Sarkozy inaugurant un internat d’excellence, à Marly, rien d’étonnant à cela, ces établissements n’ont été conçus que  dans ce but, rien que pour être inaugurés en grande pompe. Le discours sur les élèves « méritants » est convenu. Avec le comique involontaire qui est sa marque de fabrique – « Je veux que cela soit bien clair entre nous (…) Est-ce que je me fais bien comprendre ? (…) Est-ce que vous comprenez ce que je veux dire ? (…) Est-ce que je me fais comprendre là aussi ? » -  Sarkozy donne sa définition du mérite : « [l’internat d’excellence] est un lieu où tous les jeunes qui veulent s’en sortir, qui veulent réussir et faire des efforts, on va leur donner une chance supplémentaire ». Les internats en question ne réunissant guère que 6000 élèves, on en déduit que, pour Sarkozy, les 12 millions d’autres élèves n’ont pas envie de faire des efforts.

A Marly, l’internat ne dispense pas de cours, les élèves étant scolarisés au collège voisin, ce qui confirme (Journal d’école, 01/09/2010) que ce type d’établissement ne constitue en rien une innovation éducative ou pédagogique, il ne s’agit en réalité que d’une version, en plus coûteux, de ce qui existe depuis toujours.

Avec, à sa droite, les élèves méritants, à sa gauche, les élèves perturbateurs, Sarkozy est revenu sur les ERS (Journal d’école, 16/07/2010) ; un élève perturbateur est un élève « qui ne comprend pas ce que signifient les mots : autorité, respect, discipline, enseignant, enseignement ». Alors qu’un gouvernement qui décide de faire travailler davantage les enseignants en les payant moins, lui, au moins, respecte les enseignants. Dans le cas de ces élèves perturbateurs, l’autorité parentale – les parents nécessairement défaillants – sera dorénavant exercée par Sarkozy en personne : « ces élèves (…) nous les mettrons pendant un an sur la base pas du tout du volontariat, dans des établissements à encadrement très renforcé ». Lorsqu’un politicien se met en tête de décider de l’éducation à la place des parents – on a connu ça en d’autres temps – généralement, cela se termine mal.

Ce discours à la fois risible et glaçant a été prononcé devant tout un parterre de l’Education nationale, du ministre aux simples profs. Et chacun d’applaudir. C’est lundi prochain, dans les Alpes-Maritimes, le département d’Estrosi et de Ciotti – simple hasard, sans aucun doute - que doit être inauguré le premier ERS, avec le concours de quelques profs, zélés serviteurs du pouvoir politique et dans une indifférence assez scandaleuse. Le sujet que j’ai cherché à lancer dans l’opinion il y a près de deux mois, n’a rencontré aucun écho dans la presse, pas beaucoup plus dans la profession. Juste une reprise sympa sur le site de la LDH- Toulon. Un silence qui vaut consentement ? Ou qui confirme en tout cas que dans ce pays, droits de l’homme et mineurs, droits de l’homme et élèves, droits de l’homme et jeunes ne font pas bon ménage.

 

Pour naviguer sans pub sur Journal d'école : Firefox + Adblock