25 mars 2008
Au-dessous de la ceinture
Même pas honte. Le prof cogneur de Berlaimont refusant la procédure du plaider-coupable, réclame un procès public car « il est important, affirme-t-il, de défendre la corporation des enseignants ». Son avocat place l’affaire « dans le cadre de l’exercice de l’autorité d’enseignant » (Libération, 25/03/2008). Lorsque, donc, un quinquagénaire mesurant 1,90 m, renverse le bureau d’un petit 6e, le colle brutalement au mur avant de le gifler violemment, il s’agit là de « l’exercice de l’autorité d’enseignant ». L’autorité des brutes est toujours légitime, on saura sans doute s’en souvenir sur les cours de récré. Au cours du procès, remis à une date ultérieure (sine die ?), le prof en question bénéficiera du soutien des gros bras du Snes et du Snalc qui lui vouent un attachement indéfectible. Le Snes, justement, parlons-en, qui vient de lancer une semaine d’action et de revendications, amalgamant à la défense des postes, celle du prof de Berlaimont. Alors qu’on ne trouve pas un mot de solidarité avec les enseignants du primaire, pas une critique sur les programmes Darcos, le Snes veut faire du 27 mars, une « journée d’expression de la solidarité au collègue de Berlaimont ». On n’en attendait à vrai dire pas moins d’une organisation dont on connait les faveurs pour l’école de la trique et de la blouse grise.
Pour le reste, j’attends toujours de la défenseure des enfants qu’elle veuille bien répondre à la lettre ouverte que je lui ai fait parvenir le 6 février.
Commentaires
Que faire des programmes Darcos ?
Les Inspections académiques nous donnent à « lire » en 10 jours le projet 2008 de programmes du primaire élaboré « en secret ». L’Education nationale nous octroie, généreusement, une demi-journée banalisée en mars (différente dans chaque académie) pour « dire et écrire » notre avis.
Qui est assez candide pour croire que le ministre reverra sa copie si une majorité de collègues les rejette alors qu’il ne respecte même pas les formes en matière d’élaboration des programmes eux-mêmes puisqu’ils entreront en application dès la rentrée de septembre 2008 ? (1)
La ficelle est un peu grosse. Rappelons-nous "le grand débat sur l’école" en 2003.
Comment peut-il accuser de tous les maux les programmes de 2002 alors qu’aucun bilan ne peut en être établi ? À ce jour, les enfants de CE2/CM1/CM2 ont débuté leur scolarité avec les programmes de 1995. La formation continue des maîtres a fait défaut, le temps d’appropriation a été extrêmement court, les conditions de mise en oeuvre n’ont pas été optimales.
Simplicité contre cohérence.
Le ministre se vante de la clarté de ses programmes. Qui peut y croire alors que d’un côté, on évoque les cycles, on parle de liberté pédagogique et de l’autre les contenus à enseigner augmentent.
D’autre part, le volume horaire global diminue de 2 heures chaque semaine, les répartitions horaires ne sont pas définies, on impose des progressions annuelles strictes dans les domaines du français et des mathématiques, la liberté est assujettie à l’obligation de réussite quantifiable par évaluation (3).
Sport contre culture.
L’éducation artistique, l’histoire, la géographie, les sciences sont mises au régime sec. Par contre le sport, sans doute parce qu’il développe l’esprit de compétition et véhicule les idées marchandes à travers la publicité pour les marques, se voit réserver une place de choix dans les programmes de l’école de 2 008 (4).
La liste des connaissances à acquérir en histoire et en géographie fleure bon les images d’Epinal et pourquoi accorder tant d’importance pour les cartes de géographie à l’ère des nouvelles technologies ?
Rédaction, récitation, instruction civique, calcul contre esprit critique
Retour au français (exit la maîtrise de la langue !), avec les leçons de grammaire, conjugaison le vocabulaire, l’écriture, et la tant regrettée … rédaction. Que dire de la poésie abordée sous l’angle de la récitation ! Avec un tel programme plus de littérature ! En maths, règle de trois et techniques opératoires sont censées former enfin les bons esprits attendus au collège.
L’instruction civique et la morale sont réhabilitées en primaire. En maternelle on doit d’apprendre les règles de civilité et les principe d’un comportement conforme à la morale (5), pour devenir un bon petit élève.
Un retour en arrière au pas de charge
En maternelle et en GS, retour de la syllabique en douce ET apprentissage anticipé de la lecture par la première étape de la syllabique (étude des graphèmes élémentaires une lettre = un phonème), apprentissages des règles de vie en classe strictes ( !) : écouter en silence, respecter le thème abordé (en lien avec l’accent mis sur le lexique et la syntaxe, au détriment du dialogue et de l’intention de communication liée au respect de la parole).
