Evaluation, mai 68, Woodstock : Rama Yade fait sa synthèse
«Supprimer la notation, remettre en cause les évaluations, c’est le retour de Woodstock dans l'éducation nationale […] » Cela relève d’une « idéologie post-soixante-huitarde qui consiste à donner tous les pouvoirs aux élèves, à dire que l’enfant est roi, à estimer qu’il ne faut pas lui demander d’efforts, que le mérite ne compte pas […] ».
Nous sommes bien en France en 2012, et cette fine sortie est d’une personnalité politique nationale, ancienne ministre et qui ambitionne, paraît-il, les plus hautes fonctions.
Ce qui m’étonnera toujours, avec ce genre de déclarations, ce n’est pas qu’on puisse les tenir – Rama Yade n’a jamais fait preuve de finesse ni de sagacité dans sa petite carrière politique – mais qu’on puisse les prendre au sérieux, qu’il y ait toujours un micro pour les enregistrer et surtout qu’il ne vienne jamais à l’esprit des journalistes qui les reproduisent de demander à leur auteur d’où il tient ses informations, de citer ses sources.
Car enfin, sur le sujet de l’évaluation, ce n’est pas la littérature qui manque, les travaux des chercheurs, des enseignants, les enquêtes, nationales ou internationales. Encore faudrait-il les lire, ce qui relève de l’honnêteté la plus élémentaire pour qui prétend exercer des responsabilités publiques. On éviterait ainsi de mélanger notation et évaluation, élève et enfant-roi, de laisser entendre que la note exige un « effort » alors qu’un travail non noté ne serait que paresse. On pourrait surtout se dispenser de divaguer sur mai 68, à l’origine du « laxisme éducatif », même si l’après-mai 68 s’est plutôt signalé en matière éducative par des blocages et par l’influence d’une pensée réactionnaire dont on n’est pas sorti 44 ans plus tard … à quelques exceptions près, comme, par exemple, l’évaluation par compétence et le socle commun mis en place par un soixante-huitard irresponsable, un certain François Fillon, dans le cadre de sa loi d’orientation de 2005, une loi probablement élaborée sous l’effet du cannabis.
Pour en finir avec Rama Yade, qui ne s’interdira pas d’entrer au gouvernement de ce dangereux gauchiste un peu plus tard, redonnons lui la parole dans la même interview : « On a aujourd’hui la génération la plus diplômée mais la moins cultivée. » Posons comme hypothèse que Rama Yade est surdiplômée…

