔 En effet, l’étude de la langue, pas plus que l’enseignement scientifique, ne saurait
« s’en remettre aux occasions » : on n’apprend que dans « un parcours cohérent
d’acquisition de connaissances ». L’observation réfléchie de la langue suppose donc la
constitution de ses propres corpus d’étude.
Un enseignement spécifique
Les élèves doivent acquérir des savoirs structurés. Qu’il s’agisse de découverte,
d’exercice ou de synthèse, la leçon de grammaire constitue un temps
pédagogique spécifique dévolu à l’étude d’un fait de langue particulier.
2. A quelles exigences répond un corpus ?
Si l’on veut que l'élève « mène une véritable investigation, il est nécessaire de
sélectionner pour lui un environnement favorable et de préparer les aiguillages qui le
ramènent toujours vers sa quête. »
􀆔 Une progression contrôlée : tout nouveau phénomène objet d’étude doit pouvoir
être isolé par les élèves à partir de leurs connaissances antérieures.
Ces connaissances antérieures ne sont aisément mobilisables en situation
d’apprentissage que si le maître a le souci tout au long de l’année de les faire rappeler
explicitement toutes les fois qu’on les utilise. Ainsi la progression devient une réalité
consciente pour l'élève.
L’adjectif est introduit :
- à partir de la phrase minimale dans laquelle les élèves maîtrisent la chaîne d’accord sujet –
verbe ;
- comme le résidu de ce qu’ils savent déjà analyser, résidu
a) sur lequel ils observent une double variation, l’une qu’ils peuvent référer à ce qu’ils savent
(la variation en nombre), l’autre dont ils n’ont pour l’instant aucune manière de rendre compte
(la variation en genre)
b) dont ils peuvent être sûrs qu’il ne s’agit ni d’un déterminant, ni d’un nom, ni d’un verbe,
c) duquel ils comprennent qu’il apporte une précision au nom.
􀆔 Une situation verrouillée : le support est soigneusement sélectionné
- parce que la notion à étudier y joue un rôle important (stylistique, organisation de
l'information etc.)
- parce que à l’intérieur de ce cadre les élèves peuvent isoler la notion à étudier en
mobilisant leurs connaissances actuelles.
Le complément du nom est un organisateur fréquent des énoncés tels que titres de livres, de
films, menus etc. Ces énoncés constituent donc un bon support pour l’étude de la notion.
Les élèves peuvent y reconnaître le groupe nominal, observer que la relation nombre
s’interrompt, et comprendre que ce second groupe nominal apporte une précision au premier.
Ils peuvent articuler ces observations à ce qu’ils savent déjà de l’adjectif.
􀆔 Le corpus est le résultat de l’activité des élèves sur le support. Un support n’est
jamais par lui-même un corpus : tout corpus doit être extrait du support, y compris
physiquement (reports des observables dans des tableaux, surlignements, etc.).
Pour catégoriser les formes des temps du passé (temps simples et temps composés)
- on choisit un texte dans lequel ces formes sont présentes en abondance, et de façon variée
(imparfait, passé composé, passé simple, plus-que-parfait) au milieu d’autres temps ;
- on identifie l’ensemble des verbes du texte ;
- on isole ceux qui indiquent le passé ;
- on verrouille la situation en donnant un tableau à deux colonnes. Les élèves doivent y
reporter ces verbes et proposer des critères de classement.
􀆔 Le corpus est complété par la compétence orale des élèves.
Les élèves complètent ce corpus par des formes verbales qu’ils savent dire, et que le maître
reporte au tableau de la classe pour en assurer la correction orthographique.
Comment travailler sur un corpus ?
A l’intérieur de ce cadre soigneusement sélectionné et préparé, « l'enfant bénéficie
d’une grande liberté et mène sa propre expérimentation sans parachutage du savoir.»
􀆔 Comme pour les activités scientifiques, c’est à l’intérieur d’un cadre de
questionnement et d’échanges que
- on manipule : on fait subir des transformations à l’objet observé ;
- on compare : on dégage des ressemblances et des différences ;
- on catégorise : on unifie les observations, on identifie des régularités ;
- on interprète ses découvertes : on cherche à élaborer des formulations qui explicitent
ce que l’observation a dégagé, et qui le mettent en continuité avec les connaissances
antérieures. Ces formulations mènent les élèves au plus près des énoncés canoniques
qui leur sont dévolus ensuite ; elles en préparent la compréhension et la mémorisation.
Dans cette démarche, l'enfant apprend «à la fois comment mener des investigations et
comment les interpréter. »
« A tout instant, le maître leur apporte une aide précieuse par de simples
chiquenaudes : qu’est-ce que tu peux faire avec ça ? Pourquoi fais-tu cela ? Comment
t’es-tu débrouillé ? Explique-nous ce que tu as fait… Et vous, êtes-vous d’accord ? »
􀆔 Dans ce cadre, la régulation de l’enseignant porte sur
- la mise en mots des observations ;
- la justification, l’argumentation ;
- l’exploitation des questions et des remarques productives ;
- la validation.
􀆔 Même si le travail sur le corpus se présente nécessairement comme une suite
d’activités, il ne s’agit pas d’une série d’exercices mais d’un temps d’investigation
véritable, où les essais, les tâtonnements, les approximations successives ont toute leur
part.
Comment assurer la mémorisation des connaissances ?
􀆔 En concluant chaque leçon par une formulation, une règle ou une définition
- qui reprend sous une forme canonique et dans une nomenclature simple les
conclusions que les élèves ont tirées de leur observation,
- et qui sera d’autant mieux mémorisée qu’elle sera ensuite rappelée explicitement
toutes les fois qu’on aura besoin de la réutiliser pour continuer à apprendre.
Le guide pédagogique de Parcours présente un tableau général de la progression sur l’année
récapitulant, pour chaque leçon, les connaissance acquises qui doivent y être mobilisées et
reformulées.
Cela (pouvoir mobiliser ses connaissances sans effort et réutiliser dans toutes les
situations de lecture ou d’écriture) exige une phase d’appropriation et de
mémorisation des règles grammaticales.
􀆔 En proposant des exercices nombreux, variés, qui vont de l’application directe à la
décontextualisation.
􀆔 En pratiquant régulièrement des dictées accompagnées d’une grille
d’autoévaluation, dont l’emploi organise le rappel explicite des connaissances pour se
relire et s’autocorriger.
(La démarche de découverte) doit se prolonger par une série d’exercices
d’application y compris des dictées pratiquées régulièrement – soigneusement
corrigés par le maître. C’est par ces exercices que peut être assurée la fixation
des procédures et des connaissances.
􀆔 En réutilisant systématiquement ces connaissances dans des situations
d’écriture et des ateliers de lecture.

