05 décembre 2007
Se servir civiquement
Si l’on voulait ridiculiser un peu plus le service civique et même le civisme tout court, il suffisait de donner la parole à Laporte, homme de fric et affairiste véreux, présentement sous-ministre des Sports, de la Dope et de l’Argent. C’est fait : dans un entretien aux Dernières nouvelles d’Alsace, Laporte se montre « à titre personnel » partisan du STO. Il est vrai que pour Laporte, "servir", c'est surtout "se servir" dans la caisse. Information finalement plutôt réjouissante : avec un soutien de cet acabit, on peut douter que le service civique voit le jour.
16 mars 2007
Désir d'avenir, peur pour l'avenir
Consternant. Il ne lui suffisait pas de marquer Sarkozy à la culotte ; c’est maintenant vers Le Pen qu’elle vole. Ces derniers jours, on vient d’entendre Royal exalter Jeanne d’Arc, chanter l’identité nationale. Alors qu’elle avait reculé sur le service civil pour les jeunes, ne le souhaitant plus que volontaire, voilà qu’elle se prononce pour un service militaire obligatoire. Derrière Royal, c’est le profil hideux de Chevènement qui se dessine et « Désir d’avenir » est en train de virer au cauchemar.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-883424,0.html
Cette campagne électorale n’est qu’une triste pantalonnade, où les candidats, sans programmes, sans morale, changent de promesses au fil des sondages, adaptent leur discours à l’auditoire du moment, jurent tout et n’importe quoi. L’ennui, c’est que pour remporter une élection en France, il faut faire dans le populisme, dans le poujadisme. Il faut aussi des boucs émissaires : les émigrés, bien sûr – on attend toujours Royal sur la question des sans-papiers – mais aussi et surtout les jeunes qui, à partir de 2007 n’auront d’autre horizon que l’encadrement militaire et la caserne. Ce n’est sans doute pas fini : aucun candidat n’émergeant des sondages, il y a tout à craindre de cette fin de campagne. Eric Besson, ancien secrétaire national du PS, viré par Royal il y a quelques semaines, affirme redouter « pour ses enfants » l’élection de Royal. « On est sur une pente dangereuse... », poursuit-il. Dans ce climat délétère, avec les jeunes, c’est l’éducation qui est dans la ligne de mire des candidats : là comme ailleurs, l’arnaque électorale n’en finit pas de faire des ravages.
08 mars 2007
La caserne ou l'école ? Il faut choisir
Dans un chat au Monde (08/03/2007), le très sarkozien Soullez, directeur de l’Observatoire national de la délinquance à l’INHES, trouve les mots qu’il faut pour justifier le projet de service « civil » - on sait qu’il serait militaire – de son maître : « le service civil contribuerait à instaurer un encadrement et à définir différentes règles nécessaires à l’épanouissement de tout adolescent ». C’est bien vrai qu’arrivés à l’âge de 20 ans, après une quinzaine d’années passées en établissement scolaire, les jeunes n’ont connu ni « encadrement », ni « règles » : aujourd’hui, en France, 10 millions d’élèves se sont levés tôt le matin, pour arriver à l’heure à l’école, ils y ont travaillé, entourés par leurs profs, se sont astreints à un règlement scolaire, ont appris à vivre en groupe. Mais pour Soullez et les partisans du service obligatoire, ce n’est pas assez : seuls les murs d’une caserne peuvent assurer un réel « encadrement » aux jeunes et leur inculquer les « règles nécessaires ». Au passage, on aura relevé le terme d'"adolescent" utilisé par Soullez : envisage-t-il un service obligatoire pour les 12-14 ans ?
http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-823448,55-879906@51-880407@45-2,0.html
La caserne à l'horizon Sarkozy
Il ne s’en cache plus : si Sarkozy est élu, il rétablira le service militaire obligatoire. Il appelle ça un « service civique à dimension militaire ».
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/239490.FR.php
Transmis aux lycéens et aux étudiants qui seraient tentés par le vote Sarkozy.
