09 novembre 2010

ERS (suite et pas fin)

Après avoir ouvert ses grilles hier, avec une quinzaine d’élèves du 93 (Journal d’école, 15/09/2010), l’ERS de Craon (Mayenne) a dû les rouvrir pas plus tard qu’aujourd’hui pour exclure cinq d’entre eux qui se bagarraient sur la cours  (Ouest France, 09/11/2010). Une formule qui fait donc ses preuves. Les profs du collège Volney auquel l’ERS est intégré ont exercé leur droit de retrait, ce qui ne manque pas de piquant lorsque l’on sait que la seule critique qu’ils ont adressée à cette initiative portait sur l’insuffisance des moyens attribués et non sur le principe de l’enfermement, allant même jusqu’à réclamer, lors des manifs pour les retraites, « des sous pour l’ERS », des sous pour l’école-prison. Nouvel exemple de l’aveuglement ou de la complaisance manifestés par une bonne partie du corps enseignant pour la politique sécuritaire du gouvernement.

Posté par Lubin à 18:26 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Commentaires sur ERS (suite et pas fin)

    bonsoir,juste un petit commentaire car je suis enseignant au collège de craon concerné et je ne peux laisser dire ça.... il n'a jamais été question d'accepter ce projet au sein de nos murs! Nous avons changé à un moment de stratégie quand nous avons été persuadé que de toute façon ce dispositif se monterait quoi que l'on fasse! On ne peut pas nous reprocher de nous battre ou de nous être battu: nous sommes face à un mur!!!

    Posté par phet, 09 novembre 2010 à 18:55 | | Répondre
  • Photo à l'appui

    Mais que veulent dire ces pancartes "Non à l'ERS...sans moyens supplémentaires" (OuestFrance, 19/10/2010), sinon qu'on en accepte le principe si on en donne les moyens ? Dans le cas des ERS, ce sont bien les principes qui font problème, non ? Si l'administration a choisi de transplanter ces jeunes du 93 dans un collège de la Mayenne, n'est-ce pas parce qu'elle savait y trouver un terrain favorable ?
    http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-etablissement-de-reinsertion-scolaire-a-Craon-en-Mayenne-en-greve-les-professeurs-du-college-reclament-plus-de-moyens_6346-1555730-fils-tous_filDMA.Htm

    Posté par Lubin, 09 novembre 2010 à 20:18 | | Répondre
  • Fiel

    "Si l'administration a choisi de transplanter ces jeunes du 93 dans un collège de la Mayenne, n'est-ce pas parce qu'elle savait y trouver un terrain favorable ?"
    Cette vacharde question "rhétorique" permettant d'insinuer un procès d'intention particulièrement fielleux ne vous honore pas, Lubin. D'autant que je croyais, à vous lire, que ce gouvernement n'était que "brutal" et "autoritaire": pourquoi donc ce cas ferait-il forcément exception? Ah oui, c'est un "exemple de l’aveuglement ou de la complaisance manifestés par une bonne partie du corps enseignant pour la politique sécuritaire du gouvernement". Ben voyons...

    Posté par Meles, 09 novembre 2010 à 20:38 | | Répondre
  • cette photo, hors du contexte ne veut pas dire grand chose... elle a été prise justement après notre nouvelle prise de position; de toute façon le projet était déjà entériné : je vous conseille de vous renseigner sur le contenu des échanges qui ont eu lieu autour de ce projet dont nous avons encore une fois combattu le principe et la mise en oeuvre dès le départ. Aucun dialogue n'est possible!! votre jugement est très hâtif et d'autant plus gênant!

    Posté par phet, 09 novembre 2010 à 20:52 | | Répondre
  • Tiré de l'article écrit par l'AFP "Ils auront leurs cours et dormiront au même étage, toute la semaine. Ils ne croiseront jamais les autres élèves puisque même leurs repas seront pris en décalé par rapport aux autres. Pour nous, cela ressemble à un camp disciplinaire!", a estimé Zélia Malhaire, du SGEN-CFDT, professeur d'anglais au collège.
    Ah bon, nous n'avions pas dénoncé ce modèle pédagogique????

    Posté par zila, 09 novembre 2010 à 21:35 | | Répondre
  • Qui s'est opposé aux ERS ?

    On constate que depuis l'annonce par Sarkozy de la création des ERS (au début de l'été), les enseignants et leurs syndicats ont été particulièrement silencieux sur le sujet, n'ont pas manifesté la réprobation qu'ils méritaient. Pour ce qui est du cas particulier de Craon, j'avoue n'en connaître les détails que par ce qu'en dit la presse ; si ma présentation des événements est perçue comme inexacte par ceux qui travaillent sur le terrain, ils peuvent toujours apporter des précisions sur ce blog. Il est fait pour ça.

