20 février 2007
Sarkozy interdit l'avion aux Musulmans
Pendant la campagne électorale de Sarkozy, les Musulmans sont interdits de vol.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-869398@51-869402,0.html
22 janvier 2007
Selon que vous serez agriculteur ou jeune de banlieue
Pas beaucoup de le temps pour écrire en ce moment. Epinglé quand même deux infos au passage en fin de semaine.
Redeker recasé au CNRS par de Robien en personne. Espérons que tous les collègues fatigués, déprimés, qui ne supportent plus les élèves, l’administration, que tous ces profs, donc, sauront en tirer la leçon. S’ils souhaitent se reconvertir, ils n’ont qu’à envoyer au Figaro un pamphlet anti-musulman, aux relents racistes, attendre les médias et la promotion. Si le Coran n’existait pas, il faudrait l’inventer.
Dans un registre voisin – la justice à géométrie variable – on apprend (Ouest France,19/01/2007) que des agriculteurs qui, le 5 novembre 2004, avaient saccagé l’hôtel des impôts de Morlaix (Finistère), ont bénéficié d’un non-lieu : 60 000 euros de dégâts, un policier grièvement blessé, trois autres échappant de justesse à un guet-apens où ils auraient pu laisser leur peau, mais le juge d’instruction de Morlaix n’y trouve finalement rien à redire. Pas davantage, non plus, que la FDSEA du Finistère qui trouve la décision « logique ». Logique à comparer, par exemple, aux lourdes peines de prison infligées aux émeutiers de l’automne 2005 ou même à la prison ferme pour quelques lycéens suite aux manifs anti-CPE. On rappelle aussi que Sarkozy vient de faire adopter une nouvelle qualification pour le guet-apens contre des policiers, qui n’est plus un simple délit mais un « crime » passible de 15 ans de prison. A condition, bien sûr, d’habiter le 93 et d’avoir une capuche sur la tête ; parce que dans le 29, la justice voit les choses différemment.
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits... » Mais où diable ai-je déjà lu ça ?
20 décembre 2006
Mineurs menacés, mineurs menaçants
Ils seraient 30 000...ou 80 000 enfants menacés par les sectes. On ne s’arrêtera pas sur l’imprecision des chiffres (un peu comme si le ministère des Transports annonçait pour cette année 5000 morts sur les routes...ou 13 000). L’important, c’est de faire peur, de désigner un bouc émissaire, de renforcer toujours un peu plus ce sentiment d’angoisse à propos des mineurs : un mineur, lorsqu’il n’est pas un délinquant multirécidiviste, est un délinquant potentiel ; lorsque le mineur n’est pas mis en danger par internet, par les jeux vidéos, par les pédophiles, il l’est par les sectes. Sectes qu’on est d’ailleurs bien incapable de définir. Lorsque le mineur n’est pas scolarisé, c’est qu’il est aux mains d’une secte, même si l’école n’est pas obligatoire en France. Et lorsque le mineur fréquente régulièrement l’école, il est menacé par ces hordes de barbares et de sauvageons qui y font règner la terreur. Mineur menacé, mineur menaçant. Dans tous les cas, il faut sévir mais d’abord, effaroucher le bon peuple. Et ça, nos politiciens, toutes tendances confondues, savent faire, à l’instar de cette commission parlementaire qui vient donc d’avancer 50 propositions pour « protéger » les mineurs (Libé, 20/12/2006). Mais les protéger de quoi et comment ? Ce qu’on reproche aux témoins de Jéhovah, est-ce vraiment le refus de la transfusion sanguine ou plutôt celui du service militaire lorsqu’il existait ? Ou peut-être, également, de faire passer sa conscience avant la morale d’état ? Nos politiciens parlent beaucoup des mineurs. Beaucoup trop. Souvent pour en dire du mal, souvent comme prétexte à de nouvelles mesures visant à renforcer la surveillance des citoyens. Les sectes, finalement, c’est un peu comme Ben Laden : bien pratique pour faire accepter n’importe quoi à la société.
