Depuis plusieurs mois, les professionnels du tourisme en montagne se livrent à un lobbying forcené auprès du ministre de l’Education nationale. Objet de la manœuvre : concentrer le plus possible les vacances scolaires sur la période d’enneigement. Ce sont les élus des régions de montagne, très majoritairement de droite, mais aussi de gauche, qui jouent les intermédiaires à travers les questions écrites dont ils submergent le ministère.

Par exemple,  pour Martial Saddier, député UMP de Haute-Savoie, « les stations ont déjà beaucoup souffert du calendrier scolaire publié en 2009 qui a retardé les vacances d'hiver et de printemps d'une semaine par rapport à la coutume et a réduit de moitié la fréquentation des stations pendant les vacances de Printemps. Le spectre d'une saison touristique s'achevant fin mars, à défaut de perspective de rebondissement de la fréquentation en fin de saison, menacerait ainsi 35 000 emplois. »

Ainsi, le décalage d’une semaine des congés menacerait à lui tout seul l’économie des régions de montagne ? Le moins que l’on puisse dire est que ces interventions ne font pas dans la nuance, l’analyse n’est pas leur fort, avec, en prime, un gros mensonge que l’on retrouve systématiquement dans toutes les questions écrites : chacun des parlementaires montés au créneau remet en cause avec un bel ensemble le décalage de six à sept semaines entre les vacances d’hiver et celles de printemps… un décalage qu’ils sont sans doute les seuls à avoir relevé, un simple regard sur le calendrier officiel montrant que dans chaque zone, les vacances de printemps débutent bien six semaines après celles d’hiver et non sept.

Ignorant sans doute que le printemps court jusqu’au 21 juin, les professionnels du tourisme et leur bras législatif semblent faire une véritable fixation sur les congés de printemps qu’ils aimeraient voir avancés, rêvant - pourquoi pas - de regrouper les actuels congés d’hiver et de printemps dans une sorte de grandes vacances d’hiver. Dans le même temps, le raccourcissement des vacances d’été couplé à leur étalement sur trois zones permettrait à coup sûr de remplir les stations touristiques.

Quant à l’intérêt des élèves – et de toutes manières, seule une petite partie d’entre eux part en vacances d’hiver – il est presque incongru d’en parler ici.

 

B. Girard