    Posté par Lubin, 10 novembre 2010 à 07:26 | | Répondre
  • Le débat principal du début d'année était celui sur les retraites; difficile de se faire entendre dans ce contexte. Peut être que les évênements de craon d'hier vont enfin lancer le débat!Au départ la totalité des profs et des parents se sont bien opposés mais on a tout de suite vu à quel point il était très difficile de ne serait-ce que se faire un petit peu entendre face à une machine "sarkosienne"!...voici rapidement le fil des évênements :
    - mai : discours de sarko sur les ers
    - juillet : visite de notre internat
    - mi septembre : réunion avec directeur pjj, ia 93, ia 53, j'en passe et des meilleurs, qui nous disent déjà que le projet est en route et que rien ne pourra l'empêcher.
    - courant septembre : composition de l'équipe ers (ils essayent même d'embaucher des profs de segpa du collège pour participer à cette "expérience formidable")
    - octobre : différentes réunions qui tournent vite en rond; dans lesquelles on sentait bien que rien ne pouvait empêcher sa mise en place.
    du coup évolution de notre demande: plus de moyens! (notre principal étant censé assuré les rôles de principal du collège, directeur de segpa et directeur de l'ers; autrement dit seulement directeur de l'ers...)
    - refus total de la part de l'ia puis grève de notre part. on nous répond que rien ne justifie notre demande.
    - 8 novembre : on décide d'accueillir (je vous passe le détail de toutes les réunions, rencontre avec les IA, concertations entre les profs en ce début novembre) tout de même les élèves de l'ers (ils n'ont pas à subir ça)
    - 8/9 novembre : violences et dégradations relayées par les médias.

    Posté par phet, 10 novembre 2010 à 09:25 | | Répondre
  • racisme social

    Rigolons un brin: de Lubin aux Craonnais, la connerie est un beau combat d'avant-garde.

    Imaginez-vous donc un instant naître dans une "famille" disloquée, père inconnu, demi-frères et demi-soeurs de père différents, mère désespérée, 90% de chômage dans la cité insalubre...

    Contrôle de polices incessants sur le ton de "Eh, toi, le bougnoule, papiers". Enseignants méprisants ou absents. Médias et politiciens qui passent leur temps à vous décrire comme un facteur d'insécurité.

    Imaginez des enfants qui à 9 ans pensent qu'il n'y a pas de place pour eux dans la société. Et les rares qui se battent à qui on indique qu'on ne leur donnera pas de boulot vu qu'ils habitent là.

    Voilà le profil d'une quantité effroyable de jeunes français. Voilà le profil du public des ERS qu'avant même leur arrivée, les craonnais avaient condamné, et que leur charmantes têtes blondes n'ont pas manqué de regarder comme des singes avant de se faire agresser. Ce qui met de l'eau à leur moulin sur le thème "on vous l'avait bien dit"

    Mais cela, personne ne le dit.

    Les Craonnais peuvent mépriser et craindre les habitants du 9-3. C'est simplement oublier qu'ils pourraient bien devenir plus vite qu'on ne le croit les délaissés de cette société à la dérive.

    Peut-être ce jour là les enfermera-t-on dans un ERS pour les empêcher d'agresser les autres futurs délaissés

    Posté par ittaqogi, 12 novembre 2010 à 17:30 | | Répondre
  • Lecture inattentive

    Euh...il y a comme un problème : il me semblait que tous les textes parus sur ce blog depuis le 16 juillet (et à cette date, j'étais bien le seul à m'en préoccuper) se voulaient comme une critique des ERS et du principe d'enfermement et non comme une stigmatisation des élèves. Merci de me relire attentivement.
    http://journaldecole.canalblog.com/archives/2010/07/16/index.html

    Posté par Lubin, 12 novembre 2010 à 19:01 | | Répondre
  • vive les ERS !

    Azouz Begag l'avait bien dit :
    "Il faut traverser le périphérique, aller chez les indigènes, là-bas, les descendants de Vercingétorix… Il faut casser les portes, et si elles ne veulent pas s’ouvrir, il faut y aller aux forceps. Partout où la diversité n’existe pas, ça doit être comme une invasion de criquets… Partout, de manière à ce qu’on ne puisse plus revenir en arrière."

    Alors vive les ERS, qu'ils croissent et se multiplient partout en France. Que les parents et profs bien polis, bien tiermondistes, bien élevés, bien bobos, bien planqués à la campagne côtoient la richesse multiculturelle du neuf trois et d'ailleurs ! Richesse solidement encadrée par 2 minettes de 20 ans apeurées, et avec 1 socio-éduc par ado, histoire de ne pas couter cher à la collectivité. On s'en fout, c'est les français moyens racistes qui paient !

    Et si leurs enfants se font taper dessus, bien fait, z'avez qu'à baisser les yeux devant les jeunes vacanciers discriminés que vos aieux ont colonisés ! Vous rechignez à ce que vos enfants se fassent taper ? racistes va ! Lubin, appelez la Halde... et là pour une fois vous êtes prosarko

    "L’objectif, c’est de relever le défi du métissage. Ce n’est pas un choix, c’est une obligation. C’est un impératif. On ne peut pas faire autrement (…) Si ce volontarisme républicain ne fonctionnait pas, il faudra alors que la république passe à des méthodes plus contraignantes encore." -Nicolas Sarkozy, 17 décembre 2008

    et si vous refusez, bientôt les frappes de l'OTAN

    "Il ne doit plus y avoir de place en Europe pour des peuples non métissés. Les peuples non mélangés appartiennent aux idées périmées du XIXe siècle" Général Wesley Clark, ancien commandant en chef de l’OTAN – CNN – juillet 1999

    Posté par tobias, 16 novembre 2010 à 12:02 | | Répondre
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