http://www.liberation.fr/actualite/societe/224357.FR.php
11 décembre 2006
Concours de la résistance
Les expulsions violentes, les brutalités flicardes contre les sans-papiers, il s’en vante, Sarkozy. Les larmes des enfants, il s’en vante aussi. Au cours d’une conférence de presse, au milieu du ban et de l’arrière-ban des courtisans (les journalistes), il s’est félicité d’avoir expulsé cette année 24 000 immigrés. Le Pen ferait-il mieux ? Sans doute pas. Et d’ailleurs dans quel domaine Le Pen ferait-il mieux que Sarkozy ? Aucun probablement. Cette conférence de presse, en pleine campagne électorale, c’est juste pour montrer à ceux qui ne l’avaient pas encore remarqué que la politique d’immigration de la France n’est rien d’autre qu’un volet de la propagande du candidat UMP en vue des présidentielles. La confusion des rôles entre Sarkozy ministre et Sarkozy candidat est écœurante. Et quand, au juste, depuis presque cinq ans, Sarkozy n’a-t-il pas été d’abord un candidat, un politicien fondamentalement malhonnête, qui met tout l’appareil d’état, les préfets, la police, et même les compagnies aériennes – cf la scandaleuse compromission d’Air France – au service de ses ambitions personnelles ? Un état qui,dans ces conditions, n’en est plus un, un état qui ne mérite ni considération ni respect. Pas davantage que ne les mérite un ministère de l’Education nationale, avec toute sa hiérarchie trouillarde et complaisante, qui laisse les sbires de Sarkozy rafler les enfants dans les écoles. Des enfants qui n’ont pas de papiers, qui n’ont pas la peau blanche. En collège et lycée, chaque année, est organisé un concours dit « de la résistance », soigneusement noyauté par des associations d’anciens combattants, qui, à défaut de résister contre le nazisme, se sont surtout illustrés dans les guerres coloniales. Je suggère que cette année, le thème du concours fasse réfléchir au devoir de désobéissance lorsque l’état se fourvoie dans une politique brutale et inhumaine. Et l’on repasserait aux élèves « Au revoir les enfants ». C’est toujours d’actualité. Il n’y a que les uniformes à avoir changé : le bleu marine a remplacé le vert-de-gris.
10 décembre 2006
Indignation sélective
Finalement, la famille Raba a bien été expulsée. De la manière la plus brutale qui soit : un avion militaire, des dizaines de policiers, de magistrats pour règler son sort à un couple avec trois jeunes enfants de 7, 4 et 3 ans dont le crime est de ne pas avoir de papiers. Car être « français », c’est cela et rien d’autre : pouvoir présenter un petit bout de papier certifiant sa nationalité « française ». Ne pas avoir ce petit bout de papier vous fait considérer comme un délinquant et traiter comme tel.
Au passage, il semblerait que ce nouveau coup de force de Sarkozy n’ait pas ému beaucoup de monde chez les enseignants, en dehors des quelques courageux qui se démènent à Education sans frontière ou à leurs côtés. Indifférence qu’on peut rapprocher, d’une certaine façon, de la grande et noble indignation qui les avait envahis à propos du voile islamique. Quelques jeunes filles portant foulard et c’est l’école de la république qui est menacée et au-delà de l’école, la république elle-même. Alors que lorsque la police vient retirer directement à l’école des enfants, les maltraite et brutalise les parents devant eux, l’école de la république n’y trouve rien à redire ou pas grand chose.
[Sur Journal d’école (03/12/2006), voir « Devoir de rébellion », http://journaldecole.canalblog.com/archives/2006/12/03/3329289.html]
03 décembre 2006
Devoir de rébellion
Il se passe des choses graves aujourd’hui en France. Ci-dessous, le dernier communiqué d’Education sans frontière.
« La famille Raba a été reconduite au centre de rétention de Lyon St-Exupéry.
Mme Raba a été blessée à la jambe (elle porte un bandage à la cheville) et elle a de nombreux bleus car elle a été frappée par les policiers qui ont également déchirés ses vêtements lors de sa montée dans l'avion spécialement affrété Roissy - "Kosovo". Le fils aîné a montré un bleu, il aurait été frappé et poussé par les policiers. Cela l'a profondemment choqué. Il en serait devenu bègue. La petite de 3 ans est muette (elle qui était si vivante), le deuxième est prostré. Toute la famille Raba a ensuite été transférée de nouveau à Lyon. Mme Raba était examinée par des medecins et toute sa famille était avec elle.