[Voir sur le même sujet « Mais de quelle jeunesse rêvent-ils ? », Journal d’école, 04/03/2007]
04 mars 2007
Mais de quelle jeunesse rêvent-ils ?
Dans une interview publiée par le mensuel Défense et sécurité internationales, Sarkozy rêve-t-il tout haut de rétablir le service militaire ? Dans le cadre d’un service « civique » obligatoire, il imagine une composante militaire, permettant à la France, précise-t-il, d’avoir « une réserve opérationnelle plus consistante, à même de soulager les armées déjà fortement sollicitées sur les théâtres extérieurs ». C’est bien vrai qu’avec le Charles-de-Gaulle parti traquer Ben Laden dans les montagnes d’Afghanistan (on ne rit pas) ou la brillante expédition d’un corps expéditionnaire bombardant la redoutable aviation de Gbagbo en Côte d’Ivoire, elles sont effectivement « fortement sollicitées » les armées françaises. De même que le porte-monnaie du contribuable, puisque le budget militaire de la France s’élève pour cette seule année 2007 à plus de 48 milliards d’euros. Pour Sarkozy, finalement, il y a deux sortes de jeunes : les méchants, qu’on enferme derrière les barreaux ou qu’on nettoie au kärcher ; les gentils, qu’on envoie en caserne.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-878746@51-868191,0.html
On ne se fait pas d’illusions : ce n’est pas sur ce terrain que Royal lui apportera la contradiction. Dans un discours devant ce que Le Monde appelle « un parterre de spécialistes » (Lagardère ? Dassault ?) réunis par Chevènement, le Déroulède de gauche, elle affirme ne rien vouloir toucher aux sacro-saintes dépenses militaires. Des millions de pauvres, des sans-abris qu’on n’arrive même plus à cacher mais la priorité reste « le programme de simulations aériennes..., le renouvellement des vecteurs sous-marins...un nouveau sous-marin lanceur d’engins ». On n’a rien entendu, non plus sur le scandale des exportations d’armement – la France est le 2e ou 3e vendeur d’armes au monde – qui accroît la misère et excite les guerres. Cornaquée par son triste mentor, ancien ministre de la Défense et de l’Education nationales (c’est à peine un raccourci...), à l’origine de l’enseignement de « l’esprit de défense » dans les établissements scolaires, elle insiste sur la nécessité de « renouveler la confiance entre les citoyens et la défense ». Est-ce à dire que les citoyens n’auraient pas confiance en leur armée ? Pourtant, entre la débandade du printemps 40 et le Rainbow Warrior, en passant par Dien Bien Phu et l’Algérie, que d’exploits, de hauts faits d’armes, l’armée française n’a-t-elle pas à son acquis ! Pour les socialistes, donc, non seulement les petits durs de banlieue seront confiés aux sous-offs, mais il faudrait créer un service « civique » (Royal ne l’envisage plus obligatoire, du moins pour le moment, c’est déjà un progrès), pouvant avoir ce qu’ils appellent pudiquement « une dimension de formation de base aux missions de protection civile et de défense du territoire ». Peut-être faudrait-il quand même s’interroger sur ces politiciens qui n’ont pas d’autre horizon pour un pays que la guerre et que la caserne pour sa jeunesse. Non ?
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-878720@51-868191,0.html
10 décembre 2006
Faut-il avoir peur de l'armée ?
Lourdes peines de prison pour les incendiaires des mosquées d’Annecy, le 5 mars 2004 (Libé, 09/12/2006). On ne leur jettera pas la pierre, d’abord parce qu’on ne se sent pas une mentalité de procureur, ensuite parce que la plupart des accusés ont vécu une enfance de misère qui est bien pour quelque chose dans leur dérive. Au cours de leur procès devant la cour d’assises de Haute-Savoie, deux d’entre eux, anciens militaires du 27e bataillon de chasseurs alpins ont montré comment ils avaient appris le racisme à l’armée (Le Monde, 07/12/2006) : l’un raconte comment, à l’armée, il a subi un véritable conditionnement, « un bourrage de crâne patriotique ». « La France, la France et encore la France », comme on le lui a martelé. Une France « où il n’y a pas de place pour l’Islam ». Envoyé en Côte d’Ivoire, il découvre les passages à tabac de rebelles auxquels se livrent les militaires français : « Quand on en arrêtait un, on le ligotait. Le sergent lui mettait un coup de poing dans la gueule et c’était chacun son tour ». « Avez-vous refusé les coups ? », demande un avocat. « Oui, on m’a traité de pédé ».
