Journal d'école

Un regard distancié, très distancié, très très distancié sur l'école et sur le monde. L'école vient de loin, elle peut mener loin. A condition d'en sortir.

22 mars 2008

Mythe national

mythe_national

« Le discours frileux ou méchant de ceux qui voudraient nous convaincre que nous sommes menacés de « disparaître » sous la vague des nouvelles « invasions » ne débouche sur aucun futur, mais il se réclame de stéréotypes que l’histoire républicaine a diffusés : origine gauloise, France éternelle défendue à Poitiers par Charles Martel, nation supérieure à toute autre (« la nationalité française se mérite » ) ».

Ainsi s’exprimait Suzanne Citron, en 1987, dans la conclusion de son Mythe national, après un questionnement minutieux et clairvoyant sur l’histoire de France et son enseignement par l’école. Avec vingt ans de recul, c’est peu dire que cet ouvrage n’a pas pris une ride. Il était même singulièrement prémonitoire. Aussi se réjouit-on de sa réédition (en poche), aux Editions de l’Atelier, augmentée de considérations sur l’actualité récente. Avec une lucidité et une honnêteté qu’on chercherait vainement chez nombre d’historiens à la mode, Suzanne Citron montre que la France métissée d’aujourd’hui ne peut se satisfaire d’un récit mythique fabriqué au cours des siècles. Historienne mais aussi ancienne enseignante, elle place l’éducation au cœur de sa démarche : « (...) l’une des données , cruciales à mon sens, du décrochage scolaire, est celle des contenus scolaires. Cette question est trop souvent exclue des commentaires sur l’école. Or, elle rejoint le propos de ce livre. De quel savoir scolaire, et donc de quelle histoire, de quel passé les enfants des écoles et les adolescents des collèges ont-ils besoin, sont-ils demandeurs pour construire leur personnalité, pour se socialiser à côté des autres et pour se comprendre comme Français, ou comme habitant venu d’ailleurs dans la France, l’Europe et le monde d’aujourd’hui ? Les programmes prescrits d’en haut sont-ils aujourd’hui « écoutés », et peuvent-ils vraiment être absorbés par ceux et par celles à qui ils sont destinés ? »

En écrivant la préface de cette nouvelle édition, Suzanne Citron ne connaissait pas encore les affligeants programmes prévus par Darcos pour le primaire, qui font des Gaulois (même les Celtes ne sont plus mentionnés...), de Clovis et de Jeanne d’Arc les ancêtres exclusifs des Français d’aujourd’hui et de la mémorisation par des enfants de 7 ans de quelques dates vides de sens la base des apprentissages historiques à l’école. Une réédition qui tombe à point nommé, donc, non seulement pour ceux que l’histoire intéresse mais aussi pour tous les enseignants, les éducateurs, en activité comme en formation. Les programmes Darcos ne doivent pas passer : Suzanne Citron nous explique pourquoi.

Suzanne CITRON, Le mythe national, l’histoire de France revisitée, Les Editions de l’Atelier, mars 2008.

Posté par Lubin à 22:27 - Mémoire et histoire à l'école - Commentaires [36] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

France métissée

Quelle est cette curieuse attitude contemporaine répandue chez certains idéologues de voir du métissage partout et d'en faire l'apologie?
Pourquoi devrions-nous "métisser" les contenus si certains français ne veulent pas, eux, se métisser?

Posté par Christophe, 25 mars 2008 à 15:27

sous couvert de tolérance

c'est une vision racialiste des contenus (et in fine de la société) que nous propose S. Citron.
histoire de l'afrique pour les noirs, histoire du maghreb pour les maghrébins... Interdiction de les emmener au musée admirer Velasquez, Titien ou Chagall car "ce n'est pas leur culture".

au final : la "culture bourgeoise" pour les bourgeois, la sous-culture télé pour les classes populaires, MTV black pour les blacks, apartheid des goûts et des couleurs, marketing ethnique, séparatisme, essentialisme... rassurez-vous, on y est déjà !!! Mais c'est tellement mieux que l'universalisme républicain, l'humanisme et ses exigences intolérables... merci Suzanne Citron et ses amis !!!

