31 mars 2008
Pétition contre les programmes Darcos
Enseignants, éducateurs, mouvements pédagogiques, parents, syndicalistes, ils lancent un appel à Darcos pour qu’il retire son projet de programme pour le primaire. Une pétition que chacun peut signer en ligne, toutes affaires cessantes.
« Monsieur le Ministre,
Nous voulons une école plus juste, dont les finalités et les contenus soient compris et partagés par tous. Nous sommes persuadés que l’école peut et doit faire réussir tous les élèves, et que pour cela, elle doit se transformer.
Votre projet de programmes est marqué par l’inadaptation des contenus, par un affaiblissement de leur dimension culturelle et par une conception mécaniste des apprentissages.
Loin d’être « plus ambitieux », comme vous l’annonciez, il marque un appauvrissement sans précédent des apprentissages et des objectifs, à commencer par la lecture et l’écriture. Face à un tel renoncement sur l’essentiel, l’introduction de nouveaux contenus dans d’autres matières apparaît comme un affichage qui accroît l’incohérence de l’ensemble.
Loin de contribuer à la réussite de tous les élèves, il pénalisera de fait ceux qui ont le plus besoin d’école. Il ne favorisera pas la maîtrise de l'ensemble des connaissances et des compétences que l'école se doit de faire acquérir à tous les élèves. Il tourne le dos à l’ambition des programmes de 2002 qui était de doter tous les élèves des outils nécessaires pour réussir au collège.
Nous réaffirmons avec force que les apprentissages fondamentaux que vise l’école primaire s’appuient sur un travail de l’élève dans lequel la recherche, la découverte et l’expérimentation s’allient nécessairement à la rigueur, à la structuration des connaissances et à la mémorisation.
Nous vous demandons, Monsieur le ministre, de suspendre votre projet et de tenir compte de l'avis des personnels et des partenaires de l'Education afin d’en revoir profondément la conception et la rédaction. »
Commentaires
Darcos comme l'ensemble du gouvernement actuel semble croire que ce qui se faisait dans le passé était (forcément) bien et qu'il ne fallait pas le changer, mais c'est le passé que l'on ne peut pas changer !
ah ?
"Il tourne le dos à l’ambition des programmes de 2002 qui était de doter tous les élèves des outils nécessaires pour réussir au collège."
ah bon ? c'est pour cela que certains brulaient les livres-programmes de Ferry ? parce qu'ils devaient doter tous les élèves des outils nécessaires ? A moins que ce n'étaient les programmes d'Allègre ? celui qui a réussit à détourner les enseignants du PS (cf 21 avril de la même année)
Ce gouvernement est fou, il prend en otage tous les éducateurs, les profs et les élèves par dessus le marché. Je n'ai qu'une enfant et ne veut pas la laisser dans ce brouhaha intempestif, je vous choque si je vous dis que l'année prochaine je l'ai inscrite dans le privé pour être sûre qu'elle ait une scolarité normale ?Le collège public, a deux profs non remplacés depuis octobre 2007, trouvez vous cela normal ? C'est regrettable car j'étais pour l'enseignement public, les enfants ne sont pas des coabyes avec lesquels on peut se permettre de jouer, la vie est dure où que l'on soit, la volonté du gouvernement de pourrir le système éducative est inconcevable, ne pas remplacer les profs manquant, ne pas titualriser des stagiaires, une éducation scolaire à deux vitesses comme la santé, je dénonce je me bats mais je préserve mon enfant.
La France va mal on avait les meilleurs services publics, sans eux tout va mal aujourd'hui, et ce n'est que le début. Faut il pour cela que les mômes paient les bêtises des derniers gouvernements ??
Privé/public
Il faut quand même dire que l'enseignement privé (sous contrat) fonctionne sur les mêmes bases que l'enseignement public et qu'il est touché de la même façon par les suppressions de poste (peut-être même davantage). Simplement, on en parle moins...
Cherchez l'erreur
Samedi 29 mars, nous nous sommes réunis dans notre école primaire, mes collègues et moi.
