En finir avec la Marseillaise
N’en déplaise à Le Pen qui voit dans les sifflets contre la Marseillaise hier au Stade de France, « un échec de l’intégration des masses étrangères », on ne peut nier le lourd contentieux que cet hymne national traîne derrière lui. Car s’il faut s’intégrer, pour reprendre la terminologie du Front national, pourquoi faudrait-il que ce soit dans le cadre arbitraire de la « nation », que personne n’a jamais été en mesure de définir, sinon lorsqu’il s’agit de dresser des frontières artificielles entre les hommes et surtout, s’intégrer par l’adhésion à une morale aussi brutale et ridicule que celle véhiculée par la Marseillaise ?
« Qu’un sang impur abreuve nos sillons (...). Quoi ! Ces cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers ! (...) Tout est soldat pour vous combattre. S’ils tombent, nos jeunes héros, la terre en produit de nouveaux (...). » Il faut en convenir : par son verbe entre saumâtre et mortifère, l’ « intégration » à la française aurait donc le goût du sang. Malgré les clameurs et l’indignation quasi générale en provenance de la classe politique de la gauche à l’extrême-droite, on est forcé de reconnaître que la Marseillaise n’a jamais fait l’unanimité au point que seule la menace de sanction peut dissuader d’en faire la critique : il faut rappeler qu’en janvier 2003, dans le cadre de la loi dite « de sécurité intérieure », le législateur créait l’inénarrable délit d’ « outrage à symboles nationaux » passible de 6500 euros d’amende et de six mois de prison. Ce faisant, les parlementaires d’une république qui, à ce qu’il paraît, fait de la laïcité une de ses valeurs fondatrices, donnaient une nouvelle jeunesse au délit de blasphème, qui, sous l’Ancien Régime, autorisait à trancher la langue pour toute parole jugée inconvenante ou blessante contre la religion catholique. Dans la foulée, en 2005, suite à un amendement déposé par un député proche de l’extrême-droite, Jérôme Rivière, l’apprentissage de la Marseillaise se trouvait renforcé dans les écoles...quoiqu’en fait il y ait été réintroduit vingt ans plus tôt par Chevènement, alors ministre de l’Education nationale. Obligation d’une efficacité plutôt douteuse puisque, dans les derniers programmes du primaire (avril 2008), Darcos n’a pu s’empêcher d’en rajouter une couche, suggérant que les élèves se mettent debout pour la Marseillaise, en attendant, sans doute qu’on les fasse mettre à genoux sur un prie-Dieu.
C’est d’ailleurs dans les écoles que la pratique de ce qu’on peut assimiler à un cantique, inaccessible à la critique et à la raison, éveille les plus fortes réticences. La Marseillaise, par la violence et le fanatisme de ses paroles, est en parfaite opposition avec les valeurs de tolérance, de non-violence, de respect des autres, d’ esprit critique, valeurs qui demeurent les fondements de l’éducation.
Est-il acceptable que, dans un monde où la guerre fait des ravages, chez nous, dans nos écoles, la guerre soit magnifiée par de tout jeunes enfants à qui les programmes scolaires feraient chanter « Aux armes, citoyens », oubliant ainsi les milliers d’enfants qui meurent à cause des armes ? A une époque où le racisme, la xénophobie, le rejet de l’autre constituent une lourde menace pour la vie en société, l’intégration d’un jeune ne pourrait donc se réaliser que dans une entité nationale qui s’érige sur la distinction entre sang pur et « sang impur » et qui exigerait de ses enfants qu’ils apprennent à verser le « sang impur » ? Le rôle de l’école est d’ouvrir sur le monde, non de dresser des barrières artificielles entre les individus. Il est parfaitement scandaleux et contraire, d’ailleurs, à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, fondatrice de la république, que, sur un sujet qui touche au libre-arbitre, à la morale personnelle, on puisse imposer à chacun par la force, de façon règlementaire, une croyance partisane, une sorte de dogme révélé qu’on ne soumet jamais à la discussion, bafouant ainsi la plus élémentaire des libertés de conscience.
Les sifflets contre la Marseillaise qui, hier, ont joyeusement rempli le Stade de France ont provoqué des réactions enflammées, dont beaucoup à forte connotation anti-maghrébine. Ce n’est pas un hasard. On se contentera simplement de faire observer qu’il n’est pas nécessaire d’être maghrébin pour appeler de ses vœux la disparition d’un hymne à la fois ringard et dangereux, ferment des guerres et des haines nationales et qui reste aujourd’hui encore le meilleur moyen à la disposition d’un gouvernement pour se faire obéir sans réfléchir.
Commentaires sur En finir avec la Marseillaise
- expulsons, expulsons, qu'un sang impur remplisse nos avionspourquoi les africains, les asiatiques et les europeens de l'est applaudiraient-ils l'hymne de ceux qui ne rêvent que de les arrêter, les enfermer, les expulser pour les renvoyer dans la merde dont ils essaient de se sortir, expulsion qui leur coûte parfois la vie, souvent la liberté, toujours la misère?