Ce n’est peut-être pas inutile de rappeler ce genre d’histoires, qui, d’ailleurs, n’est pas isolée, à un moment où nos politiciens rêvent de faire rééduquer les jeunes par l’armée. « Je ne vois pas pourquoi le mot armée ferait peur », affirmait Royal il y a quelques mois. Au 27e bataillon de chasseurs alpins, on pourrait peut-être lui expliquer à Royal.
18 novembre 2006
Pour l'école, le pire reste à venir
Il y a huit jours à peine, la presse et la classe politique mêlée ne bruissaient que de cet infâme complot mené contre Royal par vidéo interposée. Le thème du « tous contre Royal » s’imposait comme une évidence. Aujourd’hui, la même presse et la même classe politique, avec leur lucidité coutumière, nous affirment que toute la gauche est derrière Royal, puis bientôt, sans doute, tout le peuple, tout le pays. Un peuple, un pays, une cheftaine. J’aurais personnellement tendance à penser que c’est bien plutôt Désir d’avenir, la boite de pub de Royal, qui a judicieusement laissé s’échapper cette vidéo où la cheftaine en question se défoule sans retenue sur les profs. Un rapide coup d’œil sur les forums internet, sur les courriers de lecteurs dans la presse montre que Royal a déclenché un nouveau procès en sorcellerie contre les profs où chacun, parfaitement ignorant de la réalité du métier, se laisse aller contre des fonctionnaires travaillant 18 heures par semaine avec 4 mois de vacances. Cette nouvelle philippique sur l’école lui vaut bien cinq points dans les sondages et 60% de militants « socialistes ». Pourquoi s’arrêterait-elle là, la reine des sondages, puisqu’elle a bâti toute sa popularité sur un éreintement obsessionnel de l’école, des élèves et des jeunes ? Chronologiquement, il est facile de vérifier que sa percée dans les enquêtes d’opinion remonte au printemps dernier avec sa dénonciation brutale des sauvageons qu’il faut enfermer en internat, surveiller dès la maternelle, expédier en camp militaire « à la première incartade ». Avec sa phobie maladive de tout ce qui a moins de 18 ans, avec sa dénonciation permanente des jeunes, elle se positionne sur une thématique qui a si bien réussi à Sarkozy depuis quelques années : faire peur à l’opinion avec la jeunesse. On a tout lieu de redouter la suite. De Royal à Le Pen, en passant par Sarkozy, Bayrou ou de Villiers, c’est à qui ira de sa petite phrase assassine sur cette classe d’âge qu’il ne faut plus éduquer mais faire plier. Alors qu’aucun d’entre eux n’a présenté de véritable programme sur l’école, ils sont d’une imagination délirante lorsqu’il s’agit de flatter un électorat apeuré : les jeunes, on va les enfermer, les mettre en uniforme, les mettre au garde-à-vous devant le chiffon national. Le plus discret reste encore Le Pen : c’est normal, les autres lui ont volé toutes ses idées.
On pressent que Royal n’en restera pas là dans la surenchère populiste ; quand, au fil des mois, le vide de son projet et l’inconsistance de sa personne commenceront à percer, c’est encore et toujours sur l’école et les jeunes qu’elle laissera s’exprimer sa brutalité. Dans ce pays de vieux cons, promettre le retour de la trique dans les écoles, c’est suffisant pour remporter les élections.
