Aujourd’hui, c’est le secrétaire général du Conseil de l’Europe qui fait part de son inquiétude sur les dérives de l’état d’urgence en France, s’inquiétant, entre autres des « prérogatives conférées à l’exécutif (…) des perquisitions et assignations à résidence (…), de l’usage des armes à feu par la police (…), des restrictions à la liberté d’aller et venir (…), de la déchéance de la nationalité. » Ce qui commence à faire beaucoup mais n’est pas nouveau : il y quelques semaines, le commissaire européen aux droits de l’homme avait déjà fait les mêmes observations, puis le Comité des droits de l’homme de l’ONU mais aussi la Commission consultative nationale des droits de l’homme (CNCDH). En pure perte puisqu’il y a deux mois, Valls s’était cru suffisamment sûr de lui pour affirmer que dorénavant, la France (c’est-à-dire lui-même) n’était plus tenue de respecter la Charte européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Il y a quelques années, lorsque Sarkozy fustigeait les « droits-de-l’hommistes », qui pouvait croire qu’on tomberait un jour aussi bas ?

Pour rester sur le même terrain, voir l'interview hallucinante et hallucinée de Valls à la BBC (tellement hallucinante qu'elle n'a pas été diffusée en France) : un chef de gouvernement en plein délire - sous les yeux écarquillés de la journaliste britannique - y parle de "guerre totale, globale, générale (...) Dans nos propres sociétés, des centaines, des milliers de jeunes qui peuvent basculer dans la radicalisation (...) La menace, le danger sont au sein de notre société.

Guerre totale ? Wollt ihr den totalen Krieg ?

 

B. Girard