Posté par Théo, 13 mars 2008 à 19:59

On n'avance pas vraiment

Pardon, je n'avais pas vu un premier message portant le même titre.
L'ORL est donc "une bouillie immonde", je le veux bien mais on peut dire la même chose de n'importe quelle discipline scolaire. Savoir réciter une règle par coeur ne signifie pas qu'on la comprend, encore moins qu'on sait l'utiliser (permettez là, quand même, mon modeste témoignage quotidien de prof de 6e). Outre que les programmes de 2002 n'ont encore jamais été évalués, il n'existe aucune étude mettant en rapport l'apprentissage de la langue avec la maîtrise qu'on peut en avoir quelques années plus tard. A ma connaissance, je ne crois pas que de l'école d'il y a un siècle sortaient des flots d'écrivains.

Posté par Lubin, 13 mars 2008 à 20:22

En résumé, l'ORL

La méthode présentée plus haut est une méthode d'ORL.

Pratiquer l'ORL, ce n'est pas exclure la grammaire, la conjugaison, l'orthographe...bien au contraire.

L'ORL est une DEMARCHE - et non pas un contenu - destinée à fournir à l'élève un éclairage sur toutes ces disciplines en partant d'observations orales et écrites.
Contrairement à ce que prétend Victor, il s'agit bien de mises en relation (démarche scientifique).

Ce n'est donc ni une bouillie, ni à l'opposé, un empilement rigide de règles à apprendre par coeur !

Posté par Théo, 13 mars 2008 à 20:46

...éloquent !

Je maintiens que l'indigeste brouet que vient de nous servir Théo illustre à merveille ce que j'en disais précédemment. J'ai même cru en début de message à la démonstration par l'absurde du carctère inopérant de la démarche -sans compter son pédantisme ronflant."Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?" est vraiment la devise du constructivisme !
"Nos fils riront de nous dans cette blanche sphère ;
Ils se demanderont ce que nous pouvions faire
Enseigner au moineau par le hibou hagard."

Posté par victor, 13 mars 2008 à 21:04

@ théo

la bouille immonde, ce sont ces instructions imbitables que vous citez, à dégouter n'importe qui d'enseigner et d'apprendre les règles de grammaire !