Quant au PS, en soutenant massivement une femme qui pouvait aussi bien faire carrière à l’extrême-droite, ce n’est pas la première fois qu’il abdique tout honneur et jette aux orties les maigres valeurs qui lui restaient. Les militants socialistes, en investissant Royal, se sont montrés les dignes héritiers de ceux qui, il y a un demi siècle, envoyaient les paras torturer en Algérie, ou même, auparavant, on sait en quelles circonstances, avaient voté les pleins pouvoirs à un vieux militaire dont le grand âge et les médailles rassuraient tellement les braves gens. Un vieux militaire qui, pour mieux encadrer la jeunesse, avait inventé les chantiers de jeunesse...que Royal a promis de restaurer. Mais il n’y a sans doute aucun rapport.
06 novembre 2006
La jeunesse au pas de l'oie
Alors que Déroulède – pardon, Chevènement – venait de se déclarer candidat à la présidentielle, Royal lui a aussitôt demandé de la rejoindre (France 2, JT 06/11/2006) : «J’ai beaucoup de respect pour Chevènement – a-t-elle déclaré – je l’ai toujours soutenu dans sa démarche concernant l’encadrement des jeunes ». Tiens donc. Pour ceux qui ont la mémoire courte, ou qui étaient trop jeunes à l’époque, rappelons qu’il y a une vingtaine d’années, Chevènement, alors ministre de l’Education nationale, avait été à l’origine d’une formidable régression éducative dont on n’est toujours pas sorti aujourd’hui : le regard fixé sur l’école des années 20 (et sur la ligne bleue des Vosges), son passage rue de Grenelle avait été marqué par un arrêt brutal de l’innovation pédagogique et des tentatives pour faire bouger l’école. Le niveau collège, tout spécialement, ne s’en est jamais remis. Le collège d’aujourd’hui, dont chacun s’accorde à reconnaître que c’est le niveau à problème, c’est le collège Chevènement. C’est lui qui, notamment, en rétablissant un examen écrit en fin de 3e, a largement contribué à court-circuiter la rénovation des apprentissages scolaires et de l’évaluation. Aujourd’hui, si les élèves s’ennuient autant en collège, c’est à Chevènement qu’ils le doivent. Mais Chevènement, c’est aussi la Marseillaise obligatoire, le retour à l’histoire de France traditionnelle destinée à « faire émerger une conscience nationale » chez l’enfant, la kollaboration armée/école avec cet inénarrable programme d’éducation dite « civique » visant à développer l’esprit de défense chez les jeunes (voir mes très nombreuses chroniques sur le sujet). Chevènement, c’est aussi l’intarissable pleureuse de la disparition du service militaire qui, sur ce sujet, rêvait de voir Chirac au poteau d’exécution pour haute trahison. Chevènement fut également le premier, bien avant Sarkozylepenroyaldevilliers, à jeter l’anathème sur les « sauvageons », contribuant ainsi à créer dans une large fraction de l’opinion publique une profonde méfiance à l’égard des jeunes. Le jeune, bouc émissaire, surtout s’il est un peu métissé, le jeune à surveiller, le jeune à enfermer, le jeune à dresser, le jeune à encaserner, c’est lui, Chevènement, puis, après lui, beaucoup d’autres. Parmi lesquels Royal dont il est incontestablement le mentor, ou plutôt l’âme damnée. Car il est quand même effarant de voir comment cette détestation des jeunes générations a pu devenir le ciment de la quasi totalité des candidats à la présidentielle ; sans doute pour masquer le vide de leur pensée, leur piètre sens des responsabilités, leur incapacité maladive à traiter des questions d’avenir, ils font preuve au contraire d’une imagination sans limite dès lors qu’il s’agit d’ « encadrer » les jeunes, comme le dit Royal : colonies pénitentaires, internats généralisés, uniformes scolaires, policiers dans les écoles, suppression de la justice des mineurs, Marseillaise obligatoire, élèves au garde-à-vous devant le drapeau nazional, on ne sait plus au juste qui vole les idées de l’autre, qui inspire qui, qui ira le plus loin dans la surenchère.
