02 avril 2008
Nouveaux programmes : une affaire rentable
On l’apprend ce matin : alors que la « concertation » sur les programmes de primaire tourne à la (mauvaise) farce, les éditeurs scolaires ont déjà publié les manuels « conformes aux nouveaux programmes 2008 ». Comble de l’escroquerie : chez Nathan, le directeur de collection s’appelle...Bentolila, le chantre des « leçons de mots », l’éminence grise de Darcos, l’inspirateur et l’instigateur d’une politique qui s’affiche résolument réactionnaire. Jusque là, on savait Darcos motivé par des considérations principalement politiciennes, démagogiques, cherchant l’approbation d’un électorat âgé et peu au courant de la chose scolaire – cela ne lui a d’ailleurs pas spécialement réussi à Périgueux. Il apparaît aujourd’hui que la précipitation ministérielle, la volonté de faire passer en force les programmes du primaire cachent des motivations bassement mercantiles : quand on connaît les juteux bénéfices générés par l’édition scolaire, on peut prédire sans risque d’erreur qu’avec le nouveau manuel de CE2, le directeur de collection de chez Nathan va voir son compte en banque s’étoffer de façon conséquente. L’ennui, c’est que le directeur de collection en question est également le plus proche conseiller du ministre. Dans l’ombre, dans le secret du cabinet, sous couvert d’œuvrer à l’éducation, à l’avenir du pays, en réalité, c’est à sa fortune personnelle que travaille Bentolila. On ne sait pas si le ministre touchera des agios. Lofi rappelle à juste titre que, dans le droit des affaires, cela s’appelle un délit d’initié et – ajouterai-je - pour, Darcos, complicité de délit d’initié.
Face au profond mépris, à la morgue ainsi manifestée par l’autorité de tutelle, une autorité qui fait passer son intérêt personnel avant l’intérêt collectif, il est indispensable de faire entendre sa voix. La pétition lancée il ya quelques jours contre les programmes Darcos a déjà recueilli près de 9000 signatures. On peut également suggérer une campagne de mails de protestation chez Nathan et le boycott du manuel Bentolila.