Posté par tartempion, 25 mars 2008 à 15:40

C'est reparti

Rien à voir mais : le professeur du collège Gilles de Chin à Berlaimont a annoncé refuser la CRPC et demander un vrai procès... et le corporatisme enseignant de battre son plein, et les gens d'avoir à nouveau leurs réactions haineuses envers ce pauvre gamin - dont on appprend qu'il a été forcé à changer d'établissement. Désespérant. Heureusement qu'il existe encore des enseignants comme vous, qui ont le courage de ne pas prendre le parti du corporatisme, mais celui de la défense des enfants victimes de maltraîtance. Quand je pense à la haine nationale qu'endure cet enfant, et au soutien que reçoit son bourreau, j'ai la rage, et j'ai honte d'être français.

Posté par Samuel, 25 mars 2008 à 17:55

maltraitance lol

une baffe, une maltraitance ? et un pétard mamouth, c'est la bombe à Neutron aussi ?

qui a la haine contre cet enfant ? nulle part, dans nul média on n'accuse le môme de quoi que ce soit.

vous avez honte d'être français ? quel rapport ? il n'y a bien sur pas de violences scolaires nulle part ailleurs dans le Monde... vous préféreriez etre dans le lycée colombine aux USA, A erefurt en allemagne, à Beslan en Russie ???

bizarre, mais avant les lubies pédago, il n'y avait pas de tueries au fusil mitrailleur, dans les écoles américaines... que faut-il en conclure ? vous voyez, moi aussi je peux faire des raccourcis odieux...

Posté par tartempion, 25 mars 2008 à 18:13

Qu'appelez-vous....

des "lubies pédagos" ?

Posté par Théo, 25 mars 2008 à 18:42

Vous n'avez pas tout suivi

Vous n'avez pas dû bien suivre, tartempion. Sinon, vous sauriez qu'il ne s'agissait pas d'une baffe. Je vous cite le procureur in extenso :

« Il ne s’agit pas du tout d’une simple gifle, mais bien d’une vraie scène de violence longue de 1 minute qui dépasse largement les bornes. La classe entière a été choquée par ce qui s’est passé, et ce sont deux élèves traumatisées qui, à la fin du cours, se sont rendues à l’infirmerie pour raconter ce à quoi elles venaient d’assister.
A aucun moment le professeur n’a demandé à l’élève de débarrasser son bureau. L’enseignant a tout renversé sans un mot et c’est alors que l’élève de 11 ans, qui en paraît 8 physiquement, lui a demandé pourquoi il avait fait cela. Le professeur l’a saisi par le col et poussé contre le mur, l’enfant l’a insulté, la gifle est partie. Le professeur a ensuite traîné l’élève en larmes, qui ne touchait pas terre, jusqu’à son bureau, puis dans une salle attenante où il a exigé des excuses qu’il a obtenues avant de ramener l’enfant dans la classe en lançant que la parenthèse était refermée et que personne ne devait parler de ce qui s’était passé… »

Osez me dire, maintenant, que vous êtes solidaire de l'auteur de ces actes.

Pour votre information, les américains sont plutôt moins pédagos que nous : Le lycée de Columbine se situe dans le Colorado, qui est un Etat des Etats-Unis qui autorise les châtiments corporels sur les élèves. Et vous devez savoir que là-bas, ce n'est pas la main nue qu'on utilise, mais une palette de bois, qui laisse régulièrement des hématomes. Cela dit, je ne m'aventurerais pas à établir un lien de cause à effet entre la méthode du "paddling" et la tuerie de Columbine : tout porte à croire que la souffrance des gamins qui ont commis cet acte était beaucoup plus profonde et n'est pas imputable à des professeurs qui se seraient montrés violents envers ces élèves. Voyez, je sais rester objectif. Mais je voulais remettre les choses dans leur contexte : Les Etats-Unis ne sont pas un bon exemple de pays "pédago".


Si vous vous passionnez pour les pays "pédagos" toutefois, je vous invite, en revanche, à vous intéresser à la façon dont on éduque les enfants en Suède. Et à comparer leur taux de délinquance dans les établissements scolaires par rapport à la nôtre.

Je vais vous y aider : lever la main sur un enfant est illégal là-bas et ce depuis 1979. Les parents respectent largement cette loi, bien que la société suédoise ne soit pas très procédurière envers les familles pour une simple giffle (on vous regardera juste avec des yeux ébahis et choqués si vous le faites en public), mais un professeur qui se risquerait à frapper un élève endurerait une mise à pied illico-presto et avec le soutien de 90% de la population au minimum.