- sang impurJe rappelle que le "sang impur", c'est celui des vaillants français qui est offert en sacrifice de soi pour la patrie, et non celui des étrangers, contrairement au contresens fréquent sur cette expression.

Quant à l'idée de l'hymne national, ringard et dangereux, n'est-ce pas trop peu dire? Allons-y gaiement, c'est la notion même de Nation française qui est ringarde et dangereuse... - Plus vraiment d'actualitéLes paroles de la Marseillaise ont donné lieu à quantité d'exégèses aussi variées que fantaisistes. Il n'empêche que ça reste un hymne de guerre et qu'on ne voit pas pourquoi aujourd'hui, on serait forcé de se reconnaître dedans. En 1793, c'est bien déjà la France qui a déclaré la guerre à l'Europe et c'était déjà pour une affaire de pouvoir et de gros sous.

- Juste pour comparerVoici les paroles de l'hymne tunisien qui, lui, n'a pas été sifflé. Le texte est de 1930, l'hymne est officiel depuis 1987.

Ô défenseurs de la Nation, allons à la rencontre de la gloire !
« Mourons s'il le faut pour que vive la patrie ! »
Clame le sang qui coule dans nos veines.
■
Que n'y vive point quiconque refuse d'être au nombre de ses soldats !
Tenus par notre serment de fidélité à son égard,
Nous vivrons sur son sol dans la dignité
Ou nous mourrons, pour elle, dans la grandeur.
■
Notre héritage, parmi les nations, réside dans la force de nos bras
Des bras aussi durs que le roc de ces imposants édifices
Et qui portent haut l'étendard du pays.
Cet étendard qui fait notre fierté et qui est lui-même fier d'être porté par nous.
des bras qui nous propulsent vers les plus hauts sommets
De la gloire et de la grandeur,
Qui nous garantissent la réalisation de nos vœux,
Qui font abattre des malheurs sur les ennemis de notre Patrie,
Mais qui sont pacifiques à l'égard de ceux qui nous veulent la paix.
■
Lorsqu'un jour le peuple veut vivre, force est pour le destin, de répondre,
force est pour les ténèbres de se dissiper, force est pour les chaînes de se briser
C'est quand même curieux: tout son courroux, Lubin le réserve à la Marseillaise, comme si on était effectivement, dans un régime vraiment anti-démocratique (il y a eu des interpellations, hier, lorsque les gens ont sifflé? Il y a eu des condamnations?). Que ne se révolte-t-il pas aussi contre les paroles guerrières de l'hymne tunisien? C'est sans doute que La Tunisie peut nous donner des leçons de démocratie... - hymne français-hymne tunisien : zéro partoutBen non mon bon, je ne réserve pas mon "courroux" à la Marseillaise : je trouve l'hymne tunisien aussi con que l'hymne français. Si je n'en ai rien dit, c'est tout simplement que je n'étais pas hier soir au Stade de France ; ce n'est pas vraiment ma place. Quand je dis que les hymnes et les nations ont fait leur (mauvais) temps, c'est valable pour les autres. Je pensais que mes lecteurs l'avaient compris.