Le récit du calvaire de la famille Raba aux mains des policiers de la PAF :
Les policiers ont menti à la famille Raba en faisant croire qu'ils allaient au tribunal à Paris. Ce qui explique qu'ils étaient calmes à Lyon. Arrivés à Paris, ils ont baillonneés et menotés le mari. Ils ont été emmené vers un petit avion sur lequel était écrit "Kosovo". Ils ont frappé et écartelés la maman, déchirés tous les vetements de Mme Raba, elle a des bleus et des écchymoses partout. Le fils aîné a été poussé et frappé par les policiers. L'aîné en est devenu bègue. La fille est totalement traumatisée, elle ne dit plus rien. Le deuxieme non plus, il est prostré.
Il est édifiant de constater les méthodes et la violence de la Police de l'Air et des Frontières, ainsi que le mépris de la légalité et du droit ».
Pour ce qui est de la légalité et du droit, Sarkozy montre effectivement un mépris insupportable, détournant l’appareil d’état à son profit personnel. Personne ne croit réellement qu’en maltraitant ainsi des familles entières, en brutalisant de tout jeunes enfants, on réussira à résoudre quelque problème que ce soit, à commencer par celui de l’immigration. En chargeant des pauvres gens comme du bétail dans des avions, comme d’autres faisaient autrefois dans des wagons de marchandises, Sarkozy n’a qu’une idée en tête : attirer à lui les électeurs de l’extrême-droite. Vendredi dernier, en campagne électorale à Angers, il s’est fait escorter par des centaines de CRS et de policiers, aux frais du contribuable donc, mettant ainsi les forces de l’ordre à son seul service. Au même moment, en votant la loi dite de « prévention de la délinquance » (mais qui sont les délinquants, sinon les parlementaires qui se livrent à un tel détournement du droit ?), les députés de l’UMP aggravaient les peines pour rébellion contre les forces de l’ordre, les portant à un an d’emprisonnement, créant même un délit d’ « encouragement à rébellion » contre la police, punissable également de prison. Face à cette situation où les forces de l’ordre jouent le rôle d’agents électoraux du candidat Sarkozy, où les principes de la démocratie sont grossièrement bafoués, la rébellion, non seulement est légitime mais c’est même un devoir. Affligeante, l’autre soir sur France 2 – il y est comme chez lui – la complaisance de Brighelli envers Sarkozy, ne trouvant rien de mieux que de lui servir la soupe. Brighelli qu’on nous présente comme un rebelle n’est en fait qu’un triste courtisan, toujours accomodant avec les puissants. C’était tellement difficile, alors qu’on avait devant soi un auditoire de plusieurs millions de téléspectateurs, de dire un mot sur la détresse des sans-papiers, de faire mordre la poussière à Sarkozy ? On a l’indignation sélective quand on s’appelle Brighelli : la méthode globale est un crime impardonnable alors qu’on s’accomode fort bien de voir un pays tomber tout entier sous la coupe de brutes.