Quant à la délinquence juvénile, elle est, disons, à faire pleurer... de jalousie. Dans ce pays qui a pourtant ouvert grand les vannes de l'immigration massive (Somaliens, Yougoslaves) et qui a donc des populations assez pauvres, du chômage et tout et tout (ils sont à 5-6%, on est à 8-9% : la différence n'est pas monumentale), il est inimaginable qu'un élève frappe un professeur. Et je vais même plus loin en vous citant un cas, concret même.
Collège Berga, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Stockholm : un collège moyen de la banlieue de Stockholm. Année scolaire 2006-2007. Nombre de violences physiques à professeur : zéro. Nombre de violences physiques entre élèves : une. Une seule dans toute l'année. Et ça, c'est pas des chiffres officiels : c'est des témoignages d'insiders, français expatriés.

Le jour où vous pourrez me citer UN SEUL collège public français qui a ce bilan, vous pourrez donner des leçons aux pays qui ont fait le pari des "pédagos" il y a 30 ans de cela déjà, et qui s'en trouvent ravis. En attendant, contentez-vous de reconnaitre que si un homme d'un demi-mètre de plus que vous s'amusait à vous plaquer sans raison contre un mur, vous seriez vous aussi tenté d'être grossier.

Posté par Samuel, 25 mars 2008 à 18:49

Nous sommes tous des métis

Pour revenir au "Mythe national" (sur Berlaimont et son prof, il vaut mieux laisser son commentaire à la suite du message du 25/03 ci-dessus), on peut lire sur le site du CVUH un très bon article de Laurence De Cock-Pierrepont : "Nicolas Sarkozy, nouvel Instituteur National d'une école policée".
http://cvuh.free.fr/spip.php?article160
"Si certains Français ne veulent pas se métisser", comme le prétend Christophe, si ces Français en question prétendent descendre exclusivement d'un croisement de Charles Martel et de Jeanne d'Arc, c'est leur droit. Dans le cas qui nous intéresse ici (l'histoire à l'école), ce qu'on refuse, c'est le fait d'imposer à toute une population dont les origines sont diverses, multiples, métissées, une histoire qui n'est pas la sienne.

Comme Tartempion semble vraiment mal connaître Suzanne Citron , je lui conseille la lecture des souvenirs qu'elle a publiés en 2003 : "Mes lignes de démarcation" (Syllepse). Vous nous direz peut-être alors, Tartempion, où vous avez trouvé trace de "racialisme" dans les "croyances, utopies, engagements", de Suzanne Citron.

Posté par Lubin, 25 mars 2008 à 19:24

le mythe du métissage

Dans ce pays ont vécu avant nous des gens comme Jeanne d'Arc et Charles Martel, dont le rôle historique a été important, entre plein d'autres.
Bien qu'il serait idiot d'en faire nos ancêtres au sens strict, ils sont importants pour comprendre ce pays, car grâce à l'action de la première nous ne sommes pas devenus anglais, et grâce au second nous ne sommes pas devenus musulmans. Je n'ai rien contre les anglais ni les musulmans, mais l'histoire a fait que nous n'avons pas entamé une autre route à ces moments de l'histoire.

L'étude de l'Histoire n'a pas à se conformer aux goûts des élèves, mais à contribuer à leur culture générale, et à la connaissance du pays où ils vivent. Que ce soit pour l'histoire ou n'importe quelle autre matière, il faut parfois prendre un peu sur soi et travailler, c'est à dire peiner un peu, pour apprendre, même si l'un des objectifs des enseignants est de donner envie de travailler.

Et puis si ça ne leur plait pas d'étudier ces époques c'est peut-être que vous êtes ennuyeux ; c'est surement une question de pédagogie, pas de sujet.

Pourquoi l'école n'apprendrait-elle pas le créationnisme aussi, en raison du respect des appartenances religieuses de certains élèves très chrétiens?
Et sinon, pourquoi ne pas se métisser encore plus en société? pourquoi ne pas autoriser la polygamie? ça ne fera de mal à personne et ça reste de la sphère privée. après tout respectons les différences de ceux qui n'ont pas d'ancêtres ici et dont ces pratiques étaient familières.


STOP A VOS BETISES !!!

Posté par Christophe, 25 mars 2008 à 22:06

encore

Je décrète qu'apprendre la langue française est oppressant pour une partie des habitants de ce pays qui sont métissés, dont les ancêtres ne parlaient pas le français, donc qui n'ont forcément pas envie de l'apprendre parce qu'ils ne se reconnaissent pas dans cette langue.