- la betise communautaristea la limite que l'hymne ait été sifflé, en fait peu me chaud. Ce qui est plus révélateur c'est ce joueur d'origine tunisienne, mais né en France, qui a choisi de jouer dans l'équipe de France malgré des sollicitations de la sélection tunisienne. Lui a été copieusement sifflé, par les tunisiens ! "Traitre à ses frères" ? Là je trouve, les sifflets sont plus graves. Là, je trouve, l'enfermement dans la couleur de peau, l'essentialisation, ne vient pas des "souchiens" (appellation charmante des Indigènes de la République pour parler des français non-métissés)

- super !Bravo pour ce blog que je trouve super !

Bonne continuation, biz
Fanny
http://www.annuaire-generaliste-anais.fr - @tartempion"Par contre je rigole bien encore une fois à voir des belles âmes lubinesques s'ériger contre la "violence" insupportable des paroles de l'hymne français, sans le replacer dans son contexte ni rien. Les mêmes trouvent toutes les excuses aux "artistes" qui appellent à au lynchage de flics, à "mettre le feu" ou à "niquer" la France.

Deux poids deux mesures as usual."
La marseillaise contient de la violence et légitime la violence que l'on dirige contre de prétendus ennemis, on préfère accuser les autres, les juifs, les tsziganes, les minorités, les étrangers plutot que de voir que la véritable source de notre haine et de notre violence vient de notre enfance.
On envoie des jeunes se faire tuer au nom de la patrie, comme d'habitude, ce sont les jeunes et les enfants qui doivent faire les frais de leurs parents, de la société que ceux ci leur ont légués, il est normal que ça choque, d'autaut qu'un chant crée il y a des siècles est-il vraiment représentatif de la société de maintenant ?
Et pourquoi dites vous que lubin défend les artistes violents ? - Mantras...@ tartempion

Pas mal les mantras, mais je pencherais plutôt pour la psychogénéalogie... Les enfants ne paient pas seulement pour les fautes des parents, mais aussi des aïeux; en fait on peut remonter à l'âge de pierre, déjà les bifaces volaient et la Marseillaise, c'est à cause de ça: nous payons les fautes de nos ancêtres... Saleté d'espèce humaine! Elle me dégoûte...
Allons pour faire sérieux, et revenir au débat, je donnerai ma position sur la Marseillaise: comme tout ce qui vient de France, j'en suis très fier (rien que dire cela, fait de moi un lepéniste, n'est-ce pas?). Je refuse d'entrer dans le débat sur ses paroles: je comprends qu'on puisse effectivement les trouver brutales. Le problème n'est pas là: ce chant est attaché à notre histoire, les poilus sont morts sans y trouver à y redire dans leur majorité, au contraire. Ce sacrifice interdit qu'on les fasse mourir une deuxième fois en décidant que les symboles qu'ils respectaient sont à abolir. La Marseillaise, ça fait partie de la France, dans ce qu'elle a de meilleur et dans ce qu'elle a de moins bon. C'est comme tel ou tel monument dans le paysage: on peut le trouver plus ou moins beau en soi; mais ce facteur esthétique n'est en rien un argument pour le raser, car le problème n'est pas là: c'est du symbolique. Personnellement je suis toujours consterné de voir que mes élèves (je n'ai que des terminales) ne connaissent jamais leur hymne national... mais rassurez-vous je m'emploie toujours à réparer cet oubli fâcheux (j'entends les hurlements...). Enfin, à ceux qui prônent la suppression de l'hymne national ou au minimum sa réécriture, je demande quelle soupe consensuelle, bêlante et dégoulinante de bons sentiments ils nous proposeront: sans voir qu'une telle entreprise est condamnée à l'échec; ici les symboles ne valent et ne sont fédérateurs que parce qu'ils sont portés par une histoire; vouloir réécrire la Marseillaise c'est d'emblée créer du conflit, en usurpant une légitimité pour le faire qui sera contestée de partout (en tous cas en ce qui me concerne je ne vois personne). - rassurez-vous christopheLa marseillaise n'est qu'un prétexte. ce que vise lubin à travers, c'est juste l'idée même d'état nation avec des frontières, un gouvernement et des lois. Que voulez-vous, être anarcho-utopiste ca fait une belle posture d'ado rebelle sympatoche. c'est inapplicable, contreproductif et irréaliste, mais ça, ma bonne dame, on n'en a cure. Tabula rasa, avant moi tous des réacs et après moi le déluge !