30 octobre 2006
La chasse aux enfants
France 3 rediffusait hier soir le film de Bertrand Tavernier, « De l’autre côté du périph’ », tourné en ...1997, presque 10 ans déjà. Tous les problèmes s’y trouvaient posés : chômage, échec scolaire, urbanisme, ségrégation sociale, brutalités policières, mépris, méfiance et arrogance des dominants pour tous ceux qui ne vivent pas du bon côté du périph’. Ce qui a changé depuis ? Rien. C’est même dans ces années, on s’en souvient, qu’a commencé à se développer le concept de « tolérance zéro » ; le policier remplacerait désormais l’éducateur. Avec les résultats que l’on sait. Pense-t-on que les événements de ces derniers mois, de ces derniers jours, à Marseille ou ailleurs, allaient ouvrir les yeux ? Que l’échec patent d’une politique exclusivement sécuritaire pouvait permettre de poser les problèmes autrement ? C’est même pire que ça : pour les politiciens, unanimes, de la gauche à l’extrême-droite, l’incendie d’un bus à Marseille n’est pas le signe qu’on s’est trompé dans l’analyse de la situation et la politique à mettre en œuvre, non, bien au contraire, cela signifie qu’on n’a pas été assez dur avec les jeunes : les juges sont laxistes (et pourtant les prisons sont pleines à craquer), les policiers n’ont pas les moyens de faire leur travail (et pourtant les lois sarkoziennes leur ont donné tous les droits) et l’école succombe sous les coups des barbares. La plus brutale – mais l’on n’est pas surpris – fut encore Royal s’emportant contre ces « enfants de 9-12 ans qui mènent des guérillas urbaines » (sur Europe 1, hier soir). On l’a bien entendue : alors qu’on n’a toujours pas arrêté les responsables de l’incendie du bus de Marseille, pas davantage que des enfants de 9 à 12 ans ailleurs en France, elle, Royal, a trouvé les coupables : les enfants de 9-12 ans. Il faut dire que ces événements viennent à point nommé pour conforter la popularité d’une candidate qui fait sa popularité dans l’opinion publique, exclusivement sur la dénonciation d’un bouc émissaire : les ados et les enfants (même en maternelle). Il y a quelques jours, de Villiers réclamait qu’on impose un couvre-feu aux mineurs pour la durée des vacances scolaires. Avec les jurys populaires de Royal, ces « enfants de 9-12 ans qui mènent des guérillas urbaines », on pourra enfin les envoyer au bagne à Belle-Ile, à Mettray, à Aniane ou ailleurs. Car finalement, la grande erreur, l’impardonnable erreur de l’après-guerre, ce fut bien celle-ci : celle qui, sous l’influence néfaste de la croyance en l’éducabilité de l’enfant, a conduit le législateur à fermer les bagnes d’enfants. On se sent tellement plus en sécurité lorsque des enfants de 9-12 ans sont enfermés derrière les barreaux...
25 octobre 2006
Nouvelles du pays des rafles
Cà se passe aujourd’hui, en France, aux aurores, l’heure de tous les mauvais coups. Education sans frontières relate une nouvelle descente policière contre une famille de sans-papiers. Le texte ci-dessous est la protestation adressée au préfet de la Marne.
« Par la présente, nous tenons à protester avec la plus grande vigueur sur la façon dont s'est produite ce matin, 24 octobre 2004, l'interpellation de la famille Mudiangani/Tshibwabwa pour les conduire en rétention administrative à Rouen.
La police est arrivée à leur domicile vers 5h30. Un des enfants qui était déjà levé pour faire ses devoirs est allé ouvrir lorsqu'on a sonné. La police est alors entrée. Lorsque M. Mudiangani a voulu appeler son avocat, la police lui a arraché le téléphone des mains. Puis ils l'ont descendu, menotté, et avec quelques coups et insultes, poussé jusqu'à leur véhicule. Vingt minutes plus tard, ce fut au tour de Christian, puis de Naomie, les plus grands des quatre enfants (élèves en 4ème et 5ème au collège Colbert), l'un et l'autre menottés, pleurant et criant.
Ensuite ce fut les plus jeunes, élèves de maternelle à l'école Gallieni, Ephraïm et Séphora qui, selon un témoignage, aurait elle-même été un moment menottée. Enfin, avec beaucoup de difficultés, car elle ne se laissait pas faire, ce fut le tour de Mme Betty Tshibwabwa. Les témoignages recueillis sur place laissent penser qu'il y a eu des comportements violents. Les policiers ont cherché à la maîtriser sans ménagements jusqu'à ce qu'elle leur dise être enceinte de 7 mois. La voyant proche de faire un malaise, ils ont fait appel aux pompiers.
Ils ont aidé à la descendre en la portant, dans un état pour le moins de grande faiblesse, jusqu'au camion de police. Elle se plaignait de douleurs, réclamant que l'on fasse doucement.