Posté par tartempion, 13 mars 2008 à 21:47

le pompom

"En concluant chaque leçon par une formulation, une règle ou une définition
- qui reprend sous une forme canonique et dans une nomenclature simple les
conclusions que les élèves ont tirées de leur observation,
"

qui reprend les conclusions que les élèves ont tirées de leur observation ??? mais si ces conclusions sont fausses ? ou si ils ne sont parvenus à aucune ?

en gros le boulot du prof c'est de mettre fin à la séance de brèves de comptoir ? quel temps perdu à les laisser chercher... comme si on laissait les gens avoir des accidents pour leur "faire découvrir" le code de la route.

c'est à pleurer (de rage)

Posté par tartempion, 13 mars 2008 à 21:53

C'est pourtant simple

Contrairement à la démarche déductive, qui, à partir d'un seul exemple (souvent une phrase écrite au tableau), faisait déduire une règle générale, aussitôt mise en œuvre dans des exercices d'application (c'est la démarche utilisée par la majorité des manuels encore dans les classes aujourd'hui), l'ORLF utilise la démarche inductive :

Utiliser la démarche inductive, c'est fonder des généralisations, des régularités, à partir de faits observés, de cas individuels. C'est en agissant sur des éléments linguistiques (tris, manipulations, comparaisons, classements, repérages,...), en dégageant des caractéristiques, que l'élève s'approprie la langue. L'objectif est de "comprendre les logiques de la langue", et non d'appliquer des règles mal maîtrisées : la mémorisation et l'application mécanique ne doivent pas remplacer la réflexion et la compréhension.

Posté par Théo, 13 mars 2008 à 22:48

"comprendre les logiques de la langue"

"L'objectif est de "comprendre les logiques de la langue", et non d'appliquer des règles mal maîtrisées : la mémorisation et l'application mécanique ne doivent pas remplacer la réflexion et la compréhension."
Posté par Théo, 13 mars 2008 à 22:48

A cet âge, la mémorisation et l'application mécanique doivent précéder la réflexion et la compréhension. La langue est d'abord un outil indispensable pour progresser dans d'autres domaines ;les lois et subtilités de la linguistique peuvent s'apprendre plus tard ! J'apprends à conduire avant de comprendre le fonctionnement du moteur à explosion ; j'apprends à nager avant de comprendre la loi de sustentation des corps !

Posté par victor, 13 mars 2008 à 23:16

Vous ?

"J'apprends à conduire avant de comprendre le fonctionnement du moteur à explosion"

Mais vous faites comme vous voulez.

Posté par Théo, 13 mars 2008 à 23:26

Evidemment

Si l'on ne fait pas la différence entre l'apprentissage d'une langue et celui de la natation ou de la conduite, là, évidemment, Bentolila a raison et le Café du commerce est sans doute le Temple du Savoir.

Posté par Lubin, 14 mars 2008 à 07:57

lol

ce sont des exemples, lubin... c'est pas vous qui allez donner des leçons sur l'usage de raccourcis foireux, de comparaisons hasardeuses, de mélanges de poires et de pommes, hein...

Posté par tartempion, 14 mars 2008 à 08:19

C'est ben vrai, ça

"Si l'on ne fait pas la différence entre l'apprentissage d'une langue et celui de la natation ou de la conduite, là, évidemment, Bentolila a raison et le Café du commerce est sans doute le Temple du Savoir."
C'est juste; c'est d'ailleurs Mme Charmeux elle-même qui adore ces comparaisons nautiques ("on n'apprend pas à nager sur un tabouret", je cite de mémoire)... De là à dire qu'avec elle on est dans le café du commerce, il n'y a donc qu'un pas? Garçon, un demi!

Posté par Meles, 14 mars 2008 à 16:00

LES NOURRISSEURS...

NOURRISSEURS ET EDUCATEURS (C. FREINET)

Je plains les éleveurs - qu’on appelle aujourd’hui nourrisseurs - et leurs bêtes parquées dans des étables dont elles ne sortent que pour l’abattoir.

Oh ! elles ne souffrent pas ! Leur râtelier est toujours abondamment garni d’une masse imposante d’herbe et de foin. Parce qu’il y faut la quantité, n’est-ce pas, pour bien remplir la panse !

Si quelques bêtes, non encore suffisamment domestiquées, rechignent à avaler leur portion, on l’enrobera de sel ou de tourteaux. Il faudra bien qu’elles mangent ce qu’on leur donne ! Ce n’est pas à elles à choisir, que diable ! Si la digestion est difficile, la science indiquera un produit merveilleux qui, dilué dans l’eau, évitera tous accrocs. Et, ma foi, les bêtes donnent beaucoup de lait, seulement, au bout de trois ans, elles dépérissent et meurent épuisées.

