Le mauvais élève et le gentil docteur (suite)
Après s’être rendu ridicule il y a un an et demi par son étude sur les troubles de conduite, au point de se déjuger publiquement un peu plus tard, l’Inserm en rajoute une louche avec cette fois-ci un rapport sur les troubles d’apprentissage : « Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie ». C’est du sérieux. Extraits :
« L’hypothèse de la nature familiale de la dyslexie est évoquée depuis longtemps et un faisceau de présomptions rassemblées depuis une vingtaine d’années fait en effet penser que la dyslexie possède une origine génétique (...) Toutes ces données permettent d’établir qu’il y a bien une contribution génétique aux troubles spécifiques d’apprentissage ». Autrement dit, si tel est le cas, ce n’est plus aux enseignants que les enfants doivent être confiés mais aux médecins, aux psys, aux labos pharmaceutiques et, bien sûr, aux policiers pour tout ce qui touche aux troubles du comportement. A terme, l’école n’a plus de raison d’être.
Outre l’absence totale de sérieux des données réputées « scientifiques », il faut aussi dénoncer l’idéologie tenace qui se cache derrière ces rapports qui se multiplient et l’exploitation que savent en faire les politiciens (cf le rapport Benisti).
Le Café pédagogique d’aujourd’hui, qui en donne un aperçu détaillé, conclut ainsi : « En allant dans ce sens on déresponsabilise complètement la société et l'Ecole de la genèse de l'échec scolaire. On prend le risque de la marginalisation et de l'enfermement des familles défavorisées. On affaiblit encore davantage le tissu social. Or on sait bien que ces tendances sont déjà fortement à l'œuvre dans notre société. »
[On peut relire aussi sur Journal d’école du 24/09/2005 « Le mauvais élève et le gentil docteur ».
http://journaldecole.canalblog.com/archives/2005/09/24/index.html]