C dans l’air, on ne présente plus. Calvi non plus, prototype du journalisme sécuritaire, prompt à ramasser tout ce qui peut effaroucher le bon peuple, même et d’abord en travestissant les faits. Ce soir, un sujet choc : « Carnage et règlements de compte au collège ». Tout est dit dans le titre avec une présentation en conformité : quatre faits divers (le sujet sur l’Allemagne est traité à part) dont un seul se déroule à l’intérieur d’un établissement scolaire, un lycée, aucun en collège mais le téléspectateur pressé n’aura retenu qu’une chose : carnage au collège, puisque c’est la télé qui le dit.

Un plateau d’invités caricatural : un seul et bien pâle représentant de la communauté éducative, le policier de service et deux criminologues parmi lesquels le très droitier Raucher, un des promoteurs, avec son collègue Bauer, du sécuritarisme sarkozien. Cela fait dix ans qu’ils encombrent les studios de leur omniprésence et de leur suffisance, avec de pseudo-analyses scientifiques mais que personne n’ose contredire bien que depuis dix ans, on ait eu tout le loisir d’en constater l’absurdité. Le fait que, sur un plateau de télé, des questions touchant à l’éducation soient confisquées par des policiers et des criminologues ne semble pas déranger grand monde.

On attend pour très bientôt le prochain sujet de Calvi : drogue et prostitution à la maternelle...