Je n’ai aucun de ces soucis. Je conduis mes bêtes dans les pâturages les plus riches. Elles ont faim, ce qui est naturel, elles choisissent, ce qui est naturel aussi. Elles prennent poil brillant et bonne graisse, ce qui est normal également. Il me suffit de leur garantir pâturage et sécurité.

Je plains les éducateurs qui ne sont que des nourrisseurs et qui ont la prétention de traiter méthodiquement et scientifiquement leurs enfants parqués dans des salles où ils ne séjournent, heureusement, que quelques heures par jour.

Leur grand souci est de leur faire avaler la masse de connaissances qui remplira des têtes engorgées jusqu’à l’indigestion et à la nausée. Leur art est d’enrobage et de conditionnement, et aussi de médication susceptible de rendre assimilables les notions ingérées.

Gardez à vos enfants leur appétit naturel. Laissez-les choisir leur nourriture dans le milieu riche et aidant que vous leur préparerez. Vous serez des éducateurs.

Posté par Théo, 14 mars 2008 à 20:05

saint Célestin

"Je n’ai aucun de ces soucis. Je conduis mes bêtes dans les pâturages les plus riches. Elles ont faim, ce qui est naturel, elles choisissent, ce qui est naturel aussi."

Un autre "éducateur" a dit, dans la même veine : "je suis le bon pasteur, je mène mes brebis dans de verts pâturages". Le brave Célestin est vraiment parfois un "ravi" comme on dit dans sa Provence ; c'était l'homme d'un temps et d'un lieu, sympathique certes mais tellement lointain !

Posté par victor, 14 mars 2008 à 23:30

Lointain, l'esclavage ?

A celui qui croirait encore que la société postindustrielle en a fini avec la misère de la condition laborieuse ; à celui qui peut imaginer que l’esclavage est d’un autre temps ou d’un autre continent ; à celui, enfin, qui estime que «travailler plus pour gagner plus» peut constituer non seulement un programme économique mais encore un modèle social, on ne saurait trop recommander de jeter un œil sur ce documentaire. Mort vivant. On y voit qu’une société de services brise et tue aussi sûrement que les monstrueuses machines de la révolution industrielle (lesquelles continuent aussi à fonctionner). On y voit que ce n’est pas moins être esclave que de l’être sous l’œil d’un maître anonyme, insaisissable, qui épie vos conversations, chronomètre le temps que vous mettez à respirer, vous abrutit d’interjections, vous lessive de formules stupides et agressives mécaniquement reprises des manuels de management, et de n’avoir plus que le désir de mourir pour s’y soustraire. On y voit enfin que «travailler plus» n’est pas un choix mais la perverse condition du travail lui-même : travailler veut dire travailler plus et aucune augmentation ne compensera ce que ce «plus», qui n’est jamais assez et auquel tient fragilement l’espoir tout négatif de conserver son emploi, arrache de vie et d’humanité.

http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/315370.FR.php?rss=true&xtor=RSS-450

Posté par Théo, 15 mars 2008 à 07:31

société de services

Nous voilà d'accord, au moins sur un sujet !

Posté par victor, 15 mars 2008 à 10:44

Précision horaires 2002

J'ai omis dans un précédent message de préciser que l'ORL des programmes de 2002 (1h30 à 2h hebdo) était accompagnée de la "littérature" (dire, lire, écrire) fixée à une fourchette 4h30/5h30 hebdo. Avec un total -au mieux- de 7h30, nous sommes donc très loin des 12h de français dont parlait Lubin.

Posté par victor, 15 mars 2008 à 10:58

rectificatif, lire : "10h de français dont parlait Lubin"

Posté par victor, 15 mars 2008 à 11:00

Une matinée en moins, ça compte

Avec les programmes de 2002, le français est l'affaire de toutes les disciplines et pas seulement des leçons de grammaire ou des leçons de mots. Avec le cloisonnement des disciplines voulu par Darcos et la suppression du samedi matin, l'horaire dévolu au français diminue largement de 2 heures.

Posté par Lubin, 15 mars 2008 à 11:43

"le français est l'affaire de toutes les disciplines et pas seulement des leçons de grammaire ou des leçons de mots" : non, soyons sérieux, je ne vais pas interrompre ma leçon d'histoire pour faire apprendre la conjugaison du verbe être au passé simple ou l'accord des participes passés !