En CP : outre le vouvoiement de l’enseignant, se lever quand un adulte rentre dans la classe, morale liée à des maximes "Ne pas faire à autrui ce que je ne voudrais pas qu’il me fasse".
Au CP et CE1 : instruction civique et morale avec au chapitre éducation à la santé : "se laver les mains et les dents" (et c’est tout ??).
Retour à l’idée de la mémoire comme preuve d’apprentissage : apprendre des règles, des poésies, des noms, des dates, des oeuvres d’arts.
En CE2, CM1, CM2 : la liste de références en histoire des arts est fermée même si le maître peut "les compléter dans le même esprit" (exemple : époque contemporaine, musique : Piaf, Brel, Brassens, Beatles. Point final ! !)
Priorité à l’évaluation : le credo à décliner !
"Liberté pédagogique" oui mais il faudra "rendre compte des acquis des élèves" ; ce qui " constituera un instrument de comparaison des effets des différentes pratiques pédagogiques mais aussi un outil de mesure incontestable des résultats de l’école".
D’où à court-terme le salaire au mérite et la réduction de l’enseignement à ce qui est évaluable, c’est à dire avoir de bons résultats donc un bon salaire ! ! D’ailleurs le retour au par coeur revendiqué dans les programmes est facilement "notable". Par contre, les méthodes, la compréhension, la capacité d’analyse ou de raisonnement sont plus difficilement évaluables.
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Notes.
(1). « Les programmes ne peuvent entrer en vigueur que douze mois au moins après leur publication, sauf décision expresse du ministre chargé de l’éducation ou du ministre chargé de l’enseignement supérieur, prise après avis du Conseil supérieur de l’éducation » article D 311-5 du Code de l’éducation. Le Haut Conseil de l’éducation « émet un avis et peut formuler des propositions à la demande du ministre chargé de l’éducation nationale sur les questions relatives à la pédagogie, aux programmes, aux modes d’évaluation des connaissances des élèves, à l’organisation et aux résultats du système éducatif et à la formation des enseignants. Ses avis et propositions sont rendus publics ». article L230-2 du Code de l’éducation
(2). L’ambition retrouvée de l’école primaire passe par des programmes plus courts, plus clairs et plus ambitieux : tel est l’objectif des programmes présentés ci-après. Nouveaux programmes de l’école primaire- Préambule -Page 3
(3). Les programmes nationaux de l’école primaire définissent pour chaque domaine d’enseignement les connaissances et compétences à atteindre dans le cadre des cycles ainsi que la progression annuelle à suivre pour les atteindre en français et en mathématiques. Ils laissent cependant libre le choix des méthodes et des démarches, témoignant ainsi de la confiance accordée aux maîtres pour une mise en oeuvre adaptée aux élèves. La liberté pédagogique induit une responsabilité : son exercice suppose des capacités de réflexion sur les pratiques et leurs effets.
Elle implique aussi, pour les maîtres, l’obligation de s’assurer et de rendre compte régulièrement des acquis des élèves. Cette évaluation régulière du niveau des élèves constituera non seulement un instrument de comparaison des effets des différentes pratiques pédagogiques mais aussi un outil de mesure incontestable des résultats de l’école. Nouveaux programmes de l’école primaire- Préambule -Page 3
(4) Le Ministre pense-il qu’ajouter une heure de sport par semaine compense la perte de deux heures d’enseignement hebdomadaire ? Veut-on faire courir plus et apprendre moins ? FCPE Nouveaux programmes, les grands-parents retrouvent leur école ! - 21 janvier 2008
(5) Nouveaux programmes de l’école primaire- Programme de l’école maternelle- Devenir élève -Page 6 Exemples de contradictions entre la réduction du temps d’enseignement et l’augmentation des objectifs :
CM2 : retour de la division d’un nombre décimal par un entier ; retour de la règle de trois comme outil permettant de résoudre des problèmes d’échelles, de vitesse moyenne (revoilà les trains qui se croisent et les baignoires qui fuient).
