Les conditions matérielles dans lesquelles se fera la prochaine rentrée sont maintenant à peu près connues : fermetures de classes, voire d’écoles, classes surchargées, scolarisation retardée en maternelle. Les missions de l’éducation seront encore un peu plus difficiles à assurer, notamment dans les établissements les plus défavorisés.

Une situation qui fait paraître toujours plus indécent le sur encadrement dont font l’objet les internats dits d’excellence, pour des résultats - on se répète - qui n’ont jamais été évalués et dont certains effets malsains sont bien connus : comme pour l’assouplissement de la carte scolaire (voir l’analyse de Nathalie Mons), il ne s’agit pas de lutter contre l’échec scolaire, encore moins de travailler à la démocratisation de l’enseignement mais exclusivement de sélectionner les élites dont le système a besoin et, accessoirement, de donner le change à l’électeur.

A l’internat de Sourdun, par exemple, le proviseur, adjoint UMP de Copé à la mairie de Meaux, ne semble guère concerné par un quelconque souci de rigueur budgétaire. La règle d’or, c’est juste bon pour les collèges de banlieue. Qu’on en juge un peu.

A la rentrée 2011, l’internat compte 50 enseignants pour 369 élèves, soit un prof pour sept élèves.

En personnel administratif (20 au total), le proviseur est bien entouré :
- 2 proviseurs adjoints (pour laisser du temps libre au patron à la mairie ?),
- 1 gestionnaire comptable (poste le plus important de l'internat),
- 4 conseillers principaux d’éducation,
- 1 responsable informatique,
- 1 assistant informatique (pour pallier l'incompétence du responsable informatique ?),
- 1 assistante sociale,
- 1 infirmière,
- 1 aide secouriste lingère (pour secourir et entretenir les uniformes),
- 6 secrétaires, sans doute débordées, puisqu’elles doivent se faire épauler par 1 assistante secrétariat.
Un allergologue est attendu pour la rentrée prochaine, si Sarkozy est réélu.

Le personnel technique est scandaleusement limité à 12 :
- 1 agent d’accueil et de sécurité (lorsque j'étais étudiant, on disait un "appariteur" mais c'était pour plusieurs milliers d'étudiants et des grands, parfois un peu agités),
- 1 responsable d’exploitation,
- 1 chef de cuisine aidé d’un second de cuisine (le caviste est attendu pour la rentrée prochaine si Sarkozy est réélu),
- 2 responsables « centre équestre » (l’avenir de la race chevaline est une grande chose assurément),
- 1 électricien,
- 1 menuisier,
- 1 peintre,
- 1 agent de nettoyage,
- 1 plombier,
- 1 responsable technique (qui ne s'occupe ni d'électricité ni de menuiserie ni de peinture ni de plomberie ni de nettoyage ni de chevaux).

Le personnel de vie scolaire se porte bien, merci pour lui, avec pas moins de 19 assistants d’éducation ( !), 1 éducateur sportif, 4 maîtres de maison (sic). Il ne manque plus que le maître à danser et l’aumônier, comme il sied à toute bonne maison d’éducation.

Au total, donc, à Sourdun, 106 adultes encadrent 369 élèves. Faut-il croire que les élèves sont particulièrement difficiles ou particulièrement méritants, ou les encadrants particulièrement défaillants ?  Un taux d’encadrement qui, malgré cela, est encore très en-dessous de celui des ERS, qui ne doit pas être très éloigné d’un adulte pour un élève.

J’ai pour ma part tendance à penser que ce type d’encadrement, où domine un souci abusif (exclusif ?) de surveillance, signe surtout l’échec des principes éducatifs qui le génèrent.