Posté par Christophe, 25 mars 2008 à 23:58

pas mal Christophe

Je souscris à 100% à vos propos.

De manière générale, vivre est oppressant pour beaucoup de monde. Et faute de moyens, il n'y a pas 1 psychologue en soutien par personne ! C'est un scandale. La solution de Lubin et de S. Citron, c'est de supprimer le passé, la civilisation, l'histoire, la vie, ces lieux réactionnaires, moins évolués que nous, blogueurs pacifistes téléramesques, et emplis de rapports dominants-dominés.

Posté par tartempion, 26 mars 2008 à 10:35

Sauf que...

"Dans ce pays ont vécu avant nous des gens comme Jeanne d'Arc et Charles Martel..."
Sauf que "ce pays" n'était pas la France puisque la France n'existait pas.
Sauf qu'au temps de Jeanne d'Arc et de Charles Martel vivaient à côté d'eux des millions de gens dont l'histoire est aussi intéressante que la leur et souvent même davantage. L'histoire de Jeanne d'Arc et de Charles Martel n'est rien d'autre que l'histoire de Jeanne d'Arc et de Charles Martel ; ce n'est pas la mienne ni celle des 64 millions de personnes qui vivent en France aujourd'hui.

Posté par Lubin, 26 mars 2008 à 12:01

lubin individualiste forcené

certes, l'histoire de Napoléon n'est pas la mienne, pour autant elle est utile pour comprendre la suite et l'histoire de toute l'Europe...

mais si vous voulez Lubin, faites appel à un généalogiste pour faire la glorieuse histoire de votre famille et fichez la paix aux VRAIS profs d'histoire.

Posté par tartempion, 26 mars 2008 à 13:31

On est bien avancés...

"L'histoire de Jeanne d'Arc et de Charles Martel n'est rien d'autre que l'histoire de Jeanne d'Arc et de Charles Martel ; ce n'est pas la mienne ni celle des 64 millions de personnes qui vivent en France aujourd'hui."
A ce compte-là, effectivement, on peit renoncer à l'enseignement de l'histoire dans ce pays. Visiblement, certains ont déjà commencé.

Posté par Meles, 26 mars 2008 à 13:35

cons(ternant)

à tous ceux qui écrivent ici sans prendre la peine de s'informer, je leur conseille la lecture de l'autobiographie de Suzanne "mes lignes de démarcation". ça leur évitera d'écrire des conneries aussi grosses.
du genre Suzanne Citron souhaite supprimer l'histoire ou son enseignement !
un minimum de connaissances sur ses engagements passés et présents, sur les épreuves qu'elle a pu endurer entre 40 et 44 ... leur éviterait de passer une fois de plus pour des polémistes tout juste dignes des émissions matinales de la télé française

Posté par lofi, 26 mars 2008 à 14:12

Leymergie et Cie

l'émission du matin de William Leymergie est l'honneur du service public français, Lofi ! Pourquoi vous dénigrez ? me dites pas que vous, "prof de gauche", préférez la matinale bobo-inculte-branchouille de Canal Plus !

Posté par tartempion, 26 mars 2008 à 14:51

Explication de texte

"du genre Suzanne Citron souhaite supprimer l'histoire ou son enseignement !"
Je rappelle ici simplement que, si on lit mon commentaire, je réagis à une remarque - à mon sens ahurissante - de Lubin, pas de S. Citron.
D'autre part, il me semble passablement gonflé de reprocher à d'autres de ne pas avoir lu tel ou tel auteur quand on se contente de ne connaître tel ou tel autre auteur que par ouï-dire, ou en seconde main. Et traiter ses contradicteurs de polémistes à la petite semaine est particulièrement savoureux quand on n'est pas capable soi-même d'analyser correctement -ou du moins, avec le minimum d'objectivité souhaitable- le premier article de Wikipedia venu...
Enfin... l'essentiel, n'est-ce pas, c'est de donner de bonnes leçons, façon instit' IIIème république qu'on fait mine d'exécrer, à ceux qui ont le tort d'être d'un avis différent, en assénant au passage force arguments d'autorité. Chassez le naturel...