Nous n'avons pas accueilli nos élèves.
C'est qu'il y avait plus urgent et plus important : nous devions analyser (cautionner)les programmes 2008 et faire remonter le jour même nos observations.
Tout à coup, le collègue de CE1 nous a montré le fichier de maths qu'il venait de recevoir (au printemps, les éditeurs nous envoient traditionnellement leurs spécimens) : celui-ci portait la mention "programmes de 2008".
Une farce ?
Mais ce matin, je lis sur le site du Café que les collègues qui ont besoin de renouveler leurs manuels de français pourront le faire avec un ouvrage de... Bentolila ! Comme par hasard !
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2008/04/02042008Accueil.aspx
http://www.nathan.fr/catalogue/catalogue_detail_enseignants.asp?ean13=9782091217437
Tout est dit.
Mais ce déploiement d'énergie est-il bien utile ?
Nous avons, dans la réserve de notre école, des collections de manuels des années 1950-60, que nous allons pouvoir ressortir. Des économies qui vont nous permettre de nous acheter des collections de méthodes Boscher, de Bled, de plumes Sergent Major, ainsi que les annales du certificat d'études 1924 à 1935, sans oublier les blouses grises, il paraît que Dior et Coco Chanel en proposent du dernier chic.
C'était bien
Notez la présence des "munitions" sur le bureau
http://chatelus.planet-allier.com/images/Bureaumaitre.jpg
au moins vous aurez des résultats
"Des économies qui vont nous permettre de nous acheter des collections de méthodes Boscher, de Bled"
faites le ! ca marche ! que ce soit "vieux" ou "moderne" on s'en fout ! soyez pragmatique et pas idéologique :)
Conclusion
Ma conclusion était que les programmes Darcos et ceux qui y croient n'avaient déjà guère de crédibilité, mais alors là...
Le coup de pied de l'âne ?
Pédagoland est en émoi ; voilà-t-y pas que l'adversaire utilise les méthodes du club pédagogiste et prive les Charmeux, Grandaty, Defrance et autres millionnaires de l'édition scolaire de leur manne habituelle !
Visez au portefeuille et la pédagocratie sonne la charge !
de l'âne au parasite
Victor,
je ne pense pas que les 11000 signataires (que Brighelli qualifie de parasites) soient tous auteurs de manuels !
mais plutôt des gens de terrain conscient du danger de décisions idéologiques et réactionnaires.
Correction...
... qui s'impose: les "parasites" dont parle Brighelli dans son post sont les 19 signataires originels de la pétition. Ensuite, évidemment que les autres signataires ne sont pas forcément "intéressés" financièrement. Il n'empêche que ce ne doit vraiment pas être la première fois que des manuels scolaires conformes aux tous nouveaux programmes apparaissent avant même que lesdits programmes soient officiellement promulgués.
correction
Je cite :
"La liste des signataires a ceci de précieux qu'elle nous donne, à nous qui œuvrons pour la rénovation de l'Ecole, la liste des parasites."
La suite des propos tenus, j'y reviendrai, confirme qu'il s'agit bien des signataires dans leur ensemble.
Re- correction
"Guy Morel m'a proposé un joli texte, sérieux, historique, et succinct, en réponse aux calomnies de ces 19 signataires" écrit précisément Brighelli. On savait Lofi fâché avec les chiffres, dès lors qu'il s'agit de Brighelli. On en a la confirmation.
Parasite ministériel
Pour ce qui est des "parasites", on se demande encore comment, avec toutes ses obligations ministérielles, Brighelli peut encore trouver le temps d'enseigner.
http://www.education.gouv.fr/cid21135/xavier-darcos-au-salon-du-livre-2008.html
"Pour ce qui est des "parasites", on se demande encore comment, avec toutes ses obligations ministérielles, Brighelli peut encore trouver le temps d'enseigner"
Il est vrai que Meirieu n'a pas ce genre de problème...
