Un des premiers ERS doit ouvrir prochainement ses portes – ses grilles, plus précisément - … en Mayenne. Non pas pour les sauvageons mayennais mais pour ceux de Seine-Saint-Denis, suite à un partenariat conclu dans le plus grand secret et avec précipitation entre les inspections académiques du 93 et du 53 (Ouest France, 15/09/2010). L’ERS de Craon apparaît bien comme un nouvel avatar de ce vieux fantasme prônant la régénération par la nature, à l’origine, par exemple, des colonies pénitentiaires au 19e siècle, ou, plus récemment, des chantiers de jeunesse, dont, à vrai dire, on n’est ici plus très loin. Le choix de ce chef-lieu de canton de 4000 habitants n’est pas le fruit du hasard : à l’écart des grandes voies de communication ferroviaires comme routières, éloignés des centres urbains, les pensionnaires seront tenus à l’écart de la banlieue tentatrice, source de tous les maux. Car la terre, c’est bien connu, ne ment pas.

Pas moins de onze adultes, en dehors des profs du collège voisin, sont recrutés pour encadrer des élèves à peine plus nombreux. Remarquable, à nouveau, la complaisance avec laquelle les autorités académiques s’empressent de satisfaire les caprices du prince. Un empressement qui n’est toutefois pas du goût de l’association de parents d’élèves : « on nous parle d’un internat de réinsertion. Où est-elle, cette réinsertion, alors qu’on va ghettoïser ces jeunes ? Nous avons été avertis il y a quelques jours seulement. Cette discrétion et cette précipitation sont honteuses, pour les parents, les enseignants et les élèves. »

[Sur le sujet, voir aussi l'interview de Chatel à Nice Matin, reproduit par la LDH Toulon]

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