Posté par Meles, 26 mars 2008 à 23:37

moi je

Si meles est contre "l'élève au centre du système", il a tendance à appliquer un "meles au centre du monde".
Savez-vous que vous n'êtes pas le seul à laisser des commentaires ici ?

sinon content d'apprender que vous approuvez ce qu'écrit Suzanne Citron ...

Posté par lofi, 27 mars 2008 à 09:28

Explication de texte 2

"Si meles est contre "l'élève au centre du système", il a tendance à appliquer un "meles au centre du monde"."
Non point; mais, allez savoir pourquoi, dès que je lis "polémiste" sous votre plume, je me sens visé (remarquez que quand je lis "26", je me marre). IL est vrai que la caractéristique principale d'un "polémiste", à vos yeux, c'est de ne pas être d'accord avec VOTRE opinion (Lofi au centre du monde? Vous voyez, celle-là aussi on peut la faire...)
Quant à votre dernière phrase: comment dire? Ce n'est pas parce qu'on ne parle pas de quelque chose qu'on l'approuve forcément. Et vouloir prêter à toute force aux autres des idées qui ne sont pas les leurs, c'est soit un peu malhonnête, soit franchement puéril, au choix.

Posté par Meles, 27 mars 2008 à 09:49

moi je 2

Le polémiste c'est celui qui est toujours contre sans chercher à comprendre. C'est ce qui vous sépare en effet d'un Victor ou d'un tartempion qui ont déjà ici ou ailleurs rejoint à plusieurs reprises ce que Lubin ou moi avons pu écrire - malgré ce qui peut nous séparer sur d'autres questions.

Finalement, votre remarque était donc aussi pour S. Citron. Le commentaire précédent était donc aussi pour vous dans ces conditions !

Au fait qui est donneur de leçon ? qui se pose en maître par rapport aux autres ? "explication de texte" / "pas capable d'analyser correctement un article" ... Le maître Meles ne donne pas une bonne note à l'élève Lofi !

Posté par lofi, 27 mars 2008 à 10:05

26, le retour

"Le polémiste c'est celui qui est toujours contre sans chercher à comprendre. C'est ce qui vous sépare en effet d'un Victor ou d'un tartempion qui ont déjà ici ou ailleurs rejoint à plusieurs reprises ce que Lubin ou moi avons pu écrire - malgré ce qui peut nous séparer sur d'autres questions." Affirmation totalement gratuite, et qui ne vous sert, comme d'habitude qu'à faire une énième typologie entre "bons" et "méchants". Pour le reste, je ne me pose pas en "maître", je constate simplement, non sans amusement, que vous retombez plus souvent qu'à votre tour dans les travers que vous jugez intolérables chez les AUTRES. C'est embêtant, ce côté "maître", quand on prétend l'abhorrer, non? Et d'ailleurs, si je devais vous mettre une note, elle ne serait pas si mauvaise que cela; disons (au hasard, hein?): 26...

Posté par Meles, 27 mars 2008 à 10:18

ah bon ?

je crois me souvenir effectivement d'avoir pu un moment être d'accord avec Lofi (je ne sais plus sur quoi, par contre...) mais je ne me souviens guère avoir pu rejoindre Lubin à un moment sur quoi que ce soit, tant il concentre tout ce qui a le don de m'énerver : bonne conscience, exigences et indignations à géométrie variable, postures victimaires ou rebelles qui ne mangent pas de pain, jugements du passé avec les valeurs d'aujourd'hui, haine de soi et des autres, j'en passe et de moins reluisantes...

Posté par tartempion, 27 mars 2008 à 11:11

pour recentrer sur le sujet

Je suis assurément effrayé par la vision de Lubin, et j'espère sincèrement qu'il n'y en a pas beaucoup qui pensent comme vous dans l'Education Nationale (oh pardon, pas Nationale, "Métissée" vous convient mieux, n'est-ce pas?). J'ajoute donc un petit complément mes messages précédents.

Les conséquences qui découlent de votre vision sont condamnables à plus d'un titre:

- à quoi bon la notion d'héritages culturels? l'Antiquité, le Moyen-âge et l'époque moderne n'ont rien laissé d'important dans la France d'aujourd'hui, si on adopte votre raisonnement.

- à quoi bon la notion de patrimoine? là encore, si vous formez les élèves comme vous pensez, il y aura peu de chances de trouver parmi eux des gens qui seront sensibles à la préservation du patrimoine, notamment architectural, alors rangé au rang de vieillerie inutile à la France "métissée" actuelle. Peut-être que pour vous il n'y a aucun intérêt à leur faire visiter un château médiéval, ou leur expliquer un tableau de Delacroix.

