La reculade de Darcos sur la réforme du lycée, surtout s’il s’avère comme on le dit que c’est aussi une reculade de Sarkozy, devrait aviver bien des regrets. Une réforme tout aussi mal préparée que celles qui l’ont précédée, mais cette fois-ci les lycéens sont descendus dans la rue. Pas tous les lycéens, certes non, mais suffisamment nombreux et déterminés pour faire plier un ministre et un gouvernement dont l’arrogance est la marque de fabrique. Depuis plusieurs années, avec une opinion publique très majoritairement timorée ou complaisante, il faut bien constater que les seuls mouvements d’opposition  inquiétants pour le pouvoir sont venus des jeunes. Ce gouvernement en a peur, il entretient à son égard une méfiance viscérale qui le conduit, à travers une législation pénale de plus en plus brutale et un discours de stigmatisation systématique, à multiplier les mesures répressives. La frime et l’esbroufe ont-elles atteint leurs limites puisqu’il suffit de quelques défilés lycéens pour faire plier un ministre qui, pourtant, quelques heures plus tôt, se vantait encore de ne pas être le « ministre de l’hésitation nationale » ? On ne prédit pas l’avenir mais on a le droit de se dire qu’avec un peu de courage et d’imagination, le sarkozisme – dont Darcos  est le meilleur représentant – ne sera (ne serait...) peut-être pas éternel.