Un escroc vice-ministre de l'EN
Les obligations ministérielles de Meirieu, par les temps qui courent, on aurait du mal à les trouver. On rappelle que l'an passé, Philippe Meirieu avait fait l'objet d'un rappel à l'ordre d'un obscur inspecteur d'académie pour avoir osé critiqué le ministre...le même ministre qui, peu de temps auparavant, avait, toutes affaires cessantes, réintégré Brighelli dans le jury du Capes. Ce type qui s'est toujours présenté comme un martyr est en réalité un imposteur qui a réussi, par son omniprésence médiatique, à s'imposer comme ministre-bis de l'Education nationale. Mais même en costard-cravate dans les bureaux de la rue de Grenelle, un escroc reste un escroc.
???
Je ne parlais pas des activités "ministérielles" actuelles de Meirieu, puisque bien évidemment, il n'en a pas; Dieu sait pourtant qu'il en a eu, et Dieu sait pourtant aussi qu'il passe son temps à se dédouaner lui même des conséquences qu'ont pu avoir ses actions passées. Il n'empêche qu'aujourd'hui comme avant, il est présent sur tous les fronts, et, que dans le genre polygraphe prospérant sur l'EN, il se pose un peu là tout de même. Simplement, il n'est pas de bon ton, ici -ou ailleurs- de l'oublier pudiquement, sous prétexte que lui défendrait exclusivement, dans le désordre, l'éducation, la pédagogie, les enfants.... Et pas ceux qui ne sont pas en accord avec lui, sans doute?
Quant à le traiter d'"escroc", c'est de votre responsabilité. Mais il faudrait alors cesser de pousser des cris d'orfraie à propos du blog de Brighelli sous prétexte qu'on n'y trouverait que des insultes ou des attaques ad hominem. Rappelons tout de même que l'"escroc" en question, lui, a derrière lui une réelle carrière comme prof du secondaire dans l'EN.
Au fait: si je suis bien, tous les inspecteurs sont "obscurs", sauf Frackowiak? C'est beau, le parti-pris...
il EST de bon ton, pardon
Un parangon sarkozien
Tenter un parallèle entre Meirieu et Brighelli me paraît effectivement mal venu : Meirieu est un intellectuel au sens noble du terme, et qui se revendique comme éducateur. Brighelli est un homme de spectacle, genre Tartarin, qui doit tout à la télé - comme Sarkozy, d'ailleurs - et dont la pensée est d'un vide abyssal.
Tartarin?
"Brighelli est un homme de spectacle, genre Tartarin, qui doit tout à la télé - comme Sarkozy, d'ailleurs - et dont la pensée est d'un vide abyssal"
Le parallèle n'est pas mal venu: Brighelli est avant tout Normalien et agrégé des lettres. S'il doit tout à à quelque chose, ce n'est pas à la télé, mais à l'EN. Comme Meirieu, d'ailleurs, mais celui-ci, hélas, pas exactement pour les mêmes raisons.
Question subsidiaire: un intellectuel "au sens noble du terme", c'est quelqu'un qui est cité élogieusement dans tous les numéros du Monde de l'Education?
c'est bien ce que je disais
...quand je parlais du vide abyssal de la pensée, ça n'excluait evidemment pas les Normaliens (avec un grand N, rien que ça) et les agrégés (seulement un petit a, c'est sûr ?)
La ficelle est grosse
Vous détournez mon propos. Je signalais simplement que votre assertion sur ce qui avait "fait" Brighelli était pour le moins outrée (n'oublions pas que Meirieu, lui, n'a pas eu l'ENS ou un concours d'enseignement, ce qui n'a rien de honteux en soi, mais peut permettre de comprendre certaines de ses orientations personnelles. N'oublions pas non plus que lui n'a plus charge d'élèves depuis pas mal de temps.)
Pour le reste, je ne me sens pas pour ma part apte à juger du caractère "abyssal" de la pensée d'untel ou d'un autre. Je constate simplement que dans le genre VRP de sa propre "pensée", Brighelli n'est encore qu'un amateur au regard de certains membres éminents de la "pensée" pédago.
re-re-correction
La phrase citée par Meles arrive bien après celle qualifiant LES signataires de parasites.