- alors à quoi bon investir dans les subventions aux musées par exemple? le Louvre est peut-être le seul qui trouvera grâce à vos yeux : en effet selon la façon dont sont métissés vos élèves, lorsque vous les y emmenerez vous les répartirez dans les différentes sections du musée selon leurs origines supposées.

j'aimerais quand même savoir :
- Vous leur apprenez quoi à vos élèves?

Et puis question subsidiaire, au cas où votre vision se concrétise dans vos cours :

- Croyez-vous que vous rendez service à vos élèves pour la suite de leurs études et de leur formation, et leur culture générale?

Posté par Chritophe, 28 mars 2008 à 16:22

La culture contre les frontières

Manifestement, Christophe n'a dû que survoler les messages de la catégorie "Mémoire et histoire à l'école".
L'"héritage culturel...le patrimoine...les musées etc" n'existeraient que dans le cadre national ? L'art de Versailles est italien, tout comme Chambord inspiré par Léonard de Vinci. Pour le Moyen Age, il faut lire ou relire "Le Moyen age fantastique" où l'historien de l'art Jurgis Baltrusaitis montrait les "antiquités et exotismes" à l'oeuvre dans l'art gothique. Jamais, à aucun moment de l'histoire, les hommes n'ont cessé de circuler et, si l'on en croit les paléontologues, nous sommes d'ailleurs tous des Africains. L'histoire de l'homme et de ses oeuvres, c'est quand même - surtout pour un prof d'histoire soucieux de ses élèves - autre chose que l'histoire de Clovis ou les mésaventures de Jeanne d'Arc.

Posté par Lubin, 28 mars 2008 à 19:55

Histoire universelle...

Je ne conteste pas les exemple que vous donnez (par exemple pour l'influence italienne à Versailles) ni le fait que les civilisations se soient influencées, mais je trouve que votre discours ressemble à du "deux poids, deux mesures", c'est à dire que vous reconnaissez plus facilement ce qui est italien ou d'ailleurs que ce qui a pu émerger dans ce pays.

L'Histoire que vous plébiscitez n'est rien d'autre qu'une Histoire universelle, qui est à mon sens encore plus un mythe que celle que vous qualifiez de "nationale".

Posté par Chritophe, 28 mars 2008 à 20:15

mea culpa pour les petites fautes que j'ai laissé filer, faute de relecture.

Posté par Christophe, 28 mars 2008 à 20:17

Je reste en outre convaincu que votre point de vue sur l'enseignement de l'histoire selon vous inadapté à la France métissée d'aujourd'hui est dangereux et peut faire le lit du communautarisme.
Vous avez aussi du mal à saisir, je pense, en quoi le territoire peut être porteur d'identité. La raison que vous invoquez pour ne plus étudier les archétypes des personnages historiques qui ont contribué à former ce qui deviendra la France, raison qui est l'identité présumée métissée de la France d'aujourd'hui, peut engendrer toutes les dérives : je mets sur un pied d'égalité la connaissance la consolidation du royaume des Francs avec Clovis (sans en faire une légende)et la DDHC de 1789.
Si l'on commence à considérer que certains élèves qui n'ont pas leurs racines en France par exemple sont malmenés par ces objets d'étude parce que ça ne correspond pas au passé de leurs ancêtres, alors à mon avis la démocratie va changer de nature et connaître des dérives. Cette vision que je trouve encore plus ethnocentriste que celle que vous critiquez dans l'enseignement actuel risque de créer à mon sens de nouvelles divisions à l'intérieur de la société, et non au contraire ouvrir les esprits et les rendre tolérants.

Je préfère l'équilibre actuel, entre histoire nationale et ouverture au monde.

Posté par Christophe, 28 mars 2008 à 20:35

Das racines légumières

"...certains élèves qui n'ont pas leurs racines en France..." ???
A ma connaissance, les pommes de terre ont des racines mais pas les êtres humains. C'est justement ce qui différencie les êtres humains des pommes de terre.
Pour ce qui est du "communautarisme", on attend toujours une définition : si ne pas manger de porc est une forme de communautarisme, est-ce que le Pernod-Ricard de midi n'est pas une autre forme de communautarisme ?

