Journal d'école

Un regard distancié, très distancié, très très distancié sur l'école et sur le monde. L'école vient de loin, elle peut mener loin. A condition d'en sortir.

12 mars 2008

Darcos s'enferre

Les programmes Darcos « risquent de nuire gravement à la santé de notre système éducatif ». Lang et Ferry , dans un article à paraître demain dans le Nouvel Obs ne font guère qu’exprimer à leur tour ce que beaucoup disent depuis un mois ; les attaques sont lourdes mais parfaitement justifiées : « mensonge...paresse intellectuelle...vide abyssal...imposture...reniement ». Mais le plus intéressant dans la polémique reste encore la contre-attaque de Darcos, en campagne électorale à Périgueux. Car il est clair que depuis plusieurs mois, Darcos est en campagne électorale et que sa politique éducative y participe. Sa réaction affligeante illustre à merveille ce que ses deux prédecesseurs dénoncent comme un « populisme scolaire ». Devant ses électeurs, Darcos reprend en effet les attaques les plus brutales et les plus caricaturales de la mouvance réactionnaire : « il faut en finir affirme-t-il – avec les résultats catastrophiques de la France dans les études internationales ». Il faut toute la mauvaise foi d’un politicien en perdition pour lire les signes d’une catastrophe dans les enquêtes internationales – la France se classe dans la moyenne des pays développés – alors que d’ailleurs, le plus souvent, ces enquêtes pointent du doigt le conservatisme de pratiques scolaires dont le ministre fait régulièrement l’apologie. Cet après-midi, Darcos a retrouvé les accents sarkoziens, usant des ficelles les plus démagogiques dans l’espoir de gagner quelques suffrages : « il s’agit d’en finir avec 30 ans de pédagogisme qui a (sic) laissé croire qu’on pouvait apprendre en s’amusant ». Depuis 30 ans, donc, des générations d’enseignants n’ont rien fait d’autre qu’apprendre aux élèves à s’amuser. C’était bien Sarkozy, déjà qui promettait l’ « école du respect » ? Mais finalement, les bobards débités à coups redoublés par Darcos et d’autres avec lui sont dans la filiation du « pauvre con » lancé il y a peu par un président de la république : nos tristes gouvernants sont vraiment à court d’arguments.

Posté par Lubin à 19:30 - Education, au jour le jour - Commentaires [57] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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