On savait Meles faché avec la rigueur et l'honnêteté dès lors qu'il s'agit de débattre. on en a la confirmation.
Et quand bien même cette comparaison ne s'adresserait qu'au 19 rédacteurs de la pétition, vous cautionnez ces propos ?
si c'est qu'au 19
oui, d'ailleurs il explique très bien ce sont 19 signataires présidents de trucmuches qui ne savent que râler pour préserver leurs petits postes...
16103
il y a 16013 signatures d'"imbéciles" "parasites" "à tuer" enregistrées depuis le 30 mars 2008
Correction, le retour
"On savait Meles faché avec la rigueur et l'honnêteté dès lors qu'il s'agit de débattre. on en a la confirmation." Dixit le Roi des chiffres, et du nombre de livres de Brighelli. En parlant d'honnêteté, soit vous lisez uniquement ce qui vous convient, soit elle vous manque encore une fois singulièrement, parce que, comme le souligne Tartempion, le texte est clair sur les personnes visées. Pour le reste, je n'ai pas à "cautionner" ou pas ces propos (vous reconnaîtrez cependant que ce n'est pas là le type de vocabulaire, ni de pensée dont je suis coutumier). Je constate simplement que Brighelli est dans la rodomontade par rapport à ceux qu'il juge être ses adversaires DIRECTS, et qu'il n'est pas, contrairement à ce que vous souhaitez faire entendre, dans le fantasme de l'extermination de tous les pédagos. IL me semble important de le souligner à nouveau, dans ce contexte où les pédagos se gargarisent de leur bonne foi en se faisant peur et en faisant croire à une future Saint-Barthélémy. Qu'on ait "les jetons", qu'on soit courroucé, je le conçois. Mais qu'on raconte n'importe quoi, juste parce que c'est Brigh' en face, non. Vous l'accusez d'argumenter sur des fantasmes, c'est possible, mais vous en faites au moins autant.
réponse d'un parasite imbécile et malhonnête
Meles :
- Combien de livres Brighelli a-t-il écrit ? C'était la question posée par victor - sans préciser quoique ce soit ! J'y ai répondu et je confirme ! La malhonnêteté consiste par la suite à faire croire qu'on parlait d'autres choses. Suffit de relire les propos initiaux !
- Je vous invite à lire les commentaires laissés sur le post de Brighelli vous y lirez un simple appel au meurtre ("Tuez les tous") que le maître des lieux à laisser passer. rodomontade là aussi ?
Non, je n'écris pas n'importe quoi.
Je n'ai pas les "jetons" non plus : suffit de voir le peu de soutien dans la profession aux décisions aberrantes de Darcos quand il suit les "populistes scolaires".
je peux comprendre par contre la déception des ces derniers car il s'imaginait représenter la quasi totalité des enseignants.
Titre discutable...
"Combien de livres Brighelli a-t-il écrit ? C'était la question posée par victor - sans préciser quoique ce soit ! J'y ai répondu et je confirme ! La malhonnêteté consiste par la suite à faire croire qu'on parlait d'autres choses. Suffit de relire les propos initiaux !"
Encore une fois, vous faites fi du contexte. J'avais précisé à l'époque que vous auriez mieux fait de cesser tout de suite de vous enferrer.
Le titre de votre commentaire est discutable, car il procède à mon sens du même procédé d'"auto- victimisation" que je trouvais problématique ci-dessus. Si ça peut vous faire plaisir: je ne vous considère (et j'avoue trouver quelque peu insultant que vous puissiez le penser) ni comme un parasite, ni comme un imbécile; malhonnête non plus, mais d'une mauvaise foi un peu ahurissante ces derniers temps, parce que celle-ci nuit, à mon sens, à vos argumentations.
