En matière de rythmes scolaires, les pentes neigeuses font sérieusement déraper, non seulement le lobby du tourisme en montagne mais également l’UMP qui s’est exprimée sur le sujet au cours des questions d’actualité à l’Assemblée nationale par la bouche d’une de ses représentantes, Sophie Dion. La retranscription des débats est d’ailleurs riche d’enseignements : on y voit tout le sérieux avec lequel l’UMP débat des questions éducatives (cf les allusions au ministre « de l’EN et du cannabis »…)

Domaine skiable de France (DSF) s’inquiète en effet de ce que les vacances de printemps pour l’année 2013-2014 pourraient être fixées entre le 18 avril et le 19 mai, « soit en dehors de la période d’enneigement des stations » (Vousnousils, 12/11/2012). La nature étant ce qu’elle est - et le réchauffement climatique également – cette revendication aboutirait à faire tenir les vacances scolaires, non seulement de printemps mais aussi celles d’hiver, sans oublier les congés de Noël – à moins de décaler la date de Noël et du jour de l’An (on s’étonne que Chatel n’y ait pas pensé) -  sur une période allant de fin décembre à fin avril. Et encore la neige a-t-elle tendance à se faire rare en décembre comme en avril. Autrement dit, pour l’UMP et le lobby du tourisme, les rythmes scolaires sont d’abord l’affaire des canons à neige.

A moins de mettre fin au zonage des académies, ce qui permettrait de faire alterner sans difficultés les sept semaines de travail et les deux semaines de congé, rythme jugé, paraît-il, idéal par les chronobiologistes, on voit bien que poser la question des rythmes scolaires uniquement en termes de calendrier annuel, conduit à  une impasse, dont on ne sortira pas si l’on se refuse à aborder la question charnière, celle du contenu d’une journée de travail et, partant, celle des programmes, du contenu de l’enseignement. Quels savoirs scolaires faire acquérir, quelles compétences développer, avec quelles méthodes, sur un temps nécessairement limité ?

Questions incontournables dans le cadre d’une rénovation qu’il serait très réducteur de limiter aux congés d’été ou au mercredi matin, ce dernier point ne concernant d’ailleurs que le primaire. A moins de considérer que l’enseignement secondaire n’est pas concerné par la nécessité de se rénover.

 

B. Girard