Et moi qui ne suis qu’un petit prof de collège, donc éducateur un peu quand même, je m’inquiète devant cette dérive démagogique : l’histoire a gardé en mémoire que les régimes qui ont développé les conceptions éducatives les plus brutales ont été aussi parmi les plus totalitaires. Quand on commence par faire marcher au pas la jeunesse, c’est bientôt toute la société qui suit.
05 novembre 2006
Petites vacances, grands bonimenteurs
Pendant ces dix jours de vacances scolaires, nos politiciens ont montré dans quelle haute estime ils tenaient l’école et, plus vraisemblement, les élèves. De Villiers avait ouvert le feu en réclamant un couvre-feu pour les mineurs pendant la durée des vacances. Puis, c’était le tour de Royal, s’emportant contre « ces enfants de 9-12 ans qui mènent des guérillas urbaines » (sic), avant de rectifier : finalement ce sont les 12-15 ans qui sèment le trouble et qu’il faut arrêter « à la première incartade », comme par exemple courir dans la rue au lieu de marcher au pas comme doivent savoir faire tous les 12-15 ans. Pour Klarsfeld, la voix de son maître, « c’est à l’école que se gagnera la guerre contre la délinquance des mineurs » (Le Figaro, 01/11/2006). Rien de moins : la délinquance n’a rien à voir avec le chômage, avec les ghettos urbains, avec les brutalités policières, avec l’arrogance et le mépris, avec les dérives d’une société de consommation, non Klarsfeld, avec sa lucidité coutumière, a trouvé le responsable de tous les maux : l’école et, plus spécialement, l’absentéisme scolaire : « l’absentéisme et le décrochage scolaires sont souvent les premiers signes d’une activité délinquante ». Et d’ailleurs, c’est bien parce qu’un élève absent est un délinquant, que Sarkozy-de Robien, ministre bicéphale de l’éducation et de la police, enjoint aux chefs d’établissement de signaler aux autorités ce dangereux délinquant qui sèche les cours. Une mère de famille n’a-t-elle pas été condamnée dernièrement à 400 euros d’amende parce que son fils faisait l’école buissonnière ? Encore n’a-t-elle pas à se plaindre : en Angleterre, pour ce crime abominable, elle risquerait la prison. Peut-on suggérer – sans se faire taxer de laxiste et de pédagogue anti-républicain – que l’absentéisme est d’abord un signe de souffrance et d’échec scolaire et que c’est peut-être en amont qu’il faut chercher des solutions ?
Au fait, avez-vous remarqué que, dans cette campagne électorale, la dénonciation de la délinquance ne vise que celle des mineurs, jamais celle des majeurs, alors que la délinquance des mineurs ne représente que 20% de la délinquance totale et pour la part la moins grave encore ? Il est bien vrai que les mineurs sont la seule catégorie de la population sur laquelle nos politiciens peuvent jeter sans risque l’anathème : les mineurs ne votent pas, eux.
25 octobre 2006
Egarement
« Ségo, c’est Sarko en meuf », affirmait un jeune hier à Libé. J’ai tendance à penser que c’est peut-être pire. Hier, dans le débat qui l’a opposée à Strauss-Kahn et à Fabius, elle s’est cramponnée à cette idée foldingue de faire rééduquer les jeunes délinquants par l’armée : elle appelle ça maintenant des « camps humanitaires encadrés par l’armée » (sic). L’armée à vocation éducative, l’armée à vocation humanitaire donc. La marche au pas cadencé, la soumission aux hurlements de l’adjudant, les beuveries de caserne, des dépenses militaires exorbitantes, des exportations d’armement qui portent la guerre partout dans le monde, la bombe atomique, pour ne pas remonter à la torture en Algérie et j’en passe. Pour Royal, l’armée est éducatrice, l’armée est humanitaire. Il faut que l’opinion publique soit bien égarée pour envisager de confier la direction d’un pays à quelqu’un qui professe une telle vision de l’éducation et de l’humanité.