Ce genre de bouillie idéologique nihiliste est hélas extrêmement répandue et, contrairement à ce qu'en disent ceux qui s'en réclament, complètement conforme à l'air du temps. - Morts à cause de la MarseillaiseLe sacrifice des poilus morts pour la France ? Permettez qu'on rigole...ou qu'on s'indigne devant cette récupération de millions de jeunes morts à cause de la France, de la Marseillaise, ou, plus précisément, d'une certaine conception de la vie en collectivité qui ne serait possible que derrière des frontières. L'adhésion à la nation n'a jamais été spontanée : il est le fruit d'un bourrage de crâne protéiforme dans lequel l'école a sa part de responsabilité et d'une coercition violente exercée à ceux qui ne marchent pas. Pendant la 1ère Guerre mondiale, on fusillait au petit matin ceux qui fraternisaient avec les Allemands. Et aujourd'hui encore, il faut la menace de 6 mois de prison et de 6500 euros d'amende pour faire respecter les symboles nationaux. Vous parlez d'un respect...

Chacun a le droit de "se sentir français", même si personne n'est capable de dire ce qu'il entend par là mais moi, de mon côté, j'ai le droit de ne pas me sentir français, de me trouver des racines ailleurs que dans le récit mensonger de l'histoire nationale (cf Suzanne Citron) et de trouver hideuse et ridicule la Marseillaise.
Ces bordées de sifflets l'autre soir, devant la tronche gourmée des officiels, c'est le genre de plaisir qu'on n'a pas tous les jours. - Identités meurtrièresParce que la nation, qu'est-ce d'autre qu'une tribu ? Et les guerres nationales ont-elles fait moins de morts que les guerres tribales ?

L'identité ne peut être qu'individuelle. De quel droit une autorité viendrait-elle nous en imposer une de force ?
Au demeurant, j'attends toujours qu'on vienne nous définir ce qu'est "l'identité française". - particule élémentairelà je suis d'accord Lubin. Nous sommes tous des particules élémentaires, libres et volant dans l'espace. Lucrèce le disais déjà dans De Natura Rerum. Mais le fait social est là. Il s'impose à nous qu'on le veuille ou non, alors comment organiser le corps social ? Quelle est votre conception du politique (au sens noble : organisation de la Polis, la cité ?)

- Avec un peu d'imaginationBonne question mais la réponse ne s'improvise pas ni, d'ailleurs, ne s'impose d'un claquement de doigt ou avec un mouvement du menton. Pourquoi faudrait-il que le dépassement des nations ramène l'humanité à la préhistoire ? Entre l'homme des casernes et l'homme des cavernes (l'expression n'est pas de moi...), il existe peut-être des alternatives.

La fondation de l'Europe, dans les années 50, se situait dans cette perspective ; elle n'a malheureusement pas abouti.
On pourrait peut-être aussi, tout simplement, commencer par donner le droit de vote aux étrangers ; ce ne serait qu'un début mais un bon début. - Les balles sifflent...Enfin un peu d'action! Je trouvais que ça mollissait, ces derniers temps...