Quant aux commentaires postés chez Brighelli: de toute façon, il est connu qu'il laisse tout passer. Ce n'est ni la première fois que vous vous en offusquez, ni la première fois que je pense que c'est son problème, et sa politique. Dans ce domaine, elle en vaut d'autres, après tout.
Une bien bonne !
Meirieu est un intellectuel au sens noble du terme, et qui se revendique comme éducateur. Brighelli est un homme de spectacle, genre Tartarin, qui doit tout à la télé - comme Sarkozy, d'ailleurs - et dont la pensée est d'un vide abyssal.
Posté par Lubin, 03 avril 2008
Je croyais Lubin totalement dépourvu d'humour mais après ça je confesse volontiers mon erreur !
Lu sur un forum Orange
Ecrit par : BAILLY françoise | 21 février 2008
Je suis professeur de lettres en collège depuis 25 ans déjà
... Issue d'une famille pauvre ( sortez vos mouchoirs, ça se
fait en Sarkozie), une de ces familles pour lesquelles,
comme me l'a dit un jour un principal délicat et éclairé "
l'accès à la fonction publique est la consécration suprême"
...Or je suis devenue enseignante à cause de mon
institutrice du CP, une "vieille" de 25 ans qui nous
traitait avec le mépris consacré de la science pour
l'ignorance ... nous étions coupables de ne pas savoir ce
qu'elle devait nous enseigner, nous étions stupides de ne
pas deviner ce qu'elle ne savait pas nous montrer, elle
envoyait volontiers valser les cahiers sous le tableau
lorsque les exercices n'étaient pas réussis... Plus tard en
1967, quand j'étais en 6° l'enseignante qui assurait le
français et l'anglais nous traitait régulièrement de bande
de crétins ... Cette école-là dans ma petite province pauvre
n'avait pas de BCD ni de CDI, elle se souciait fort peu des
élèves et encore moins de leurs familles, cette école-là ne
m'a rien appris sur moi-même ni sur les relations avec les
autres, rien appris sur le monde, cette école-là m'a fait
gratter de la copie, de la rédaction, des exercices de math,
elle m'a demandé des cartes de géographie à main levée et
pas fait entendre une seule note de musique, elle ne m'a
rien proposé qui eût d'autre sens que celui d'exécuter des
tâches répétitives sans "pratique raisonnée"... Mais cela
eût été sans doute bien inutile puisque l'école avait a
priori du sens pour les enfants dont les parents n'avaient
pu étudier ... De ma classe de 30 élèves en 6°, 5 ont eu le
bac ... Les autres ? Ailleurs ... Orientés vite fait ... Ils
n'avaient qu'à comprendre!!!
J'ai payé la facture en classe préparatoire, au contact de
jeunes gens et de jeunes filles issus de milieux sociaux
favorisés et initiés à des quantités de choses et de codes
que j'ignorais ... L'essentiel de ce qui est nécessaire pour
réussir dans notre société ne s'apprend pas par des
exercices systématiques, la conscience de soi ne se
construit pas avec des leçons de morale! Aujourd'hui le sens
de l'école mais surtout le sens du monde est sans cesse à
construire et à faire construire et nous avons à préparer
des enfants à être créatifs pour survivre sur une planète
bien amochée ...
Les enfants ne sont pas des maisons préfabriquées dans
lesquelles installer confortablement Sa Majesté le Savoir
... Les enfants résistent au savoir, ils nous le renvoient
dans la figure parce que c'est bien souvent leur seul moyen
d'expression, parce que les adultes qui les entourent sont
fragiles et fragilisés ... Il y a bien un problème avec
l'orthographe ... il y a bien un problème avec le
vocabulaire... il y a bien un problème avec TF1... il y a
bien un problème avec l'univers des jeux video qui
passionnent les adolescents autant que pouvaient passionner
autrefois les livres ou ... la chasse aux nids d'oiseaux !
