27% + 20%, Sarkozy + Le Pen : on n’est pas loin d’une majorité d’extrême-droite dans ce pays, ou d’une opinion majoritaire construite sur la peur de l’autre, le racisme, le repli sur soi, la brutalité, l’obéissance comme valeur suprême, le mépris des droits de l’homme. Les propos d’estrade plutôt que le débat, les analyses caricaturales à force d’être simplificatrices plutôt que la prise en compte de la complexité du monde. Une incapacité maladive à imaginer une autre forme de collectivité, de vie en société qui s’épanouiraient en dehors du cadre étriqué et de plus en plus étouffant de la nation.

Depuis 10 ans, Sarkozy court après l’extrême-droite. Aujourd’hui, c’est l’extrême-droite qui le rattrape. Mais ne l’a-t-on pas trop laissé faire ? En lui répondant de façon trop timorée, voire en laissant faire, dans à son entreprise de destruction des droits de l’homme, comme si en période de crise, le respect des droits de l’homme n’était qu’un luxe dont on n’avait que faire ? En acceptant sans sourciller, ou presque, un type de gouvernance plus proche de l’absolutisme que des règles démocratiques. ? En laissant à l’abandon l’idée européenne, seule alternative crédible aux crispations identitaires ? Il est vrai, que, sur ce dernier point, une bonne partie de la gauche lui a donné un sérieux coup de main.

Ce soir, la France fait peur. Mais ça devient une habitude les soirs d’élection.