"La marseillaise n'est qu'un prétexte. ce que vise lubin à travers, c'est juste l'idée même d'état nation avec des frontières, un gouvernement et des lois. Que voulez-vous, être anarcho-utopiste ca fait une belle posture d'ado rebelle sympatoche. c'est inapplicable, contreproductif et irréaliste, mais ça, ma bonne dame, on n'en a cure. Tabula rasa, avant moi tous des réacs et après moi le déluge !"
Posté par tartempion, 16 octobre 2008 à 16:45
J'en suis bien conscient, Tartempion, mais c'est justement ce qui rend ce blog si attrayant. Nous savons, vous et moi, combien il est rare et exceptionnel d'observer certaines espèces recherchées dans leur environnement naturel, pur et préservé de toute contamination. Or ici, le pédagogisme et le gauchisme sont élevés à la hauteur d'un idéal-type! Rien de plus ennuyeux que les blogs où règne le consensus: là où tout le monde dit la même chose, c'est que personne ne pense. Rien de plus réjouissant au contraire que de voir s'exprimer, et avec quelle fougue, des conceptions diamétralement opposées...
A Lubin, donc:
Vous ne savez pas définir ce qu'est être français, et vous ne vous sentez pas spécialement français? Mais tout le monde le sait! Même Monsieur R le sait:
"La France est une garce n'oublie pas de la baiser, jusqu'à l'épuiser, comme une salope faut la traiter "
Pour en parler comme ça, il doit savoir de quoi il parle...
Je suis donc consterné que vous soyez incapable de définir ce qu'est la France. Et je vous plains: si vous n'avez jamais vibré sur un alexandrin de Mallarmé ou de Rimbaud, rêvé sur le Roman de la Rose, si pour vous Bordeaux et Bourgogne ne sont que des régions géographiques, si, comme le disait Marc Bloch, le baptême de Clovis et la fête de la Fédération ne sont pour vous que des dates de l'histoire universelle qui ne vous concernent pas plus que les résultats du tiercé, si rien de ce qui vous entoure ne vous rattache à rien, je vous plains sincèrement. Moi, c'est tout le contraire: c'est le fait de n'être rien du tout, ni français, ni anglais, ni congolais (etc), ni homme ni femme, ni grand ni petit, bref, d'être une abstraction d'homme, que je n'arrive pas à concevoir. Mon sentiment, c'est que vous avez une idée très précise de ce qu'est être français, mais précisément vous vous définissez contre cette idée. Ce qui ne vous empêche pas, d'ailleurs, j'imagine, d'exalter le droit de tous les immigrés à cultiver leurs racines (jolie contradiction fréquente à l'extrême gauche...).
Alors dites-moi, oui, que votre propre langue vous indiffère, que votre estomac n'a aucune sorte de préférence, que vos goûts esthétiques vous portent aussi volontiers vers l'abstrait que le concret, le romantique que le conceptuel, que voir un immeuble HLM érigé à côté d'un chateau Renaissance vous emplit d'aise, que vous vous vêtez aussi bien d'un poncho que d'un kilt, et que vous pourriez vivre aussi bien parmi les glaces qu'au milieu des cactus, et alors oui, je vous croirai: vous êtes cette abstraction réalisée, l'homme qui vient de nulle part, qui n'hérite de rien...
Et qui va où, au fait? - la France, premier rempart de la dictature tunisiennepeut-être que si les Tunisiens sifflent la marseillaise, c'est que la france a permis à la dictature tunisienne de se maintenir en place, lui founissant une "constitution", une aide financière, policière et politique, expulsant jusqu'aux opposants démocrates

le pays des droits de l'homme? mon cul ! dirait zazie - bien sur la réflexion des footeux va si loinj'admire la naiveté d'Elduende qui voit un message géopolitique de cette pertinence (car en effet cette thèse se défend) derrière les sifflets. Genre les gamins supporters savent qui est Ben Ali, ce qu'il fait aux journalistes, ils connaissent le concept de francafrique, ils lisent tous les jours courrier international... LOL !

dans ce cas, pourquoi avoir sifflé le joueur de l'équipe de France d'origine tunisienne ? Il y est pour rien, lui, dans le soutien de la france à la dictature. - VibrationsLa nation est donc affaire de vibrations...

