20 juin 2009
Darcos enterre le socle commun
« La spécificité [du socle commun] réside dans la volonté de donner du sens à la culture scolaire fondamentale, en se plaçant du point de vue de l’élève et en construisant les ponts indispensables entre les disciplines et les programmes (...) L’école doit offrir par ailleurs à chacun les moyens de développer toutes ses facultés. Maîtriser le socle commun c’est être capable de mobiliser ses acquis dans des tâches et situations complexes, à l’école puis dans sa vie ; c’est posséder un outil indispensable pour continuer à se former tout qu long de sa vie afin de prendre part aux évolutions de la société ; c’est être en mesure de comprendre les grands défis de l’humanité, la diversité es cultures et l’universalité des droits de l’homme, la nécessité du développement et les exigences de la protection de la planète (...) »
Le socle commun de compétences et de connaissances, intégré à la loi d’orientation de 2006, ouvrait des perspectives nouvelles. Malgré quelques timides applications, en langues notamment, il n’a jamais été réellement mis en pratique et les nouveaux programmes de collège n’en tiennent aucunement compte ; pire même, le cloisonnement disciplinaire, l’amoncellement inconsidéré des connaissances sont renforcés. Restait à savoir à quoi ressemblerait le « nouveau » brevet de fin de collège : outre qu’il est repoussé à 2011 – 5 ans, donc, après le vote de la loi... – il relègue le socle aux oubliettes des occasions perdues. Le projet d’arrêté connu depuis quelques jours prévoit en effet de prendre en compte pour l’attribution du diplôme : « la maîtrise du socle commun (...), la note obtenue à l’oral d’histoire des arts ; les notes obtenues à l’examen ; les notes de contrôle continu ; la note de vie scolaire ». Autrement dit, le socle se trouve noyé dans une évaluation traditionnelle par notes et par disciplines. C’est donc un enterrement de première classe que Darcos a réservé au socle commun, avec l’appui des syndicats d’enseignants les plus conservateurs. Que le ministre ne se soit pas reconnu dans un projet affichant « la volonté de donner du sens à la culture scolaire fondamentale, en se plaçant du point de vue de l’ élève », qui s’en étonne finalement ?
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