Un forum des métiers comme il s’en tient un peu partout dans cette période de l’année (Ouest France, 13/02/2011). Au milieu des stands, l’inévitable centre de recrutement militaire attire les lycéens avec sa quincaillerie meurtrière. Un sergent recruteur manifestement très fier de lui : « ils peuvent tirer à balles réelles. Et là, on n’est plus dans le jeu, on est dans le vrai ».

Le vrai ? A condition d’oublier que « dans le vrai », il y a toujours quelqu’un en face du canon, un enfant, une femme, un homme, une famille entière, des êtres humains qu’il est trop facile de qualifier d’ « ennemi » pour ne pas avoir à s’avouer son crime. Le vrai, c’est aussi négliger le fait que si ces lycéens se laissent berner par les mensonges du sergent recruteur, ils risquent de comprendre un peu tard qu’apprendre à tuer ou à se faire tuer sur ordre n’est pas un métier.

Combien faudra-t-il de jeunes tués en Afghanistan – une cinquantaine ces dernières années, morts pour rien – pour ouvrir les yeux de ces enseignants inconscients qui acceptent de considérer l’éducation à la défense comme partie intégrante des programmes scolaires ?


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