Personnellement, je vibre à la musique de Bach et de Brahms, je suis donc Allemand ; à la musique de Rachmaninov et de Tchaïkovsky, je suis donc Russe ; à celle de Sibelius, me voilà donc Finlandais ; mais aussi Italien avec Scarlatti ; avec Chopin, ça se corse, le sang n'est plus très pur, moitié Français moitié Polonais. Mais Dieu merci, je vibre aussi à la musique de la Chapelle royale et de Marin Marais, je suis donc Français. (vous le voyez, même si j'applaudis la jolie formule de Monsieur R, mes goûts musicaux sont ailleurs...).
Pour ce qui touche aux châteaux Renaissance, ce sont des châteaux italiens.
C'est quand même imprudent, voyez-vous, de faire l'apologie de la nation avec des arguments aussi fragiles. - Vos gouts sont éclectiquesmais ils relèvent d'une culture classique qu'on ne retrouve pas chez l'américain de base ou le gabonais moyen. la formation de vos goûts, votre bain culturel, a bien été produit par quelqu'un, peu importe sa nationalité. Personne ne cherche à vous faire aimer quoique ce soit de français, mais prenez conscience que vous ne vous êtes pas FAIT TOUT SEUL.

- Pots pourris et melting potsBravo Lubin, vous êtes un mélomane, c'est bien! La musique est un langage universel, c'est sûr...

Bien d'accord avec Tartempion; vos goûts sont étendus et vous honorent, mais vous restez quand même dangereusement marqué par le système tonal classique, c'est inquiétant. J'aurais attendu que vous me parliez aussi d'Oum Kalsoum, des modes indiens et du style hypolydien... Vous êtes très européocentré, cela fleure mauvais l'ethnocentrisme et le passé. Et puis, si on sort un peu de la musique (trop facile de rester sur ce seul exemple), j'aimerais connaître vos choix en littérature esquimau et votre interprétation du Popol Vuh... Ne me dites pas que cela vous est moins accessible qu'un vers de Hugo, vous seriez risible.
Quant aux châteaux de la Renaissance, ils viennent d'Italie, je vous le concède, mais si vous descendez dans la Loire -cela doit vous arriver, je suppose?-, vous pouvez constater que nous nous les sommes appropriés -personnellement ma joie d'être français ne me rend pas chagrin lorsqu'il s'agit de reconnaître des dettes vis-à-vis de nos voisins. Et pour Chopin, c'est comme pour Rousseau, je vous rassure: nous les avons totalement naturalisés, ils sont à nous; ce qu'il y a de polonais dans les mazurkas ou de genevois dans le Contrat social est désormais totalement français. Libre aux Suisses et aux Polonais de penser différemment, ils font ce qu'ils veulent: ils sont chez eux, et nous chez nous. - Lunettes hexagonales"Ce qu'il y a de polonais dans les mazurkas...est désormais totalement français". Cela fera rigoler n'importe quel mélomane

Que vous considériez la vie, l'art et le monde avec des lunettes hexagonales est votre droit, Christophe, mais laissez au moins à chacun le choix de ses lunettes. - Pour moi, le patriotisme, ce n'est qu'une façon différente de marquer son territoire en pissant dessus.

