Avec Blanquer, Parly, Darrieusecq, ils/elles étaient déjà trois à s’occuper de la mise en place du SNU (service national universel). Il faut croire que ce n’était pas suffisant pour un sujet d’une telle importance : la nomination de G. Attal comme secrétaire d’état spécialement chargé du SNU vient combler cette insupportable lacune. Lui aussi aura donc son bureau, son administration attitrée, sa voiture de fonction avec chauffeur et tous les menus avantages afférents à cette fonction ministérielle.

Jeune en apparence – pour les idées c’est une autre histoire – il n’a manifestement jamais été confronté à la question de l’échec scolaire : Ecole alsacienne, Sciences Po Paris lui ouvrent la voie de la réussite. A 20 ans en mission auprès du directeur de la villa Médicis, puis à 23 ans conseiller au cabinet de Marisol Touraine, ministre de la Santé. Des relations, du flair, de l’ambition : tous les ingrédients du politicien en herbe.

En politique, justement, il sait adapter ses convictions aux nécessités du moment : après une période de militantisme au PS (tendance Royal ; Royal, qui, à cette époque, défendait l’idée de confier à l’armée les mineurs délinquants), sentant le vent tourner, son adhésion à LRM lui offre un siège à l’Assemblée nationale (2017), où il se fait remarquer, écrit le Monde, par sa « loyauté absolue » envers Macron, une qualité qui lui procure « un accès privilégié » à l’Elysée. Un peu comme Benalla en quelque sorte…

Claude Lelièvre rappelle son activisme dans les débats sur la loi ORE. Sa défense de Parcoursup et son implication dans l’impérissable loi sur le téléphone portable à l’école illustrent son goût immodéré pour les gadgets coûteux et inefficaces mais qui offrent l’inestimable avantage d’aligner les poncifs comme des perles et accessoirement de faire parler de soi à peu de frais.  On comprend que ce profil puisse séduire Blanquer. On comprend aussi que la mise en œuvre du SNU lui ait été confiée. Comment défendre un projet ubuesque et ruineux ? Attal est bien équipé pour le faire.

Les jeunes auxquels le SNU promet un mois d’enfermement obligatoire pourront toutefois lui faire observer que ce pedigree de jeunesse dorée ne l’autorise guère à faire la morale sur les thèmes de l’engagement (dans son cas confondu avec l’arrivisme) ou de la cohésion sociale (qu’il assimile à la conservation sociale). Pas davantage non plus sur la notion de « service » : car comme pour la plupart des défenseurs d’un service obligatoire, il faut admettre qu’à défaut de servir la république, il a déjà été bien servi par la république.

 

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