Posté par victor, 15 mars 2008 à 12:48

Une bonne mise au point

Sur "sauver les lettres", une excellente analyse qui remet les choses à leur juste place, sans épargner Darcos :

http://www.sauv.net/ctrc.php?id=870

Posté par victor, 15 mars 2008 à 12:49

Un crime de lèse-disciplines

"Interrompre ma leçon d'histoire..." Mon dieu, un crime de lèse-disciplines ! Pas plus tard qu'hier après midi, j'ai dû "interrompre ma leçon d'histoire" en 6e parce qu'un petit élève avait un saignement de nez. Vous vous rendez compte, "interrompre une leçon d'histoire" ?
La conjugaison du verbe être ou l'accord des participes ont toujours été enseignés en primaire ; si, malgré cela, les élèves n'arrivent pas à suivre la "leçon d'histoire", c'est que, manifestement, le problème est ailleurs.
Pour ce qui est de "Sauver les lettres" (tout un programme, cette titulature, moi, ce qui m'intéresse, ce sont les élèves), il va falloir que ces gens-là aient un jour le courage de se regarder dans la glace : je ne sais pas s'ils "épargnent Darcos" ou non - en ce samedi après-midi, je n'ai vraiment pas envie d'aller visiter leur site nullissime - mais il est clair que leur programme, Darcos l'applique à la lettre avec son projet de programmes de primaire. Avec comme résultat le plus évident, la pagaille dans les écoles. Et Mai 68 n'y est pour rien...

Posté par Lubin, 15 mars 2008 à 13:19

Sur le fond et globalement

"L’école a montré depuis des décennies qu’elle assurait globalement la pérennité du système social et qu’elle permettait de fait dès l’école primaire la sélection des cadres dominants au détriment des classes sociales plus défavorisées.

L’éducation que dispense l’école se fonde sur
la norme et la résignation à l’inégalité des chances, sur les stimulants matériels et la compétition individuelle ou en équipe, hypocritement appelée émulation, et en général
sur tous les moyens qui font de son voisin un adversaire.

Elle multiplie les évaluations, les notations, les
classements et les concours... Elle développe
systématiquement l’agressivité. Elle prépare une
aristocratie et la fonde sur un enseignement dogmatique,privant d’initiative le plus grand nombre et favorisant la docilité.

Elle mise sur la peur et sur la contrainte. Elle s’accommode donc d’esprits passifs et s’attache à les couler dans un moule, elle entend préparer à une vie dont les valeurs sont préconçues, elle impose un pli.

Cette école autoritaire et sélective est celle qui convient à une société aristocratique et hiérarchisée où sous le vocable de « valeurs traditionnelles », on s’efforce de perpétuer des
rapports de domination et de soumission. Est immoral tout ce qui conteste les fondements de cette société.

Quant aux critères d’intelligence et de culture, ils sont choisis de manière à assurer une large avance aux enfants du sérail.
Une école aussi profondément déterminée dans sa fonction ne saurait être réformable.

La multiplicité et la croissante fréquence des prétendues « réformes de l’enseignement »
révèlent à la fois l’inadaptation de l’école aux besoins réels des hommes d’aujourd’hui et son refus d’adaptation, sa rigidité. Elle est très bien comme elle est pour les intérêts qu’elle sert !

(Ce texte est essentiellement tiré de la brochure «Répression dans l’enseignement » et date d’il y a 25 ans.
Rien n’est à retrancher sur le fond, voilà pourquoi la énième réforme initiée par Darcos-Sarkozy produira les mêmes effets que les précédentes : une école qui ne sera ni égalitaire ni émancipatrice et où les enfants s’y ennuieront
un peu plus)."

[Tiré du site de la CNT 76 :

http://www.cnt-f.org/cnt76/ ]

Publié le 24 février 2008, par Secrétariat fédéral.

Posté par Théo, 15 mars 2008 à 13:53

humour noir

"un petit élève avait un saignement de nez"

vous l'avez frappé pour qu'il saigne du nez ? lol

un conseil, pour calmer un élève surexité, seul l'uppercut au foie est efficace, et en plus ca laisse pas de traces :)

Posté par tartempion, 15 mars 2008 à 14:00

certes théo

l'école sélectionne l'élite. le constat est juste. Il a été dressé notamment par Bourdieu...

ce sont les conclusions anarcho-utopiques que vous en tirez qui sont fausses, et nuisibles pour les élèves :

si l'école permet d'accéder à la classe dominante, l'honneur du professeur républicain est de tout faire pour que, justement, les dominés aient les armes, la culture, le language, les références nécessaires pour entrer à leur tour dans la classe dominante.
leur dénier ce droit au motif de votre égalitarisme qui n'adviendra jamais, c'est les condamner à rester des dominés. A ne pas avoir les mêmes codes et ambitions que l'employeur, l'adulte, le "bourgeois"...

que de frustrations et de ghetoisation au nom des bons sentiments gaucho-anarchistes (à Nanterre quand j'y étais, la CNT, bien connue pour sa tolérance et son ouverture d'esprit, collait ses affiches avec des barres de fer, et cassait les salles informatiques sous prétexte de protester parce que la fac refusait d'inscrire des gens qui n'avaient PAS le BAC !!!)

l'enfer est pavé de ces idiots utiles du totalitarisme aux bonnes intentions...