Je suis française, parce que je suis née en France. Je n'en suis pas fière, je n'en ai pas honte. C'est juste une donnée, imposée à ma naissance, comme mon sexe, la couleur de mes cheveux, mon prénom...
J'ai du mal a concevoir, bien que je respecte ce choix, qu'on puisse voir dans une nationalité quelque chose d'autre que cette simple donnée.
Alors les symboles de la France...
Qu'on siffle la Marseillaise me fait autant d'effet qu'un pigeon se posant sur mon balcon: aucun.
Selon certains codes établis, c'est pourtant MAL.
Un simple symbole serait il donc sacré pour qu'on n'ai aucun droit à l'attaquer? Il faut croire que oui. J'en déduis que la France, pour certain, est une entité déifiée, qu'on ne peut remettre en cause. Qu'on lui doit un respect inconditionnel. Une croyance perpétuelle.
Mais pourquoi donc? Ce n'est qu'un pays. Et surtout: à quoi ça sert? - Lubin, encore un effort...et vous serez français!

Quelques remarques: d'abord merci pour la mesquinerie délicieuse avec laquelle vous me citez tous les départements dans lesquels sont situés les châteaux de la Loire; il est vrai qu'en parlant de la Loire, je renvoyais à la région géographique... Mais je ne vous en veux pas, je suis heureux de voir que vous êtes en fait encore plus jacobin que moi et attaché aux départements; pour quelqu'un qui cite par ailleurs S. Citron (une référence...), la performance méritait d'être saluée.
Sur l'impossibilité de considérer Chopin comme français: alors là, je vous tire mon chapeau aussi! Si quelqu'un dont le père est français, qui a vécu à Paris la moitié de sa vie, a eu une liaison de 11 ans avec un de nos écrivains les plus célèbres, et qui est enterré au Père Lachaise, ne peut être français, alors qui peut l'être? Avec vous, il n'y a pas de régularisation massive à craindre, vous en remontreriez à Hortefeux...
Un point de détail pour finir: puisque vous persistez à ignorer ce que c'est qu'être français, ou ce qu'est la France, vous serez gentil, à l'avenir, de ne pas nous importuner en appelant, à l'occasion (j'imagine que ce serait bien votre genre...) à la repentance pour tel ou tel détail du passé colonial, vichyste ou que sais-je. Outre que vous n'avez rien à vous reprocher, par définition, puisque vous ne vous sentez pas français, vous ne sauriez évidemment avoir la prétention d'importuner qui que ce soit en exigeant quelque acte de contrition que ce soit: ignorant ce qu'est un Français et ce qu'est la France, vous êtes bien obligé d'en rester là, il faut être cohérent.
@ Séverine
Voilà bien une position consternante. Je préfère encore la position anti-française de Lubin. Etre française, c'est une juste une donnée, comme tout le reste, sexe, couleur de cheveux? Vous êtes un être humain ou un droïde? - @Christophe

Si vraiment mon blog vous "importune", n'y venez pas, ce sera plus simple.
Pour ce qui est de la Loire, ce n'est pas une "région géographique" mais un département. Excusez ma "mesquinerie"...
Un dernier détail concernant Chopin : son corps est au Père-Lachaise, son coeur dans une urne conservée à l'église Sainte-Croix à Varsovie. C'est fou comme je peux être "mesquin". - Intérêt de l'hymne national dans un stade ?Commençons donc par ne plus jouer les hymnes nationaux dans les stades. Ce n'est pas leur rendre service ni même de leur rendre honneur que de les faire entonner au milieu de cohortes de supporters avinés.

La décision d'évacuer le stade en cas de sifflets est particulièrement dangereuse je trouve.
Ceci dit, il y a un texte de Paul Auster qui explique très bien que c'est dans le stade de foot que se règlent les conflits entre états ou les conflits sociaux.
Il vaut mieux donc entendre siffler la Marseillaise que de voir des supporters détruire un stade ou en buter d'autres. - Varia"Hélas, appeler Lubin à la cohérence, c'est attendre de l'éléphant qu'il puisse sauter. Je m'en suis amèrement rendu compte bien avant vous. "

