07 juin 2009
Darcos et de Villiers ouvrent un pensionnat de Chavagnes en Vendée
Le 18 mai dernier, le recteur de l’académie de Nantes a chargé l’inspecteur d’académie de la Sarthe d’élaborer un projet de « collège novateur de référence nationale » à Montaigu (Vendée). L’idée de ce collège avait été suggérée par de Villiers, président du Conseil général de Vendée, à Darcos en février 2008. A cette époque, Gabriel Cohn-Bendit avait de son côté soumis au ministre des propositions en faveur de collèges expérimentaux ; plusieurs centaines d’enseignants s’étaient portés volontaires. Entre le militant éducatif, fondateur du lycée expérimental de Saint-Nazaire et l’inquiétant dirigeant du Mouvement pour la France, Darcos a fait son choix. Selon la lettre de mission confiée à l’inspecteur d’académie de la Sarthe, il s’agirait, avec le collège de Villiers, d’ « un concept unique fondé sur une triple novation » : tutorat avec des enseignants présents toute la journée, un internat de 600 élèves, des programmes centrés sur les « humanités classiques » avec grec et latin et « un engagement social personnel » prenant la forme du’une demi-journée par semaine de travail obligatoire à l’extérieur de l’établissement.
Cette annonce appelle un certain nombre d’observations touchant au financement d’une telle structure comme à son pilotage éducatif. Dans un contexte de réductions drastiques de postes, notamment en collège, avec des établissements en voie de paupérisation, on constate que des moyens considérables, en particulier avec une surdotation en personnels, ne manqueront pas pour un projet surdimensionné par rapport aux besoins réels d’un département comme la Vendée. Les enseignants qui, d’ordinaire, ont l’habitude de travailler sur un coin de table dans la salle des profs apprécieront de voir leurs heureux collègues disposer chacun d’un bureau individuel, initiative qui permettrait à l’administration de disposer en permanence des profs et qui pourrait être généralisée. La lettre de mission n’en fait d’ailleurs pas mystère : « Bien entendu, un tel mode de fonctionnement permettant une présence continue des enseignants pourra être étendu à d’autres collèges de Vendée, de l’académie, voire d’autres régions, si l’expérimentation démontre ici sa pertinence. » Enfin, alors que la responsabilité des conseils généraux en matière éducative se limite pour l’essentiel au financement des locaux, on peut s’étonner de voir l’Education nationale confier à des autorités locales l’lélaboration d’un projet pédagogique qui dépasse très largement leurs compétences et qui, en outre, aurait « vocation à valoir d’exemple au niveau national ».
On imagine bien évidemment que ce collège « avec des règles fortes et stables » devrait s’inspirer des conceptions éducatives de son initiateur. De Villiers n’a jamais fait mystère de sa détestation d’un système éducatif « kidnappé par les syndicats » (Université d’été du MPF, Guidel, 10/09/2006) ni de sa volonté de fonder l’école sur les bases les plus traditionnelles et les plus autoritaires. Son projet éducatif pour les présidentielles de 2007 prévoyait la suppression des IUFM – une idée que Darcos lui a volée – la suppression de la carte scolaire – on y arrive également – et du collège unique, un stage obligatoire d’un mois à l’usine ou chez un artisan pour les collégiens et l’instauration de l’uniforme scolaire. Mais c’est surtout l’obsession identitaire du candidat qui devrait imprégner toute l’éducation avec, chaque matin, un quart d’heure de culture française et le drapeau tricolore flottant sur toutes les cours de récréation.
L’ouverture de ce collège est prévue pour la rentrée 2012 et, compte tenu des aléas du calendrier politique, on peut douter de la concrétisation de l’entreprise. Comme pour les portails de sécurité et la fouille des cartables, c’est l’effet d’annonce qui compte. Néanmoins, ce rêve d’un collège traditionaliste reste comme un symbole fort de l’ère Darcos qui devrait se terminer dans quelques jours : que le retour en arrière voulu et assumé par le ministre conduise l’Education nationale à s’acoquiner avec l’un des individus les moins recommandables de la classe politique n’est pas le fait du hasard mais résulte d’une connivence idéologique forte que les partisans des « bonnes vieilles méthodes » devront assumer.
Commentaires
Villiers pas pire qu'un autre.
M. de Villiers n'est pas pire qu'un autre. J'oserais même dire qu'il est beaucoup mieux, puisque lui au moins il respecte le vote des Européens et ne manoeuvre pas dans notre dos pour nous refourguer le traité de Lisbonne. Il est aussi l'un des rares à dénoncer l'ignoble technocratie qui nous pourrit la vie. Celle qui, d'un côté, interdit à la vente les tomates trop petites mais autorise celle d'un paquet de lessive à 470g au lieu de 500 pour mieux nous entuber.
M. de Villiers a aussi combattu contre les OGM et contre les insecticides qui détruisent nos abeilles.
Que vous le vouliez ou non, c'est un démocrate, à l'inverse des fiotes de l'UMP et des prostitués du PS.
Sur ce projet pédagogique : je doute aussi de son aboutissement, notamment parce que la présence "toute la journée" n'attirera pas de latinistes et d'humanistes de qualité. Comme je le constate quotidiennement, ce sont mles profs les plus nuls et les gros incultes qui passent le plus d'heures dans les collèges pour se faire mousser.
Reproches infondés ?
Villiers, critique la technocratie de Bruxelles - ou ce qu'il appelle comme tel - mais s'accomode fort bien de la technocratie française. En dehors de sa brutalité et de son racisme (cf sa phobie des Arabes) que peut-on bien lui reprocher, à ce cher homme ?
A Beaupréau, dont le canton compte plus de 26 000 âmes, il n'existe pas de Collège Public.
Les demandes explosent. De nombreux collégiens perdent une partie de leur journée scolaire afin de pouvoir travailler dans les collèges publics éloignés des autres cantons.
Pourtant, le président UMP du Conseil Général, N° 1 de la liste UMP Ouest aux européennes, maintient son opposition à l'ouverture d'un collège public.
Quand on sait que des Conseillers Généraux locaux, proche de Villiers, ont osé affirmer en séance du Conseil Général :"La République a anéanti les Mauges, les Mauges n'ont pas eu besoin de la République pour éduquer ses enfants. C'est pourquoi nous rejetons la création d'un collège public à Beaupréau", on peut se poser des questions sur l'esprit républicain des partisans de l'enseignement privé dans ce coin de la France.
Précision : le Conseil Général de Maine et Loire a été condamné pour avoir voté en toute connaissance de cause (l'illégalité figurait même dans le bulletin du Conseil Général) des subventions de plusieurs millions d'euros à l'enseignement privé.
Pour toute info complémentaire :
http://collectifmauges.ouvaton.org/
?
la vache ils ont dit ça les Mauges ? Mais ils ne font qu'exprimer leur identité culturelle, ces chers petits, brimée par l'universalisme républicain (colonialiste et raciste n'est-ce pas ?)
;o)
Une manif, ça vous tente?
Au fait, pour celles et ceux qui sont interessés, on organise une manifestation à Beaupréau (49) , samedi 20 à 10h30, pour la défense du Service Public d'Education et l'application de la loi française sur tout le territoire.
Bon d'accord, c'est un peu loin du domicile de certains commentateurs.
Pour tout renseignement, cliquez sur mon nom.
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