03 mars 2008
L'instruction morale et civique est bien partie
« Les communistes, c’est comme les pédophiles, ça ne devrait pas exister ». Cette maxime vient d’Anne L., jeune colistière de Darcos à Périgueux. Pour ceux qui ont déjà oublié, on rappelle que Darcos, c’est celui qui veut rétablir l’ « instruction morale et civique » à l’école.
Info piquée sur Bellaciao.
02 mars 2008
"Instruction civique ? Vraiment ?"
« Instruction civique ? Vraiment ? » C’est le titre d’un article de Bernard Defrance (1), à découvrir intégralement chez l’auteur.
Extraits :
«(...) En réalité, la mission de l’école est (devrait être) de faire découvrir aux enfants, par la mise en pratique de la loi, que cette loi permet (devrait permettre) l’articulation de nos libertés, que à deux, à plusieurs, on acquiert plus de pouvoirs et de capacités d’action que tout seul, que les plaisirs solitaires n’ont en effet qu’un temps, et que donc nos libertés peuvent s’accroître les unes des autres, s’allier dans la transmission de la vie, dans l’appropriation et la création culturelle, dans la recherche ensemble des solutions aux immenses problèmes à résoudre que nécessite de plus en plus l’état de la planète. Et enfin que l’idée même d’une liberté qui « s’arrêterait » est parfaitement idiote : jusques et y compris dans le domaine de la création humaine le plus tenu à des règles rigoureuses et incontournables, la mathématique, il s’invente à peu près, nous dit-on, trois cents nouveaux théorèmes chaque année ; et pour prendre un autre exemple : une fois que j’ai passé des années sur les règles du solfège et à développer mon habileté au clavier, je peux faire ce que je veux avec mon piano, sans limite. Mais rien ne m’oblige à travailler la mathématique ou le piano, rien ne m’oblige à vouloir cuisiner un lièvre à la royale (comptez trois jours au moins), ou à jouer au rugby, ou à me plonger dans les mystères de l’atome ou ceux de l’inconscient. Qu’un ancien doyen de l’inspection générale (et qui donc fut garant de la qualité de notre enseignement), devenu ministre, cède à la bêtise démagogique que constitue cette pseudo-maxime est tout particulièrement accablant quant à ce que cela révèle (mais on le savait déjà bien sûr, au moins depuis Rabelais et Montaigne...) de décalage entre instruction et intelligence. L’école devrait (et c’est heureusement ce qui se passe quand même dans de nombreuses classes aux pédagogies actives et coopératives) permettre à l’enfant devenant élève, s’élevant, de découvrir que sa liberté commence au moment où commence celle de l’autre, par fécondation réciproque : découverte permettant de sortir par l’instruction de la violence. »
(1) http://www.bernard-defrance.net/artic/index.php?textesperso=178