Un outil à apprendre par coeur pour résoudre des problèmes, mais sans comprendre correctement le lien avec la proportionnalité.
http://www.sudeduc83.org/spip.php?article448
Bah
Finalement c'est pas plus mal qu'il y aie un procés public, j'espère juste que les médias seront sur le coup... avec un peu de chance ça fera éclater la vérité au grand jour. Somme toute, si le procureur n'a pas menti (et il semblerait qu'il n'aie pas menti vu que le professeur n'a toujours pas remis en cause cette version des faits), je le vois mal renoncer au procès. Je suis juste prêt à prendre les paris que les médias n'y seront pas. Un volontaire de la blogosphère anti-violence pour assister au procès et nous faire un compte-rendu ? Histoire d'éviter de se limiter à la version SNALC-SNES...
Le droit de ne pas être frappé
Quand reconnaitra-t-on le droit des enfants à ne pas être frappés ?
Le fait que cet élève ai insulté l'enseignant est sorti de son contexte, on oublie que c'est l'adulte par son comportement brutal, excessif, et violent qui à provoqué ça et on essaie de faire croire que c'est l'enfant qui à provoqué ça !!!
Et le coup de l'autorité, c'est un peu gros, comment ne pas voir que l'enseignant à profité de cet "insulte" pour frapper l'enfant, l'insulte n'est qu'un prétexte pour montrer à l'enfant qui est le patron, le plus fort, l'enseignant à abusé de son autorité.
bubuatoutvu !
"Le fait que cet élève ai insulté l'enseignant est sorti de son contexte"
Bubu, vous étiez caché dans le placard ?
Lubin, tout en nuances...
...après l'ogre et le loup, "Le prof cogneur de Berlaimont "!
Toujours dans les contes de fée Lubin ? Il faut grandir !
Les dignes fils de leur mère
Sur les nouveaux programmes, on n'attendait pas d'autre analyse du dernier avatar de la Sainte Famille, Sud-éducation, filiale du SGEN-CFDT lui même descendant de la bienheureuse CFTC assise à la droite du Père. Et le Verbe s'est fait chair...
merci Théo (pseudo somme toute logique).
Pour victor
Ni lubin ni bubu ni moi n'y étions, mais les deux fillettes qui sont parties voir l'infirmière de l'école en larmes parce que choquées par la scène, elles, elles y étaient. Ainsi que les 6 élèves interrogés par la police à la demande du procureur.
D'ailleurs, à ma connaissance, Monsieur Laboureur ne conteste pas les faits : il conteste exclusivement la qualification pénale, n'estimant pas son comportement comme constitutif d'un délit. Je lui prédit un échec. Ca lui permettra de se poser en victime, et de faire conspuer son ex-élève par la France entière encore une fois. Oui ex parce que grâce au comportement super responsable du corps enseignant et du professeur, le gamin a été obligé de changer d'établissement scolaire. Ca lui apprendra à être victime de violences.
Désolé Lubin, mais je n'ai plus le courage de faire des analyses posées et de qualité comme vous le faites. J'y vais en conversation café du commerce, je lâche l'affaire. Et du côté de mon blog c'est à peine plus posé mais je m'en fiche : j'ai l'exception de bonne foi avec moi.
Des choses à dire
A Samuel.
Chacun s'exprime comme il le ressent et c'est tant mieux. La première motivation de ce blog, c'est bien égoïstement de me soulager - mais c'est vrai que j'y arrive de moins en moins - du poids de l'incommensurable bêtise et de la profonde injustice de notre époque. Si j'avais 18 ans, je crois que je brûlerais des voitures, à mon âge, j'écris. On n'apprend d'ailleurs pas à écrire en récitant des règles de grammaire mais d'abord parce qu'on a des choses à dire. Vous dites des choses très justes sur votre blog.
"On n'apprend d'ailleurs pas à écrire en récitant des règles de grammaire mais d'abord parce qu'on a des choses à dire."
Quand on ne sait pas les règles de grammaire, on a bien du mal à avoir des choses à dire.
On a bien dû vous apprendre la grammaire un jour, non ?
Sinon, effectivement, vous brûleriez des voitures.
Le comment de la chose
Personne n'a jamais prétendu qu'il ne fallait pas faire de grammaire : la question est de savoir comment la faire. La grammaire "scolaire" renforcée par le projet Darcos la ramène à la mémorisation mécanique de règles qu'on s'avère ensuite incapable d'appliquer.
Pour ce qui concerne ma petite personne, j'ai le souvenir de mortelles "leçons de grammaire", auxquelles je ne comprenais quasiment rien et qui ne m'ont été d'aucun secours par la suite. L'expression écrite ou orale, c'est quand même plus sérieux que ça.
Voire...
"Pour ce qui concerne ma petite personne, j'ai le souvenir de mortelles "leçons de grammaire", auxquelles je ne comprenais quasiment rien et qui ne m'ont été d'aucun secours par la suite."
