Et l’on ne nous en avait rien dit ? Soyons reconnaissant à l’Aphg de dévoiler les noirs desseins du ministre : figurez-vous qu’à la rentrée, l’horaire imparti en collège à l’enseignement de l’histoire-géographie se voit réduit de façon drastique. Ainsi, en classes de 5e et 4e, avec une seule heure d’histoire hebdomadaire, les enseignants seront tenus de traiter toute la période courant de Charlemagne à 1914. Sur son site, l’Aphg mentionne les questions écrites laissées au ministre par deux sénateurs/sénatrices socialistes, Gisèle Printz et Bernard Piras.  

D’historiens, on attendrait au minimum la vérification des sources qui montrerait que l’horaire attribué à l’histoire-géographie-éducation civique en collège s’élève toujours à trois heures hebdomadaires. Ou encore que la période de Charlemagne est traitée en classe de 6e (et non en 5e) dans le cadre des empires chrétiens du Haut Moyen Age.

Moins anecdotiques sont les motivations des deux parlementaires, affligés de voir les enseignants contraints de « sacrifier des questions entières, dont celles portant sur l’étude de l’histoire nationale ». Rengaine mille fois reprise qu’on se lasse de devoir opposer à la simple consultation des programmes officiels qui, en collège, réservent une place largement majoritaire à l’histoire nationale et à sa chronologie politique, au détriment de tout le reste (Journal d’école, 19/04/2012).

Si les décisions qui s’annoncent pour les prochains mois devaient être exclusivement le fruit de ce type de lobbying, il y a vraiment du souci à se faire.

 

B. Girard