Premier ministre ? Valls, c’est celui qui, par sa posture, ses discours, son action, a contribué à légitimer encore plus la parole de la droite et même de l’extrême-droite. L’abstention massive de l’électorat de gauche aux municipales le vise directement. Elle est un signal clair : Valls n’est pas un homme de gauche. Sa notoriété, fabriquée de toutes pièces par les sondages, montre à quel point la politique a été durablement gangrenée par les années Sarkozy dont il est finalement un pur produit : le populisme, le verbe agressif, les coups médiatiques, pour masquer l’incapacité à faire face aux vrais problèmes. Tout le contraire du courage politique. L’éducation ne devrait pas tarder à ressentir les effets de ce mélange de brutalité et de pusillanimité.

Le choix de Hollande est alors consternant mais pas vraiment surprenant au regard de ces deux dernières années : avec les municipales, c’est le PS qui s’est pris une gifle. La nomination de Valls, c’est un coup de poing pour tous ceux qui croyaient encore possible une société plus juste et plus ouverte.

 

B. Girard