On peut le constater: vos textes sont illisibles, vous êtes quasiment illettré.... ;-)
Sérieusement, à un moment donné, la "mémorisation mécanique de règles" que vous fustigez, c'est tout de même bien utile... ne serait-ce que pour éviter de devoir repasser par la case "apprentissage de la grammaire" quand, au niveau post-bac, on se rend compte que les lacunes, sur lesquelles on a passé durant toute une scolarité, sont décidément trop grandes pour envisager des études supérieures avec sérénité.
vive les couleurs
soulignez le COD en vert, le sujet en jaune, le verbe en rouge, le COI en bleu...
cet adjectif est-il epithète ou attribut ?
c'était con, simple, mémorisable, ludique. Vive ces profs qui ne m'ont pas fait redécouvrir l'eau chaude pour, par la suite, lâcher "la technique" pour aborder les textes, les sentiments, le rythme des phrases, consonances et alitérations... la littérature quoi !
et zou roulez jeunesse, j'ai fait de longues et belles études sans JAMAIS devoir repasser par la case grammaire.
C'était à la fin des 80's. La loi Jospin n'avait pas encore diffusé sa pestilence et les profs (de gauche) était REPUBLICAINS et exigeants, et pas communautaristes et "sympas" comme ceux que l'on croise ici.
"Si j'avais 18 ans, je brûlerais des voitures"
Lubin a écrit : "Si j'avais 18 ans, je crois que je brûlerais des voitures, à mon âge, j'écris." Sic.
A 18 ans, je lisais et j'écrivais déjà ; à 18 ans mes élèves de terminale lisent et écrivent, se posent des question. (Cela rassurera les lecteurs sains d'esprit de ce blog).
Mieux : Je ne connais pas de jeunes qui brûlent des voitures, et pourtant ils vomissent la société dans laquelle nous vivons.
On ne voit guère l'intérêt de brûler les voitures des ouvriers, si ce n'est pour encore aggraver leur condition. Lubin n'est qu'un petit bourgeois, qu'on commence par brûler sa voiture !
"Si j'avais 18 ans, je crois que je brûlerais des voitures, à mon âge, j'écris." : voilà le résultat quand on croit qu'avec d'anciens mauvais élèves on fait de bon professeurs ! Lamentable.
Les lois de la jungle
Je suis professeur en collège, qui plus est classé RAR (c.a.d. difficile), et je constate que la gifle de ce professeur est tout simplement illégale: elle est contraire aux règles de droit français et international les plus élémentaires (ONU, UNESCO, Union Européenne...).
Je comprends mal que l'on prétende qu'un enfant respecte les règles et les normes quand les adultes, pourtant censés être pleinement responsables de leurs actes aux yeux de la loi, ne sont pas en mesure de le faire. Et que dire alors des éducateurs?
Est-ce croyable que le professeur en question plaide non coupable, alors qu'il a enfreind la loi?
De quel droit participer à une grève pour soutenir un acte délictueux?
Est-ce normal que mon ministre se place AU DESSUS des lois en soutenant ce monsieur?
Est-ce compréhensible que la défenseure des enfants n'ait pas daigné répondre ou se prononcer sur cette affaire?
Le droit serait-il allé se loger du côté des lois de la jungle?
Quand prendrons-nous ENFIN nos responsabilités en tant qu'éducateurs, que parents et qu'adultes, au sérieux? De quel droit exiger de nos élèves et de nos enfants le respect des normes et des lois si nous ne sommes pas nous mêmes en mesure de les appliquer, ni de les comprendre?
Quant à moi, je cherche des moyens d'action pour faire entendre ma voix, qui est, heureusement (même si je commence à le douter), celle de la loi, et garantie par elle.
Cacadémie
Professeur de collège
"L'optimiste croit que nous vivons dans le meilleur des monde. Le pessimiste craint que cela puisse être vrai". Bruno Bettelheim
C'est beau...
"De quel droit participer à une grève pour soutenir un acte délictueux?(...)
Quant à moi, je cherche des moyens d'action pour faire entendre ma voix, qui est, heureusement (même si je commence à le douter), celle de la loi, et garantie par elle."
On atteint là un grand moment: le contexte n'est certes pas le même, mais désormais les lecteurs du blog de Lubin écrivent comme dans le courrier des lecteurs du Figaro...