Posté par tartempion, 15 mars 2008 à 14:06

Je sais bien

Il y a toujours ici et là des élèves qui réussissent et des professeurs qui réussissent à franchir des frontières, c'est tout à leur honneur, c'est admirable, je suis d'accord avec vous.
Mais globalement ?

Posté par Théo, 15 mars 2008 à 14:55

la pagaille dans les écoles et la pagaile dans la tête...

"je ne sais pas s'ils "épargnent Darcos" ou non - en ce samedi après-midi, je n'ai vraiment pas envie d'aller visiter leur site nullissime - mais il est clair que leur programme, Darcos l'applique à la lettre avec son projet de programmes de primaire"
Cette brillante réponse illustre à merveille ce qu'est le pédagogisme militant, une (mauvaise-)foi qu'aucun doute ne doit venir ébranler. Je vous remercie de cette éloquente démonstration. Et vous enseignez ?

Posté par victor, 15 mars 2008 à 15:09

analyse "excellente" , vraiment ?

SLL, toujours bien embêté de se retrouver l'allié objectif de SOS education et de qqes autres peu fréquentabes, fait comme elle peut pour sauver la face .. à défaut des lettres !

Une fois de plus je trouve assez incroyable dans ce texte la vision qu'on a de la dictée, qui n'est souvent q'un exercice d'évaluation et non d'apprentissage.
En quoi multiplier le nombre de match améliorera le niveau d'un sportif dépourvu d'entraînement ?

Posté par lofi, 15 mars 2008 à 15:26

encore à côté !

"SLL, toujours bien embêté de se retrouver l'allié objectif de SOS education"

On voit que Lofi ignore :
1) que SOS éducation a porté plainte contre "Sauver les lettres" pour diffamation
2) qu'en sport le nombre de matches joués améliore considérablement le niveau de quelqu'un dont on dit justement parfois qu'il est "à court de compétition"

Posté par victor, 15 mars 2008 à 17:59

on cherche la touche ?

De plus je remarque qu'au fil des posts on botte considérablement en touche chez nos hôtes. La saison de rugby bat son plein mais tout de même...

Posté par victor, 15 mars 2008 à 18:54

Compétition

"en sport le nombre de matches joués améliore considérablement le niveau de quelqu'un"

Et avec le dopage alors là je vous dis pas comment vous pouvez finir sur un podium !

Posté par Théo, 15 mars 2008 à 19:07

Théo à l'arrière !

Théo a lui aussi un bon coup de pied et de remarquables capacités d'esquive : un n°15 potentiel !

Posté par victor, 15 mars 2008 à 19:50

ce message se repostera automatiquement tous les 3/4 d'h.
Désolé pour le doublon mais quand on fait du transmissif...

Posté par victor, 15 mars 2008 à 20:49

"On voit que Lofi ignore :
1) que SOS éducation a porté plainte contre "Sauver les lettres" pour diffamation"

Je ne l'ignore pas Victor. Cela rejoint ce que j'écrivais. Bien embêtée de voir à quel point leurs idées sur l'éducation convergent, SLL a tenté de sauver .. la face en attaquant sur un autre sujet .. d'où la plainte en question.
à leur place, je me poserai plutôt la question de savoir pourquoi et comment leurs idées peuvent converger aussi souvent. Mais ça demande un certaine honnêteté intellectuelle...

Posté par lofi, 16 mars 2008 à 12:07

méthode dictée

"qu'en sport le nombre de matches joués améliore considérablement le niveau de quelqu'un dont on dit justement parfois qu'il est "à court de compétition"

C'est décidé : je ne fais plus cours ! Je ne ferai donc désormais à mes élèves que des évaluations et autres contrôles de connaissances.
Leur niveau s'améliorera et je terminerai mon programme !

