Rien de bien nouveau dans les dernières déclarations de Le Pen sur l’école : dénonciation de Mai 68, du « pédagogisme » responsable de la « destruction de l’école », des « parents démissionnaires », éloge de la discipline, de l’autorité des profs, de l’ « école sanctuaire », de la méritocratie républicaine, de la transmission des savoirs etc (le Monde, 30/09/2011).  Là où des commentateurs peu perspicaces voient la confirmation d’une évolution du discours lepeniste sur les questions de société, je n’y trouve personnellement rien d'autre que la formulation habituelle de l’extrême-droite en matière éducative, une ligne idéologique hélas partagée dans certains milieux enseignants (voir les archives de Journal d’école d’il y a six ans…).

Dans les promesses de Le Pen, on relève notamment que, si elle est élue, « les punitions seront autorisées », un futur de l’indicatif qui sous-entend qu’aujourd’hui, les punitions sont absentes de l’école. Comme le système éducatif français est déjà l’un des plus punitifs qui soient – on punit à tour de bras, pour n’importe quel motif – il y a matière à s’interroger sur la conception des apprentissages que se fait le Front national : à défaut de pédagogie, c’est par la punition qu’apprendront les élèves.