Hé duquon éducons
giffles
j'ai été enseignant spécialisé en segpa pdt 8 ans je suis prof d'eps à présent , j'ai donné 3 baffes à des élèves en 15 ans, je ne me sens pas criminel ni facho, mais simplement un type normal. Je pense aussi que pour certains élèves un rappel à l'ordre exprimé sous forme d'un coup de pied au cul serait une chance que l'on ne peut pas leur accorder. Je crois dans la baffe pédagogique redemptrice beaucoup plus que dans les tchatchitchatchous des conseils de discipline, j'aime mon travail et mes élèves que je respecte profondément, mais pour autant il ne faut pas tomber dans la bétise comme vous le faites et la caricature, une baffe (si elle est juste) n'a jamais tué personne...elle peut au contraire rendre service à l'enfant.
L'adulte n'a pas toujours raison
A Pierre
"Une baffe -dites-vous- n'a jamais tué personne". Malheureusement si et les "criminels et les fachos" sont dans la plupart des cas, d'anciens enfants battus:
http://alice-miller.com/index_fr.php
Lorsqu'un enseignant ou un éducateur use de violence sur un élève, c'est lui-même qui est en situation d'échec. Il vaut mieux le reconnaître. Et si vous trouvez légitime que les coups donnés par le détenteur de l'autorité, que diriez-vous si vous-même étiez frappé par votre propre patron avec les mêmes motifs ?
Il faut aussi une nouvelle fois rappeler que, dans l'affaire de Berlaimont, avant que n'arrive l'injure adressée par l'élève au prof, c'est de ce dernier qu'est d'abord partie la violence, sans raison (bureau renversé, élève collé brutalement au mur). Un élève jusque là sans problème ; un prof qui, lui manifestement, a déjà eu des problèmes. Désolé mais les adultes n'ont pas toujours raison.
la fabrique des fachos
Lubin, si la baffe fabrique des fachos, vous devriez pas être contre sa disparition... sinon, vous n'aurez plus d'ennemis, de Méchants contre qui vous poser en gardien de la Vertu (vous, Lofi et beaucoup d'autres), et vous donner une contenance, à défaut d'un contenu.
cette manie
"elle est contraire aux règles de droit français et international les plus élémentaires (ONU, UNESCO, Union Européenne...)."
Ah la la cette manie de mettre les traités internationaux au dessus des lois. C'est exactement l'argumentaire de L'Arche de Zoé pour aller faire n'importe quoi avec sa bonne conscience néocoloniale au Tchad : la DI des droits de l'enfant prime sur tout, y compris sur le bon sens, la diplomatie, la prudence, etc...
A ce train-là vive la société judiciaire que vous nous préparez... Tout le monde peut trouver un article de Droit International sur lequel s'appuyer pour faire valoir ses intérêts.
Réponse au Commentaire: "cette manie"
Mais quel rapport avec le sujet de cet article ?
De quels intérêts voulez-vous parler? Il se trouve que je ne soutiens pas précisément ceux que prétend défendre ma corporation...
Est-ce possible que vous ne voyiez pas la différence entre intérêt particulier —-le votre ou le mien—- et l’intérêt général ? Car il se trouve que l’interdiction de la fessée à l’école permet non seulement de protéger l’élève des excès de ses profs, mais aussi le professeur, à la main un peu trop leste, de ses propres excès, ou d’être à son tour baffé par plus grand que lui, ou que vous... Mais si vous n'y tenez pas spécialement!
Et quelle honte y a-t-il a recourir à la loi, quelle soit internationale ou non, quand celle-ci défend des intérêts perçus comme légitimes ? Les lois (et aussi les traités internationaux) sont là pour protéger ceux qu’une société considère comme plus faibles, que ce soit des enfants tchadiens ou des élèves français.
La gestion de la situation n’aurait-elle pas été plus éducative pour l’élève (et pour tous) si on lui avait demandé des excuses formelles au lieu de lui assener cette triste baffe ? Et est-ce trop se rabaisser pour un prof que de demander pardon? Ne prétendons-nous pas être des modèles... je veux dire, positifs, pour nos élèves?
Veuillez excuser mon ignorance : je ne lis pas le Figaro, mais plutôt les missions des enseignants : « [L’enseignant] se préoccupe également de faire comprendre aux élèves le sens et la portée des valeurs qui sont à la base de nos institutions, et de les préparer au plein exercice de la citoyenneté » (circulaire n° 97-123 du 23 mai 1997) et parfois, mais parfois seulement , l’art. 55 de la Constitution : « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie ».
Et bien sûr, Bruno Bettelheim, encore et encore: "L'optimiste croit que nous vivons dans le meilleur des monde. Le pessimiste craint que cela puisse être vrai".