Les marques de la violence de cette intervention sont encore visibles sur place : carreau de la porte d'entrée de l'immeuble cassé, volet de la fenêtre du balcon posée sur les boites à lettre après sa chute du 4ème étage. Sans parler des traumatismes des enfants, adolescents et adultes présents dans l'immeuble, telle cette voisine, tellement effrayée par les cris de la femme et des enfants qu'elle a appelé la police.
La famille est arrivée vers 9h30 au commissariat de Reims où tous, enfants compris, ont été mis en cellules de détention (et non de rétention). Un commissaire a dit à M. Mudiangani qui réclamait son avocat que celui-ci était avec Mme Tshibwabwa, qu'il venait de partir et que tout était arrangé. Il a tenu le même discours à Mme Tshibwabwa. Il s'est avéré, qu'il n'y a jamais eu d'avocat sur place.
Vers 10 h 30, ils ont été conduits au centre de rétention de Rouen, où ils sont arrivés vers 15 h 00.
Vers 17 h 00, souffrant de contractions suite aux coups reçus le matin, Mme Tshibwabwa a été conduite à l'hôpital de Rouen.
Comme vous le savez, Madame Tshibwabwa étant enceinte de 7 mois, ne saurait être transportée par avion.
Par ailleurs, un recours devant la Commission des Recours des Réfugiés a été déposé et est en cours d'examen.
Dans ces conditions, nous demandons qu'il soit mis fin dans les délais les plus brefs à la rétention administrative de cette famille et que l'APRF les concernant soit abrogé. »
Rien à ajouter sinon que le responsable de ces turpitudes est candidat aux élections présidentielles, que ses bassesses lui vaudront bien quelques suffrages et que celle qu’on présente comme sa « rivale » pour les élections n’y trouve rien à redire. Moi, ce n’est pas demain la veille que j’irai m’inscrire sur les listes électorales.
19 octobre 2006
Selon que vous serez puissant ou misérable
Sarkozy souhaite donc faire passer en cour d’assises les auteurs d’agression contre les policiers. Dans cette perspective et si l’on veut maintenir le principe de proportionnalité entre délit et sanctions judiciaires, il faudrait alors voir à rétablir la peine de mort pour les flics auteurs de bavures dans l’exercice de leurs fonctions.
21 septembre 2006
Delirium éthylique chez les sénateurs
On ne sait pas si c’était à l’heure de l’apéro, quand le pastis embrume les esprits, en tout cas les sénateurs ont adopté un dispositif stupéfiant contre l’usage des stupéfiants par les mineurs. Pas pour les majeurs qui, eux, on le sait, ne se droguent qu’au beaujolais ou à la gnole. Jusqu’à 10 ans de prison et 300 000 euros d’amende pour « provocations directes à transporter, détenir, offir ou céder des stupéfiants dirigées vers un mineur ou commises dans les établissements d’enseignement ou d’éducation ou dans les locaux de l’administration et aux abords de ceux-ci ». A titre de comparaison, 10 ans de prison, c’est à peu près le tarif pour un meurtre sordide ou un assassinat. On a les références morales qu’on peut, quand on est sénateur. Des sénateurs qui n’ont sans doute pas lu les rapports sortis d’un peu partout ces derniers mois montrant à quel point l’alcool était devenu, chez les jeunes, la drogue la plus consommée. Oui mais voilà, pour nos braves parlementaires, non seulement l’alcool n’est pas une drogue, mais c’est un élément de la culture française. D’ailleurs, le lobby de l’alcool est comme chez lui au Parlement et il n’est pas question de se fâcher avec des gens qui vous rapportent de si belles élections. Et 40 000 morts par an. On est même autorisé à se demander si l’augmentation de la consommation d’alcool chez les jeunes n’est pas à mettre en rapport avec une certaine stagnation observée pour le cannabis : pourquoi risquer bêtement la prison pour un joint alors que les grandes surfaces vous ouvrent toutes grandes leurs portes pour leur drogue légale ? Finalement, cette aggravation des sanctions contre les stupéfiants, en contribuant à la consommation accrue d’alcool, ce n’est pas autre chose qu’un signal fort adressé par les sénateurs à leurs copains pinardiers : « Amis électeurs, on vous envoie de nouveaux clients ! »
On dira encore que je fais du mauvais esprit.