Posté par Lubin, 28 mars 2008 à 21:05

Sacré Lubin

Votre réponse sent la fatigue ou la mauvaise foi ; Définir le communautarisme ne me semble pas plus nécessaire qu'il ne vous a paru nécessaire de définir le métissage et de caractériser les métissages qui caractérisent la France d'aujourd'hui, de votre point de vue.

Posté par Christophe, 28 mars 2008 à 21:12

je vais vous le dire Lubin

le communautarisme, ce n'est pas "ne pas manger de porc", c'est estimer que le reste de la société ne devrait même pas "nous offenser" en offrant entre autres du porc à la cantine.

Du reste, personne ne s'est jamais fait casser la figure car surpris à boire du Pernod quand tout le quartier est en train de jeuner pour d'obscures raisons religieuses. alors que ne pas faire ramadan quand on s'appelle Nabil et qu'on vit dans certains coins de Trappes, c'est courir le risque d'être rejeté de la "communauté"... C'est arrivé, et c'est ça, précisément, le communautarisme.

Posté par tartempion, 28 mars 2008 à 23:15

a vous lire de plus,

et là je rejoins Christophe, tous les peuples du monde, toutes les nations, ont apporté quelque chose, on quelque qualité (les italiens, etc...)
SAUF, comme par hasard, les français. Un tel degré de haine de soi relève de la psychanalyse. D'ailleurs, de votre propre aveu, ce blog fait un peu office d'analyse.

Posté par tartempion, 28 mars 2008 à 23:18

???

"L'art de Versailles est italien"
Certes, mais ça veut dire quoi, être italien? Etre français, c'est de l'ordre de l'ineffable, mais pas être italien? On ne serait pas dans l'aporie, là?

Posté par Meles, 28 mars 2008 à 23:22

Louis XIV en centre de rétention ?

L'art italien est d'autant moins national qu'à l'époque de Louis XIV l'Italie n'était pas constituée en tant que nation. A propos de Louis XIV, il n'est peut-être pas inutile de rappeler que, de mère espagnole, il était donc métis. A la mort de son père, s'il avait vécu de nos jours, Hortefeux l'aurait sans doute fait jeter en centre de rétention.

Posté par Lubin, 29 mars 2008 à 10:41

"L'art italien est d'autant moins national qu'à l'époque de Louis XIV l'Italie n'était pas constituée en tant que nation"
C'est bien ce que je disais: on est dans l'aporie: parler dans ce cas d'"art italien", n'est-ce pas alors de l'abus de langage?
"A propos de Louis XIV, il n'est peut-être pas inutile de rappeler que, de mère espagnole, il était donc métis. A la mort de son père, s'il avait vécu de nos jours, Hortefeux l'aurait sans doute fait jeter en centre de rétention." Remarque totalement anachronique, et d'autant plus idiote que Sarkozy est de père hongrois.

Posté par Meles, 29 mars 2008 à 10:55

A Lubin l'orphelin

Sachez cher Lubin que tout le monde a des racines, qu'elles soient biologiques, culturelles ou territoriales. Après si vous pensez être sorti de la cuisse de Jupiter, c'est votre problème.
Même votre façon de penser, aussi malheureuse soit-elle, vous l'avez empruntée à d'autres (ex:Suzanne Citron) soit pour étayer vos idées soit parce que vous n'êtes pas d'accord et avez du développer des argumentations différentes. Un peu de modestie ne vous ferait pas de mal.

Quand au communautarisme, je pense que tous les débats sur le voile et le rapport Obin (pour une fois qu'un officiel admet qu'il y a des problèmes dans certains établissements, même si c'est dit du bout des lèvres) ont permis d'avoir un nombre satisfaisant de contributions là dessus.

Posté par Christophe, 31 mars 2008 à 20:41

Oh ben dis donc

Bof, le rapport Obin, ça commence à faire déjà un peu loin, un peu comme Mai 68. Et d'ailleurs, le rapport Obin, moi, ce que j'en pense...
http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2006/10/21/les-carences-du-rapport-obin.html PS : non, je ne suis pas plus le fils spirituel de Jean Baubérot que de Suzanne Citron.

Posté par Lubin, 31 mars 2008 à 21:13

Fichtre

Ah oui c'est vrai que les choses anciennes ça vous gêne, mais alors dans ce cas là on peut en dire au moins autant du bouquin de Mme Citron dont vous nous parlez.

Posté par Christophe, 01 avril 2008 à 01:29

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