De quels intérêts voulez-vous parler? Il se trouve que je ne soutiens pas précisément ceux que prétend défendre ma corporation...
Est-ce possible que vous ne voyiez pas la différence entre intérêt particulier —-le votre ou le mien—- et l’intérêt général ? Car il se trouve que l’interdiction de la fessée à l’école permet non seulement de protéger l’élève des excès de ses profs, mais aussi le professeur, à la main un peu trop leste, de ses propres excès, ou d’être à son tour baffé par plus grand que lui, ou que vous... Mais si vous n'y tenez pas spécialement!
Et quelle honte y a-t-il a recourir à la loi, quelle soit internationale ou non, quand celle-ci défend des intérêts perçus comme légitimes ? Les lois (et aussi les traités internationaux) sont là pour protéger ceux qu’une société considère comme plus faibles, que ce soit des enfants tchadiens ou des élèves français.
La gestion de la situation n’aurait-elle pas été plus éducative pour l’élève (et pour tous) si on lui avait demandé des excuses formelles au lieu de lui assener cette triste baffe ? Et est-ce trop se rabaisser pour un prof que de demander pardon? Ne prétendons-nous pas être des modèles... je veux dire, positifs, pour nos élèves?
Veuillez excuser mon ignorance : je ne lis pas le Figaro, mais plutôt les missions des enseignants : « [L’enseignant] se préoccupe également de faire comprendre aux élèves le sens et la portée des valeurs qui sont à la base de nos institutions, et de les préparer au plein exercice de la citoyenneté » (circulaire n° 97-123 du 23 mai 1997) et parfois, mais parfois seulement , l’art. 55 de la Constitution : « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie ».
Et bien sûr, Bruno Bettelheim, encore et encore: "L'optimiste croit que nous vivons dans le meilleur des monde. Le pessimiste craint que cela puisse être vrai".
De quels intérêts voulez-vous parler? Il se trouve que je ne soutiens pas précisément ceux que prétend défendre ma corporation...
Est-ce possible que vous ne voyiez pas la différence entre intérêt particulier —-le votre ou le mien—- et l’intérêt général ? Car il se trouve que l’interdiction de la fessée à l’école permet non seulement de protéger l’élève des excès de ses profs, mais aussi le professeur, à la main un peu trop leste, de ses propres excès, ou d’être à son tour baffé par plus grand que lui, ou que vous... Mais si vous n'y tenez pas spécialement!
Et quelle honte y a-t-il a recourir à la loi, quelle soit internationale ou non, quand celle-ci défend des intérêts perçus comme légitimes ? Les lois (et aussi les traités internationaux) sont là pour protéger ceux qu’une société considère comme plus faibles, que ce soit des enfants tchadiens ou des élèves français.
La gestion de la situation n’aurait-elle pas été plus éducative pour l’élève (et pour tous) si on lui avait demandé des excuses formelles au lieu de lui assener cette triste baffe ? Et est-ce trop se rabaisser pour un prof que de demander pardon? Ne prétendons-nous pas être des modèles... je veux dire, positifs, pour nos élèves?
Veuillez excuser mon ignorance : je ne lis pas le Figaro, mais plutôt les missions des enseignants : « [L’enseignant] se préoccupe également de faire comprendre aux élèves le sens et la portée des valeurs qui sont à la base de nos institutions, et de les préparer au plein exercice de la citoyenneté » (circulaire n° 97-123 du 23 mai 1997) et parfois, mais parfois seulement , l’art. 55 de la Constitution : « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie ».
Et bien sûr, Bruno Bettelheim, encore et encore: "L'optimiste croit que nous vivons dans le meilleur des monde. Le pessimiste craint que cela puisse être vrai".
Merci
Merci pour la qualité de votre intervention, Cacadémie. De toute évidence vous avez cloué le bec des habituels contradicteurs. Il faut dire qu'être un réac' de base obsédé par l'ordre et la discipline et prôner le droit pour un éducateur de mépriser les lois et la constitution de ce pays, c'était un peu trop contradictoire pour tenir sur la longueur.
De mon côté, je viens vers vous pour vous faire savoir qu'après mûre réflexion, j'ai décidé de lancer une contre-pétition contre la violence à l'école et en soutien à l'élève agressé. Vous pouvez la signer sur http://petition.et-pourtant.org
Je vous invite à la signer et à la faire tourner, avec en ligne de mire l'espoir de faire savoir tant à l'enseignant qu'à l'élève que non, dans cette affaire, la France n'a pas parlé d'une seule voix, même si malheureusement les cons étaient à la fois les plus nombreux et les plus bruyants.
