Dans une lettre ouverte à Sarkozy, 23 organisations et mouvements éducatifs protestent contre la suppression de la défenseure des enfants.

« Nous venons d’apprendre la décision de votre gouvernement de supprimer l’institution indépendante de défenseur des enfants. Nous voulons vous dire notre consternation devant cette mesure qui intervient à quelques jours de la célébration du vingtième anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant.

En effet, le défenseur des enfants a, depuis sa création, fait la démonstration de son utilité et de son efficacité dans la défense et la promotion de tous les droits fondamentaux des enfants vivant dans notre pays. Elle apparaît aujourd’hui comme garante des engagements internationaux de la France sur cette question. Alors que partout en Europe, on s’attache à rendre plus visibles le rôle et les missions des structures en charge de la défense spécifique des droits des enfants, alors même que le Comité des droits de l’enfant de l’ONU recommande à la France, dans son rapport du 22 juin dernier, de « continuer à renforcer le rôle du défenseur des enfants », nous ne pouvons accepter une mesure qui marquerait un grave recul en ce domaine. C’est pourquoi nous vous demandons solennellement de revenir sur cette décision et de rendre à cette instance indépendante toutes les attributions qui sont les siennes pour la défense et la promotion des droits de tous les enfants. »

[AGEEM - ANACEJ - CEMEA - CRAP-Cahiers pédagogiques - DEI-France - EEDF - FCPE - FG PEP - FOEVEN - FRANCAS - FSU - GFEN – ICEM - JPA - Ligue de l’Enseignement - OCCE - SE-UNSA - SGEN-CFDT - SNES - SNUipp - Solidarité Laïque UNSA-Education.]

Le projet de loi organique, présenté le 9 septembre en conseil des ministres, vise non seulement la défenseure des enfants mais également le médiateur, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), peut-être même le contrôleur des lieux privatifs de liberté, autrement dit des institutions, qui, à des titres divers, ont eu l’occasion de faire entendre leurs voix contre les atteintes au droit, les brutalités policières, l’arbitraire des l’administration. C’est évidemment plus que ne peut supporter un président à l’orgueil maladif pour qui le caprice et le claquement de doigt sont le mode habituel de gouvernement. Un régime dans lequel la critique se voit ainsi délégitimée est-il encore une démocratie ou, plus sûrement une forme d’autocratie ?

Une pétition de soutien est en ligne.