Posté par lofi, 16 mars 2008 à 12:12

On croit rêver

"à leur place, je me poserai plutôt la question de savoir pourquoi et comment leurs idées peuvent converger aussi souvent. Mais ça demande un certaine honnêteté intellectuelle..."
Tiens? C'est curieux... Il m'arrive souvent de penser EXACTEMENT la même chose lorsque Victor vous fait remarquer les convergences d'intérêt entre libéraux et pédagos.
Quant à la remarque sur la "méthode dictée", elle est à peu près aussi caricaturale, par rapport à ce qu'en dit réellement Victor, que celle sur les prétendus 26 ouvrages portant sur la pédagogie de Brighelli.
Et on nous fait des leçons sur l'honnêteté intellectuelle?

Posté par Meles, 16 mars 2008 à 15:37

converger ou diverger...

"à leur place, je me poserai plutôt la question de savoir pourquoi et comment leurs idées peuvent converger aussi souvent."
...mais ça, Lofi, c'est vous qui le dites sans en apporter d'ailleurs la moindre preuve. Et quand bien même les idées saines de "sauver les lettres" seraient-elles "reprises" ou détournées par d'autres, à vrai dire, on s'en fout ! Pétain a repris l'essentiel des idées pédagogistes mais cela ne fait pas de vous un vichyste !

Posté par victor, 16 mars 2008 à 16:36

Pétain a repris l'essentiel des idées pédagogistes

- Jean Zay : accusé d'être le "ministre de la récréation nationale" par les ligues d'extrême-droite (ce slogan ne vous rappelle-t-il rien ?)
- Freinet : interné sous Pétain
- Montessori : fermeture de ses écoles par Mussolini
- Janusz Korczak : je vous fais grâce de son histoire

Il vous faut donc maintenant falsifier l'histoire pour sauver la face de vos amis. Faut-il que vous soyez vraiment à court de justifications pour tomber aussi bas.

Posté par lofi, 16 mars 2008 à 18:12

Pétain était aussi un grand pacifiste, n'est-ce pas ?

Pétain "reprenant les idées des pédagogistes", c'est d'ailleurs un peu la même chose que de l'affubler de l'étiquette de "pacifiste" sous prétexte qu'il a arrêté la guerre contre Hitler. Arrivé à ce stade, il n'y a effectivement pas grand chose à répondre.

Posté par Lubin, 16 mars 2008 à 20:05

profs d'histoire ?

"Pétain a repris l'essentiel des idées pédagogistes mais cela ne fait pas de vous un vichyste !"
... ai-je écrit, et non l'inverse !
Pour le reste, je vous invite à faire votre métier de professeur d'histoire et de relire les textes et professions de foi de Carcopino et autres sous Vichy...Il me semble d'ailleurs qu'elles doivent déjà figurer dans les archives de ce blog ou de celui de Lofi.

Posté par victor, 16 mars 2008 à 21:10

A méditer...

FRANÇAIS,
Parmi les tâches qui s'imposent au Gouvernement, il n'en est pas de plus importante que la réforme de l'éducation nationale.
Il y avait à la base de notre système éducatif une illusion profonde : c'était de croire qu'il suffit d'instruire les esprits pour former les coeurs et pour tremper les caractères.
Il n'y a rien de plus faux et de plus dangereux que cette idée.(...)
Nous nous attacherons à détruire le funeste prestige d'une pseudo-culture purement livresque, conseillère de paresse et génératrice d'inutilités.(...)
C'est dans cet esprit que nous réorganiserons l'école primaire.
Elle continuera comme par le passé, cela va sans dire, à enseigner le français, les éléments des mathématiques, de l'histoire, de la géographie, mais selon des programmes simplifiés, dépouillés du caractère encyclopédique et théorique qui les détournait de leur objet véritable.(...)
Cahiers de politique nationale n°2.

Posté par victor, 16 mars 2008 à 21:20

On dirait du Darcos

Effectivement, on dirait du Darcos...A l'un comme à l'autre, ça n'aura pas porté chance.

Posté par Lubin, 16 mars 2008 à 21:33

ja fais mon boulot de prof d'histoire

C'est pourquoi je suis rigoureux :
- en citant des faits !
- en n'utilsiant pas de mots inventés tels que "pédagogistes" pour "arranger" l'histoire".

Quant à votre citation, on pourrait l'utiliser aussi pour y faire un rapprochement avec ceux qui veulent qu'à l'école primaire on n'enseigne plus que les fondamentaux (lire-écrire-compter), non ?
ou avec ceux qui soutiennent l'apprentissage précoce et sont contre le collège unique, non ?

Posté par lofi, 16 mars 2008 à 21:52

Elle est bien bonne...

