Le récent rapport de la commission des finances de l’Assemblée nationale relatif au budget 2013 évoque brièvement le financement des internats dits d’excellence (annexe 26, page 43 du PDF). La rapporteure Carole Delga n’apporte aucune information nouvelle sur le sujet, se contentant pour l’essentiel de reprendre les conclusions d’un rapport de l’Inspection générale remontant à 2011, tellement critique sur le sujet qu’il n’avait été rendu public qu’après le changement de majorité au printemps dernier. A son tour, Carole Delga enfonce le clou : « la multiplication de dispositifs spécifiques qui a caractérisé les dix dernières années de la politique d’éducation n’a permis que d’éviter la nécessaire réflexion de fond sur la réforme du système d’éducation prioritaire. Ce n’est pas du saupoudrage des moyens que naîtra une véritable cohérence de l’action éducative en faveur des élèves issus de milieux défavorisés. »

On est heureux de l’entendre mais pourquoi, dans ces conditions, la rapporteure se croit-elle obligée d'évoquer dans son titre sur les internats « des résultats encourageants pour un coût cependant très élevé » ? Parce que cette initiative a fait l’objet d’un tel matraquage médiatique qu’elle en serait aujourd’hui intouchable ? Ou encore parce que le créateur des internats d’excellence, grand organisateur de la politique éducative de la droite sous Sarkozy, Jean-Michel Blanquer, est toujours à la tête de la Dgesco, six mois après le changement de gouvernement ?

 

B. Girard