Tout ça pour ça ? Il n’était pourtant pas terrible, le bilan du ministre sortant : la refonte des programmes repoussée à toujours plus tard ; le sacro-saint statut des profs infléchi à la marge mais en réalité reconduit d’années en années ; la réforme de leur formation toujours balbutiante ; rien sur les examens (on continue dans le burlesque avec le DNB) ; rien sur le collège ; rien sur le lycée ; une administration centrale immuable et une hiérarchie toujours aussi étouffante.

Il n’y avait guère à mettre au crédit de Peillon qu’une timide volonté réformatrice en matière de rythmes scolaires. Certes bien limitée : comme à ses prédécesseurs, les professionnels du tourisme avaient imposé leurs vues en matière de calendrier annuel. Malgré cela, en primaire, la réforme des rythmes hebdomadaires s’est traduite par un certain nombre d’initiatives qui ont eu au moins le mérite de mettre fin à l’hérésie de la semaine de quatre jours malgré une opposition politique, dogmatique ou opportuniste.

C’était sans doute encore trop. L’annonce par Valls d’un « assouplissement » dans l’application de la réforme ne trompe pas grand monde : c’est bien d’une capitulation en rase campagne qu’il s’agit, dans la lignée des renoncements sur le statut des profs ou la rémunération des profs de prépas… en attendant la suite. Car le discours de politique générale entendu cet après-midi n’est qu’une enfilade de concessions à la droite – hystérique si l’on en juge par le piteux spectacle que ses parlementaires ont une fois de plus donné - et pas seulement en matière éducative.

« Refondation », avait-il dit…

 

B. Girard