Mais ces problèmes ne se résoudront pas à coups d'exercices
systématiques ... Depuis quand apprend-on la langue en
faisant des exercices de grammaire ? ( consultez les
spécialistes de FLE, affreux constructivistes s'il en fut
... )
En faisant des exercices de grammaire on apprend juste à
faire ... des exercices de grammaire. La pratique raisonnée
de la langue est précisément un moyen de faire connaître la
complexité du français et la formidable richesse de cet
outil qui échappe à la mise en coupe réglée des manuels de
grammaire (consultez l'ouvrage d'un dangereux grammairien
belge nommé Marc Wilmet qui analyse dans sa Grammaire
critique du français, les limites de l'étiquetage
traditionnel). On se prend encore et toujours à espérer d'un
ministre de l'éducation qu'il parle des livres, de la
lecture encore et toujours, de l'apprivoisement de tous les
codes ... de toute cette culture qui est naturellement
transmise dans les familles qui possèdent des livres, qui
emmènent leurs enfants au théätre et au cinéma, en vacances
etc.
L'école qui se redessine aujourd'hui est le fantôme de
l'école de pauvre que j'ai connue, ( j'ai tout à coup
l'impression d'avoir cent ans !) elle agite la menace du
collier que l'on serre un peu plus fort pour que le chien se
tienne tranquille. Nulle part je ne vois ni n'entends
l'ambition de former des hommes libres ... or nous étions en
train d'arriver au but ... oui nos élèves ont souvent une
mauvaise orthographe, oui ils sont souvent limités dans leur
expression par un vocabulaire manichéen ( on leur a volé
tant d'heures de français au collège ces dernières années,
avec les horaires planchers à 4h30 en 5° et 4h en 4° ... à
un âge où précisément ils ont besoin de mots pour leurs maux
... merci M. de R...) MAIS ils sont des personnes, ils sont
capables d'être de véritables interlocuteurs et pas des
cerveaux sur lesquels poser un entonnoir, ils ont des idées,
une culture restreinte à nos yeux mais que nous ne pouvons
ignorer ... Ils ont une relation au monde différente de
celle des adultes et l'évolution est de plus en plus rapide.
Cette crispation sur les " bonnes vieilles recettes" ne
serait-elle pas le réflexe delétère d'une génération
d'adultes qui n'assument pas leurs échecs, leur incapacité
créative, qui s'en remettent un peu facilement à de dociles
statistiques, à l'énarchie jargonnante ... Depuis que notre
prophète national a déclaré que Dieu est dans le coeur de
tout homme il n'y a plus qu'à attendre les miracles dont IL
voudra bien nous gratifier pour remédier aux désastres
sociaux qui accablent un grand nombre de personnes!
Assurément le million d'enfants français qui vivent dans la
misère trouvera son compte d'éducation dans la
différenciation entre l'adjectif qualificatif épithète et
l'adjectif qualificatif attribut ... Assurément ces
enfants-là s'en sortiront mieux après une leçon de morale
bien administrée qui leur aura rappelé fort opportunément
que toute personne est respectable et qu'il faut traiter son
prochain avec délicatesse. Assurément des enfants-là
pourront s'intégrer socialement après l'adoption d'un enfant
juif assassiné à Auschwitz. Comment ne pas voir l'immonde
tartufferie de ces pseudo réformes? Quelle dangereuse
ignorance du principe de réalité qui commande aux
responsables de l'éducation d'admettre que toute démarche
aboutie pédagogique est à reconsidérer, à revoir, à réviser
parce que dès lors qu'elle est opérationnelle elle s'avère
caduque pour la génération qui arrive !!! Quel manque
d'ambition sous couvert d'assurer les fondamentaux !!! Reste
à espérer ( l'espérance est une vertu théologale ) que les
enseignants seront plus généreux que leur hiérarchie ! et
qu'ils continueront à inventer au quotidien les solutions
aux problèmes que posent sans cesse les apprentissages dès
lors qu'on les aborde avec un souci de probité ... et non
dans la pensée magique des temps révolus et heureux qui
n'ont jamais existé où l'école fabriquait des jeunes gens au
mieux, timorés, au pire, écoeurés ...