"C'est pourquoi je suis rigoureux :
- en citant des faits !"
Et en détournant le sens de citations ou des phrases de son contradicteur?
Et en amalgamant les différents livres de Brighelli, écrits AVANT ses bouquins sur l'éducation, à ces derniers (voir votre blog)?
On appréciera la rigueur de la démarche.
Au fait, Lubin défend l'"encyclopédisme, la théorie, le savoir purement livresque" et, tant qu'on y est, les matières, maintenant? Elle est bien bonne, bis...

Posté par Meles, 16 mars 2008 à 21:58

mauvaise foi quand tu nous tiens !

Bon, "les faits sont têtus" disait Lénine mais nos chrétiens de gôche s'en tiennent à leur foi. Dont acte.

Posté par victor, 16 mars 2008 à 22:43

vous le faite expres de pas comprendre?

"Pétain était aussi un grand pacifiste, n'est-ce pas ?

Pétain "reprenant les idées des pédagogistes", c'est d'ailleurs un peu la même chose que de l'affubler de l'étiquette de "pacifiste" sous prétexte qu'il a arrêté la guerre contre Hitler. "

Mais Lubin, personne n'a dit que Pétain est pacifiste. Par contre je maintiens que VOTRE pacifisme est digne de Munich. Vous seriez prêt à abandonner bien plus que la Pologne pour garder vos f.. à l'abri du danger.

Posté par tartempion, 16 mars 2008 à 22:48

tout ceci est prouvé!!

Darcos est en train de massacrer l'EN.
Il ment sur tous les chiffres . Il est à la tête d'un système qui ne respecte pas la loi .
Son administration est coupable de discrimination envers certaines catégories de profs (il y a plus de 5 statut de profs).

Il participe à la politique de dénigrement des enseignants: les enseignant ne sont pas payés pendant les vacances d'été car leur salaire est indexé sur 10 mois et non sur 12 comme dans le privé. Les enseignants touchent 10 salaires étalés sur 12 mois.

Voici certains statuts de profs (le medef peut prendre exemple)

LES VACATIONS:
Depuis 2004,les rectorats ne font presque plus de contrat (cdd) mais payent des vacations. Le Vacataire est payé à l’heure devant les élèves , le reste du temps il ne touche rien. Il ne peut faire que 200h dans l’année maximum, il gagne environ 4000 euros dans l’années.
Pourquoi 200h? au delà , les rectorats sont obligés de faire signer un cdd. La vacation n’est pas un statut, il n’ouvre pas le droit au chômage , ni celui de la SECURITE SOCIALE. Les vacataires alternes entre RMI et vacations.
Il faut signaler que c’est les socialistes qui , par le biais d’Allegre ,en 1997,ont instauré la vacation. Depuis,la droite l’utilise au maximum. Mais c’est aussi les socialistes qui ont lancé les derniers plans de titularisation. il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis!
Il faut savoir que les rectorats ne payent pas une partie du salaire (isoe) aux vacataires. pour récupérer cette prime nous devons passer par le tribunal administratif et perdre ainsi notre place dans la liste de recrutement des non titulaires. Si nous les attaquons , nous nous suicidons professionnellement.

Profs CONTRACTUELs
Il existe dans l’éducation nationale un contrat encore plus précaire que le CPE c’est le CDD reconductible à l’infinie, grâce auquel les rectorats peuvent (en tant que prof),nous embaucher nous débaucher selon leur désir et en complète opposition avec le droit du travail français .Dans les faits , la période d’essaie peut durer une vie .
Pour accéder à un CDI,il faut 6 ans de CDD sans coupure (vacations ou chomage).Donc au 5éme CDD, les rectorats( cad l'état),ne nous proposent que des vacations et si nous refusons nous sommes radiés des listes de recrutement .En clair, chomage, puis rmi. Après avoir fait une ou deux vacations les rectorats vous embauche de nouveau en tant que contractuel.
Et cela repart pour un tour,vu que la possibilité d'être titularisé par concours a baissée de 79% depuis 2004. Exemple: 8 postes au concours interne de musique alors qu'il y a plus de 100 postes qui ne sont pas pourvus en France.
Les concours ne servent qu'à garder sous le coude un tas de profs pas chers et échangeables. ILs ne coutent aucune indemnité de licenciement car ces profs ne signent jamais de CDI.

Le medef a encore des progrès à faire pour créer un contrat très souple.IL faut qu'il prenne exemple sur le ministère de l'éducation :ça c'est de la souplesse!!!!

Je signale aux politiques de tout bord:

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs"
(Article 35 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen, et préambule de la Constitution du 24 juin 1793).

Posté par arkane, 24 mars 2008 à 14:27

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