Revenons aux origines de l'affaire
"La gestion de la situation n’aurait-elle pas été plus éducative pour l’élève (et pour tous) si on lui avait demandé des excuses formelles au lieu de lui assener cette triste baffe ? Et est-ce trop se rabaisser pour un prof que de demander pardon? Ne prétendons-nous pas être des modèles... je veux dire, positifs, pour nos élèves?"
Le problème -et on aurait tort de l'oublier-n'est de toute façon pas là. Il faut tout de même rappeler que, si cette affaire a provoqué tant de réactions indignées, c'est du fait de la "gestion de la situation" par la police. Si on avait évité d'arrêter le prof en question, il est évident qu'on ne parlerait plus de cette histoire, ce qui serait bien mieux pour tout le monde, y compris l'élève en question. Il serait profondément malhonnête d'oublier cet aspect-là, qui, à lui seul, explique une bonne partie des réactions de solidarité avec le prof. Mais ce doit être tellement jouissif de pouvoir traiter les autres de "réacs" et de "c...", drapé dans sa bonne -que dis-je: son excellente- conscience.
En même temps
Petite mise en situation :
Vous êtes père de famille, vous assistez à une scène dans laquelle, sans aucune provocation de votre rejeton, un inconnu plaque votre enfant contre un mur, le frappe, puis le soulève sur plusieurs mètres sans que votre enfant ne touche terre.
Vous faites quoi ? Moi, je parie que 95% de la population confrontée à cette situation porte plainte et veux que le type aille en garde à vue.
Mais d'une part, on a manipulé les gens en leur parlant d'une simple gifle, et ce n'est pas de cela dont il s'agit.
D'autre part, les gens sont toujours trop content que les enfants des autres se fassent frapper, puisque c'est bien connu, tous les enfants de France sont d'affreux monstres mal élevés - sauf le sien.
Moi, vu la scène qui n'a RIEN à voir avec une simple gifle, je trouve que la police a pas trop mal géré la situation. Mis à part le fait que la garde à vue aurait dû durer moins de 24 heures (il aurait pu être relâché le soir même).
C'est aussi pour rappeller cela que j'ai lancé ma pétition : la police a réagi à une scène de MALTRAITANCE et non à une simple gifle, et ça change TOUT.
Il faut signer
Très bonne initiative que celle de Samuel. Il faut signer la pétition. Et même s'il n'y a que 10 signatures - car on ne joue pas à armes égales avec le Snes + le Snalc + les médias + le ministre de l'EN + le Premier ministre - ces signatures nous soulagent un peu de la campagne bête et méchante menée par quelques irresponsables en faveur du prof de Berlaimont.
police partout....
curieux comme dès qu'il s'agit de "taper" sur des collègues, là certains tolèrent de voir les flics débarquer dans les préaus...
si au passage en arrêtant le prof, ils embarquent un ou deux petits sans-papiers repérés par là, vous viendrez pas vous plaindre après !
Géométrie variable
"C'est aussi pour rappeller cela que j'ai lancé ma pétition : la police a réagi à une scène de MALTRAITANCE et non à une simple gifle, et ça change TOUT."
La police a réagi à l'appel d'un collègue, plus qu'à une scène de "maltraitance" qu'elle ne pouvait pas connaître a priori. Si on commence à balancer sur le "corporatisme" des profs, il faudrait voir à ne pas oublier que celui-ci est au moins aussi important dans la police. C'est humain...
Curieusement, Lubin et al, qui n'ont jamais de mots assez forts pour cracher sur cette police quand elle agit dans un sens qui ne les arrange pas, font comme si, tout à coup, elle était l'instrument d'une justice quasi transcendante. Il lui accordent même des satisfecit sur sa gestion du problème (pour moins de 24 heures de vue? Samuel est trop bon...).
Ben non
Perdu : le monsieur était gendarme, et c'est la Police qui a pris la plainte. Et tu devrais savoir qu'entre Police et Gendarmerie, c'est pas vraiment vraiment le grand amour.
J'invite à lire l'article du point, extrêmement précis, détaillé, sourcé, avec interviews à la clé :
http://www.lepoint.fr/actualites-societe/quand-un-bon-prof-gifle-un-bon-eleve/920/0/224953
C'est encore pire que ce qu'on pensait : les élèves qui ont assisté à la scène se voient interdit de parler de ce qui s'est passé par les professeurs et les parents !
Lamentable !
Ben quoi?
"Perdu : le monsieur était gendarme, et c'est la Police qui a pris la plainte. Et tu devrais savoir qu'entre Police et Gendarmerie, c'est pas vraiment vraiment le grand amour."