Anne Bonnet
Associer comme ci-dessus, dans une même satire, l'enseignement de la grammaire et le retour aux saines traditions de la droite, voilà une belle saloperie.
Je ne sais pas vous mais moi, quand je travaillais la grammaire avec mes élèves, je n'oubliais JAMAIS deux choses :
- Que nous (oui, "nous" : eux et moi) étions en train de nous servir de notre intelligence. Chaque phrase à travailler était une situation particulière qui demandait deux choses : la connaissance de notions, une capacité à savoir lesquelles placer dans un contexte précis.
- Que nous allions mettre ces acquisitions au service de notre expression.
Bordel de merde, je suis non seulement prof (on l'est toute sa vie) mais aussi écrivain ! S'il y a bien quelqu'un qui croit que le plus important est la chair du texte, sa vie, ce qu'il donne à s'émouvoir et à concevoir (vous voyez, là je fais mon travail d'écrivain). Oui, mais ma musique, cette musique, je ne peux la créer, je ne peux la jouer que si je maîtrise le solfège, que si j'ai appris à jouer de mon instrument, les doigtés, tout ça !
Je suis un dingue de musique, je peux en écouter des heures, et de tout. Hélas, je ne peux pas en jouer :
"Je n'ai jamais sur me faire un complice de cet instrument royal (le piano). J'ai un vague souvenir de frère passant distrait, m'indiquant trois notes de rien et repartant découragé. Je suis pour toujours resté seul et triste face à mon destin de musicien sans doigts et sans oreille, mais avec une âme pour rêver en vain de l'impossible."
Tiré de mon premier livre.
Correction
Bon, je retire le mot "saloperie" : instinctivement, j'ai pris un ton agressif trop souvent utilisé ici.
Je refais la phrase :
"Associer comme ci-dessus, dans une même satire, l'enseignement de la grammaire et le retour aux saines traditions de la droite, voilà une grosse erreur."
Milexkuz !
Correction bis
"Je n'ai jamais sur me faire un complice de cet instrument royal (le piano). J'ai un vague souvenir de Frère passant distrait, m'indiquant trois notes de rien et repartant découragé. Je suis pour toujours resté seul et triste face à mon destin de musicien sans doigts et sans oreille, mais avec une âme pour rêver en vain de l'impossible."
Désolé, il fallait lire "Frère". La majuscule dédaignée par d'aucuns fait (toujours) sens : ici on parle de Frères enseignants, non de mes nombreux frères qui étaient bien loin, bien loin...
Lubin, s'il vous plaît, pourriez-vous paramétrer la fonction Aperçu, qui permet d'avoir une vision d'ensemble du texte à poster et de le corriger ?
Sauf si vous êtes de ceux qui pensent qu'on ne doit pas brimer la spontanéité des élèves par ces sottises qui s'appellent relire et corriger ;-) Tiens, c'est à Lofi que je vais aller dire ça : on dirait qu'il tape avec des moufles.
(Pas taper - sur moi -, Lofi, pas taper !)
La musique, justement
Personne n'a jamais prétendu qu'il ne fallait pas de grammaire. La question posée est de savoir quelle place lui donner et comment la pratiquer. Répéter des règles de grammaire ne suffit pas pour apprendre à s'exprimer. Et pourtant c'est bien cette optique que voudraient imposer les conservateurs. L'histoire de la musique et des musiciens montre que les plus grands d'entre eux ont commencé par la pratiquer avant d'en apprendre la théorie...
Mon pauvre blog
Avec la version gratuite et donc basique de Canalblog que j'utilise, il n'y a malheureusement pas de fonction "Aperçu". Lorsque l'on prévoit un commentaire un peu long, le mieux est encore d'en faire une copie par exemple sous Word avant de l'envoyer.