Posté par tartempion, 18 octobre 2008 à 11:39
Excellent, Tartempion, excellent
)) Mais vous avez tort de désespérer. La lecture de Darwin montre que toute espèce peut évoluer: il suffit de se donner le temps (quelques millions d'années...)
"N'importe quel élève de terminale sait faire la distinction entre "état", "nation", "collectivité". "
Posté par Lubin, 17 octobre 2008 à 19:38
On ne doit pas fréquenter les mêmes, alors...
"@Christophe
Si vraiment mon blog vous "importune", n'y venez pas, ce sera plus simple."
Posté par Lubin, 18 octobre 2008 à 14:12
Merci pour cette invitation amicale! Cela me va droit au coeur. Mais, comme je l'ai déjà dit, j'aime bien votre blog, où il y a un débat, et je le préfère à ces blogs sans âme où tout le monde pense la même chose... Alors, si mes réactions vous chagrinent, zappez-les... - CEDHSignalons à toute fin utile que le délit d'outrage à symbole national est contraire à l'article 10 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés Fondamentales (CEDH), ratifiée par la France et qui a, en vertu de l'article 55 de la Constitution Française, valeur supérieure à la loi française.

Cette loi est donc caduc depuis sa création. - à ChristopheOui, juste une donnée. Il faut dire que j'aurai pu aussi bien être allemande, russe ou espagnole, au choix, vu mes origines plus que diverses...

Je préfère mille fois ça que d'être à la limite de la vénération d'une entité. On sait ce que ce genre de trucs à pu donner par le passé.
A Tartempion: lol. J'adore vos réponses, toujours à coté...
A quoi ça sert d'être français:
---> quand on est français, on paye des impôts ---> Les impôts payent les fonctionnaires, donc les profs.
---> Ça sert à payer les profs...
Je ne paye pas mes impôts par patriotisme, vous oui? Vous signez votre chèque à quel ordre? "La France"? - culture politique en bernevous payez vos impots à l'Etat, or il se trouve que c'est un Etat-Nation. Peut etre qu'un jour on paiera nos impots au trésor public de la commission européenne fiscale, pour l'instant c'est ca. Effectivement vous pouvez aussi vivre en Irlande ou en Suisse pour en payer moins.

- A Séverine [sevrin]"Oui, juste une donnée. Il faut dire que j'auraiS pu aussi bien être allemande, russe ou espagnole, au choix, vu mes origines plus que diverses..."

Pourquoi toutes ces précisions? Si être français n'a aucun sens, allemand, italien ou guatémaltèque non plus. Donc vous n'êtes de nulle part et vous n'assumez aucun héritage: inutile de mentionner vos origines.
"Je préfère mille fois ça que d'être à la limite de la vénération d'une entité. On sait ce que ce genre de trucs à pu donner par le passé."
C'est sûr que "les prolétaires n'ont pas de patrie", ça a été aussi une grande idée. Jusqu'à nouvel ordre l'internationalisme communiste est recordman en matière de carnages.
"Je ne paye pas mes impôts par patriotisme, vous oui? Vous signez votre chèque à quel ordre? "La France"?"
l'Etat français n'est pas la France qui n'est pas non plus simplement un pays. - Le ventre de ma mère"Vous n'êtes de nulle part et vous n'assumez aucun héritage..." Dans le fil de la discussion, j'ai cru montrer, que l'héritage, ce dont on hérite donc, n'avait rien de national. On ne voit d'ailleurs pas pourquoi il en serait autrement. Quant à savoir d'où l'on vient, ma seule certitude est que je viens du ventre de ma mère. Suis-je le seul dans ce cas ?

Pour ce qui est de l'"internationalisme prolétarien", oon sait très bien qu'il a très vite tourné au nationalisme pur jus.




Par contre je rigole bien encore une fois à voir des belles âmes lubinesques s'ériger contre la "violence" insupportable des paroles de l'hymne français, sans le replacer dans son contexte ni rien. Les mêmes trouvent toutes les excuses aux "artistes" qui appellent à au lynchage de flics, à "mettre le feu" ou à "niquer" la France.
Deux poids deux mesures as usual.