Je ne vois pas trop ce que ça change, à vrai dire. La célérité de l'intervention des policiers tendrait plutôt à démontrer, dans ce cas précis, que la "guerre des polices" n'a pas eu lieu. "C’est là que les choses dérapent. Devant les parents, José Laboureur reconnaît sa faute et s’excuse. Mais apparemment le père attend qu’il soit sanctionné et il est déçu par la principale qui ne semble pas vouloir donner suite. Il décide de porter plainte. Deux heures plus tard, la police débarque au domicile du professeur." (Libé Lille)Il faudrait faire le test, mais je suis loin d'être sûr que si le père n'avait pas porté l'uniforme, les policiers se seraient déplacés.
Quant à l'accusation de "maltraitance", il me semble que l'article du point est plus mesuré que ce vous en dites.
Bah
L'article du Point est très factuel. Après, libre à chacun de considérer ou pas comme de la maltraitance ou pas le fait qu'un petit garçon de 11 ans à peine sorti de l'école primaire (et pas un gros modèle en plus) se retrouve violemment plaqué contre un mur sans raison valable par un mec qui dépasse le mètre quatre-vingt, puis frappé, puis trainé par le col le gamin en pleurs sur plusieurs mètres (selon le procureur, l'enfant "ne touchait pas terre" - c'est ce qu'il a dit dans sa conférence de presse). Mais le minimum que vous devrez admettre, c'est qu'on est loin d'une gifle à la Bayrou, et qu'on peut comprendre que l'affaire aie été traîté un peu différamment par le procureur. J'ose espérer que si vous étiez témoin d'une telle scène dans la rue, vous auriez une autre réaction que "bah, sûrement une petite correction légitime". Dans le cas contraire, sauf votre respect, vous avez vraiment un coeur de pierre.
Quant aux raisons qui ont poussé la police à agir vite, qu'en savez-vous ? Ce qui est sûr, c'est que ces individus n'étaient pas les collègues du paternel de l'enfant. Ce qui est tout aussi sûr, c'est que le SNES et le SNALC, eux, sont bien composés de collègues de Monsieur Laboureur. Enfin, détrompez-vous : si vous allez à la police pour vous plaindre que vous avez été agressé, il est plausible que vous poireautiez effectivement. Par contre, si vous arrivez en disant que votre petit garçon a été agressé, c'est tout différent : les policiers sont comme tout le monde : ils ont horreur que l'on violente des enfants (et accessoirement ils adorent jouer les héros défenseurs de la veuve et de l'orphelin - en l'occurence de l'orphelin).
Mais à vrai dire quand bien même la police aurait fait une petite faveur au gendarme, je ne vois pas trop en quoi ce serait scandaleux ou mal. Il y avait violence aggravée sur mineur, la police a réagit, point. Elle n'aurait quand-même pas dû envoyer chier le monsieur et son fils, si ?
PS
Lubin, pourriez vous écrire un billet pour faire circuler la pétition ? J'ai trouvé l'adresse email de l'avocat de la famille et compte lui transmettre lorsque nous aurons récolté quelques dizaines de signatures au moins.
Bof
"Dans le cas contraire, sauf votre respect, vous avez vraiment un coeur de pierre."
Et allons-y pour un peu de chantage aux sentiments... C'est tout sauf de l'argumentation, révérence garder.
Pour ce qui est de la réaction des policiers: je ne suis pas sûr que si un citoyen lambda arrive en expliquant que son gamin s'est pris une baffe de la part de son prof, l'intervention soit aussi rapide, et c'est tant mieux, parce que sinon, on ne pourrait plus faire cours dans ce pays (d'aucuns diraient qu'il y a déjà des tonnes d'endroit où on ne peut pas le faire, mais pour d'autres raisons). Je reviens à la réaction du gendarme telle qu'elle est rapportée par le point, et qui est stupéfiante, dans la mesure où il semble attendre une sanction IMMEDIATE du proviseur, alors que je vois mal ce qu'elel aurait pu décider immédiatement. Curieux, quand même, ce besoin de réparation immédiate. En même temps, quand on voit comment certains seraient prêts à rétablir la loi de Lynch...
En tout cas, qu'on cesse alors de se plaindre, ici ou là, de l'intervention de la police dans les établissements, y compris pour des raisons qui ne vous plaisent pas. Si l'on joue à ce point la lettre de la loi contre son esprit, il faut assumer. Jusqu'au bout. Sur ce point-là, je rejoins Tartempion.
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