Et puis, vous le savez bien, les fautes de frappe, comme les fautes de grammaire ou d'orthographe, ça ne m'a jamais empêché de dormir...pourvu qu'il n'y en ait pas trop. De toutes manières, je ne me suis jamais permis la moindre critique sur le sujet à mes visiteurs. Pourtant je suis prof.
ménon
les "conservateurs" lubin, veullent faire les choses dans l'ordre : apprendre la grammaire et ENSUITE exprimer son point de vue de djeunez dans des rédactions, de l'expression libre, et plus tard dans les études des dissert...
avec Meirieu, la loi Jospin etc, aujourd'hui les grandes écoles sont obligées de redonner des cours de gram et ortho à des gens qui ont certes des idées, des opinions, des notions, mais n'arrivent pas à les exprimer.
Personne ne veut faire anonner quoi que ce soit, on demande juste à ce que les choses soient faites dans l'ordre !
Faire les choses dans l'ordre ?
"on demande juste à ce que les choses soient faites dans l'ordre"
On y avait pensé, figurez-vous.
L'ordre, ce pourrait être de pouvoir de nouveau obtenir l'aide des RASED (psys et enseignants spécialisés dans les rééducations) lorsqu'en maternelle et dès les premières années de l'école élémentaire, on constate que quelque chose ne passe pas avec un élève.
Je ne parle pas forcément de dispositifs lourds et complexes. Ce pourrait être un soutien ponctuel à l'élève de quelques semaines voire de quelques jours, une intervention immédiate et ciblée. Cela a existé.
Cela nécessiterait le retour de ces collègues dans nos écoles, d'où ils ont presque disparu...
Les pratiques récentes consistent plutôt, malgré nos signalements, à laisser pourrir la situation de ces enfants qui rencontrent des difficultés et attendre les dernières années pour intervenir... trop tard ! On s'imagine que quelques heures de rattrapage en fin de scolarité primaire vont avoir quels résultats ???
Par exemple, le médecin ne fait pas de diagnostic de dyslexie lourde avant le ce2, même si les collègues ont constaté dès la maternelle et le cp que quelque chose clochait. On fait redoubler le cp ou le ce1 en faisant mine de croire que tout va rentrer dans l'ordre justement, et naturellement, il n'en est rien.
L'ordre, ce pourrait être (ou ça aurait pu être) d'appliquer réellement et sérieusement la politique des cycles.
L'ordre, ce pourrait être aussi de diminuer les effectifs de certaines classes, dans le but de consacrer plus de temps individuellement à ceux qui en auraient besoin. (Luc Ferry avait instauré le dédoublement des classes de cp, qu'en est-il aujourd'hui ?)
L'ordre (suite)...
...ce pourrait être enfin que M. Darcos soit crédible...
http://video.google.fr/videoplay?docid=921493683572637925&q=darcos&total=176&start=0&num=10&so=0&type=search&plindex=1
Désobéissance
Emission "sur les docks", 5 numéros du 31 mars au 4 avril
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sur_docks/archives.php
un psy en maternelle ?
c'est accorder bien de pouvoir à la psychologie, Théo... Si on commencait par affecter devant des élèves les profs et autres formateurs de formateurs qui n'ont pas (ou ont refusé) de postes ou qui glandouillent entre leur thèse et les IUFM, déjà, y aurait plus d'adultes autour des enfants, et moins besoin de psy
Car avec des trucs comme ca, un psy trop jeune, votre môme ce retrouve à 6 ans avec des médocs contre l'hyperactivité, à 15 ans sous antidépresseurs, et à 18 en analyse... puis, à 30 ans, il s'ouvre les chakras dans la secte du Grand Gourou Skippy.
ps : c'est une provoc, n'allez pas foncer dedans à pieds joints :)
autre provoc
"c'est accorder bien de pouvoir à la psychologie"
C'est bien sûr : psychologie, sociologie, pédagogie, ethnologie, anthropologie...
les sciences humaines, la recherche, que des activités de p'tites tapettes !
lol
ménon,
certes ce sont des filières garderies à l'université, qui mènent généralement directement à l'ANPE... Mais, en ce qui concerne la psycho, c'est également une science très contestée, comme la psychanalyse du reste.
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