Plusieurs centaines de policiers, presque autant de journalistes, Sarkozy et neuf élèves. Ne cherchez pas plus loin : c’est un ERS. Plus précisément celui de Bagnères-de-Luchon, visité par Sarkozy dans le cadre de sa campagne pour l’élection présidentielle. L’ERS : une structure baroque dont la caractéristique la plus remarquable est d’accueillir davantage d’encadrants - enseignants, éducateurs, surveillants - que d’encadrés. Autre élément déterminant : un ERS ne prend sens que par la magie d’une visite ministérielle ou présidentielle, comme c’est le cas aujourd’hui, toujours hautement médiatisée, à destination des journaux télévisés. Le téléspectateur moyen n’est pas censé faire le rapprochement entre les investissements surdimensionnés en personnel et en matériel réservés aux ERS, comme d’ailleurs, aux internats d’excellence, et les coupes sombres dans les effectifs de l’EN, qui touchent tout spécialement, comme on a pu s’en rendre compte, les établissements et les élèves les plus défavorisés. Une politique éducative réduite à l’image qu’en donnera le 20 heures.

Il est piquant d’entendre qu’« Il faut en finir avec l’omerta sur les violences scolaires » dans la bouche d’un politicien qui, aussi loin qu’on puisse remonter, n’a jamais guère parlé de l’école qu’à travers ce sujet-là et que le moindre incident à l’intérieur d’un établissement scolaire fait l’objet d’une attention médiatique aussi soutenue, voire davantage, qu’un incident à l’intérieur de l'enceinte de confinement d’un réacteur nucléaire. Au demeurant, Fukushima, c’est terminé.

« Les ERS, c’est un peu mon bébé », assure Sarkozy. Là, on ne lui donnera pas tort, la ressemblance entre le père et l’enfant est effectivement frappante.

 

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